Paul Charbin
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Cet article est une ébauche concernant un homme politique français.
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Cimetière de Sainte-Foy-lès-Lyon (d) |
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Paul Charbin, né le à Sainte-Foy-Lès-Lyon et mort le à Lyon, est un industriel et homme politique français. Il est président de la chambre de commerce et d'industrie de Lyon de 1938 à 1944 et secrétaire d'État au Ravitaillement de 1941 à 1942.
Fils et petit-fils de soyeux, diplômé de l’École centrale Paris en 1901, il est mobilisé cinq ans durant la Première Guerre mondiale comme lieutenant, puis capitaine (à partir de 1916). Directeur général, à partir des années 1920, du groupe industriel textile lyonnais les Manufactures de velours et peluches (anciennes maisons réunies J.-B. Martin, Bickert & Fils, E. Charbin & Cie, C. Chavant, Crozier frères)[1], il est président du Syndicat des fabricants de soieries (1927-1929), puis membre de la chambre de commerce et d'industrie de Lyon (1928-1938) qu’il préside de 1938 à 1944. En , il est arrêté comme otage par les Allemands mais peut faire camoufler d'importants stocks de ravitaillement convoités par l’occupant.
En 1941, il est membre du Conseil d'études économiques, qui se réunit deux fois par mois auprès du ministre de l'Économie à Vichy[2]. Il est aussi vice-président de la Compagnie nationale du Rhône, et président de la XIIIe région économique.
Du au , il est secrétaire d'État au Ravitaillement au sein du ministère Darlan, sous le régime de Vichy. Sollicité pour ses qualités d’administrateur, il refuse d’abord ce poste puis finit par l’accepter, pensant apporter ses compétences à une situation alimentaire devenue très dure. Mais pour bien signifier qu’il ne voulait pas participer à la politique, il fait distribuer au personnel administratif le traitement réservé au secrétaire d'État[3]. Il s’attache à lutter avec énergie contre le marché noir professionnel (gros trafiquants, faussaires de tickets, etc.), assouplit le ravitaillement familial, instaura les colis familiaux (), améliore le système de répartition des denrées et encourage le développement des jardins ouvriers et familiaux. Il tente également de mieux réglementer et limiter les réquisitions allemandes[4]. Cette expérience soulève quelque espoir dans l’opinion[5] mais, à son retour au pouvoir en , Laval détermine le départ de Charbin, réputé pour ses positions anti-allemandes[6]. Il reprend alors ses fonctions de président de la chambre de commerce de Lyon qu'il conserve jusqu'en 1944.
À la Libération, il est détenu à l’infirmerie de Fresnes à titre préventif (1944-1945). Bien qu’aucun acte de collaboration ne soit retenu contre lui et que la Haute Cour de justice reconnaisse qu’en plusieurs circonstances il ne s’était pas plié aux exigences allemandes (notamment quand il s’était agi d’appliquer les lois raciales)[7], il est, en raison de sa participation au régime de Vichy, condamné à dix ans d'indignité nationale le . Il bénéficie cependant de mesures de grâce (1948 et 1949) avant d'être amnistié par décret (1954). En , il est, après enquête, réintégré dans l'ordre de la Légion d'honneur sur décision du général Catroux[8].
Notes et références
- ↑ Andrée Gautier, Histoire d’une entreprise de velours, J.-B. Martin (1843-1977), éditions AHPPV, 2006
- ↑ Jacques Le Roy Ladurie, Mémoires 1902-1945, Plon | Fayard 1997, p. 263
- ↑ Alfred Sauvy, La vie économique des Français de 1939 à 1945, Flammarion, 1978, p. 119
- ↑ Robert Aron, Histoire de Vichy, Fayard, 1954, p. 422.
- ↑ Synthèse des Rapports des Préfets de la zone libre, février 1942
- ↑ Fabrice Grenard, Les implications politiques du ravitaillement en France sous l’Occupation, in Vingtième siècle, Presses de Sciences Po, n. 94, pp. 199-215.
- ↑ Extrait des minutes du greffe de la Haute Cour de justice, arrêt du 11 juillet 1946, affaire Charbin.
- ↑ Fonds de la Légion d'Honneur, AN ; site de Fontainebleau, Cote 19800035/161/20640 .