Point médian
signe typographique
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Le point médian ou point milieu (« · ») est un signe typographique semblable au point mais placé au-dessus de la ligne de base. Les usages les plus anciens remontent à l’épigraphie : il a servi, dans nombre d'écritures antiques, à séparer les mots. En latin et en grec, son utilisation, bien que fréquente, n’a jamais été systématique, et on a le plus souvent cantonné ce point séparateur de mots aux inscriptions en capitales. Voici un exemple :
- ΝΙΨΟΝ·ΑΝΟΜΗΜΑΤΑ·ΜΗ·ΜΟΝΑΝ·ΟΨΙΝ
| Point médian | |
· |
|
| Graphies | |
|---|---|
| Graphie | · |
| Codage | |
| Nom | Point médian |
| Unicode | U+00B7 |
| Bloc | Commandes C1 et supplément Latin-1 |
| modifier |
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(en grec : « lave tes péchés non seulement le visage », palindrome que l’on peut rencontrer sur des fonts baptismaux).
Il a été détrôné par l’espace (le point médian séparateur n’ayant pas été conservé dans les écritures manuscrites puis imprimées occidentales et moyen-orientales), maintenant systématique dans toutes les langues à écriture dérivée du phénicien, c'est-à-dire autant l’alphabet grec et sa descendance (alphabet latin, cyrillique, etc.) que les abjads sémitiques (alphabet arabe, hébreu, etc.), et ce dans tous les types d’écrits.
Le point médian sert aussi de diacritique dans les orthographes actuelles du catalan et de l’occitan, ou dans certaines romanisations BGN/PCGN d’autres systèmes d’écriture que l’alphabet latin. On le nomme en catalan punt volat (« point élevé », littéralement « envolé ») et en occitan punt interior ou ponch interior (« point intérieur »). Dans d’autres langues, il sert de signe de ponctuation ou de signe typographique. Enfin, on l’utilise en mathématiques.
Le point médian est parfois confondu avec la puce, plus épaisse, ou avec l'opérateur mathématique point[1].
Il est utilisé dans une des formes d'écriture inclusive utilisée en français pour insérer les formes féminine, masculine voire plurielle d'un même terme, sans avoir à recourir à des doublets, tout en incluant les personnes non binaires (par exemple « les lecteur·ice·s (ou lecteur·ices) de Wikipédia »).
Utilisation dans les langues anciennes

En grec ancien et moderne, le point haut (grec moderne : άνω τελεία, áno teleía), signe de ponctuation indiquant une pause moyenne similaire au point-virgule. Il doit normalement être à la hauteur de la lettre. Il s'écrit parfois à l'aide du point médian mais celui-ci peut être trop bas dans certains contextes, en particulier selon la police de caractères utilisée.
Utilisation en catalan



Le point médian (appelé punt volat en catalan) se place exclusivement entre deux ‹ l › ou deux ‹ L › en capitales, pour obtenir le digramme modifié ‹ l·l › ou ‹ L·L › en capitales (les formes utilisant le caractère obsolète ‹ Ŀ › sont : ‹ ŀl › ou ‹ ĿL ›). On peut ainsi opposer deux digrammes (les transcriptions entre crochets suivent les usages de l’alphabet phonétique international) :
- ‹ ll › vaut le plus souvent [ʎ] (/l/ palatalisé ou « mouillé » comme en ancien français dans famille, en italien dans famiglia ou en occitan dans familha), comme en castillan ; ‹ ll › (dit ela dobla /ˈɛlə ˈdɔbːlə/) se rencontre à n’importe quel emplacement dans le mot. Par exemple : llibre /ˈʎiβrə/ « (un) livre », illa /ˈiʎə/ « île » ou encore ell /eʎ/ « il ». Ce digramme n’est plus considéré comme une lettre indépendante dans le classement alphabétique ;
- ‹ l·l › vaut [lː] (/l/ géminé ou long, souvent réduit à [l] dans la langue courante). Ce digramme (dit ela geminada /ˈelə ʒəmiˈnað̞ə/) est toujours en position intervocalique, et on ne peut donc le rencontrer ni en début ni en fin de mot : ‹ el·líptic › ou ‹ EL·LÍPTIC › /əlˈliptik/ « elliptique ». Il ne forme pas non plus une lettre indépendante et on le classe dans l’alphabet après le digramme ‹ ll ›. De tels /l/ géminés se rencontrent surtout dans des mots savants (construits à partir d’un préfixe terminé par un -l suivi d’un radical commençant par l-, par exemple : ‹ col·legi › ou dans les emprunts ‹ paral·lel ›. Il sert aussi à conserver le son [l] à la fin des mots lorsque ceux-ci prennent la marque du féminin singulier ou du féminin pluriel. Par exemple : ‹ tranquil ›, ‹ tranquil·la ›, ‹ tranquil·les ›.
