Meurtre de Philippine Le Noir de Carlan

affaire criminelle française From Wikipedia, the free encyclopedia

Le meurtre de Philippine Le Noir de Carlan, souvent appelé meurtre de Philippine, est une affaire criminelle française survenue en . Philippine, âgée de 19 ans, a été retrouvée morte dans le bois de Boulogne, à Paris, le .

TitreMeurtre de Philippine Le Noir de Carlan
Fait reprochéViol, meurtre
PaysDrapeau de la France France
VilleParis
Faits en bref Titre, Fait reproché ...
Meurtre de Philippine
Titre Meurtre de Philippine Le Noir de Carlan
Fait reproché Viol, meurtre
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Date
Nombre de victimes 1 (Philippine Le Noir de Carlan)
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Le principal suspect, Taha Oualidat[1], marocain en situation irrégulière, a été interpellé en Suisse le . Il a ensuite été extradé vers la France et mis en examen pour viol en récidive et pour « meurtre accompagné d'un autre crime », infractions pour lesquelles il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L'affaire suscite de nombreuses réactions médiatiques et politiques, en particulier autour du suivi des personnes condamnées pour viol, de l'exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF), des critères juridiques permettant au juge de prolonger la rétention administrative d'un étranger en situation irrégulière et de question de la « double peine ». Elle relance également le débat sur la prévention et la lutte contre les exécutions des OQTF en France.

Biographie de Philippine Le Noir de Carlan

Faits en bref Naissance, Décès ...
Philippine Le Noir de Carlan
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Philippine de CarlanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Philippine Anne Marie Le Noir de CarlanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Père
Loïc de Carlan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
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Philippine Le Noir de Carlan est née à Clamart le [2], dans une famille catholique de six enfants.

La famille Le Noir de Carlan appartient à la noblesse française subsistante d'Ancien Régime, originaire des Côtes-d'Armor et maintenue noble en 1669.

Sa mère, Blandine de Carlan, est professeure de mathématiques dans un établissement de l'agglomération versaillaise et son père, Loïc de Carlan, est physicien au Commissariat à l'énergie atomique[3].

Philippine effectue sa scolarité collège-lycée privé Saint-François d'Assise, à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines), avant d'entamer une licence d'économie et d'ingénierie financière à l'université Paris-Dauphine[4]. Engagée dans le mouvement des Scouts et Guides de France depuis l'enfance, elle y exerce comme cheftaine. Elle fréquente régulièrement l'église de Saint-Pierre-du-Lac à Montigny-le-Bretonneux.

Elle réside dans le 16e arrondissement de Paris, boulevard Lannes[5], à proximité de l'université, et retourne le week-end dans sa famille à Montigny-le-Bretonneux[6].

Déroulement des faits

Le vendredi , après avoir déjeuné au Crous de l'université Paris-Dauphine, Philippine Le Noir de Carlan devait rentrer chez ses parents à Saint-Quentin-en-Yvelines, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Paris. Elle est aperçue pour la dernière fois vers 14 h lors du déjeuner à l'université Paris-Dauphine, vêtue d'un tee-shirt rose, d'un gilet en laine et de baskets blanches[7].

Sans nouvelle d'elle et ne parvenant pas à la joindre sur son téléphone portable, sa sœur signale sa disparition le soir même, vers 23 h, au commissariat du 16e arrondissement. Une enquête pour disparition inquiétante est immédiatement ouverte. Le lendemain, la famille placarde des avis de recherche dans le quartier, notamment autour du square Robert-Schuman. Ses proches parviennent également à géolocaliser son téléphone, qui borne dans le secteur du bois de Boulogne[7].

À l'initiative de ses camarades, l'application d'entraide The Sorority relaie rapidement l'alerte. Selon sa fondatrice, près d'un million de personnes auraient été touchées par le signalement via l'application, les réseaux sociaux et les partages[8],[9].

Le samedi , une cinquantaine de volontaires se réunissent pour une battue dans la zone. Au cours des recherches, son téléphone est retrouvé, puis, à une vingtaine de mètres, son corps partiellement enseveli, laissant apparaître un bras, avenue Chantemesse, en bordure du bois de Boulogne[10].

Selon une source policière, la victime présentait « de multiples traces de sévices et de blessures », sans qu'il ait été possible, dans un premier temps, de déterminer les causes exactes du décès. L'autopsie conclut finalement à une mort par asphyxie, sans strangulation[11].

Des témoins ont par ailleurs indiqué aux enquêteurs avoir aperçu un homme brun, d'environ 1,80 mètre, le visage masqué par un masque chirurgical et tenant une pioche, se diriger vers le lac du bois de Boulogne. Ces éléments orientent les investigations de la brigade criminelle, qui exploite également le bornage téléphonique et les images de vidéosurveillance afin de reconstituer les dernières heures de la victime[7].

