Prieuré Saint-Victor de Bray

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Fondation1259 (confirmation par une bulle d'Alexandre IV)
Fermeture1773
Prieuré Saint-Victor de Bray-sur-Aunette
La chapelle, vue depuis le sud-est.
La chapelle, vue depuis le sud-est.

Ordre Chanoines réguliers de saint Augustin
Fondation 1259 (confirmation par une bulle d'Alexandre IV)
Fermeture 1773
Diocèse Diocèse de Senlis
Fondateur Guy le Bouteiller
Dédicataire Saint Victor de Marseille
Personnes liées 6
Style(s) dominant(s) gothique rayonnant
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1926)
Logo monument historique Classé MH (1943)[1]
Site web Amis du prieuré de Bray
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise Oise
Commune Rully
Coordonnées 49° 18′ 07″ nord, 2° 36′ 52″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Prieuré Saint-Victor de Bray-sur-Aunette
Géolocalisation sur la carte : Oise
(Voir situation sur carte : Oise)
Prieuré Saint-Victor de Bray-sur-Aunette

Le prieuré Saint-Victor de Bray-sur-Aunette est un ancien prieuré de chanoines réguliers de saint Augustin, dépendant de l'abbaye Saint-Victor de Paris, et situé sur la commune de Rully (Oise), en France. Il a été fondé en 1249 par testament de Guillaume le Bouteiller, seigneur de Senlis. Un prieur et cinq moines sont installés en 1263, date présumée de l'achèvement de la chapelle. Vers 1650, le prieuré est dévasté par les troupes du maréchal de Turenne, puis réparé. Le dernier prieur meurt en 1773. La situation financière précaire de l'abbaye mère de Saint-Victor ne permet pas de le remplacer, et le domaine est loué à un bourgeois de Paris, avec l'obligation d'entretenir la chapelle. La vente comme bien national survient en 1791, et le prieuré devient définitivement une ferme. Les bâtiments conventuels sont démolis entre 1827 et 1836. Depuis lors, ne subsistent plus que la chapelle de style gothique rayonnant, qui est d'un grand intérêt architectural ; une cave ; un pigeonnier médiéval ; des éléments du mur de clôture avec le portail ; et des bâtiments des deux basses-cours datant de l'époque moderne. Ils ont connu de multiples transformations, et deux bâtiments d'exploitation ont encore été construits en 1900. La cave et les vestiges archéologiques au nord de la chapelle sont inscrits aux monuments historiques en 1926 ; la chapelle et le colombier sont à leur tour classés à la fin de l'année 1943[1], alors que de nouveaux propriétaires, Christiane et Charles de la Bédoyère, viennent de prendre possession du site. Ils évitent l'effondrement des voûtes de la chapelle en faisant poser des tirants d'acier en 1963. En 1996, la famille Delacharlery, propriétaire depuis 1981, fait le nécessaire pour mettre la chapelle hors d'eau. La charpente et la couverture sont refaites. Ce sont les tout premiers travaux de restauration depuis le départ des religieux. En 1998, la famille Sirot Saunier acquiert le domaine. Avec le soutien d'une association fondée en 2004, elle entreprend la restauration totale de la chapelle entre 2005 et 2012. Chaque année des concerts y sont organisés.

Vue depuis la RD 582, au nord-ouest. À gauche, le toit de la chapelle.

L'ancien prieuré de Bray-sur-Aunette se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le parc naturel régional Oise-Pays de France, sur le territoire de la commune de Rully, à l'est du hameau de Bray-sur-Aunette, à une altitude de 85,5 m. Le site est accessible par la RD 582, qui relie les deux parties de la commune. Au nord, il est délimité par l'Aunette, qui prend sa source près de Rully. L'ensemble des bâtiments sont compris dans un enclos de forme approximativement rectangulaire, dont la chapelle occupe le centre. La ferme et la plupart des bâtiments se concentrent dans la partie occidentale du rectangle. Un grand étang à l'extérieur de l'enclos fait également partie du domaine.