En catalan, les deux l séparés par un point médian appartiennent à deux syllabes différentes ; aussi le point médian doit-il être remplacé par un trait d’union en cas de césure[3],[4] :
- síl·laba
deviendra
- síl-
laba.
Le point médian doit se noter aussi en capitales : SÍL·LABA.
Il est parfois remplacé par un point bas, voire un trait d’union : *síl.laba, *síl-laba. Cet usage est considéré comme incorrect[3],[4].
Utilisation en sarde
En langue sarde, le point médian est utilisé pour séparer le verbe du pronom personnel clitique postposé au verbe, par exemple registra·ti (« inscris-toi »), agiuda·nos (« aide-nous »). Dans le cas de particules pronominales non accentuées postposées au verbe, pour des raisons didactiques (pour faciliter l'identification des parties constitutives de la phrase et donc l'analyse de celle-ci), la séparation est préférée à l'agglutination, ainsi : giughide·bi·nche·lu, leade·bos·nche·lu, etc. Cette solution concilie le critère du maintien d'une forme unique des mots, quelles que soient les lois de la phono-syntaxe, avec le lien étroit qu'ils ont avec le verbe. Le point médian a été préféré (ce qui réduit les distances et donne l'idée d'une plus grande liaison) au tiret, de préférence utilisé pour les mots composés. Dans l'hypothèse où ces mêmes particules seraient placées avant le verbe, elles doivent être détachées : bi nche lu giughides, bos nche lu leades, bos lu leo, mi lu dant[5].
Utilisation en occitan gascon
En occitan, le point médian (appelé punt interior) n’est utilisé que dans le dialecte gascon[6],[7].
Il s’utilise entre les lettres ‹ n › et ‹ h ›, ou ‹ s › et ‹ h ›, pour faire les digrammes ‹ n·h › et ‹ s·h › (en majuscules ‹ N·h › et ‹ S·h ›)[8],[7].
On peut ainsi opposer quatre digrammes deux à deux (les transcriptions entre crochets suivent les usages de l’alphabet phonétique international) :
- ‹ nh ›, en occitan, forme le son [ɲ] (comme le ‹ gn › français dans châtaigne ou la ‹ ñ › espagnole dans España, ou encore le ‹ nh › portugais ou le ‹ ny › catalan), sauf en position finale (à l’exception du gascon où il garde la même prononciation) où il est prononcé [n]. Exemple : castanha /kasˈtaɲɔ/.
- ‹ n·h ›, en occitan gascon, est prononcé comme deux lettres distinctes, soit [n.h] (soit un ‹ n › français suivi d’un ‹ h › anglais comme dans to have) mais à ne pas confondre avec [nʰ] qui est un « n aspiré ». Ici, le ‹ n › et le ‹ h › sont prononcés séparément (deux syllabes différentes), car en gascon plusieurs ‹ f › latins se sont transformés en ‹ h › (expliquant son utilisation dans le dialecte gascon, mais pas dans les autres dialectes occitans) donc le ‹ h › a la valeur d’un ‹ f ›. Exemple : in·hèrn /in.ˈhɛɾ/ (dans les autres dialectes occitan infèrn /inˈfɛɾ/).
- ‹ sh ›, en occitan, est prononcé [ʃ] (comme le ‹ ch › français dans chemin ou le ‹ sh › anglais dans shy). Exemple : floreish /fluˈɾejʃ/.
