Nécropole de Sos Furrighesos

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La nécropole de Sos Furrighesos est un site préhistorique daté du Néolithique situé à Anela, dans la province de Sassari en Sardaigne. La nécropole regroupe 18 tombes du type domus de janas dont l'accès est parfois difficile.

Faits en bref Localisation, Pays ...
Nécropole de Sos Furrighesos
Image illustrative de l’article Nécropole de Sos Furrighesos
Vue aérienne de la nécropole.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Sassari
Commune Anela
Coordonnées 40° 28′ 53″ nord, 8° 58′ 17″ est
Histoire
Époque Néolithique
Géolocalisation sur la carte : Italie
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Nécropole de Sos Furrighesos
Nécropole de Sos Furrighesos
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
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Nécropole de Sos Furrighesos
Nécropole de Sos Furrighesos
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Plusieurs tombes se distinguent par leur décor exceptionnel, dont la tombe IX, également connue sous le nom de Sa Tumba de su Re, l’un des domus les plus monumentales de la nécropole qui a été transformée à l'époque nuragique en tombe des géants « à façade architecturale ». Quant à la domus XII elle se singularise par ses motifs décoratifs complexes, la présence exceptionnelle de figurines suggérant un espace rituel spécialisé et une riche stratigraphie témoignant d’un usage prolongé couvrant plusieurs horizons culturels.

La nécropole

La zone environnante est caractérisée par une succession de collines alternant avec de vastes étendues et des petits plateaux délimités par des escarpements trachytiques, le plus souvent arqués, dominant de courtes et étroites vallées parcourues par des torrents. La nécropole s’élève jusqu’à une hauteur d’environ 20 mètres, presque à pic par endroits, au‑dessus de la vallée sous‑jacente où coule le torrent Buttule à environ 200 mètres de sa confluence avec le Rio Mannu, un peu plus de 8 kilomètres au nord‑ouest d’Anela[1]. Aux limites de l’escarpement sud‑ouest, on peut observer les traces d’un complexe nuragique, constitué d'un nuraghe à demi détruit et des traces de cabanes circulaires, et presque au centre du plateau, on distingue les traces d’un atelier lithique, caractérisé par de nombreux déchets de taille en obsidienne et en silex[1].

La nécropole regroupe 18 tombes du type domus de janas (y compris la tombe I, dont l’existence est probable), creusées dans l’escarpement trachytique à l’exception de la domus de janas XV[2]. De manière générale, les entrées des tombes sont surélevées et disposées selon trois lignes horizontales parallèles. Cinq tombes (tombes I, IV, V, XII et XVIII) ont leur entrée située à la base de l’escarpement. Pour dix hypogées (tombes II, III, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XIII, XIV), les portails d’entrée se trouvent à une hauteur comprise entre 0,60 m et 3,00 m au-dessus du sol. Les domus XVI et XVII ont leur ouverture à environ 20 m au‑dessus du niveau actuel du sol[2]. De manière générale, les tombes ont des plans simples (monocellulaires, bi-cellulaires ou en « T » sauf la domus III qui comprend 7 pièces distinctes.

Compte tenu de leur implantation, toutes les tombes de la nécropole sont sujettes à l'infiltration des eaux de pluie par ruissellement ou des eaux de source. Pour pallier cela, deux types d'aménagement ont été mis en œuvre : des rigoles creusées perpendiculairement au seuil (domus II et III à l’intérieur, domus VI à l’extérieur) et des « gouttières » d'écoulement incisées sur la façade de l’escarpement, au‑dessus des entrées de tombes. À l’époque où la nécropole était utilisée, lorsque les portillons d'accès étaient fermés, l’eau ne pouvait pas pénétrer et il n’y avait donc pas besoin de rigoles, celles-ci durent donc être creusées ultérieurement, lorsque les hypogées n'étaient plus fermées[3].

Tombe I

À mi‑hauteur environ de l’escarpement, et à quelques mètres de la tombe II, on remarque deux cavités creusées dans la roche, réalisées en partie par rotation, en partie par percussion. Un peu plus loin, en direction sud‑est, on voit une grande niche envahie par les ronces et, sur la droite, affleurant au niveau du sol, les bords supérieurs d’une probable entrée de domus complètement obstruée. Une fouille permettrait de déterminer avec précision s’il s’agit d’une tombe, qui serait alors la tombe I en partant de l’ouest de la nécropole, ou bien uniquement une tentative de carrière[4].

