Virginie Demont-Breton

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Virginie Demont-Breton, née le à Courrières et morte le à Paris, est une artiste peintre et femme de lettres française. Deuxième présidente (1894-1901) de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, elle milite pour l'accès des femmes à la carrière artistique.

Nom de naissance
Virginie Élodie Marie Thérèse BretonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Présidente Union des femmes peintres et sculpteurs, décembre 1894 - 1901 ...
Virginie Demont-Breton
Virginie Demont-Breton par Pierre Petit vers 1900.
Fonction
Présidente
Union des femmes peintres et sculpteurs
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Virginie Élodie Marie Thérèse BretonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Mère
Élodie de Vigne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Adrien Demont (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Adrienne Ball-Demont
Louise Demont (d)
Éliane Demont (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Edmond De Vigne (oncle maternel)
Félix De Vigne (grand-père maternel)
Émile Breton (oncle paternel)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Mouvements
Maître
Influencée par
Distinctions
Œuvres principales
La Plage (d), L'homme est en mer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Virginie Demont-Breton
Signature.
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Biographie

Virginie Élodie Marie Thérèse Breton est la fille de Jules Breton et la nièce d'Émile Breton, deux peintres reconnus. Sa mère, Élodie de Vigne, est la fille du peintre et médiéviste flamand Félix De Vigne. Virginie Breton épouse le peintre paysagiste Adrien Demont en 1880. Le couple a trois filles : Louise, Adrienne et Éliane.

Installés à Montgeron (Essonne), les Demont-Breton découvrent, à partir de 1881[1], le village côtier de Wissant situé entre les caps Blanc-Nez et Gris-Nez. Ils y font de fréquents séjours, puis s'y établissent définitivement, en 1891, après avoir fait construire leur villa du Typhonium, étonnant bâtiment néo-égyptien conçu par leur oncle Edmond De Vigne. Avec son époux, elle est à l'origine du foyer artistique de l'École de Wissant[2].

La carrière artistique de Virginie Demont-Breton est précoce. Issue d'un milieu artistique et aisé, elle doit cependant d'abord convaincre sa famille de la laisser entreprendre une carrière professionnelle d'artiste peintre[3]. Admise au Salon des artistes français (où son père est membre du jury[4]) dès 1880, elle y obtient la même année une mention honorable. En 1881, La Femme du Pêcheur lui vaut une 3e médaille[5]. Elle est hors-concours dès 1883, à 23 ans, avec La plage[6] qui lui vaut une médaille de 2e classe, puis fait partie du jury. Elle obtient en 1883 une médaille d’or à l’Exposition universelle d’Amsterdam, puis aux Expositions universelles de 1889 et 1900[7]. Elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1894[8]. En 1896, elle est nommée Rosati d'honneur.

Sa fille Éliane meurt en 1913. Elle est membre de l'Académie Royale d'Anvers en 1913, en remplacement d'Aimé Morot[5]. Elle est promue officier de la Légion d'honneur en 1914[9] et c'est alors, avec Rosa Bonheur, la seule femme artiste à avoir accédé à ce titre. Pendant la guerre, elle perd sa maison familiale à Courrières et plusieurs centaines d'œuvres sont prises ou détruites par l'ennemi[10].

Virginie Demont-Breton publie un recueil de poèmes, Tendresse dans la tourmente, en 1920, et des mémoires en quatre volumes, Les Maisons que j'ai connues, parus entre 1926 et 1930.

Elle meurt à Paris à l'âge de 75 ans[6].

Engagement pour la cause des femmes artistes

Virginie Demont-Breton rejoint l’Union des femmes peintres et sculpteurs en 1883, et en exerce la présidence de 1894 à 1901, succédant à la fondatrice Hélène Bertaux. Sa présidence est marquée par le souci de lutter contre les préjugés de son époque à l'égard de l'art produit par les femmes artistes :

« Quand on dit d’une œuvre d’art : “C’est de la peinture ou de la sculpture de femme”, on entend par là “C’est de la peinture faible ou de la sculpture mièvre”, et quand on a à juger une œuvre sérieuse due au cerveau et à la main d’une femme, on dit : “C’est peint ou sculpté comme par un homme”. Cette comparaison de deux expressions convenues suffit à prouver sans qu’il soit nécessaire de la commenter, qu’il y a un parti pris d’avance contre l’art de la femme. »

 Virginie Demont-Breton, « La Femme dans l’art », Revue des Revues, vol. XVI, no 5, , p. 448-453 (lire en ligne).