Obsèques

Les obsèques de Philippine Le Noir de Carlan sont célébrées le à la cathédrale Saint-Louis de Versailles, par l'abbé Pierre-Hervé Grosjean. Environ 1 800 personnes assistent à la cérémonie dans la cathédrale et 1 000 autres sur le parvis[12].

Hommages

La députée de l'Union des droites pour la République, Hanane Mansouri, organise un rassemblement en hommage à Philippine devant le palais de justice de Vienne en Isère. Celui-ci est perturbé par un groupe de militants — enseignants, candidats à la députation, militants des droits humains, psychologue spécialisé dans l'enfance ou encore assistant parlementaire — venus dénoncer une « récupération politique » en scandant le slogan « Siamo tutti antifascisti »[13].

La polémique, relayée par plusieurs médias nationaux et sur les réseaux sociaux, prend une tournure judiciaire : trois personnes, citoyens ou membre du Nouveau Front populaire, affirment avoir été victimes de cyberharcèlement et déposent plainte au commissariat[14],[15].

Le , une minute de silence est observée par l'Assemblée nationale française en hommage à la victime[16].

En , la famille installe, au bois de Boulogne, une stèle en mémoire de Philippine[17].

Suites judiciaires

Enquête de police et instruction judiciaire

La polémique médiatico-politique suscitée par l'événement éclipse la rapidité d'une enquête qualifiée par une source judiciaire de « chef-d'œuvre de l'investigation ». Sans empreinte génétique sur les lieux du crime, les enquêteurs de la brigade criminelle parviennent à isoler plusieurs séquences horaires déterminantes en analysant le trafic téléphonique dans deux zones : le secteur du bois de Boulogne et celui de Montreuil (Seine-Saint-Denis), où un retrait d'argent liquide est effectué avec la carte bancaire de la victime. Des milliers de données sont croisées pour identifier un suspect, notamment grâce aux images de vidéosurveillance de la banque[18].

Le suspect, Taha Oualidat[1], âgé de 22 ans et de nationalité marocaine, est connu des services de renseignement après une condamnation pour viol. Il était inscrit au fichier des personnes recherchées et sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une demande de laissez-passer avait été effectuée le auprès des autorités marocaines, mais le document n'avait pas été délivré car adressé au mauvais service[19].

Trois jours après les faits, l'homme est interpellé à la gare de Genève-Cornavin, en Suisse, le , et placé en détention sur place[20]. Le ministre de la Justice annonce que « la France insistera, bien évidemment, pour que cette personne soit jugée en France ». Après plusieurs semaines de procédure, Taha Oualidat est extradé et remis aux autorités françaises le à Annemasse (Haute-Savoie), à la frontière avec la Suisse[21].

Le même jour, il est transféré à Paris puis mis en examen pour « meurtre accompagné d'un autre crime » et pour viol en récidive[22],[23]. Le , lors d'un interrogatoire devant la juge d'instruction, il reconnaît avoir tué Philippine mais affirme ne pas se souvenir des circonstances[24].

Parcours judiciaire du suspect antérieurement au crime

Le suspect, Taha Oulidat[1], est né le à Oujda, au Maroc[25], et est entré en France en via l'Espagne, à l'âge de 17 ans, avec un visa de tourisme. Peu de temps après son arrivée, il est pris en charge par l'aide sociale à l'enfance du Val-d'Oise.

En , Taha Oulidat[1] viole une étudiante de 23 ans à Taverny (Val-d’Oise). Identifié grâce à son ADN, il est interpellé et placé en détention provisoire, le , à la maison d'arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine)[26],[27]. Deux ans plus tard, le , il est condamné par la cour d'assises des mineurs du Val-d'Oise à sept ans d'emprisonnement pour ce viol, bénéficiant de l'excuse de minorité lors des faits. Le , il est transféré au centre de détention de Joux-la-Ville (Yonne)[26], dont il est libéré le , après avoir bénéficié des règles de réduction de peine automatiques (supprimées après sa condamnation, en 2023)[25]. Il n'a bénéficié d'aucune libération conditionnelle[28].

Le , en situation irrégulière en France, il reçoit une obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d'une interdiction de retour de dix ans. Le même jour, l'administration française demande un laissez-passer consulaire (LPC) au Maroc. À sa sortie de prison, il est placé au centre de rétention administrative (CRA) de Metz. Son placement est prolongé à trois reprises, avant qu'une juge des libertés et de la détention (JLD) ordonne sa libération le [26].

Avant sa sortie, l'administration lui notifie une assignation à résidence dans un hôtel de Monéteau (Yonne)[29], assortie d'obligations de pointage pour garantir le respect de sa surveillance et de l'exécution de son éloignement. Le  et non le , veille du meurtre de Philippine, comme plusieurs sources l'indiquaient initialement , il est inscrit au fichier des personnes recherchées (FPR) par les services préfectoraux de l'Yonne[29].