Tombe II

La tombe II est partiellement écroulée et peu profonde, on y accède par une étroite tranchée taillée dans la roche longue de 2,50 m comportant des encoches semblables à un escalier. À l’extérieur, le long du versant de la paroi rocheuse, on observe une profonde incision en « V » qui surmonte et délimite la partie supérieure de l’embrasure, descendant verticalement le long des côtés, comme pour figurer la façade d’une cabane à double pente. Il n’est pas exclu que cette rainure périphérique, large de 5 à 15 cm, ait servi à canaliser l’eau de pluie afin de protéger l'hypogée de l’humidité. La tombe se compose d’une antichambre A, d’une cellule centrale et principale B, de deux cellules communicantes C et C’ accessibles depuis le mur gauche de B et d’une cellule D, à droite, pourvue de deux banquettes funéraires opposées. L’ensemble des chambres de l’hypogée dessine un plan en forme de « T »[5]. On accède à l'antichambre par un portillon de section presque ovale, qui a été remanié. La profonde rigole visible à la base, destinée à l’écoulement de l’eau, est certainement plus récente.L'antichambre est un petit espace elliptique (1,72 × 0,72 m, hauteur 1,50 m), aux parois latérales inclinées, le sol et le plafond étant légèrement concaves. L'entrée de forme hexagonale a été élargie à une époque postérieure. Sur la paroi du fond, le motif à double pente de l'extérieur a été repris et souligné par un motif corniforme. La paroi de gauche comporte une bande horizontale et une lésène en relief. La paroi de droite est creusée de deux cavités[5].

Tombe II : paroi du fond de la cellule B.

La cellule B adopte un plan sub‑rectangulaire (4,10 m de long côté entrée, 3 m de long au fond sur 1,58 m de profondeur et environ 1,30 m de hauteur). Le plafond est légèrement bombé au centre. Une modénature souligne la séparation plafond/parois. La paroi du fond est décorée d'une fausse porte avec une composition complexe : elle est encadrée, sur les côtés par des bandes plates en léger relief, d'une plinthe à la base, et au dessus d'une modénature continue et de bandes superposées sur toute la longueur. La paroi de l'entrée est une reproduction symétrique de celle du fond mais sans la fausse porte[5].

La cellule C est accessible par un portillon trapézoïdal aux angles arrondis, surélevé de 10 cm. La pièce est de forme semi‑ellipsoïdale (largeur maximum 1,16 m, profondeur 1,30 m, hauteur 1,25 m). Elle comporte une grande cavité (≈ 0,80 m de profondeur) à la jonction du plafond et de la paroi du fond. La cellule C’ est de plan semi‑ellipsoïdal (largeur maximum 0,94 m, profondeur 1,30 m), et forme avec la cellule C un ensemble bilobé[5].

La cellule D est accessible par un grand gradin transversal (0,66 m de haut) précédant un portillon trapézoïdal encadré d’une incision formant corniche. La pièce est de plan rectangulaire (1,37 × 0,76 m, hauteur 1,05 m). Deux banquettes funéraires de forme trapézoïdale sont visibles sur les côtés court. Le plafond plat est divisé, suivant l’axe longitudinal, par deux bandes plates en relief, l’une adossée à la paroi d’entrée, l’autre à la paroi du fond[5].

Tombe III

La tombe est séparée de la domus II par un important éboulis provenant de la paroi rocheuse et elle a été très endommagée par des effondrements et des interventions postérieures. Elle se compose d’une antichambre (A), d’une cellule centrale (B) et d’un ensemble de petites cellules latérales, deux à gauche (C et D) et trois à droite (E, F, G) en enfilade[6].

L’antichambre, en grande partie ruinée, correspond à un espace étroit (3,10 × 0,65 m) dont le plafond a presque entièrement disparu. On y accède par une tranchée avec des marches taillées dans la roche. La cellule centrale B adopte un plan presque rectangulaire (3,33 × 1,92 m) aux angles arrondis, avec une paroi du fond légèrement concave. Le plafond est irrégulier, abaissé au centre et relevé vers les angles (hauteur maximale 1,62 m), ce qui accentue l’effet de cuvette. La première cellule à gauche, la cellule C, s'ouvre sur la vallée comme une sorte de terrasse couverte, la paroi externe s'étant effondrée. Elle est très endommagée et son plan est imprécis (profondeur maximale 2,35 m, largeur au niveau du seuil 0,78 m, hauteur 0,85 m). Le seuil de l’entrée, situé à 0,80 m au‑dessus du sol, présente une feuillure sur toute sa longueur. On accède à la cellule D par quatre encoches décroissant de taille du haut vers le bas. La cellule est de forme circulaire irrégulière (largeur de 1,62/1,97 m, hauteur 0,82 m). Le plan de la cellule E est très irrégulier avec une partie centrale de forme trapézoïdale (largeur 2,13 m, profondeur 1,58 m). La cellule F est de forme quadrangulaire (largeur 1,33 m, profondeur 0,73 m, hauteur 1,45 m). On peut accéder à la cellule G, soit par l'intérieur de la tombe (depuis la cellule F), soit depuis l'extérieur par des encoches taillées dans la roche et une large ouverture (1,45 m de large) vers la vallée. La cellule G adopte un plan sub‑quadrangulaire (2,50 m de largeur, 0,90 m de profondeur, 1,00 m de hauteur)[6].

