Pauline Delacroix-Garnier
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Pauline Élisabeth Garnier |
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- |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Henry-Eugène Delacroix (à partir de ) |
| Membre de |
Union des femmes peintres et sculpteurs (vice-présidente de 1894 à 1900), Association des artistes peintres, sculpteurs, graveurs, architectes et dessinateurs (1892), Société des artistes français |
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| Maîtres | |
| Genres artistiques | |
| Distinction |
"Quinte et Quatorze" (1897) |
Pauline Garnier, née le à Passy et morte le à Paris 15e, est une peintre et aquarelliste française. Pauline Delacroix-Garnier réalise des portraits, des scènes de genre, des paysages et des nus . Elle est de 1894 à 1900 vice-présidente de l'Union des femmes peintres et sculpteurs.
Famille
Pauline Élisabeth Garnier[n 1] naît en 1859 à Passy de Julienne Marguerite Hanotin et de Louis Jules Garnier. Son père décède en 1872. Elle est la sœur cadette de Jules-Arsène Garnier (1847-1889) qui lui apprend l'aquarelle. Elle épouse le peintre Henry-Eugène Delacroix (1845-1930), ami de son frère, à Suresnes le [2]. Sa soeur aînée Marguerite épouse quelques mois plus tôt le peintre Édouard Debat-Ponsan. Pauline aura deux garçons, Paul (1881-1918) et Jean (1894-1979)[3].
Henry-Eugène Delacroix et Pauline Delacroix-Garnier partagent leur atelier et enseignent conjointement. Dans la décennie 1880, Pauline dirige la section de peinture et de dessin pour filles au sein de l'atelier de son mari à l'Académie de Valenciennes. En 1890, le couple s'installe au 69 boulevard Saint-Jacques à Paris (14e), puis en 1891 ouvre un atelier commun dans leur logement au 22 rue de Douai à Paris (9e)[4]. De 1893 à 1897, Pauline dirige également le cours pour jeunes filles et dames au 30 rue du Faubourg-Saint-Honoré (12 cité du Retiro, 8e) où son mari est aussi professeur [3].
En 1887, Henry-Eugène hérite d'une propriété près de Toulouse, où ils font dès lors de nombreux séjours.
Carrière et implication au sein de l'Union des femmes peintres et sculpteurs
Pauline Delacroix-Garnier expose au Salon de peinture et de sculpture dès 1879 puis au Salon des artistes français de 1880[5] jusqu'à son décès en 1912.
Les couples de peintres Demont-Breton et Delacroix-Garnier sont amis ; ils se retrouvent parfois à Wissant où les premiers habitent, et côtoient les artistes du Nord de la France. Pauline Delacroix-Garnier devient vice-présidente en 1894 de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, Virginie Demont-Breton étant présidente. Elle s'implique en particulier dans les actions de l'Union auprès des pouvoirs publics pour la promotion du salon[6]. En 1896, les Delacroix-Garnier et les Demont-Breton rendent visite ensemble à Rosa Bonheur à By près de Fontainebleau, l'artiste venait d'accepter d'être présidente d'honneur de l'Union et souhaitait rencontrer des artistes femmes[7].
Édouard Maugendre-Villers réalise le buste en plâtre de Pauline Delacroix-Garnier en 1889[8].
En 1894, elle reçoit le prix d'esquisse Ocampo à l'Union des femmes peintres et sculpteurs[n 2]. En 1895, elle obtient une mention honorable au Salon[10]. En 1896, elle est la première lauréate du 1er prix de l'Union des femmes peintres et sculpteurs (prix faisant suite à l'ancien grand prix Hélène Bertaux). En 1897, l'Académie des Beaux-Arts lui décerne son prix de peinture Eugène-Piot pour Heureuse mère[11], et elle est nommée Officier d'Académie[12]. En 1900, elle est médaillée de bronze à l'Exposition universelle. Elle obtient de nombreuses récompenses dans les salons de province[3].
