Offensive du Fezzan
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(1 mois et 5 jours)
- Zone contrôlée par l'Armée nationale libyenne
- Zone contrôlée par le Gouvernement d'union nationale
- Zone contrôlée par les milices touboues et les rebelles tchadiens
- Zone contrôlées par les milices touarègues
| Date |
– (1 mois et 5 jours) |
|---|---|
| Lieu | Fezzan |
| Issue | Victoire de l'Armée nationale libyenne |
Rassemblement des forces pour la libération du Soudan |
|
MJRN |
| inconnues | inconnues | 2 000 à 11 000 hommes[1],[2] | inconnues |
| inconnues | inconnues | inconnues | inconnues |
Deuxième guerre civile libyenne
Batailles
- Benghazi (2014)
- Aéroport de Tripoli (en)
- Benghazi (2014–17)
- Oubari
- Kikla
- Derna (2015–16)
- Zliten
- Croissant pétrolier (janv. 2016)
- Syrte (2016)
- Croissant pétrolier (sept. 2016)
- Croissant pétrolier (2017)
- Birak (2017)
- Derna (2018–19)
- Croissant pétrolier (2018)
- Tripoli (2018)
- Fezzan
- Tripoli (2019–20)
- Syrte (2020)
- Tripolitaine orientale (2020)
| Coordonnées | 27° 02′ 00″ nord, 14° 26′ 00″ est | |||
|---|---|---|---|---|
L'offensive du Fezzan se déroule lors de la deuxième guerre civile libyenne. Elle débute le par une offensive de l'Armée nationale libyenne visant à prendre le contrôle du sud-ouest de la Libye.
Le Sud libyen est une zone où les relations intercommunautaires sont tendues[1],[3]. Des combats ont notamment opposé les Touaregs et le Toubous à Oubari de 2014 à 2015 et les Toubous et les Arabes de la tribu des Oulad Souleymane à Sebha en 2017[1]. De nombreux cas d'enlèvements contre rançon, de vols et de banditisme sont également signalés[1],[3]. Plusieurs groupes rebelles soudanais, tchadiens ou nigériens sont installés dans le sud de la Libye, en particulier dans la région de Sebha[1],[3],[4].
Forces en présence
Environ cinq ou six groupes rebelles tchadiens utilisent le sud de la Libye comme base arrière[2],[5]. Le plus important est le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR), suivi par l'Union des forces de la résistance (UFR), le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) et l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD)[2],[6]. Au total, ces milices tchadiennes rassemblent plusieurs milliers de combattants : leur nombre est estimé entre 2 000 et 3 500 par l'ONU début 2018[1], entre 4 000 et 11 000 selon Alexandre Bish, chercheur au sein de « Global Initiative », début 2019[2] et au nombre de 18 000 selon le Gouvernement d'union nationale en 2017[5]. Ces groupes sont proches des Brigades de Misrata, et en particulier de la Troisième Force[1]. En 2017, ils participent notamment à leurs côtés à l'offensive du Croissant pétrolier et à la bataille de Birak[1]. Cependant au printemps 2017, affaiblie par les contre-attaques de l'ANL, la Troisième Force se retire du Fezzan[1]. Les groupes tchadiens se retrouvent alors isolés et certains tentent de composer avec le maréchal Haftar[1]. Le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) obtient ainsi l'autorisation de demeurer à Al Djoufrah, à condition qu'il s'y tienne tranquille[1]. D'autres formations survivent en s'impliquant dans les réseaux de contrebande[1]. Le Tchad accuse également le Qatar de financer les rebelles tchadiens[5].
Les rebelles soudanais sont réunis au sein du Rassemblement des forces pour la libération du Soudan, né en et dirigé par Taher Abou Bakr Hajar[7]. Cette alliance compte trois groupes armés du Darfour : le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) et les deux factions de l'Armée de libération du Soudan (ALS) dirigées l'une par Abdul Wahid al-Nour et l'autre par Minni Minnawi[7]. Les rebelles soudanais, soutenus par ailleurs par le Tchad, servent comme mercenaires dans les forces de Haftar[7],[1]. Le Rassemblement des forces pour la libération du Soudan dispose d'une base militaire à Koufra, qui compte 2 000 combattants armés[7].
Dans le sud-ouest, les territoires touaregs sont contrôlés par le Conseil suprême des Touaregs de Libye, dirigé par Moulay Ag Didi[8]. Les Touaregs ont la main sur plusieurs puits de pétrole et de 2014 à 2015, ils se sont violemment affrontés avec les Toubous dans la région d'Oubari, jusqu'à la conclusion d'un accord de paix signé avec la médiation du Qatar[8]. Depuis 2016, le Conseil suprême des Touaregs soutient le Gouvernement d'union nationale de Fayez el-Sarraj[9].
L'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar dispose d'une présence limitée dans le Fezzan[1]. Elle obtient cependant le renfort de la brigade Khalid Ibn Walid, dirigée par un Toubou salafiste[1].
Prélude
En , de nouveaux combats éclatent à Sebha entre la tribu arabe des Oulad Souleymane et les Toubous, les premiers étant proches du gouvernement d’union nationale dirigé par Fayez el-Sarraj et les seconds de Khalifa Haftar[10],[11],[12],[13] (par la suite cependant, une grande partie de la tribu des Oulad Souleymane ralliera Haftar[14]).
Fin mai 2018, la Libye, le Tchad, le Niger et le Soudan signent un accord de coopération sécuritaire, qui autorise notamment un « droit de poursuite »[1].
Le , l'aviation de l'Armée nationale libyenne bombarde un groupe rebelle tchadien dans le Fezzan, près de l'oasis de Tmessa, tuant le chef rebelle Mohamed Kheir[1],[15]. Des combats sporadiques ont ensuite lieu près de l'oasis de Tmessa[15]. Le , Khalifa Haftar se rend à N'Djaména rencontrer le président tchadien Idriss Déby[1],[3]. Les deux hommes se mettent d' accord sur la nécessité d'une opération dans le Sud libyen, qui permettrait à Idriss Déby de neutraliser les groupes rebelles tchadiens et à Haftar, déjà maître de l'Est du pays, de poursuivre sa conquête du pays[1],[3].
Israël aurait également répondu favorablement à la demande du président tchadien Idriss Deby, formulée en novembre 2018 lors de la visite officielle de Benyamin Netanyahou, d'une aide pour sécuriser la frontière du nord du Tchad avec la Libye[16].