Tombes IV et V

La tombe IV est inaccessible, son entrée étant obstruée par un bloc rocheux. Elle semble être monocellulaire, de forme trapézoïdale[7]. La tombe V est monocellulaire. L’entrée (0,58 m de hauteur et 1,55 m de largeur à la base) et la cellule (1,55 m de longueur, 1,14 m de profondeur maximale et 0,58 m de hauteur actuelle) sont de forme trapézoïdale. L’intérieur de la tombe a été soigneusement travaillé à l’aide d’un outil à tranchant dentelé, qui a laissé ses marques sur la surface rocheuse[8].

Bucrane dans l'antichambre de la tombe VI.

Tombe VI

L'accès à la tombe est difficile car elle ouvre sur la paroi rocheuse à environ 3 mètres au‑dessus du niveau actuel du sol. L’antichambre est semi-circulaire (longueur 1 m, largeur 1,64 m, hauteur 0,85 m), avec une voûte en berceau. Le portillon d’accès à la chambre principale, encadré d’une corniche en relief, est surmonté d’un bucrane sculpté dans un style naturaliste, avec cornes, tête et oreilles nettement distincte, mesurant 0,40 m de largeur pour 0,26 m de hauteur. La sculpture est peinte en rouge, tout comme une bande subsistant le long des parois, à la jonction avec le plafond. Depuis l’antichambre, on accède à la chambre principale, de plan semi-circulaire (longueur 1,85 m ; largeur 2,43 m ; hauteur 0,70 m). La paroi du fond comporte une fausse porte (largeur 0,61 m, hauteur 0,45 m) représentée par une corniche quadrangulaire en relief. La tombe n’a pas été fouillée, il n'est donc pas possible de préciser son cadre chronologique, attribué de manière générale au Néolithique/âge du cuivre[9].

Tombe VII

Comme pour la tombe VI, l'accès à la tombe VII est difficile car elle ouvre sur la paroi rocheuse à environ 3 mètres au‑dessus du niveau actuel du sol. L'entrée est constituée d'un portillon rectangulaire (0,60 m de largeur, 0,58 m de hauteur, 0,125 m de profondeur) encadré par une corniche en relief. La tombe est composée de deux espaces, une antichambre et une cellule : l’antichambre est semi‑circulaire (1,28 m de profondeur, 1,73 m de largeur, hauteur au-dessus du comblement 1,00 m ) et la cellule ellipsoïdale (2,30 m de largeur, 1,12 m de profondeur, 0,77 m de hauteur sur comblement)[10]. La fouille de la tombe a livré un petit matériel céramique (fragments de grands vases) et lithique (racloir et lame en silex, galets de rivière)[10].

Tombe VIII

Tombe VIII : pétroglyphes rectangulaires non fermés.
Tombe VIII : pétroglyphes.

La tombe se caractérise par une planimétrie complexe articulée autour d’un vestibule, d’une grande cellule décorée de pétroglyphes (B), d’un petit espace surélevé (C) et d’une cellule profonde (D) ouverte depuis une plate-forme[11] :