Sécurité du Bois de Boulogne

L'affaire remet en lumière la question de la sécurité du bois de Boulogne. Lieu de prostitution, en particulier celle de travailleuses du sexe venues d'Amérique du Sud, cet espace attire une population marginalisée, générant une délinquance où se mêlent vols, agressions et usages de drogue. Les affaires criminelles récentes les plus retentissantes incluent la mort de Vanesa Campos en et l'arrestation en d'« El Indiano » soupçonné d'une centaine de viols sur des prostituées[30].

Jérémy Redler, maire (LR) du 16e arrondissement, a appelé à la création d'une brigade de police municipale dédiée et armée pour faire face à la dangerosité de certains individus présents dans le bois[31]. La préfecture de police précise qu'au-delà des patrouilles quotidiennes des unités départementales de la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), des cavaliers de la garde républicaine assurent également une présence régulière. Le dispositif de sécurité est renforcé après la tragédie par des unités en tenue de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), avec l'appui de la compagnie d'intervention (CSI) de Paris et des « chasseurs » de la brigade anti-criminalité de nuit (Bac-N), assurant une sécurisation dynamique jusqu'au lendemain matin. Les effectifs d'arrondissement sont également instruits d'assurer une présence constante en journée, au moyen d'équipages en tenue de la Brigade territoriale de contact, sur le secteur Muette-Dauphine ainsi que sur la frange adjacente du bois de Boulogne[31]. Selon le Figaro, les atteintes à l'intégrité physique dans le bois ont baissé de 28,3 % sur les huit premiers mois de 2024 par rapport à 2023[31].

Questionnements sur la chaîne pénale et administrative

Prévention de la récidive

Certains professionnels du droit, comme Stéphane Maugendre (avocat spécialisé en droit des étrangers) et Olivier Cahn (professeur de droit pénal), estiment que les outils législatifs actuels sont suffisants[32]. D'autres, comme Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats, jugent qu'en France, il est difficile voire impossible d'expulser un mineur étranger « quand bien même, il aurait commis des crimes ». Plusieurs responsables politiques, tant de droite que de gauche, mettent en cause la chaîne pénale et administrative et pointent certains dysfonctionnements[33].

En 2021, 5 % des condamnés pour viol étaient en récidive légale[34]. Dans une lettre adressée à l'AFP le , la précédente victime du suspect a demandé que la récidive des crimes sexuels soit mieux prévenue et a proposé « le lancement d'une commission d'enquête sur la prévention de la récidive dans les cas de crimes sexuels et sexistes »[35],[36].

La loi prévoit un accès aux soins psychiatriques et psychologiques pour les détenus, avant et après leur procès. Cependant, la surpopulation carcérale limite « l'effectivité de l'accès aux soins ». Même si les détenus sont en forte demande, les moyens des services de psychiatrie hospitalière et des services de probation sont restreints, ce qui limite le nombre de rencontres avec les soignants[37].

Délais de délivrance du laissez-passer consulaire

L'exécution d'une obligation de quitter le territoire français pour un étranger en situation irrégulière nécessite la délivrance d'un laissez-passer consulaire (LPC) par le pays d'origine. Selon les relations diplomatiques, ce document peut être difficile à obtenir.

Concernant le Maroc, le président Emmanuel Macron a écrit au roi du Maroc le que « le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine », un revirement diplomatique destiné, en sous-entendu, à faciliter la délivrance des LPC[38].

Pour Taha Oualidat, le préfet a demandé le LPC au consulat du Maroc à Dijon le . Le service central du Ministère de l'Intérieur (DGEF) s'est déclaré compétent et a renvoyé une demande aux autorités marocaines le , provoquant un mois de retard[1]. La prise d'empreintes digitales, nécessaire à l'identification, n'a été demandée aux gendarmes par la préfecture que le , avec retour le lendemain[39]. Le LPC est finalement délivré le , après la libération de Taha Oulidat.

Lors d'une conférence de presse à Rabat, le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, a affirmé que « le Maroc est prêt à rapatrier tout migrant irrégulier dont il est attesté qu’il est Marocain et est parti depuis le territoire marocain ». Il a ajouté : « Le Maroc est prêt, mais est-ce que l’autre partie est capable de le faire ? », estimant que Rabat n’avait « pas à recevoir de leçons ». Selon Bruno Retailleau, en 2023, la France a délivré 238 750 visas au Maroc, mais n'a obtenu que 725 laissez-passer[40].