Elle met en place, s'opposant à sa prédécesseure Madame Léon Bertaux qui privilégiait la sororité au professionnalisme, un jury de sélection, censé garantir le niveau de qualité des œuvres présentées au salon annuel organisée par l'UFPS[11].

En 1896, le couple Demont-Breton et le couple Delacroix-Garnier, qui sont amis, rendent visite à Rosa Bonheur à By près de Fontainebleau, alors que l'artiste vient d'accepter d'être présidente d'honneur de l'Union[12].

Virginie Demont-Breton milite activement, de concert avec Hélène Bertaux malgré leurs dissensions, pour l'égalité d'accès à la formation artistique. Elle est réélue présidente de l'Union, par acclamation, en 1897[13]. Elle obtient, en 1897, l'admission des femmes à l’École des Beaux-Arts et, en 1903, le droit pour elles de concourir au Prix de Rome[14].

En 1903, Virginie Demont-Breton est à nouveau pressée par ses consœurs de reprendre la tête de l'Union ; mais apprenant que la duchesse d’Uzès, présidente sortante, est conjointement nommée présidente d’honneur, elle refuse de siéger. En effet, elle reproche à cette dernière d’avoir fait passer ses convictions politiques et religieuses avant les intérêts de l’UFPS. Esther Huillard, vice-présidente, prend alors la tête de la société[15].

Œuvre

La Plage, 1883, musée des Beaux-Arts d'Arras.

Son premier grand succès du salon de 1883, La Plage (dépôt du musée d'Orsay au musée des Beaux-Arts d'Arras), illustre son goût pour la représentation de l'enfance et de la maternité. Ses scènes de la vie balnéaire d'enfants de la bourgeoisie irritent cependant certains critiques[16]. L’œuvre de Virginie Demont-Breton traite également des thèmes liés à la vie quotidienne des gens de la mer, dans la baie de Wissant[1]. Touchée par la vie difficile des pêcheurs du Nord, Virginie Demont-Breton a consacré plusieurs de ses toiles aux épisodes dramatiques de la vie maritime. C'est le cas notamment des Tourmentés (1905, musée des Beaux-Arts d'Arras), grand tableau qui dépeint le chœur tragique des femmes de marins surplombant les cadavres de pêcheurs naufragés. Elle s'illustre également dans la peinture d'histoire, avec Jean-Bart exposé au Salon de 1894 (musée des Beaux-Arts de Dunkerque, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale), ou Ismaël présenté en 1896 (musée de Boulogne-sur-Mer).

En 1911 au Salon des artistes français, Virginie Demont-Breton expose La lettre d'Islande et un ensemble Calocéphales, Banc à la ligne, cap Gris-Nez[17], et Guillaume Apollinaire écrit humoristiquement au sujet de ce second envoi : « Mme Virginie Demont-Breton expose des phoques et par une bizarrerie inexplicable elle a donné à l'un de ces amphibies la ressemblance de Verlaine »[18].

Virginie Demont-Breton, L'Homme est en mer, 1889 (musée Van-Gogh).
Vincent van Gogh, L'Homme est en mer, 1889 (coll. particulière).

Une reproduction gravée du tableau de Virginie Demont-Breton L'Homme est en mer (musée Van-Gogh), exposé au Salon de 1889, servit de modèle à Vincent van Gogh pour son tableau éponyme lors de son séjour à l'asile Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence[19],[20].

En 2026, la Fondation Jules Breton et sa présidente Annette Bourrut Lacouture entreprennent l'élaboration du catalogue raisonné de l'artiste[21].

Distinctions

Œuvres dans les collections publiques

Belgique
États-Unis
France
Mexique
Pays-Bas

Galerie

Publications

Expositions

  • Visages de Terre et de Mer. Regards de peintres à Wissant à la fin du 19e siècle, Maison du Port départemental d'Étaples, du au [63],[64].
  • Virginie Demont-Breton (1859-1935), visions d'Opale et d'Orient, Boulogne-sur-Mer, château-musée de Boulogne-sur-Mer, du au [65],[66].
  • Les Enfants de la Mer, Les peintres de la Côte d’Opale, Maison du Port départemental d'Étaples, du au [67],[68].
  • Où sont les femmes ? au palais des Beaux-Arts de Lille, du au [69].
  • Femmes artistes de la Côte d'Opale (1880-1930), Maison du Port départemental d'Étaples, du au [70].

Hommages

Son nom a été donné à une rue de son village de Wissant ainsi qu'à une rue de Calais.

Références

Annexes

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