- ‹ s·h ›, en occitan gascon, est prononcé [s.h] (soit comme un ‹ s › français dans poisson suivi d’un ‹ h › anglais dans to have mais à ne pas confondre avec le [sʰ] qui est un « s aspiré ». Ici le ‹ s › et le ‹ h › sont prononcés séparément (deux syllabes différentes), car en gascon plusieurs ‹ f › latin se sont transformés en ‹ h › (expliquant son utilisation dans le dialecte gascon, mais pas dans les autres dialectes occitans) donc le ‹ h › a la valeur d’un ‹ f ›. Exemple : des·har /des.ˈha/ (dans les autres dialectes desfar /desˈfa/ ou /desˈfaɾ/ en vivaro-alpin de l’est).
Contrairement au digramme ‹ l·l › catalan qui avait anciennement un seul caractère ‹ ŀ › pour sa première partie, il n’y a pas de caractères Unicode uniques faits pour le ‹ n· › et le ‹ s· ›, ceux-ci doivent donc être composés avec le caractère point médian ‹ · › (U+00B7), comme il est recommandé pour le ‹ l· › catalan depuis la révision 5.0 d’Unicode.
Utilisation en franco-provençal
En franco-provençal, le point médian sert à faire la distinction entre plusieurs digrammes dans l’Orthographe de référence B[9] :
- ‹ ch· › représente le son [ʃ] (« ch » français ou « sh » anglais) alors que ‹ ch › représente le son [t͡ʃ] (tch français, ch anglais) ;
- ‹ j· › représente le son [ʒ] (j français) alors que ‹ j › représente le son [d͡z] (dz français) ;
- ‹ g· › et ‹ g ›, qui ont devant les voyelles e et i la même valeur que ‹ j· › et ‹ j ›.
Remarque : le point médian en franco-provençal sert à marquer une consonne fricative là où la consonne sans point médian marque une consonne affriquée.
Utilisation en gallo
En gallo, le point médian est utilisé dans les graphies MOGA dans quatre cas[10] :
- il existe trois graphèmes (‹ ·l ›, ‹ ·n › et ‹ ·r ›) usant du point médian (exemples : Rein·n pour « Rennes » ou B·rtingn pour « Bretagne ») ;
- un point médian peut être placé avant la première lettre d’un mot commençant par une voyelle dès lors que le mot précédent se termine par une voyelle, il a alors la même fonction que le h aspiré en français (exemple : le ·achouer pour « le hachoir ») ;
- de la même manière, un point médian à l’intérieur d’un mot entre deux voyelles permet un hiatus ;
- et enfin systématiquement à l’intérieur d’un mot entre une voyelle nasale et semi-voyelle (exemple : Lan·yeû pour « Langueux »).
Utilisation dans l’écriture inclusive en français
L'usage, en langue française, du point médian dans le contexte de l'écriture inclusive, aussi appelée rédaction épicène ou écriture non-genrée, s'inscrit dans un ensemble de démarches visant à visibiliser les femmes et les minorités de genre dans l'écriture du français. La majorité des personnes prônant l'usage de ces pratiques rédactionnelles développent que la relation au langage et à l'usage des mots est une part importante de la construction d'une vision de la société et qu'en ce sens, les règles de grammaires classiques telles que "le masculin l'emporte sur le féminin" peut participer à la création de biais misogynes inconscients, et que la mise en évidence des flexions féminines des mots est un potentiel premier pas vers plus de visibilité des femmes et des communautés LGBTQIA+[11].
Sémantique, usages grammaticaux et prononciation
En français, l'écriture inclusive se définit par la rédaction des formes féminines et masculines d'un terme à chaque occurrence de celui-ci, afin d'éviter de n'avoir à écrire qu'une seule forme (masculine ou féminine) d'un mot, ou d'avoir recours à sa « double flexion », à savoir l'énonciation concomitante, à l'oral ou à l'écrit, de toutes les flexions d'un même mot. L'expression : « Une réunion incluant l'ensemble des salariés et des salariées s'est récemment tenue. » devient alors « Une réunion incluant l'ensemble des salarié·e·s (ou salarié·es) s'est récemment tenue. ». Certains chercheurs affirment qu'il n'est pas nécessaire de redoubler le signe avant la marque du pluriel, d'où la variation des orthographes[12].