Libération anticipée et rétention administrative

Après le placement de quatre jours[41], une première autorisation du juge des libertés et de la détention (JLD) est nécessaire pour une prolongation de 26 jours, puis une nouvelle pour une prolongation de 30 jours, et enfin, une troisième, pour quinze jours. Concernant le cas de Taha Oualidat, les trois prolongations sont délivrées respectivement le , le et le [29].

Une quatrième prolongation, encore plus exceptionnelle, de quinze jours, est possible. Taha Oualidat n’ayant pas montré la moindre menace pendant sa rétention et aucune information n’ayant été reçue concernant les documents de voyage, le juge des libertés et de la détention a remis en liberté Taha Oualidat, 15 jours avant la fin légale du délai de 90 jours, tout en reconnaissant la dangerosité de l’individu dans la rédaction de l'ordonnance de refus de la prolongation[26].

Réactions politiques et médiatiques

Réactions officielles

Le , le président Emmanuel Macron, en déplacement à Montréal au Canada exprime « l'émotion de toute la Nation » à la suite du meurtre de Philippine Le Noir de Carlan, dénonçant un « crime odieux et atroce » et soulignant la nécessité de mieux protéger les citoyens[42].

Le , une minute de silence est observée à l'Assemblée nationale en hommage à la victime, avec le soutien de la présidente Yaël Braun-Pivet et président du Sénat Gérard Larcher[43].

Réactions politiques

Alors que la classe politique est restée majoritairement silencieuse sur procès des viols de Mazan, les débats se sont intensifiés autour du meurtre et du viol de Philippine, et des circonstances entourant la prise en charge du suspect par les autorités françaises[44]. Certains responsables de gauche ont dénoncé ce qu'ils considéraient comme une récupération politique, tandis que d'autres se sont opposés à cette interprétation[45].

Selon l'historien Jean Garrigues, la « récupération politique » consiste pour un camp politique à utiliser un fait de société pour promouvoir ses thèses ou sa lecture du monde. Si historiquement cette pratique est associée à l'extrême droite, elle concernerait aujourd'hui tous les partis. Il distingue deux types de récupération : la « confirmation » (par exemple, pour le RN, l'immigration illégale constitue un danger) et celle d'« opposition » (comme le fait Sandrine Rousseau, en mettant en avant son engagement féministe et sa lutte contre les féminicides)[45].

Réactions politiques par courant

Réactions médiatiques et éditoriales

Éditorialistes et anciens responsables

  • Philippe Bernard souligne les risques de sur-interprétation politique des drames individuels et appelle à rester factuel : « qu’une partie de la gauche cesse de réduire paresseusement l’exaspération des Français en pareil cas à du « racisme » ou au résultat d’une manipulation médiatico-politique »[54].
  • François Hollande évoque sur France Info les dysfonctionnements de la chaîne pénale et administrative et la question des OQTF[50].

Médias internationaux

  • La presse européenne a surtout abordé la question de l'obligation de quitter le territoire français : El País[55], Le Temps[56],[57].
  • Dans le monde arabe, la presse a abordé les OQTF et les relations France–Maghreb[58] : TSA (Algérie) a relevé des critiques envers les Algériens[59], tandis que Telquel (Maroc) a souligné que le Maroc avait transmis un laissez-passer consulaire pour éloigner le suspect, quelques jours avant le meurtre[60].

Conséquences

Plan Retailleau sur les OQTF

Après avoir martelé en prenant ses fonctions qu’il allait « rétablir l’ordre » et sous la pression politico-médiatique déclenchée par la mauvaise gestion du suspect Taha Oualidat, en situation irrégulière et sous OQTF, le ministre Bruno Retailleau convoque des préfets le et dévoile son plan pour augmenter le nombre d'éloignements d'étrangers en situation irrégulière faisant l'objet d'une OQTF[61].

Il déclare en outre vouloir permettre d'augmenter la durée maximale en rétention administrative, jusqu'à 210 jours, « pour les crimes les plus graves » commis par des migrants en situation irrégulière, alors qu’elle n’est actuellement possible pour cette durée que dans les cas de terrorisme. Cette piste avait déjà été évoquée par l'ancien premier ministre Michel Barnier dans son discours de politique générale quelques jours plus tôt[61]. Elle avait en fait déjà été introduite par la loi immigration du 26 janvier 2024 mais censurée par le Conseil constitutionnel dans une décision de . La loi du dite « visant à faciliter le maintien en rétention des personnes condamnées pour des faits d’une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive » reprenait cette mesure dans sa version originale et prévoyait, pour certaines catégories d’étrangers (ceux condamnés pour des faits graves ou dont le comportement constituerait une menace grave pour l’ordre public), d’étendre la durée maximale de rétention administrative de 90 jours à 210 jours (soit 7 mois). Mais le Conseil constitutionnel censure à nouveau le cette disposition[62],[63],[64].

Notes et références

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