Pomayrols

From Wikipedia, the free encyclopedia

Localisation

La commune est située dans l'est du département de l'Aveyron. Elle est limitrophe de la Lozère.

Elle se trouve à cinquante kilomètres à l'est de Rodez dans la haute vallée du Lot. Elle est adossée aux premiers contreforts de l'Aubrac, sur le versant sud de la haute vallée du Lot, entre les villes de Saint-Laurent-d'Olt et Saint-Geniez-d'Olt. Sa superficie est de 2 340 hectares, en forme de triangle, son altitude varie de 433 mètres au hameau de La Tourre à 1 141 mètres au puech du Merle. L'origine du village remonte au XIe siècle. Il est bâti sur une crête autour de son château médiéval qui domine la vallée.

Communes limitrophes

Les communes limitrophes sont La Capelle-Bonance, Saint Geniez d'Olt et d'Aubrac, Saint-Laurent-d'Olt et Trélans.

Pomayrols vue générale.

La limite nord-est de Pomayrols suit l'ancienne draille, ancien chemin de transhumance du Languedoc, (maintenant GR 60 et GR 6), qui fut jadis un des nombreux itinéraires utilisés par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle pour relier en période hivernale Le Puy à Conques en contournant le Signal de Mailhebiau par le sud via Saint-Germain-du-Teil et Saint-Pierre-de-Nogaret. Au sud-est, le ravin de la Goutte jusqu'au Puech Grond (Puèg Grand) sert de limite avec la commune de Saint-Laurent-d'Olt. Au sud, coule le Lot qui descend de Saint-Laurent-d'Olt, il sépare la commune avec celle de La Capelle-Bonance. La rivière sert de frontière entre deux régions naturelles fort différentes : les monts d'Aubrac au nord, les grands causses au sud. Au sud-ouest, la route sur la rive droite du ruisseau de Bonance (dit de Canta Serp) est limitrophe de la commune de Saint-Geniez-d'Olt tandis qu'au nord-ouest la commune est séparée de celle d'Aurelle-Verlac par une ligne qui passe sous les hameaux des Ginestes (Las Ginestas), de la Molière (La Molhièra) et de la Fraïssinède (La Fraissineda).

Géologie et relief

Habitat traditionnel.

La formation du Massif central au cours de l'ère primaire transforma les roches sédimentaires formées au Précambrien en roches métamorphiques, comme le schiste ou le micaschiste. Dans le sud du massif on retrouve ce type de roches sur le Lévézou, dans les Cévennes et autour de l'Aubrac comme c'est le cas à Pomayrols. Le schiste est le matériau principal utilisé dans l'habitat traditionnel pour la construction des murs et la couverture des toitures.

Hydrographie

 Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseaux hydrographique et routier de Pomayrols.
Pêche à la mouche.

Vers Pomayrols, le Lot est une rivière tumultueuse qui traverse des gorges boisées et très sauvages où confluent plusieurs ruisseaux[2] descendus de l’Aubrac localement appelés boraldes. Bien qu'en très forte raréfaction, le peuplement piscicole est de type mixte : les salmonidés (truites) y côtoient les cyprinidés d’eaux vives (goujons, barbeaux, vandoises, et chevesnes). Seul le pêcheur averti y trouve son bonheur.

Depuis 2020, la pêche en amont du pont de Chipole jusqu'au ruisseau du Moulinet proche de Saint Laurent d'Olt soit sur plus de 11 km est réglementée en zone "no kill" pour les truites uniquement, toutes les prises doivent être remises à l'eau et l'utilisation de hameçon sans ardillon est recommandée.

Les principaux ruisseaux sont, depuis l'aval vers l'amont, le Bonance (appelé localement Canto Serp) qui prend sa source au-dessus du hameau des Ginestes et qui descend vers le Lot en droite ligne jusqu'au hameau de La Tourre, le Mendaric (appelé localement la Cazette) à sec pendant l'été et qui vient du Roc des Anglais, le ruisseau du Pal (appelé localement ruisseau de Veyran ) qui se forme dans les montagnes qui dominent le hameau de Rouveret au Nord, le ruisseau de La Boulesq qui prend sa source au lieu-dit Les Coustats et le ruisseau de La Goutte qui sert de limite avec la commune de Saint-Laurent-d'Olt, traverse la RD509 au pont de la Vayssière et arrive au Lot en aval de la ferme du Tour-Bas, en face de la chapelle de Saint-Ferréol[3].