Elle peut également s'employer dans les énoncés où la présence de plusieurs identités de genre est implicite. Par exemple, dans l'énoncé : « Dans les Outre-Mer, après le baccalauréat, les lycéen·nes déménagent souvent en Métropole pour commencer l'université. », l'usage de l'inclusif induit que l'énoncé inclut l'ensemble des lycéens et des lycéennes, en dépit de leur appartenance à une quelconque identité de genre, binaire ou non. Il permet également une neutralité de la formulation du genre dans un énoncé où l'on ne parlerait pas d'un individu précis, par exemple : « J'appellerais la CAF aujourd'hui, j'aimerais parler de mon dossier avec un·e conseiller·ère. »[13], mais également dans un énoncé ou une personne définie ferait partie du spectre de la non-binarité, comme par exemple : « Yasmina à eu sa promotion, maintenant, iel est Directeur·ice des Opérations Marketing. ».
L'usage de l'inclusif à l'oral ne fait pas consensus. Il est possible de faire appel à la double flexion, en énonçant explicitement les formes féminines et masculines d'un mot : « Les chanteurs et chanteuses enregistré·es à la SACEM », ou en usant d'un mot épicène : « Les artistes enregistré·es à la SACEM ». Mais il est également possible de prononcer de prononcer les deux flexions en un seul mot, parfois en l'orthographiant sans le point médian : « Les chanteureuses enregistré·es à la SACEM », ici prononcé \ʃɑ̃.tœʁøz\ (chanteureuses[14]).
Substitutions, usages en informatique et dans l'espace public
Le point médian se trouve régulièrement substitué dans les usages contemporains, car son accessibilité dans le domaine informatique reste pour le moment marginal. Il présente l’avantage de prendre un peu moins d’espace que le trait d'union et de ne pas diviser les mots en fin de ligne, cependant il n'est pas aisément disponible dans tous les agencements de clavier[15],[16]. Il est souvent substitué par le trait d'union « - », ou par le symbole de la puce « • ». Ces substitutions sont au moins en partie dues à la difficulté d'accéder au point médian sur les claviers physiques ou virtuels en AZERTY. Sur le système d'exploitation Android, l'application GBoard mets le symbole de la puce plus facilement en avant dans son clavier de symboles, mais propose également le point médian sur l'intégralité de ses claviers virtuels avec un maintien de la touche pour le trait d'union. L'application Samsung Keyboard, quant à elle, ne propose que la puce. Pour les appareils iOS, le clavier virtuel d'Apple ne propose également que la puce, aussi bien dans son clavier de symboles qu'avec le maintien de la pression de la touche pour le trait d'union.
L'usage du point médian dans l'écriture inclusive peut également se décliner avec des symboles alternatifs. Le symbole de la barre oblique « / » peut se voir, notamment lorsqu'il est employé dans le contexte d'une offre d'emploi[17] : « Recherche d'Hôte/esse de Nuit (F/H/X) », la mise à la majuscule d'un 'E', l'usage du point de ponctuation « . », ou la mise en avant de la forme féminine à l'aide de parenthèses sont également des alternatives possible : « Recherche d'Hôte(esse) de Nuit (F/H/X) ». Plusieurs établissements d'enseignement supérieur ont également fait le choix d'adopter l'écriture inclusive, notamment avec l'usage du point médian entre autres, dans leurs communications internes et externes. À date du , selon le statisticien Cyrille GODONOU, 27% des établissements comptabilisés en France Métropolitaine, dans les Collectivités d'Outre-Mer et dans les Départements et Régions d'Outres-Mer, inscrits dans la liste des 70 universités publiques du ministère français de l'Enseignement supérieur et de la Recherche contenait un usage de l'écriture inclusive par point, tiret, ou parenthèses sur leurs sites internet, soit 19 établissements sur 70[18].
Critiques du point médian inclusif
France
Pour l'Académie française, l'écriture inclusive, par « la multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit », place la langue française « en péril mortel »[19].
L'usage du point médian dans l'écriture inclusive est rejeté dans les textes officiels : « les pratiques rédactionnelles et typographiques visant à substituer à l'emploi du masculin, lorsqu'il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l'existence d'une forme féminine » sont proscrites dans la rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française et par une circulaire du 21 novembre 2017[20].
Le guide pratique du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) Pour une communication publique sans stéréotype de sexe, dans son édition de 2022, recommande de « décliner les noms et les adjectifs », mais permet d'utiliser le point médian pour les abréviations « quand les termes ne présentent qu’un surplus de lettres (en général un e ou une consonne redoublée et un e) pour passer de la forme masculine à la forme féminine »[21].
