Paul-Henri Nargeolet
plongeur sous-marin et chasseur d'épaves français, spécialiste du Titanic
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Paul-Henri Nargeolet, né le à Chamonix et mort accidentellement le [1] dans l'océan Atlantique, au large de Terre-Neuve, lors d'une plongée sur l'épave du Titanic[2], est un explorateur et plongeur sous-marin français. Chasseur d'épaves, il est un spécialiste du Titanic et directeur du programme de recherches sous-marines sur l'épave. Il est l'une des cinq personnes décédées à bord du submersible Titan lors de son implosion près de l'épave du Titanic[3].
| Naissance | |
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| Décès | |
| Surnoms |
Mr Titanic, M. Titanic |
| Nationalité | |
| Activités |
Océanaute, militaire, chercheur, plongeur démineur dans l'armée française, sous-marinier, officier de marine |
| Conjoint |
Michele Marsh (en) (jusqu'en ) |
| A travaillé pour |
Genavir (1986-1996) |
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| Membre de | |
| Arme |
Marine nationale (- |
| Grade militaire | |
| Distinction |
Biographie
Vie personnelle
Paul-Henri Nargeolet naît le à Chamonix[4]. Il vit à Casablanca[5] pendant 13 ans avant de déménager à Paris pour terminer ses études à 16 ans[6].
Il est marié à la journaliste de télévision américaine Michele Marsh (en) jusqu'à la mort de celle-ci en 2017[7]. Plus tard, « grâce au Titanic », il reprend contact avec une amie d'enfance qui devient alors sa compagne[5].
Carrière
Paul-Henri Nargeolet sert dans la marine nationale française comme plongeur démineur de 1964 à 1986. De 1976 à 1978, à Cherbourg, il est commandant du 1er groupe de plongeurs démineurs. Il est ensuite affecté jusqu'en 1986[8] au Groupe d’Intervention sous la Mer (renommé CEPHISMER en 2023) basé à Toulon et qui a pour objectif de développer de nouvelles solutions pour permettre la pratique de la plongée sous-marine. Il parcourt le monde pour récupérer des avions et des hélicoptères français submergés, ramenant armes et individus[9]. Il trouve une épave romaine, située à 70 mètres de profondeur. Il localise également un DHC-5 Buffalo écrasé en 1979 avec 12 personnes à bord, dont plusieurs membres du gouvernement mauritanien[9],[10].
Il rejoint, après 22 ans de service dans la Marine nationale[11],[12] , Genavir, compagnie maritime chargée de gérer et d'exploiter les navires de recherche de la flotte océanographique française et divers engins d’intervention sous marine. Il y sera responsable des sous-marins d’intervention profonde Cyana et Nautile[13]. Avec celui-ci, il effectue en 1987 sa première plongée sur l'épave du Titanic[14],[15]. Il rejoint ensuite la société RMS Titanic Inc., titulaire des droits sur l'épave, comme responsable des opérations sous-marines[12]. Il a été le premier en 1993 à avoir remonté à la surface 5 500 objets du navire[13], qui appartenaient notamment aux victimes, durant 32 plongées[16]. Il a participé à huit expéditions : trois avec l’Ifremer, trois avec RMS Titanic Inc., une avec Caladan Oceanic en 2019 et une avec OceanGate en effectuant cinq plongées durant l’été 2021.
Il participe en 1991 à la découverte des boites noires de l'épave de l'avion DC-9 du vol Itavia 870 qui s'était abimé en mer Tyrrhénienne[8]. En 2010, il participe, en tant que responsable de la phase 3, à la campagne de recherche des enregistreurs de vol de l'Airbus A330 du vol Air France 447 entre Rio et Paris[17].
Il devient en 1994 un des directeurs du Center for Maritime & Underwater Resource Management (CMURM) de l'université de l'État du Michigan[18].
À partir de 2012, il prend part comme conseiller technique à l'exploration de l'épave de La Lune, navire ayant sombré en 1664 au large de Toulon[19]. Cette épave a été découverte par hasard le lors d'essais de plongée du sous-marin Nautile[8], alors qu'il était directeur du département des engins sous-marins à GENAVIR.
En , il devient consultant technique de l'entreprise Caladan Oceanic de Victor Vescovo, notamment sur la mission Titanic Survey Expedition. Le submersible utilisé est le seul à être certifié pour plonger jusqu'à 11 000 mètres de profondeur avec deux personnes à bord[8]. Après la découverte en 2019 de l'épave du sous-marin Minerve au large de Toulon, il met Victor Vescovo en relation avec les représentants des familles et permet ainsi l'organisation, en , de deux plongées sur l'épave et la dépose d'une plaque commémorative.
Mort dans l'accident du Titan
Le , Paul-Henri Nargeolet fait partie des cinq passagers du Titan, un petit submersible, parti en expédition sur l’épave du Titanic. Le contact avec l'appareil est perdu 1 h 45 min après le début de la plongée[20]. Après plusieurs jours de recherches, des débris du submersible sont retrouvés le à 200 mètres du Titanic, témoignant de son implosion catastrophique ; Paul-Henri Nargeolet et les quatre autres passagers sont alors tenus pour morts[21],[22],[23]. Les proches de l'explorateur accusent OceanGate de « négligence grave » ayant entraîné la mort[24].
De nombreux hommages lui sont rendus dans le monde entier et également par ses proches du microcosme des chasseurs d'épaves dont le plongeur Normand Bertrand Sciboz[25], dont il fit la connaissance dans les années 90 à la Comex d'Henri Delauze, et le cinéaste James Cameron[26],[27]. Un hommage lui est également rendu par la Cité de la Mer de Cherbourg-en-Cotentin[28].
Documentaires
De 1996 à 2003, Nargeolet travaille avec Aqua+, filiale de Canal+, dont l'objectif est de produire des films sous-marins. Il a dans ce cadre dirigé les missions de deux sous-marins[29].
En tant qu'expert du Titanic, il a participé à la création de deux documentaires : Titanic : The Legend Lives On (1994) et Deep Inside the Titanic (1999).
Décorations
Publications
- 2022 : Dans les profondeurs du Titanic, HarperCollins, 144 p., (ISBN 9791033909842)[32],[33]. Réédité en poche en 2023 sous le titre Dans les profondeurs du Titanic. Les trésors du paquebot de légende par l'homme qui l'a exploré.