Le pont des Gandalgues sur le Bonance (2017).

Depuis le mont Lozère où il prend sa source, les impacts des diverses activités humaines sont visibles. Chaque année, malgré de légères améliorations, les crues déposent toujours sur les rives leurs lots de déchets plastiques divers et variés venant de l'amont.

Les observations du Lot[4] dans sa traversée de la commune montrent que l'équilibre des eaux de la rivière reste fragile et cela malgré la mise en place en amont de stations d'épuration qui en améliorent la qualité[5]. L'élévation des températures estivales de l'eau (en partie accentuée par la retenue de Booz située 20 km en amont.) combinée à l'utilisation croissante des intrants auxquels s'ajoutent les déjections des troupeaux qui pâturent sur les bords de la rivière peut parfois provoquer des phénomènes d'eutrophisation. Bien que sur la commune les rives du Lot soient classées en espace naturel sensible, en raison de certains manquements aux procédures, la qualité des eaux ne s'en trouve pas améliorée. Retrouver sur la commune une eau cristalline en période estivale telle qu'elle existait jusqu'au milieu du XXe siècle semble être un défi compliqué à mettre en œuvre.

Malgré cela, selon les critères en vigueur relatifs au bon état des eaux, cette portion du cours est classée bonne, en période estivale, la baignade y est possible, de multiples sites naturels existent. La baignade non surveillée s’y pratique aux risques et périls des usagers.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[8] et est dans la région climatique Sud-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 1 000 à 1 500 mm, minimale en été, maximale en automne[9]. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 4,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 957 mm, avec 11,5 jours de précipitations en janvier et 5,5 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint Geniez d'Olt et d'Aubrac à km à vol d'oiseau[12], est de 9,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 456,2 mm[13],[14]. La température maximale relevée sur cette station est de 35 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −16,5 °C, atteinte le [Note 1].

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[15], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme

Typologie

Au , Pomayrols est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[16]. Elle est située hors unité urbaine[17] et hors attraction des villes[18],[19].

Toponymie

On dénombre plus d'une vingtaine de hameaux et fermes disséminés sur le territoire de la commune. Certains noms de lieu sont hérités de la basse époque gallo-romaine[20], ils correspondent à des domaines ruraux désignés sous le nom de leur propriétaire que complète un suffixe en ac ou en esq, tels que : Le Martinesq (Lo Martinesc) : domaine qui appartient à Marti. La Boulesq, (la bolesc) : domaine appartenant à « Boulet ». La ferme de Cayzac(Caïsac) : domaine appartenant à Caïsius (origine latine).

La plupart des termes sont apparus entre le IXe et le XIe siècle, ils empruntent des noms tirés du milieu naturel et fournis par la langue d'oc[20] comme : Pomayrols, autrefois orthographié Pomairols (Pomairòls en occitan) : lieu aux nombreux pommiers, vient du gallo-romain, poma : pomme. Sur les rives du Lot se situent Chipole, (Gipola), « chez Gipou » (qui appartient à Joseph) d'origine latine. La Tourre, La Torre : la tour, en latin turris : la tour et Vialaneuve, (la viala nova) : la villa neuve, du latin villa.

Dans la vallée du ruisseau le Bonance, on trouve : La Bessière (La Becièra) : lieu planté de bouleaux, du latin betullus : bouleau. Le Monna (Lo Montnar ?). Les Gandalgues (Las Gandalgas). La Fage[21] ( la Faja, anciennement clara fagia) : clairière de hêtres, du latin fagus / fagea : hêtre. Et tout proche, le hameau de Bonance[22] (Bonança).