Pour sa part, le secrétariat d’État chargé de l’Égalité renvoie au Manuel d'écriture inclusive[22], qui préfère le point médian.
Suisse
La Chancellerie fédérale publie en 2021 une directive interdisant « les pratiques d’écriture alternatives (astérisque, point médian, trait d’union, doublets, abrégés, etc.) » pour les textes officiels (en juin pour l'allemand[23] et en novembre pour le français[24]), estimant « que ces procédés expérimentaux ne permettent pas d'atteindre l'objectif de visibilité visé ni d'inclure sans exclure », qu'ils « sont difficiles à décoder, creusent l'écart entre la langue orale et la langue écrite et créent des formes inexistantes » et qu'ils « s'apparentent à un manifeste politique »[24].
L'administration du canton de Vaud recommande pour sa part le recours au point médian et de ne pas utiliser les parenthèses, la barre oblique ou le trait d’union, et à condition de l'utiliser avec parcimonie[25].
Personnes malvoyantes et dyslexiques
La Fédération des aveugles et amblyopes de France (FAF) s'oppose en à l'écriture inclusive au motif que l'usage du point rendrait les textes illisibles pour les dyslexiques et surtout pour les aveugles[26],[27]. C'est le cas avec le point bas, mais selon Access42, des tests de restitution de lecteurs d’écran montrent que le point médian est « l’option la plus convaincante » en matière d’abréviation[28], tout en rappelant que la forme étendue est préférable pour que tout le monde comprenne le texte[29].
En , le Réseau d'études handi-féministes (REHF) a publié une tribune dénonçant la récupération de l’accessibilité et des luttes contre le validisme par des détracteurs de l’écriture inclusive. La tribune répond aussi au communiqué du FAF, lui reprochant un « mépris pour l’écriture inclusive » qui ignore « toute une littérature scientifique sur la question ». Le REHF appelle aussi les développeurs et éditeurs de logiciels de lecture d'écran à adapter leurs produits à cet usage du point médian, et note par ailleurs que les graphies utilisant le trait d’union ou les points sont déjà pris en charge par ces logiciels[30],[31],[32].
Utilisation sur Wikipédia francophone
Sur Wikipédia francophone, plusieurs décisions communautaires ont été prises, le débat restant cependant ouvert.
Langues amérindiennes
Le point médian est utilisé pour indiquer la longueur de la voyelle qu’il précède dans l’écriture de quelques langues amérindiennes comme en kutenai[33],[34], en oneida[35], en onondaga[36], en tuscarora[37] et en zapotèque de la Sierra de Juárez. Il est aussi utilisé dans certaines variantes de l’alphabet phonétique américaniste comme dans la transcription de l’alsea.
Il est aussi parfois utilisé dans l’orthographe halkomelem après une voyelle pour indiquer une voyelle longue, notamment par les Tsawwassen ou les Katzie, au lieu des deux-points de l’orthographe halkomelem utilisée par d’autres communautés comme les Musqueam.
Autres usages linguistiques
- Dans la Chanson des Nibelungen, le point médian peut être utilisé pour mettre en évidence la structure dans les densités, par exemple, pour séparer les anvers et les abvers des strophes.
- Le point de coupure de mot ‹ ‧ › (similaire au point médian) utilisé dans un dictionnaire américain Merriam-Webster, pour noter la séparation des syllabes, 2003[38].
- Point médian indiquant l’accent d’intensité dans agamist ‹ A·gamist › et dans la prononciation de agamogenesis ‹ æ:gamoˌdʒe·nėsis › dans l’Oxford English Dictionary de 1933.
Le point central est parfois employé pour séparer les éléments d'une suite de mots ou d'expressions (au lieu de ponctuations ou conjonctions). Par exemple, les informations d'adresse affichées sur une ligne peuvent être structurées de cette façon :
- Erika Mustermann · Mustergasse 67 · 12345 Musterstadt
Dans le matériel promotionnel, les enseignes de magasin, etc., une telle ligne peut également être encadrée par des points centraux. Dans de tels contextes, les signes de bijoux accrocheurs ou appropriés peuvent être utilisés au lieu du point.