Histoire

La fondation

Chapelle, vue depuis l'est.
Vierge à l'Enfant en bois de chêne du milieu du XIVe provenant du prieuré, au musée de Crépy-en-Valois[2].
Colombier médiéval.
Pierre tombale du prieur Jean-Louis Hardy de Gely, mort le 17 mars 1761.

Avant de partir pour la septième croisade avec saint Louis au mois de juin 1248, Guy le Bouteiller, seigneur de Senlis, fait son testament. Il ne rentrera effectivement pas en France, et meurt sans descendance à Damiette, en Égypte, le 8 août 1249. Parmi d'autres dispositions, il stipule que la cinquième part de sa fortune doit être utilisée pour la fondation d'une abbaye, qui doit être rattachée à l'abbaye Saint-Victor de Paris, et établie à Bray, près de son château de Montépilloy. Afin que cette volonté soit observée, Guy désigne quatre exécuteurs testamentaires : l'évêque de Senlis, l'évêque de Paris, l'abbé de Saint-Victor (qui se nomme Ascelin à cette époque) ; et maître Herbert, archidiacre de l'église Saint-Évroult de Rethel. La fondation est validée par des lettres patentes de Louis IX, signées à Aigues-Mortes au mois d'août 1248. Malgré ces précautions, rien ne se passe jusqu'en 1255. L'inventaire des biens du défunt n'est pas encore dressé. Maître Herbert est déjà mort à ce moment. Au mois de juin, Renaud III Mignon de Corbeil, abbé de Paris ; Adam de Chambly, évêque de Senlis, et l'abbé Ascelin se réunissent, et réduisent de douze « à six chanoines réguliers réunis en prieuré » la fondation de l'abbaye. En effet, les revenus dégagés par la cinquième part des terres de Guy le Bouteiller ne sont pas jugés suffisants pour faire vivre une communauté monastique plus importante. Il faut encore s'entendre avec la principale héritière, Marguerite de Mailly, veuve de Raoul le Bouteiller, frère de Guy, sur le mode du prélèvement de la part de l'héritage incombant à la fondation monastique. Au mois de mars 1256, un accord est conclu devant le bailli de Vermandois, aux assises de Senlis, et il est statué qu'une estimation définitive des propriétés doit être faite par un conseil d'experts. C'est chose faite au mois de septembre 1257. L'abbaye Saint-Victor reçoit la somme de deux mille livres tournois afin de payer la construction du nouveau prieuré. Chaque année, le prieuré doit toucher la somme de neuf fois vingt livres parisis, à prendre sur les revenus de fermes de Bray, Rully et Chamicy (hameau de Rully) et de sept fiefs ; si ces revenus s'avèrent insuffisants, le déficit doit être complété par les revenus de la ferme de Montépilloy. La réduction à six chanoines est définitivement approuvée par des lettres patentes du roi Louis IX, signées au mois de juillet 1255 à l'abbaye de Royaumont, et par un acte d'Adam de Chambly du mois d'avril 1258. Au mois d'avril 1257, le roi donne des lettres-patentes pour valider l'estimation des biens. Une bulle pontificale du pape Alexandre IV complète les formalités de fondation. Elle est datée de Viterbe, le deuxième jour des calendes du mois de février 1259[3].