Sur le versant sud, se situent : Rouveret, (Roveret) : rouvraie, lieu planté de rouvres (chênes) : de l'occitan róver / rove / roire / rore : rouvre. Les Vergounhoux (Los Vergonhós) : de l'occitan vergonha : honte. Vergonha vient du latin verecundia : pudeur. Qualifie un lieu retiré et éloigné. Lespinasse (L'Espinassa) : désigne un lieu où il y a des épineux, en occitan espina : épine. Le Flourigués (Florigués) : lieu fleuri, en occitan flor : fleur. Falguières, (Falguièras) : les fougères, en occitan falguièra du latin filicaria : fougère (Falguières est le hameau le plus peuplé après le village de Pomayrols), Les Crouzets, (Los Crosets) : les petits creux, vient du celtique kris, puis en latin populaire crosus, en occitan cròs : creux. La Plagne, (La Planha) : lieu plat, occitan planha du latin planea : plaine. Les Pougettes (Los Pojets ou Las Pojetas ?) : les collines, occitan Pojet/Pujet. La Bourgade, en occitan La Borgada : petit village.

S'ajoutent les fermes et hameaux situés sur la rive gauche du Lot faisant partie de la paroisse de Pomayrols, tels que : La Prade (La Prada) : de Prada, grand Prat (pré). Les hameaux de Pomiès (Pomièrs) : de Pomièr Pommeraie et Navechs, de l'occitan « navec » vient du latin « navis » : navire. Le nom de ce hameau proche des berges du Lot nous rappelle qu'il y avait à cet endroit des barques utilisées pour traverser la rivière. Enfin, Le Gibertès et Le Laus (Lo laus) : mot occitan signifiant : soit la Louange qui vient du latin laudatio), soit le lac du provencal « lo laüs », mais également pierre plate de l'occitan « lauso » (prononcé láouze).

Histoire

Moyen Âge et Époque moderne

Le château dominant la vallée du Lot.

Avant la Révolution française, le château et son domaine furent successivement possédés par plusieurs familles d'ancienne chevalerie dont la fortune fut soutenue par toute une politique de mariages, de donations et d'héritages. On peut citer : les Cayrodes[23] de 1261 à 1408, les La Romiguière, Montamat entre 1408 et 1452, les Murat de Lestang[24] de 1452 à 1687[25], Du Pont de Ligonnès jusqu'en 1808.

Le seigneur avait sur son domaine, la seigneurie, le devoir d'assurer la paix et la sécurité aux habitants. Le domaine seigneurial réparti en tenures étaient loin de recouvrir l'ensemble des terroirs. Elles laissaient de larges espaces où s'étendaient des alleux modestes.

Le seigneur avait pour maintenir l'ordre et la paix le droit de rendre la haute, moyenne et basse justice[26]. Pour montrer ce pouvoir, il était autorisé à dresser un ou plusieurs gibets (droit de fourche). À Pomayrols, il se situait à la croix du pal, jadis lieu de passage très fréquenté. Pour assurer la sécurité des biens et des personnes, il devait entretenir des hommes formés aux métiers des armes. En cas de menace, il devait combattre à leurs têtes et accepter de risquer sa vie. Ces charges étaient financées par la perception de taxes et redevances diverses telles que censive, champart, lods et ventes et commun de paix. En raison de la rareté de la monnaie, ces taxes étaient payées soit en denrées soit en journées de travail (Corvée). Cette fiscalité locale issue de la féodalité fut appliquée jusqu'au 4 août 1789.

Au cours de ces différentes périodes, Pomayrols a connu de nombreuses épreuves et misères: Des famines en 1545, 1625, 1695, 1759 et 1770. Des inondations en 1705.

De 1720 à 1722 alors que la peste faisait des ravages en Provence et en Languedoc, un blocus sanitaire très rigoureux fut mis en place entre le Rouergue et le Gevaudan[27] : Situé sur cette limite, Pomayrols fut directement concerné. L'épidémie était proche, elle sévissait à Marvejols, Banassac, Saint Germain du Teil. Les mesures étaient telles que toute personne prise en train de franchir cette limite de quarantaine était immédiatement exécutée.