Le linguiste Otto Jespersen utilise le point médian dans certains ouvrages d’abord pour indiquer l’accent tonique[39], et ensuite pour indiquer la longueur de voyelle comme notamment dans la transcription Dania de 1890.
Point médian non diacritique
Il s'utilise dans d'autres langues, mais pas comme diacritique. C'est alors une ponctuation que l'on rencontre en grec (manuscrit puis typographié) ou en géorgien. En grec, on utilise le point médian (·) pour séparer deux parties de phrase, là où en français ou en anglais on met un point-virgule ou deux-points[40]. En géorgien, le point médian sert de virgule, pour séparer des parties de phrase[réf. souhaitée]. En épigraphie occidentale, le point médian a pu servir de séparateur de mots : c'est le cas dans l'alphabet runique. En gotique, il sert, dans la numération, à isoler les lettres utilisées comme nombres.
Dans les langues faisant usage de sinogrammes, comme le mandarin, le japonais par l'usage du système d'écriture des kanji, ou le coréen, par le système d'écriture des hanja, le point médian peut servir de ponctuation, au même titre que la virgule. Ses usages peuvent varier en fonction des langues ou des contextes.
Pour le Mandarin, le point médian prends le nom de 間隔號 (jiàngéhào), littéralement traduisible par "intervalle". Il s'utilise entre un prénom et un patronyme dans les transcriptions en sinogrammes de noms non-sinophones. Exemple : 威廉 · 莎士比亞 (Wēilián Shāshìbǐyà), William Shakespeare.
En langue japonaise : On utilise le symbole dit du 中黒 (なかぐろ, nakaguro), « ・ », littéralement traduisible en "point central", et également appelé 'katakana dot' (point de katakana) dans l'anglophonie. Les noms de 中点 (なかてん, nakaten), 中ぽつ (なかぽつ, nakapotsu), ou de 黒丸 (くろまる, kuromaru) peuvent également se voir en fonction des contextes. En informatique, il existe sous deux formes dites à pleine et à demi chasse, comme la majorité des caractères issus des langues chinoises, du japonais ou du coréen. Il est principalement usé pour faciliter la lisibilité de termes étrangers en katakana, en étant placé en guise d'espace, marquant une démarcation dans le nom d'un lieu, d'une personne, ou dans un terme ou expression qui serait importée. Exemples : ラ・ガレンヌ=コロンブ (Ra Garen-Koronbu), La Garenne-Colombes; エメ・セゼール (Eme Sezēru), Aimé Césaire; イン・ゴッド・ウィー・トラスト (In Goddo Uī Torasuto), "In God, We Trust", devise nationale des États-Unis d'Amérique.
Le nakaguro peut également s'employer pour une énumération de noms partageant une même cohérence globale[41]. Exemples : すいか・りんご、長野県・長野県 (Une pastèque, une pomme. / Préfecture de Nagano, et de Miyagi.)
Dans un énoncé comportant deux noms ayant un contexte commun, il est également possible d'utiliser le nakaguro afin de délimiter les deux termes[41]. Exemples : ハイチ・台湾間の移転 (Un déménagement d'Haïti à Taiwan); 小・中・高等学生は上手サンバをできます (Les élèves de primaire, du collège et du lycée savent bien danser la samba.)
Il peut également s'user en guise de décimale numérique dans le contexte d'une rédaction verticale, en remplacement des puces dans une liste à points, en remplacement des points de suspentions, pour des raisons esthétiques ou pour marquer une démarcation entre le titre d'une personne et son statut, dans le contexte d'une présentation[41]. Exemple : 神代大輔・最高経営責任者 (Daisuke Kamishiro, Président-Directeur Général); ピザを買いたい、しかしお金がないよ・・・(J'aimerais acheter une pizza, mais je n'ais pas de sous...)