En 1900, Virginie Demont-Breton aurait souhaité que Pauline Delacroix-Garnier lui succède à la présidence de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, mais cette dernière s'efface devant la nouvelle candidature de la duchesse d'Uzès, et démissionne de la vice-présidence[13],[14] ; en 1901, elle réalise cependant un portrait de la duchesse[15]. En 1901 puis 1911, elle est réélue au Comité de l'Union[16]. Souffrante depuis plusieurs années, elle doit se faire opérer une première fois début 1904[3].
En 1909, son nu Matin d'été reçoit une médaille de troisième classe au Salon[3].
Elle meurt début 1912, à 52 ans, des suites d'une nouvelle intervention chirurgicale, à la clinique Blomet dans le 15e arrondissement[17]. Elle est inhumée au cimetière de Suresnes[3] le jour de l'ouverture du Salon qui expose ses dernières œuvres[5].
Œuvre
Elle réalise essentiellement des portraits, des scènes de genre et des paysages. « Ses peintures célèbrent la joie de la maternité et de la vie domestique, mais elle produit également des portraits et des sujets moins féminins », selon le Bénézit[18]. Dans son Déjeuner sur l'herbe de 1883 (connu aussi sous le nom de La demande en mariage), le critique décrit sa technique : « Le tableau est brossé à larges coups de pinceau, et vu de près il semble presque imparfaitement fini. Il faut s'en éloigner d'une douzaine de pas pour l'apprécier ; alors il prend sa véritable valeur : les personnages de la scène, grâce à l'habile emploi des couleurs, se séparent nettement (…) »[19]. Mais la critique conservatrice des salons jugera parfois ses plein air « fantaisistes »[20].

Son tableau "Quinte et Quatorze" est remarqué au Salon de 1897 : « Cette scène et ces physionomies nous sont familières. Le gros joueur triomphant et ses adversaires sont tout aux délices du café, du jeu et du tabac, en cette douce après-midi d'été où la verdure dort dans la bonne chaleur du soleil. Il y a du bien-être et de l'intimité dans cette composition. Et Mme Delacroix-Garnier l'a traitée avec une vigueur et une application rares dans les œuvres féminines »[21],[n 3],[22].
Au Salon de 1903, Jeunesse qui passe retient particulièrement l'attention de la critique : « (…) mais l'heure est brève, et elles ne le savent pas, et c'est dans cette ignorance, visible, grâce à l'art si subtil de l'auteur, que réside la mélancolie charmante de cette œuvre »[23].
Elle peint plusieurs nus à la fin des années 1900 et au début des années 1910 : Matin d'été ; "Surprise", « Nymphe contemplée par un jeune Ægypan, dans sa couleur délicatement nacrée et son dessin élégant » en 1910, et "Frisson" qui est sa dernière œuvre exposée, en 1912[3],[24].
Elle fait partie de ces nombreuses femmes peintres reconnues de leur vivant, mais dont le travail a souvent été minoré, voire effacé a posteriori[25].