Lorsque advint la révolution, la plupart des idées nouvelles furent relativement bien accueillies dans le Rouergue, excepté dans le domaine religieux. La volonté de nombreux révolutionnaires qui voulaient déchristianiser le peuple et imposer un clergé fonctionnaire de l'état se heurta à une population très pratiquante et attachée à l'organisation de l'Église catholique romaine. Dans le cadre pomayrolais, François Vésinet curé de la paroisse depuis 1780 et son vicaire Barrié refusèrent de prêter serment, de même, l'abbé Albouy (premier curé affecté à la nouvelle paroisse de La Boulesq fondée en 1779) rétracta le le serment civique qu'il avait prêté en février de la même année. Ils firent partie des nombreux prêtres réfractaires du diocèse. Sur les 1100 membres du clergé du diocèse de Rodez au cours de cette période, 121 seulement prêtèrent serment à la nouvelle constitution. Les mesures à l'encontre de ce clergé réfractaire (la peine de mort pendant l'application de la loi des suspects) furent contrecarrées par des paroissiens qui s'empressèrent de cacher et de subvenir au quotidien de ces prêtres au surnom évocateur de "bartassiers" qui vécurent dans une semi clandestinité jusqu'au concordat de 1801.

Époque contemporaine

Le , l'assemblée constituante vota une loi créant les communes. La France fut divisée en 44 000 municipalités. À Pomayrols, ce premier découpage englobait en plus de son territoire actuel, Aurelle-Verlac et Prades-d'Aubrac. Le siège de la commune était à Pomayrols. Ce découpage fut maintenu jusqu'au [28]. Si au cours des dix premières années de 1789 à 1799 les agents municipaux (maires) furent élus au suffrage direct, à partir de 1799 jusqu'en 1871, les maires[29] furent nommés par le préfet qui les choisissait parmi les personnalités locales les plus influentes et aux idées proches du pouvoir. Se succédèrent à la charge de maire, sous le Premier Empire entre 1800 et 1815, Jean Bach de Fabrègues, puis de 1815 à 1828, Antoine Niel de Naves d'Aubrac[30], de 1828 à 1831, François-Joseph Roucayrols de la Frayssinède et de 1831 à 1845, Jean-Pierre Auguy de Moncan[31].

Après la séparation en trois communes distinctes, furent nommés de 1845 à 1848, Jean-Joseph Gaillard de Pomayrols, puis de 1848 à 1864, Jacques Poujol. Enfin de 1864 à 1871, la mairie fut occupée par Pierre Bouscary de Rouveret, sous le mandat duquel fut construit le pont de Chipole financé par l'État et la commune.

Le pont et le hameau de Chipole en 1947.

Le premier maire élu par un conseil municipal fut, de 1871 à 1876, Prosper Gaillard de Pomayrols. En 1875 il fit tracer le chemin qui relie le pont de Chipole à la croix du Tioulas. Il fut suivi de Joseph Bouscary (père) de l'Espinasse entre 1876 et 1878, puis de Jean-Baptiste Cambefort de Pomayrols de 1878 à 1884. Pendant son mandat, fut entreprise la construction du chemin entre Pomayrols et Saint-Laurent. Suivirent, Joseph Bouscary (père) entre 1884 et 1888 et Joseph Bouscary (fils) de 1888 à 1900 qui fit construire en 1885 le pont de Veyran. Numa Autigeon, maire de 1900 à 1904 réalisa l'adduction des eaux du bourg de Pomayrols. Les travaux ne furent exécutés qu'en 1906 et 1907.

Au cours du XIXe siècle, avec une population de près d'un millier de personnes (qui vivaient pour la plupart dans une grande pauvreté), les déplacements étant longs et difficiles, les habitants disposaient dans les villages de tous les métiers et commerces nécessaires au quotidien. Malgré le déclin de la démographie provoqué par l'exode vers les grandes villes, accentué par le grand nombre de victimes de la guerre 1914-1918, cette relative autarcie se maintiendra jusqu'aux premières décennies du XXe siècle.