Davantage d’informations Espace, Plan / Forme ...
Espace Plan / Forme Dimensions Accès / Décor
Vestibule Quadrangulaire, rétréci vers le fond, angles arrondis Larg. 2,63 m ; Prof. 1,85 m ; Haut. 1,50 m Façade détruite ; 14 rainures murales
Cellule B Trapézoïdale, angles arrondis Larg. 3,38 m ; Prof. 1,82 m ; Haut. 1,83 m Portillon trapézoïdal ; 67 fossettes , trou au plafond , nombreuses incisions/pétroglyphes
Cellule C Quadrangulaire, irrégulière 1,65 × 1,30 m ; Haut. 1,10–1,21 m Accès par 3 marches et portillon
Plate-forme Rectangulaire, irrégulière Long. 1,50 m ; Larg. max. 1,25 m ; Surélévation 0,90 m Trace de colonne (Ø 0,25 à 0,30 m)
Cellule D Trapézoïdale, irrégulière Prof. 3,50 m ; Larg. fond 1,55 m ; Haut. 0,80 m ; Diagonales 2,00 × 3,52 m Portillon ; parois et plafond taillés grossièrement
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Dans la cellule B, les parois sont couvertes de pétroglyphes (à 0,40 m au‑dessus du sol sur la paroi du fond et à 0,70 m sur la paroi d’entrée) réalisés par piquetage direct. Certains motifs ont été repris avec des outils métalliques lors d'interventions plus récentes. Les parois présentent un contraste marqué entre des zones noircies par la fumée des feux liés à des usages pastoraux récents et des zones claires et rosées, où la roche est écaillée ou protégée par les gravures. Cette alternance crée un effet visuel de fond qui met en valeur les motifs gravés. Les motifs ne sont pas disposés au hasard : ils sont organisés autour d’un motif central et la composition est encadrée, en haut par une modénature et à droite par une ligne verticale. Le motif central est le plus grand et le plus riche de la composition. Il concentre et résume les thèmes géométriques du décor. Deux grands types dominent : les motifs en arc (simples ou semi‑ellipses) et les motifs rectangulaires non fermés. La répartition spatiale des motifs est inégale : côté gauche de la paroi les motifs sont très nombreux, serrés, parfois superposés alors que côté droit ils sont plus rares mais de grande taille avec une disparition partielle due à l'érosion[12].

Tombe IX

La tombe, également connue sous le nom de Sa Tumba de su Re (la « tombe du roi »), est l’une des tombes les plus monumentales de la nécropole. Elle correspond à une ancienne domus de janas creusée au Néolithique qui a été transformée à l'époque nuragique en tombe des géants « à façade architecturale »[13].

Façade architecturale de la tombe IX.
Intérieur de la tombe IX.

On accède à la tombe par un dromos ascendant (2,50 m de long, 0,65 à 0,90 m de large), équipé de petites marches usées par l’écoulement des eaux[14]. La façade fut retravaillée en creusant profondément la paroi rocheuse, G. Tanda suppose que ce creusement a entraîné la destruction totale de l'antichambre d'origine. La paroi rocheuse a été sculptée pour représenter une « stèle cintrée » mais il n’existe pas de véritable exèdre, même si une incision très profonde dans la paroi évoque de manière symbolique une cavité semi‑circulaire. L'archéologue Castaldi a émis l'hypothèse que l’exèdre se trouvait à un niveau inférieur, à la base du gradin rocheux sur lequel s’ouvre l’hypogée, où il existe une profonde incision centrale munie de marches permettant d’accéder à la tombe. Le motif de la stèle est très simple : il est constitué d’une lunette et d’un panneau rectangulaire encadrés par une corniche en relief, avec un portillon s’ouvrant à la base du panneau inférieur. La façade mesure 4,37 m de hauteur pour une largeur de 4,12 m à la base et 2,60 m au sommet. La lunette, à arc très surbaissé, mesure 2,45 m de largeur à la base et 1,30 m de hauteur ; le panneau inférieur de forme trapézoïdal mesure 2,90 m de largeur à la base et 2,60 m en haut, sur 2,10 m de hauteur. Sur le sommet de la stèle cintrée, on peut voir les trois trous de la « couronne triadique » (0,42 × 0,36 × 0,32 m de profondeur, 0,30 × 0,28 × 0,20 et 0,28 × 0,27 × 0,18) , dans lesquels furent retrouvés encore en place les restes de trois petits piliers betyliques[13].

Le portillon d'accès a été agrandi lors de réutilisations successives. On accède désormais à la tombe par une large brèche de 0,85 m de largeur et 1,55 m de hauteur. L’espace interne est constitué d’une unique pièce rectangulaire transversale, mesurant 4,05 × 2,20 × 1,65 m de hauteur. De chaque côté s’ouvrent de petites plate-formes, surélevées d’environ 1 m par rapport au sol, de plan quadrangulaire : celle de gauche mesure 2,30 × 1,85 × 0,80 m de hauteur et celle de droite 2,30 × 1,77 × 0,70 m. La plate-forme de droite comporte un pilier central qui se prolonge, dans la paroi inférieure du gradin, par une lésène[13].