Salons et expositions
Salon de peinture et de sculpture
Salon des artistes français
- 1880 : Un auditeur complaisant et Le lion devenu vieux
- 1883 : Une bonne prise
- 1884 : Portrait de Mme M. R…
- 1885 : Portrait de Mlle D…
- 1886 : Portrait de M. J. Garnier
- 1888 : Portrait de M. Charles Delame
- 1889 : Portrait de Mme Maugendre-Villiers
- 1890 : Une tricoteuse (aquarelle)
- 1891 : "Marie la jardinière"[27] et Musique de chambre (aquarelle)
- 1892 : Portrait de M. D…, secrétaire général du Sénat[n 4] et Portrait de M. N. M…
- 1893 : Portrait de Monchicourt, liquidateur du Panama, Plage de Mers[28], Un reître Louis XIII (aquarelle) et La toilette des fleurs (aquarelle)
- 1894 : Portrait de Mlles Fondi de Niort, Une liseuse et Une Parisienne fin de siècle (aquarelle)
- 1895 : Deux sourires (mention honorable)[10],[29],[n 5]
- 1896 : Loin de Paris et Près d'un berceau (aquarelle)
- 1897 : "Quinte et quatorze" ; partie de piquet, Une czarda (aquarelle) et Une odalisque (aquarelle)
- 1898 : Heureuse mère, Une liseuse[30] et Vingt portraits des artistes français ayant obtenu la médaille d'honneur (aquarelle)
- 1899 : Les joies maternelles et Portrait Mme la baronne de M…
- 1900 : Tentation
- 1901 : Portrait de Mme la duchesse d'Uzès, douairière, Portrait de Mme Albert West et Soubrette Louis XVI (aquarelle)
- 1902 : Portrait de J. J. Masset, ancien professeur au Conservatoire, Fleurs d’appartement (aquarelle) et Jeune fille au rouet (aquarelle)
- 1903 : Jeunesse qui passe[31] et Portrait de M. le marquis Guy de Charnac
- 1904 : Portrait de Mme Hubbard
- 1905 : Le matin et La vieille Jeannette
- 1907 : Portrait de "Bertrande" et Portrait de Mlle de P…
- 1908 : Portrait de Mme M. B…[32]
- 1909 : Matin d'été[33],[24]
- 1910 : "Surprise"[24],[34]
- 1911 : Portrait de Lucien Hesse et Portrait de Mme Z…
- 1912 : "Frisson"[35] et Portrait de la comtesse Antonelli
Exposition internationale de blanc et noir
- 1890 : Roses et Fleurs d'été, aquarelles[36]
Salon de l'Union Artistique de Toulouse
- 1891 : Tête d’étude et La petite tricoteuse (aquarelle)
- 1893 : Musique de chambre (aquarelle)
- 1895 : La plage de Mers et Le puits qui parle
- 1896 : Étude de fillette (aquarelle) et La dernière goutte (aquarelle)
- 1897 : Jeune liseuse et Mutinerie
- 1898 : "Quinte et quatorze" ; partie de piquet
- 1899 : Une liseuse, "Carmencita" (aquarelle), Raisins (aquarelle) et La laveuse (aquarelle)
- 1906 : Portrait (pastel)
- 1909 : Portrait de Mme C***
Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs
- 1892 : La plage de Mers (Mers-les-Bains), Portrait de Mme B…, Liseuse et Jardinière[37]
- 1893 : (paysage)[38]
- 1895 : (portrait)[39]
- 1896 : Loin de Paris (1er prix de l'Union)[40],[n 6]
- 1897 : "Quinte et quatorze"[41]
- 1898 : L'heure de repos (huile) et Une Laveuse (aquarelle)[42],[43]
- 1899 : Portrait de Mme la baronne de M…[44]
- 1900[45]
- 1901 : (peinture)[46]
- 1902 : (aquarelles et portrait)[47]
- 1903 : Portrait du marquis de Charnacé[48]
- 1904[49]
- 1906 : Portrait de Mme M…[50]
- 1908 : (portraits)[51]
- 1909[52]
- 1910 : (tête d'enfant)[53]
- 1911 : (portrait)[54]
- 1912 : Portrait de la comtesse A…[55]
Autres expositions en province ou à l'étranger
- Amiens, exposition de la Société des amis des arts (médaille de vermeil en 1899[3], médaille d'or en 1905[56])