Une rue du village en 1935.

À la suite de Numa Autigeon, en 1904, Joseph Bouscary de l'Espinasse fut élu maire. Il fut celui qui resta le plus longtemps en exercice puisque son dernier mandat s'acheva en 1938. Durant cette période, furent construits le pont des Gandalgues en 1911, le lavoir en 1924 et en 1933 le chemin qui part de la croix du Tioulas jusqu'au bas du bourg de Pomayrols. En 1929, à l'initiative de M. Bousquet, meunier au hameau de la Tourre, aidé de la main d'œuvre locale, le premier réseau électrique alimentant le bourg de Pomayrols fut installé. La production se faisait la nuit, elle fut utilisée jusqu'en 1955 date à laquelle le bourg fut relié au réseau EDF. Dans ce domaine également, dès 1923, la vallée du Lot est prospectée, pour y implanter une usine électrique. Trois sites furent retenus : sous le hameau de la Romiguière, à Chipole et sous La Boulesq... Ces études restèrent sans suites. À partir de 1944, lors des grands projets de barrages hydroélectriques[32] sur le Lot, une retenue située à km en amont de Saint-Geniez-d'Olt fut envisagée, des acquisitions foncières furent réalisées (43 hectares) mais ce projet fut finalement abandonné car les particularités géologiques du sous-sol ne permettaient pas un ancrage fiable de l'ouvrage. Ce ne fut pas le cas pour les sites de Castelnau-Lassouts et de Golinhac où les conditions favorables permirent l'édification des ouvrages.

Battage du blé sur le sol devant le château (1932).

Dans le domaine de l'agriculture, les premiers fraisiers de la variété Sannié furent plantés en 1932. Cette culture se développa au cours des décennies suivantes et permis aux habitants d'améliorer notablement leur revenus.

Entre 1938 et 1958, le maire de la commune fut Baptiste Badoc de Pomayrols. Au cours de cette longue période de pénurie et d'épreuves, les témoignages des administrés de cette époque nous apprennent que son action fut principalement orientée vers de nombreuses démarches sociales pour aider les familles en difficulté. Le à Pomayrols[33], les témoins se souviennent qu'on dépiquait ce jour-là lorsque les habitants apprirent sans surprise la nouvelle de la mobilisation générale. M. Massabuau (lo pitchinet) monta au clocher et sonna le tocsin. La guerre qui commençait modifia durant les cinq années qui suivirent la vie des habitants de la commune. Les soldats Pomayrolais mobilisés sur le front, après huit mois de calme, vécurent de violents combats lors de la percée allemande de mai et juin 1940. Certains furent gravement blessés, d'autres fait prisonnier. La commune déplora un seul tué: Ernest Manenq de Laboulesq. Parmi les prisonniers, la plupart cherchèrent à s'évader, certains réussirent, d'autres furent repris et subirent violences et brimades. Après l'armistice de , sous le régime de Vichy, Pomayrols reçut la visite en 1941 du préfet Marion qui en 1944 sera arrêté pour collaboration très active et exécuté par la Résistance.

Les religieuses du couvent de l'union (1940).

Durant la période de la guerre, la démographie de la commune se caractérisa par une forte augmentation du nombre de jeunes, comme le montrent les registres de présence des écoles. D'une part, dès , la plupart des familles originaires de Pomayrols qui habitaient en zone occupée firent rapatrier leurs enfants sur la commune pour les soustraire aux mesures de rationnement. D'autre part, pour de multiples raisons, l'occupation allemande amena des familles de réfugiés de toutes origines et confessions à confier leurs enfants aux religieuses du couvent de l'union. À partir de 1943 le territoire de la commune servit de zone de repli pour les résistants du maquis de Saint-Chely et Condom d'Aubrac (maquis Roland). Ces maquisards étaient chargés de réceptionner les parachutages alliés et de les distribuer à la Résistance régionale. En 1945, les Pomayrolais qui revenaient de captivité et qui étaient agriculteurs purent bénéficier de la main d'œuvre de prisonniers allemands eux-mêmes agriculteurs, cette période leur permit d'échanger leurs expériences et d'avoir un autre regard sur leur activité.