La tombe IX est connue pour la richesse des motifs symboliques gravés sur ses parois. Les pétroglyphes de cette tombe sont très variés, tant par les motifs (signes en peigne, rectangles simples ou multiples non fermés, schémas zoomorphes, motifs en grilles, « formes en sapin », zigzags, motifs stellaires, motifs géométriques) que par les techniques mises en œuvre (martelage direct, polissage, association martelage et polissage). Parmi les motifs les plus significatifs : un bovidé géométrique extrêmement stylisé, un cervidé au ventre gonflé avec des cornes arborescentes, un anthropomorphe de grande taille (40×36 cm), une double hache (désormais détruite)[15], des rectangles multiples imbriqués, une large grille, des arbres ou « hommes‑sapins ». On observe des schémas abstraits et des schémas naturalistes, généralement non mélangés, mais disposés en groupes, parfois superposés, permettant ainsi d’avancer des hypothèses chronologiques[16].

Les fouilles archéologiques réalisées autour de l’entrée de la domus IX ont révélé une stratigraphie homogène composée de six niveaux successifs dont un niveau de cendres et charbons, clairement d’époque historique contenant des fragments de cruche en terre cuite, une coupelle et des outils en fer, correspondant à un vidage récent de l’hypogée. Les niveaux plus anciens ont livré des éclats et lames en obsidienne et silex et des fragments céramiques, dont certains clairement d'époque romaine[17].

Entrée de la tombe XI.

Tombe X

La tombe est accessible par une tranchée (2,40 m de longueur, environ 0,40 m de large), comportant six marches taillées dans la roche. Il s’agit d’une domus monocellulaire précédée d’une antichambre quadrangulaire (largeur 1,26 m, profondeur 0,58 à 0,96 m). Le portillon d'accès à la cellule a été élargi, il est surmonté d'une rigole de drainage. La cellule est de forme ellipsoïdale (largeur 3,00 m, profondeur 1,88 m, hauteur 1,09 m)[18].

Tombe XI

La tombe est accessible par un escalier comportant 13 marches. Elle se compose d'une antichambre de plan trapézoïdal (largeur maximum 1,55 m, largeur minimum 1,15 m, hauteur 1,10 m) et d'une cellule de plan sub‑trapézoïdal. L'antichambre est ornée, sur la paroi gauche, d'un motif réticulé linéaire couvrant toute la hauteur et de trois groupes de pétroglyphes superposés et, sur la paroi droite, d'une paire de motifs très effacés. Le portillon vers la cellule est surmonté d'une corniche décorative et présente des traces de peinture rouge. La cellule (largeur 3,40 m, profondeur 1,75 m, hauteur 1,28 m) comporte une voûte en four. Les parois gauche et droite sont décorées : un ensemble très structuré de rectangles disposés en groupes superposés et gravés au‑dessus d’un grand réticulé linéaire couvre toute la paroi gauche alors que la paroi de droite ne comporte qu'un unique groupe de rectangles non fermés. Tous les motifs comportent des contours nets et ont été réalisés par martelage avec un outil lithique à extrémité convexe[19].

Tombe XII : bandes peintes en rouge et plinthe.

Tombe XII

Jusqu'en 1973, la domus XII était pratiquement entièrement enfouie et recouverte de végétation. La cellule, probablement de forme semi‑circulaire, ce qui est très rare dans la nécropole, n'est que partiellement conservée. Le décor pariétal est exceptionnel. Deux bandes verticales en bas‑relief (bande gauche : H 67,5 cm, L 12,5–16 cm ; bande droite : H 60 cm, L 12–16 cm) peintes en rouge sont visibles au centre de la seule paroi conservée. À la base de la paroi court une plinthe en relief d'environ 12 à 13 cm de hauteur. À 60 cm de la paroi du fond, un motif circulaire exceptionnel est visible au sol. Il est constitué de quatre cercles concentriques (cercle 1 : Ø 38 cm ; cercle 2 : Ø 35,5 cm ; cercle 3 : Ø 24 cm; cercle 4 : Ø 8,5 cm) avec une cupule centrale (Ø 8,5 cm, prof. 1 cm), réalisés par incision linéaire (trait fin et continu, peu profond à section en « V »). Des traces de figurines modelées en argile directement sur le sol ( H 10,5 cm, L 9,5 cm) étaient visibles à droite du motif circulaire, certaines figurines sont désormais conservées au musée G.A. Sanna[20].

