Pierre de Rohan-Gié

diplomate français From Wikipedia, the free encyclopedia

Pierre de Rohan, dit « le maréchal de Gié », né en 1451 au château de Mortiercrolles à Saint-Quentin-les-Anges (actuelle Mayenne) et mort le à Seiches-sur-le-Loir (actuel Maine-et-Loire), membre de la maison de Rohan (branche Rohan-Guémené), est un homme politique et un militaire français, fait maréchal de France en 1476, l'un des proches conseillers des rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII.

Prédécesseur
Avec
Marguerite d'Armagnac (d)
Successeur
Charlotte d'Armagnac (d) et Charles de Rohan-Gié
Faits en bref Gouverneur militaire Province de Bretagne, 1491 - 9 février 1506 ...
Pierre de Rohan-Gié
Fonction
Gouverneur militaire
Province de Bretagne
-
Titre de noblesse
Comte de Guise
Prédécesseur
Avec
Marguerite d'Armagnac (d)
Successeur
Charlotte d'Armagnac (d) et Charles de Rohan-Gié
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Diplomate, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Conjoints
Françoise de Penhoët (d)
Marguerite d'Armagnac (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Grade militaire
Maréchal de France (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Blason.
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Après quatre décennies de loyaux services, il connait la disgrâce en 1506 en raison des conflits qui l'opposent très tôt à la reine, Anne de Bretagne, notamment à propos du mariage de Claude de France. Condamné par le Parlement de Toulouse, il passe le reste de sa vie loin de la cour. Mais en 1514, c'est François d'Angoulême (futur François Ier) que Claude de France épouse, et non pas Charles de Habsbourg (futur Charles Quint), soutenu par la reine Anne.

Possessions

Par héritage, il est seigneur de Gié (aujourd'hui Gyé, dans l'Aube).

Par son premier mariage, il devient vicomte de Fronsac[1] (actuelle Gironde).

En 1476-1477, il reçoit du roi Louis XI : le comté de Porcien[2] et les seigneuries d'Avesnes, Rozoy, Montcornet, Croÿ, Renty, Bar-sur-Aube, saisis sur Antoine et son fils Philippe de Croÿ pro-Bourguignons, Philippe étant de surcroît le gendre de Louis de Luxembourg ci-après ; plus les seigneuries de Vire et Fontenay-le-Comte ; plus le comté de Marle et les seigneuries de Ham, Beauvoir, Bohain, Oisy, saisis sur le connétable Louis de Luxembourg-St-Pol accusé de trahison ; châtelain de Baugé par don de Louis XII en 1513.

Par son second mariage, il devient comte de Guise (mais seulement de 1503 à 1504, son épouse décédant en 1504 sans avoir eu d'enfant).

À part la seigneurie de Gié, ces fiefs ne resteront pas à ses descendants.

Biographie

Origines familiales et enfance

Pierre de Rohan est le cadet de la famille de Rohan-Guéméné, elle-même branche cadette des Rohan en Bretagne. Fils de Louis Ier de Rohan-Guéméné et de Marie de Montauban, il descend ainsi de deux des plus anciennes et des plus puissantes maisons du royaume. Par sa mère, Marie de Montauban, petite-fille de Bonne Visconti, proche parente d'Isabeau de Bavière, il est petit-fils de l’Amiral de Montauban, collaborateur et ami de Louis XI. Par son père, il est apparenté à Du Guesclin. Sa famille est en disgrâce à l'avènement de Pierre II de Bretagne pour avoir trempé dans l'assassinat de Gilles de Bretagne, frère du duc. C'est la raison de sa naissance hors de Bretagne.

En 1457, sa mère empoisonne son père qui meurt laissant un testament dans lequel il refuse à sa femme la tutelle de leurs enfants. Pierre de Rohan a alors pour tuteur Tanneguy du Chastel. Marie de Montauban échappe à la justice, se remarie avec Georges de La Trémoille, seigneur de Craon, mais elle meurt emprisonnée en 1476.

Au service de Louis XI (1461-1483)

Il est élevé à partir de 1461 par Jean de Montauban, son grand-père maternel, amiral de France[3] qui l'introduit à la cour de Louis XI.

Après la mort de son tuteur en 1466, Louis XI conserve à sa cour ce jeune homme, qui, en 1472 est conseiller et chambellan du roi ainsi que capitaine de Blois, à l'âge de seulement 21 ans[4].

Le roi, à qui il restera indéfectiblement fidèle, lui restitue la seigneurie familiale de Gié en Champagne, spoliée par le chancelier Rolin, et il ajoute ce nom à celui de « Rohan ».

Pierre de Rohan, seigneur de Gyé (1451-1513), Raymond Quinsac Monvoisin (Bordeaux, 1790 ; Boulogne, 1870), copie d'après un original conservé au château de Beauregard ; commandé par Louis-Philippe Ier pour le musée historique de Versailles en 1834.

Il participe aux sièges de Lectoure et de Perpignan en 1473[4] à la tête d'une compagnie de 40 lances[4]. En 1474, il est ambassadeur chargé de faire ratifier la paix par le duc de Bretagne François II. Afin de le récompenser, Louis XI le fait en 1474 chevalier de l'ordre de Saint-Michel[3], capitaine de l'ordonnance en 1475[3] et le nomme maréchal de France le [5],[6].

À la suite de la signature du traité de Picquigny qui, en , met un terme définitif à la guerre de Cent Ans, en , le maréchal de Gié participe à la signature du traité de Senlis qui rétablit la paix avec la Bretagne à l'abbaye de la Victoire, dont il signe les 9e et 16e des lettres patentes royales avec le roi[7].

Il continue de donner des preuves de sa fidélité et de dévouement qui confortent Louis XI dans la confiance qu'il lui accorde[8]. Il se voit confier la direction d'une campagne militaire en Flandre en 1479, et avec 800 hommes il reprend toutes les places dont Maximilien d'Autriche s'était emparé précédemment[9].

Avec Charles d'Amboise, son frère l'évêque d'Albi et Jean Daillon, il est l'un des quatre membre du conseil qui gouvernent l’État pendant la maladie du roi aux Forges-lèz-Chinon en 1479[10]. En 1482, il assiège Aire avec succès. Lorsque Louis XI exécute son testament politique au château d'Amboise le , Gié figure au troisième rang parmi les conseillers du roi qui le signent[11].

Au service de Charles VIII (1483-1498)

Il assiste au sacre de Charles VIII le en portant l'épée royale.

Membre du conseil de régence[12], il y joue un rôle important[13] et combat avec succès en 1487 le duc de Gueldre et le comte de Nassau ; le roi lui confie ensuite la garde des frontières de Picardie. Il accompagne le roi à la conquête du royaume de Naples.

En 1489, il est nommé lieutenant général de Guyenne, puis en 1491 lieutenant général de Bretagne sous le gouverneur prince d'Orange.

En 1491, il reconstruit le château de la Motte-Glain, sur les marches de Bretagne. Il accompagne Charles VIII à Naples en 1494. Commandant de l’avant-garde à la bataille de Fornoue le , il conclut une trêve avec les Vénitiens[14].

C’est lui qui conduit du secours à Louis XII, alors duc d'Orléans, assiégé dans Novare, d'où il parvient à le délivrer ; il devient par la suite chef du conseil du roi.

Au service de Louis XII (1498-1506)

Débuts du règne

Avec l'avènement de Louis XII, en 1498, son crédit augmente. Il accompagne le roi en Italie en 1499, et est à ses côtés lors de l’entrée solennelle que ce prince fait à Gênes le . Il est très apprécié du monarque qui le fait lieutenant général de Bretagne et chef du Conseil[pas clair]. Il partage cependant le pouvoir avec le cardinal d'Amboise.

En 1500, il fait rebâtir le château de Mortiercrolles et établit dans son domaine le couvent franciscain de Notre-Dame des Anges.

En 1502, il commande un David de bronze à Michel-Ange[15],[16], œuvre qui ne sera pas réalisée en raison de sa disgrâce.

Veuf depuis 1497, Pierre épouse en 1503 la fille du duc Jacques de Nemours-Armagnac, Marguerite, héritière du comté d'Armagnac et fait épouser Charlotte, sœur de Marguerite, par son fils aîné. Mais les deux sœurs meurent très vite, en 1503 et 1504.