En 1959, Joseph Tisse (de l'Espinasse) fut élu maire. Au cours de son mandat, en 1961 et 1962 fut prolongé dans les villages le réseau d'adduction d'eau jusque dans les habitations et créé un réseau collectif des eaux usées. En agriculture, la mécanisation ne fit son apparition que très progressivement au cours des années 1960 avec l'arrivée des premiers motoculteurs. Cette évolution entraina la fin des attelages traditionnels qui disparurent peu à peu. Avec la venue des tracteurs dans les années 1970, les méthodes d'exploitation se modifièrent: les parcelles à forte pente furent délaissées, des espaces autrefois inexploitables mais praticables avec un tracteur furent labourés, fertilisés et exploités.

Politique et administration

La mairie.
Liste des maires successifs depuis 1900
Période Identité Étiquette Qualité
1900 1904 Numa Autigeon    
1904 1938 Joseph Bouscary    
1938 1958 Baptiste Badoc    
1959 1967 Joseph Tisse    
1967 1983 Jean Savaric    
1983 2008 André Solignac    
2008 2014 Bernard Solignac    
avril 2014 mai 2020 Christine Verlaguet[34]   Employée (secteur privé)
mai 2020 en cours Christine Andrieu Epouse Verlaguet[34],[35]   Agricultrice sur grande exploitation
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie

Depuis le XIVe siècle, les évêques de Rodez étaient tenus de faire au moins une fois durant leur mandat, la tournée d'inspection de chaque paroisse. Vers 1515, la paroisse de Pomayrols qui comprenait La Boulesq et Falguières, comptait 1 200 habitants dont 400 dans le bourg.

Durant le XVIIIe siècle, sous le règne de Louis XV, le résultat des inspections de 1746 et 1771 mentionne une population d'environ un millier d'habitants (900 en 1746, 1090 en 1771, dont 341 dans le bourg). Au cours de cette période, le dynamisme de l'industrie du textile à Saint-Geniez-d'Olt qui développa le travail à façon, contribua au maintien d'une population importante dans les villages.

Baptême à Pomayrols en 1913.

En 1874, la commune comptait 1 107 habitants, 479 sur la paroisse de Pomayrols, 378 autour de La Boulesq et Falguières, 250 autour de La Fage. Depuis le XVIe siècle jusqu'à la fin du XIXe siècle, la population de la vallée est donc restée relativement stable[36].

Depuis la fin du XIXe siècle, les migrations vers Paris, les métropoles régionales ou l'Amérique du Sud, constatées sur l'ensemble du département n'ont pas épargné la commune. En 1914, elle ne comptait plus que 600 habitants. Entre 1914 et 1918, le premier conflit mondial qui fit 63 victimes[37] parmi les hommes en âge de fonder une famille accentua le dépeuplement.

De nos jours, la commune se caractérise par le doublement de sa population en période estivale. Selon l'Insee en 2006, la commune comptait 145 maisons d'habitation qui se répartissaient entre 62 résidences principales, 3 habitations vacantes et 80 résidences secondaires, la majorité appartenant à des familles ayant des origines sur la commune.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[38]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[39].

En 2022, la commune comptait 118 habitants[Note 2], en évolution de −3,28 % par rapport à 2016 (Aveyron : +0,37 %, France hors Mayotte : +2,11 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5337903 6793 5763 5863 4161 8691 0551 139
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0501 040867913847919919766728
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
646651601546547512510387342
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
290283246178182152153156137
2015 2020 2022 - - - - - -
125120118------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[40] puis Insee à partir de 2006[41].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sur les tableaux ci-dessus, de 1806 à 1836, les populations de Prades d'Aubrac et Aurelle-Verlac sont intégrées à la commune de Pomayrols.

Économie

Culture locale et patrimoine

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI