Polyabolo

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Les polyabolos, aussi appelés polytans, sont des polygones constitués de plusieurs triangles isocèles rectangles (demi-carrés) superposables, assemblés de toutes les façons possibles, côte-à-côte, sans superposition et sans juxtaposition d'un côté du carré unitaire et d'une de ses diagonales. Cet objet des mathématiques récréatives est un cas particulier de polyformes où l'on accole entre elles des formes identiques, ici des demi-carrés[1].

les premiers polyabolos

Le terme polyabolo a été forgé par S.J.Collins de Bristol et utilisé par H.O.O'Beirne (New SCientist, 1961)[2] sur le modèle des polyominos (Salomon W.Golomb, 1952) en accolant au préfixe poly- la fin du mot diabolo, par allusion à la forme du diabolo, même si cette forme n'est pas un polyabolo car les 2 triangles isocèles qui la composent ne se joignent que par leur sommet. Les termes désignant les polyabolos selon le nombre de triangles ont été créés sur le même modèle : monoabolo (1 triangle), triabolo (3 triangles), tetrabolo (4 triangles), etc.

On peut voir aussi les polyabolos comme les formes que l'on construit en joignant les sommets d'un quadrillage selon les côtés du quadrillage ou selon ses diagonales, sans croisement entre les côtés. Les formes qui peuvent se superposer après une rotation ou une symétrie sont considérées comme équivalentes. Parfois cependant, les formes qui ne peuvent se superposer qu'avec une réflexion (symétrie axiale) sont distinguées comme chirales ou bi-faces, comme le parallélogramme.

Un polyabolo ne présentant aucun élément de symétrie peut être représenté de 8 manières congruentes sur un quadrillage (8 alias). Le nombre d'alias est réduit à 4, 2 ou 1 selon la présence des éléments de symétrie comme le montre l'illustration où on passe d'un alias à l'autre situé juste en dessous par une rotation d'un quart de tour dans le sens horaire.

les différents alias d'un polyabolo selon ses éléments de symétrie

Il n'y a qu'un seul monoabolo (polyabolo constitué d'un seul triangle). 3 polyabolos sont constitués de 2 triangles (diabolos) : 1 triangle et 2 quadrilatères convexes (1 carré et 1 parallélogramme).

4 polyabolos sont constitués de 3 triangles (triabolos) : 2 quadrilatères (2 trapèzes dont 1 isocèle et l'autre rectangle) et 2 pentagones non-convexes dont 1 symétrique.

les 2 premiers polyabolos à trou sont des heptabolos

Il y a 14 tetrabolos dont 6 convexes se répartissant en 1 triangle, 5 quadrilatères, 2 pentagones et 6 hexagones. Il y a 30 pentabolos dont 3 convexes se répartissant en 3 quadrilatères, 6 pentagones, 12 hexagones et 9 heptagones.

La suite des nombres de polyabolos quand le nombre T de triangles unitaires augmente est donné dans le tableau ci-dessous pour T<13. À partir de 7 triangles accolés, on voit apparaître des formes à trous que l'on doit ajouter à la liste précédente.

Tnomnombre sans trou
nombre avec trous
nombre total
voir suite A006074 de l'OEIS
1monoabolo101
2diabolo303
3triabolo404
4tétrabolo14014
5pentabolo30030
6hexabolo1070107
7heptabolo3162318
8octabolo1105111116
9ennéabolo3667763743
10décabolo1281842213240
11undécabolo44289218746476
12dodécabolo15572510633166358

Si on s'intéresse uniquement aux polyabolos convexes, la liste est la suivante (jusqu'à 32 triangles unitaires) :

1 - 3 - 2 - 6 - 3 - 7 - 5 - 11 - 5 - 10 - 7 - 14 - 7 - 16 - 11 - 20 - 9 - 17 - 13 - 22 - 12 - 25 - 18 - 27 - 14 - 24 - 20 - 31 - 18 - 36 - 26 - 37 - etc.

Certains polyabolos ont des éléments de symétrie : 1 axe, 1 centre d'ordre 2 ou d'ordre 4, 2 axes perpendiculaires ou même 4 axes comme le carré. Lorsqu'un polyabolo a un nombre impair de côtés, il ne peut pas présenter de centre de rotation. Même chose si c'est son nombre de triangles unitaires (son aire) qui est impair. La liste des polyabolos symétriques est la suivante :

TC
1 centre
A
1 ou plusieurs axe(s)
D
2 ou 4 axes (et 1 centre)
total = C + A - D
polyabolos symétriques
11001
22213
30202
45629
50404
61416327
7011011
84350588
9034034
101461557294

Périmètre et nombre de côtés maximum

D'une façon générale le nombre de côtés d'un polyabolo contenant T triangles unitaires varie entre 3 et T+2. Cette propriété découle naturellement du théorème de Pick qui caractérise les polygones sur quadrillage : P+2I=T+2 où P est le nombre de points sur le Périmètre, I le nombre de points à l'Intérieur et T le nombre de Triangles unitaires. Lorsque I est nul, cette relation devient P=T+2. Pour avoir un maximum de côtés, chaque point sur le périmètre doit être un sommet du polygone. Dans ce cas, P mesure le nombre de côtés qui vaut donc T+2 au maximum.

Puzzles polyaboliques

Références

Liens externes

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