Utilisation en sinologie
| Point sinologique | |
· |
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| Graphies | |
|---|---|
| Graphie | · |
| Codage | |
| Nom | Point sinologique |
| Unicode | U+A78F |
| Bloc | Latin étendu-D |
| modifier |
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Dans l’étude de plusieurs langues d’Asie de l’Est, ou dans l’écriture de certaines de ces langues, le point médian ‹ · › ou le point sinologique ‹ ꞏ › est utilisé pour transcrire le coup de glotte [ʔ][42]. Par exemple, dans la translitération du phagpa ou la transcription du tangut dans le dictionnaire de Li Fanwen. Le coup de glotte est aussi transcrit, dans l’orthographe du garo (une langue sino-tibétainne d’Inde et du Bangladesh), avec le point médian ou, autre possibilité, avec l’apostrophe[43],[44].
Utilisation en mathématiques

| Opérateur point | |
⋅ |
|
| Graphies | |
|---|---|
| Graphie | ⋅ |
| Codage | |
| Nom | Opérateur point[46] |
| Unicode | U+22C5 |
| Bloc | Opérateurs mathématiques |
| modifier |
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Le point, en mathématiques, sert de signe de multiplication. Or, dans la convention anglo-saxonne, le point sert aussi de séparateur décimal. Il est donc de convention, dans les ouvrages utilisant le point comme séparateur décimal[réf. souhaitée], d'utiliser le point médian comme signe de multiplication explicite ; par exemple :
- point comme séparateur décimal : 5.1⋅2 = 10.2
- virgule comme séparateur décimal : 5,1⋅2 = 10,2
Il est parfois utilisé, au moins dans certaines publications anglophones comme dans le Handbook of the Birds of the World[47], comme séparateur décimal.
L’opérateur point peut aussi être utilisé pour matérialiser une action de groupes ou un produit dans une algèbre ou dans un groupe.
Utilisation en chimie
En chimie, le point médian s'utilise pour séparer les parties de composés d'addition, comme le sulfate de cuivre (ou cuivrique) pentahydraté : CuSO4 · 5 H2O.
Il est utilisé aussi dans les unités comme séparateur. Exemple : mol · dm−3 . Normalement, il est encadré par deux espaces insécables.
Codage informatique
Le point médian catalan et géorgien est normalement codé avec le point médian typographique (·), dont le point de code Unicode est U+00B7[48] :
- UTF-8 :
0xC2 0xB7; - UTF-8 octal :
\302\267; - entité HTML :
·; - entité HTML décimale :
·.
Il existe un l pointé précomposé pour des raisons historiques, mais celui-ci est obsolète, U+00B7 est recommandé[49],[note 1] :
- Capitale Ŀ (U+013F) :
- UTF-8 :
0xC4 0xBF; - UTF-8 octal :
\304\277; - Entité HTML décimale :
Ŀ.
- UTF-8 :
- Minuscule ŀ (U+0140) :
- UTF-8 :
0xC5 0x80; - UTF-8 octal :
\305\200; - Entité HTML décimale :
ŀ.
- UTF-8 :
Le point médian grec peut être codé par U+0387 mais U+00B7, le médian typographique (·), reste préférable et le remplace automatiquement lors de normalisation Unicode :
- UTF-8 :
0xCE 0x87; - UTF-8 octal :
\316\207; - entité HTML décimale :
·.
Le point médian séparateur de mots peut être codé par U+00B7 mais U+2E31 (⸱) est aussi disponible.
Le point sinologique, utilisé comme lettre pour la translitteration du phagpa ou la transcription du coup de glotte du tangut peut être représenté par U+A78F (ꞏ).
Point chinois (.) U+FF0E (qui est en fait un point à pleine largeur mais n'est pas forcément défini par son caractère médian) :
- UTF-8 :
0xEF 0xBC 0x8E; - UTF-8 octal :
\357\274\216; - entité HTML décimale :
..
Point médian katakana (japonais) «・» U+30FB (pleine largeur) :
- UTF-8 :
0xE3 0x83 0xBB; - UTF-8 octal :
\343\203\273; - entité HTML décimale :
・.
Ponctuation simple runique (᛫) U+16EB :
- entité HTML décimale :
᛫.
Opérateur point (pour la multiplication) (⋅) U+22C5 :
- UTF-8 :
0xE2 0x8B 0x85; - UTF-8 octal :
\342\213\205; - entité HTML :
⋅(scalar dot) ; - entité HTML décimale :
⋅.