- Angers, exposition de la Société des amis des arts, 1896 (Sur la terrasse et Jeune femme lisant, peintures)[57]
- Arras, exposition de l'Union artistique du Pas-de-Calais, 1893 (Étude de jeune fille et Cendrillon, huiles), 1899 (Liseuse, huile)[3] et 1904 (La plage de Mers, huile, et Jeune bouquetière, aquarelle)[58]
- Berlin, exposition française artistique de 1899 (Portrait de Mme la baronne de M…)[59]
- Carcassonne, 1894 (La plage de Mers, près Le Tréport et Le reitre Louis XIII, aquarelle)[5]
- Fourmies, 1910 (Fillette en capeline rose et Une petite servante[3] ; médaille d'or[60])
- Honfleur, 1899 (Plage de Mers (près Le Tréport))[5]
- Lille, exposition de la Société des amis des Beaux-Arts (médaille de 1re classe en 1902)[3]
- Londres, exposition franco-britannique, 1908 (Portait de Bertrande)[61]
- Lyon, 1896 (La becquée)[62]
- Mulhouse, 1908 (Jeunesse qui passe)[3],[5]
- Société artistique de Roubaix-Tourcoing, 1910 (art décoratif)[63]
- Rueil, exposition des Beaux-Arts, 1893 (Sur la terrasse de Smyrne et Le puits qui parle)[64],[3]
- Saint-Quentin, 1879 (Un auditeur complaisant)[65]
- Tourcoing, exposition internationale des Beaux-Arts, en 1906[66]
- Valenciennes, 1890 (Jardinière et Jardinier)[3]
- Versailles, exposition de la Société des amis des arts de Seine-et-Oise, 1896 (Portrait de Mr X…)[67]
Prix et récompenses
- 1894 : prix Ocampo[n 7]
- 1895 : mention honorable au Salon[10]
- 1896 : 1er prix de l'Union des femmes peintres et sculpteurs
- 1897 : prix de peinture Eugène-Piot[11]
- 1899 : médaille de vermeil à Amiens[3]
- 1900 : médaille de bronze à l'Exposition universelle
- 1902 : médaille de 1re classe à Lille[3]
- 1905 : médaille d'or à Amiens[56]
- 1909 : médaille de troisième classe au Salon[3]
- 1910 : médaille d'or à Fourmies[60]
Publications
Œuvres dans les collections publiques
- Alençon, musée : Une femme et son Enfant (aquarelle)[71] ;
- Amiens, musée de Picardie : Matin d'été, huile sur toile[56] ;
- Gap, Musée Muséum départemental des Hautes-Alpes : La surprise, huile sur toile, 126 × 194 cm (don d'Edmond de Rothschild)[34] ;
- Gray, musée Baron-Martin : Le mangeur de gaudes, l'heure du repas, huile sur toile[4] ;
- Lille, palais des Beaux-Arts : Portrait de Mlle Andrée D., pastel sur papier[72] ;
- Paris, musée de la Musique de la Philharmonie de Paris : Portrait de Nicolas Jean-Jacques Masset, huile sur toile, vers 1902[73] ;
- Paris, collections du Fonds d'art contemporain de la Ville de Paris : "Frisson" (1912), acquis par la ville de Paris[74] ;
- Suresnes, mairie : Jeunesse qui passe, 1903[75] ;
- Toulouse, musée des Augustins : "Quinte et Quartorze", huile sur toile, 124 × 169 cm[22] ;
- Valenciennes, musée des Beaux-Arts : Le banquet de l'œuvre valenciennoise, huile sur toile, 3,50 × 2,50 m, 1906[n 9],[3].
Exposition rétrospective
- Lille, Palais des Beaux-Arts, 2024, exposition Où sont les femmes ? (Portrait de Mlle Andrée D…, 1885)[25].
Galerie d'œuvres
- La demande en mariage (Le déjeuner sur l'herbe), huile sur toile, 1883.
- Portrait de Mlle Andrée D…, pastel, 1885. Palais des Beaux-Arts de Lille.
- Portrait de Mlles Fondi de Niort, Salon des artistes français de 1894.
- Portrait d'homme à la canne, 1899.
- Bretonne en prière, 1899.
- Portrait de Mme M. B., huile sur toile, 1908 (détail).
- Portrait de dame.
- Le souper des enfants, huile sur toile.
- Portrait de femme assise.