Conflits à la cour après l'avènement d'Anne de Bretagne

À la suite du mariage de Louis XII avec Anne de Bretagne, deux factions s'opposent à la cour sur la stratégie d'alliance matrimoniale pour Claude de France (1499-1524), fille du couple royal :

Cet conflit avec le cardinal d'Amboise, ainsi que des difficultés avec le Parlement de Paris, conduisent en 1504 à une opération visant un proche du maréchal, Olivier de Coëtmen, grand maître de Bretagne, que Pierre de Pontbriand accuse auprès du roi, avant de se rétracter[21].

Procès et condamnation du maréchal (1506)

Puis une coalition des ennemis de Gié, notamment le cardinal d'Amboise, Louise de Savoie et surtout Anne de Bretagne, qui ne lui pardonne pas d'avoir fait arrêter les bateaux chargés d'effets précieux qu'elle envoyait à Nantes[réf. nécessaire] et d'empêcher le mariage avec Charles de Habsbourg, obtient que des accusations très graves de lèse-majesté soit examinées par une commission[21].

Un procès se tient au Parlement de Toulouse, qui est éloigné de Paris et de la Bretagne et passe pour plus strict sur les accusations de lèse-majesté[21].

Après plusieurs semaines d'audiences, le Parlement ne retient pas l'accusation de lèse-majesté. Gié est condamné le , pour des motifs assez vagues[réf. nécessaire], à la privation de l'exercice de certaines de ses fonctions, à une amende relativement modeste[réf. nécessaire], à la suspension pour cinq ans de son titre de maréchal et, pour la même durée, à un bannissement de la Cour « de dix lieues, sur peine de confiscation de corps et biens »[21]. On lui retire en outre « le gouvernement et la garde du duc de Valois » (futur François Ier), qu'il assure depuis plusieurs années[21].

Espérant vraisemblablement[réf. nécessaire] un verdict plus sévère, Anne de Bretagne insiste pour que le verdict soit publié et lu (par les curés) dans tout le royaume.

Dernières années, mort et funérailles (1506-1513)

Gié se retire dans son château de Sainte-Croix du Verger à Seiches-sur-le-Loir en Anjou.

Il y meurt le et est inhumé dans l'église qu'il a fait construire à Sainte-Croix.

Un succès posthume : le mariage de Claude de France avec François d'Angoulême (1514)

Sa mort survient « au moment où la politique qu'il avait longtemps préconisée recevait en quelque sorte une consécration définitive »[21].

Marquée par la mort d'Anne de Bretagne le , l'année 1514 l'est aussi par le mariage qui avait été préconisé par le maréchal de Claude avec François d'Angoulême[22]. Le mariage a lieu le .

Le , François d'Angoulême succède à Louis XII comme roi de France.

Mariage et descendance

Arrangé par Louis XI, il avait épousé en premières noces le [13] Françoise de Penhoët[23], vicomtesse de Fronsac, dame de La Boëssière, La Marche en Bédée (La Marché), La Motte-Glain, et eut :

Veuf, il s'était remarié en 1503 avec Marguerite d'Armagnac ( 1503), comtesse de Guise, fille de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche, et de Louise d'Anjou. Ils n'eurent pas d'enfants. À la mort de son beau-frère Louis d'Armagnac, il revendiqua le comté de Guise en compétition avec René II de Lorraine, et Marguerite d'Armagnac prêta hommage à Louis XII. Mais Marguerite mourut peu après et Pierre maria son fils Charles à Charlotte d'Armagnac, la sœur de Marguerite, pour conserver Guise.

Ascendance

Armoiries

Pierre de Rohan de Gié réorganise l'écu de son père et pose en abîme les armes des Visconti, qui font partie de celles de sa mère (voir Rohan-Montauban).

Écartelé en 1 et 4 contre-écartelé en 1 et 4 de gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en cœur d'une émeraude au nature (Navarre), en 2 et 3 d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules (Évreux), en 2 et 3 de gueules aux neuf macles d'or posées 3, 3 et 3 (Rohan), sur le tout d'argent, à une couleuvre ondoyante en pal d'azur, couronnée d'or, engloutissant un enfant de carnation, posé en fasce, les bras étendus (Visconti).

Notes et références

Voir aussi

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