En LaTeX, le point médian peut s'obtenir avec \textperiodcentered ; dans l'environnement mathématiques ($…$ ou \[…\]) par la commande \cdot. Dans le même environnement, on peut utiliser des points de suspension médians, utiles par exemple dans le cas de matrices, avec la commande \cdots. On peut également saisir la ela geminada à l'aide de la macro \lgem, en ayant au préalable chargé l'extension Babel avec l'option catalan : \usepackage[catalan]{babel}.
Saisie au clavier
Sur GNU/Linux (en italique, les agencements produisant l'opérateur point)[51] :
- AltGr + ⇧ Maj + ; : fr(oss) – Français (variante) ; fr(oss_latin9) – Français (variante, Latin-9 uniquement) ; fr(oss_nodeadkeys) – Français (variante, sans touche morte) ; fr(mac) – Français (Macintosh) ; fr(oci) – Occitan ; be(oss) – Belge (variante) ; be(oss_latin9) – Belge (variante, Latin-9 uniquement) ;
- AltGr + ⇧ Maj + & : fr(latin9) – Français (obsolète, variante) ; fr(latin9_nodeadkeys) – Français (obsolète, variante, sans touche morte) ;
- AltGr + : : fr – Français ; fr(nodeadkeys) – Français (sans touche morte) ; fr(afnor) – Français (AZERTY, AFNOR) ; be – Belge ; be(iso-alternate) – Belge (ISO, variante) ; be(nodeadkeys) – Belge (sans touche morte) ;
- AltGr + . : ch(fr) – Français (Suisse) ; ch(fr_nodeadkeys) – Français (Suisse, sans touche morte) ;
- AltGr + ⇧ Maj + H : ch(fr_mac) – Français (Suisse, Macintosh) ;
- AltGr + ⇧ Maj + . : fr(bepo) – Français (BÉPO) ; fr(bepo_latin9) – Français (BÉPO, Latin-9 uniquement) ; fr(bepo_afnor) – Français (BÉPO, AFNOR) ;
- AltGr + L : fr(oss_latin9) – Français (variante, Latin-9 uniquement) ;
- AltGr + ⇧ Maj + L : fr(oss_latin9) – Français (variante, Latin-9 uniquement) ;
- AltGr + @ : fr(mac) – Français (Macintosh) ;
- AltGr + ⇧ Maj + F : fr(mac) – Français (Macintosh) ;
- ⇧ Maj + * (du pavé numérique) : fr(oss) – Français (variante) ; fr(oss_nodeadkeys) – Français (variante, sans touche morte) ; fr(bepo) – Français (BÉPO) ; fr(afnor) – Français (AZERTY, AFNOR) ; fr(bre) – Breton (France) ; fr(oci) – Occitan ; ch(fr) – Français (Suisse) ; ch(fr_mac) – Français (Suisse, Macintosh) ; be(oss) – Belge (variante) ;
- AltGr + * (du pavé numérique) : fr(oss_latin9) – Français (variante, Latin-9 uniquement) ; fr(bepo_latin9) – Français (BÉPO, Latin-9 uniquement) ; be(oss_latin9) – Belge (variante, Latin-9 uniquement) ;
- avec une touche de composition : Compose.-, Compose.^ ou Compose^..
Sur macOS, on peut obtenir le point médian en appuyant sur les touches suivantes :
- ⌥ alt ou option + ⇧ maj + F avec un agencement de clavier français ou belge ;
- ⌥ alt ou option + ⇧ maj + H avec un agencement de clavier espagnol, canadien multilingue ou suisse français ;
- ⌥ alt ou option + ⇧ maj + 9 avec un agencement de clavier anglais américain, britannique, canadien anglais ou allemand ;
- ⌥ alt ou option + ; ou ⌥ alt + ⇧ maj + Λ avec un agencement de clavier grec ;
- ⌥ alt ou option + 00B7 avec l’agencement de clavier universel (Unicode Hex).
Sur Windows :
- avec une combinaison de touche Alt :
- Alt + 250 (sur le pavé numérique), le point milieu (·) apparaît en relâchant Alt ;
- Alt + 0183 (sur le pavé numérique), le point milieu (·) apparaît en relâchant Alt ;
- 00B7 suivi de Alt + C (ou de Alt + X) dans les applications RichEdit (par exemple WordPad) ;
- ⇧ Maj + 3 avec un agencement de clavier catalan ou espagnol.