Les fouilles archéologiques ont livré un éclat d’obsidienne et un matériel céramique (86 fragments) dont une partie a pu être attribués aux culture de San Michele (29 fragments), Monte Claro (1 fragment) et campaniforme (10 fragments d'un même vase)[20].

Tombe XIII

La domus est située au pied d’un secteur où la paroi rocheuse s'est effondrée il y a quelques années à la suite d’un incendie. L’état de destruction de la tombe ne permet pas d'en déterminer une planimétrie précise mais elle comporte une antichambre et quatre cellules ( 2 quadrangulaires, 2 trapézoïdale)[21].

Tombe XIV

La tombe est située à l'extrémité oriental de la paroi rocheuse. Sa structure est bien conservée mais les surfaces et les sols sont endommagés. Elle est composée d'une antichambre semi-circulaire (1,25 × 0,40 × 0,90 m) avec un portillon décoré, d'une cellule sub‑trapézoïdale (2,60 × 1,40 m) divisée en 3 espaces comportant 5 petites fosses dans l’espace central et d'un dernier espace à gauche (1,33 × 0,75 m) séparé par une demi-paroi[22].

Tombe XV

La tombe est située à l'écart du reste de la nécropole, à l’extrémité du plateau de Pianu Oschiri. Elle se compose d’une antichambre très endommagée, et d’une chambre rectangulaire. On peut observer près de l'entrée des trous correspondant à un ancien dispositif de fermeture. L’antichambre, qui était probablement semi-circulaire, n’a été conservé que sur une hauteur résiduelle de 30 cm. Le portillon vers la chambre porte des traces de peinture rouge. La chambre, de plan rectangulaire, mesure 6,65 m de largeur sur 2,10 m de longueur et 1,22 m de hauteur. L'espace intérieur est divisé en trois zones rectangulaires (1,80 × 2,15 m à gauche, 1,50 × 2,34 m à droite et une zone centrale plus étroite)[23].

Au début des années 1990, les parois de la tranchée d'accès se sont effondrées sous l’effet de l’eau stagnante et ce dégagement involontaire a mis au jour trois motifs incisés sur la paroi de l'entrée, réalisés par martelage : un motif anthropomorphe sur le côté droit du portillon et deux autres motifs, très dégradés, sur le côté gauche, non définissables typologiquement[24].

Le mobilier archéologique, issu des déblais qui étaient entassés devant la tombe, correspondant à une probable vidange, s'est révélé particulièrement riche. On y a découvert 43 fragments céramiques appartenant à plusieurs horizons culturels (San Michele, Filigosa, Monte Claro, Campaniforme, Bonnanaro) ainsi que trois objets lithiques[23].

Tombe XVI, XVII

Les tombes XVI et XVII dominent la vallée depuis une hauteur d’environ 20 mètres.

L’accès à l'intérieur de la tombe XVI se fait par de petites encoches taillée dans la paroi abrupte. La tombe est une domus monocellulaire semi-enterrée . Le portillon, très endommagé sur son côté droit et dans sa partie supérieure, mesure 1,66 m de largeur pour 0,45 m de hauteur. La chambre présente un plan sub‑trapézoïdal (largeur 2,10 m, profondeur 1,18 m, hauteur sous plafond 0,90 m)[25].

L’accès à la tombe XVII est difficile et dangereux. L’hypogée se compose d’une chambre principale, rectangulaire, flanquée à gauche, d’une niche surélevée et à droite d’une cella secondaire de plan trapézoïdal. Le portillon et la paroi d’entrée sont totalement détruits, laissant une ouverture de 3,70 m de large pour 0,99 m de haut. La chambre présente un profil irrégulier (3,70 m de largeur, 1,95 m de profondeur). La niche, située 0,40 m au-dessus du niveau de comblement, possède une ouverture rectangulaire et un espace interne presque ellipsoïdal. La cellule secondaire est accessible par un portillon quadrangulaire et présente un plan trapézoïdal (0,80 à 1,90 m de largeur, 1,85 m de profondeur, 0,65 à 0,75 m de hauteur). On peut voir une fosse (1,40 × 0,78 m) à droite dans le sol[26].

Tombe XVIII

La tombe XVIII a été découverte en 1982 entre les tombes II et III. Elle est semi-enterrée. Elle comprend une antichambre (1,20 m de largeur, 0,60 m de hauteur au-dessus du remplissage) très endommagée, avec un toit à double pente encore visible et une chambre, de plan réniforme (3,10 m de diamètre, 1,38 m de profondeur, 1,04 m de hauteur)[27].

Notes et références

Annexes

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