Histoire du prieuré jusqu'à la Révolution

L'histoire du prieuré commence par l'arrivée d'un prieur, du nom de Raoul de Crécy, et de cinq chanoines, le 24 décembre 1263. Les bâtiments conventuels et la chapelle sont probablement achevés à ce moment, ou au moins à peu près. La chapelle est exclusivement réservée à l'usage des religieux. Les habitants du petit village de Bray disposent de l'église paroissiale Saint-Georges, qui remonte aux alentours de 1100[4] (les messes n'y sont plus dites). Selon les préceptes des chanoines réguliers de saint Augustin, ils s'emparent de la cure et assurent le service paroissial. Raoul de Crécy meurt dès le mois d'avril 1264. Dès lors, selon l'abbé Caudel, le nombre de six chanoines n'est plus jamais atteint. L'on ignore même les noms de leurs successeurs jusqu'en 1336, quand le prieur se nomme Pierre de Barre. En 1377, Adam Saquati est élu prieur. C'est la période de la guerre de Cent Ans, et les domaines agricoles attribués au prieuré par Guy le Bouteiller ne dégagent plus les revenus nécessaires au bon fonctionnement du prieuré. Vers la fin du XIVe siècle, un décret de l'abbaye Saint-Victor, qui n'est malheureusement pas exactement datable, arrête « qu'on ne peut, dans le prieuré de Bray, aussi bien que dans les autres, envoyer et entretenir qu'un seul chanoine ». Ainsi, le prieur habite désormais tout seul le prieuré, sans compter le personnel laïque engagé pour l'exploitation de la ferme rattachée au prieuré, et dont l'existence est attestée par le pigeonnier médiéval qui se trouve toujours dans la grande cour. Par temps de paix, un second moine se joint au prieur. Aucun événement important ne ponctue l'existence du prieuré. Thomas Gaudic, Perrine Leclerc et Guillaume Moine déplorent la perte des archives de l'abbaye Saint-Victor et pensent que l'histoire du prieuré reste en grande partie inconnue ; ceci ne les empêche pas d'affirmer que le prieuré est « fortement impliqué dans la vie spirituelle et économique de la région ». En 1865, l'abbé Caudel a pourtant pu consulter les principaux documents relatifs à l'histoire du prieuré, dont certains ont été recopiés par le chanoine Afforty. La rareté des sources pour l'époque postérieure à la fondation ne l'étonne pas : « La vie religieuse ne se raconte guère : elle est la même pour tous, et c'est cette uniformité qui en fait la gloire ; si on peut prononcer ce mot quand il s'agit de tels hommes : prier, étudier, administrer paisiblement et paternellement le bien de la communauté, telle fut leur vie. Si elle ne satisfait pas notre curiosité scientifique, elle suffit aux hommes et surtout à Dieu »[5],[6].

Le prieuré Saint-Victor est un prieuré claustral, et il ne peut pas être mis en commende. Les prieurs sont élus par les chanoines, et doivent être confirmés par le roi, comme dans l'ensemble de l'ordre des chanoines réguliers de saint Augustin[7]. Au XIVe siècle, deux prieurs de Bray deviennent par la suite abbé de Saint-Victor, et un autre, abbé de la Victoire. Antoine Bonnot, élu prieur le 17 juillet 1505, est enjoint d'avoir un compagnon et de résider au prieuré. C'est peut-être pour la première fois depuis la guerre de Cent Ans que plus d'un moine habite le prieuré. L'on voit aussi qu'il n'est apparemment pas évident que les prieurs résident constamment sur place. À la fin de l'année 1538, le prieur J. Duquesnoy est révoqué, et le 14 janvier 1632, Pierre III de Lagne connaît le même sort. Les motifs de ces révocations ne sont plus connus. Robert Barthe, qui est élu en 1539 alors qu'il a déjà soixante-dix ans, exerce son ministère encore pendant trente ans et meurt centenaire en 1569. Vers 1650, le prieuré est dévasté par les troupes du maréchal Turenne, puis réparé sous le prieur Benoît Faure. C'est l'un des prieurs les plus distingués de Bray, qui renouvela l'esprit de la communauté par ses exemples, et rendit l'église et la maison plus belles qu'elles ne l'avaient jamais été. Ancien camérier de Saint-Victor, il meurt aussi dans l'abbaye parisienne en 1656 et y est enterré dans le cloître. Les auteurs n'indiquent pas son éventuel lien de famille avec Charles Faure (1594-1652), grand réformateur des Augustins et fondateur de la congrégation de France. Les rares éléments que l'on connaisse de la biographie de certains prieurs sont le plus souvent sans importance. La dalle funéraire d'un seul prieur subsiste dans la chapelle : c'est celle de Jean-Louis Hardy de Gely, mort au mois de mars 1761. Trois prieurs lui succèdent encore, mais aucun ne reste en fonction bien longtemps. Le dernier prieur est Jean-Baptiste Casnet ou Cornet, élu le 17 mai 1763 à l'âge de soixante-douze ans, et mort probablement en décembre 1772. L'abbaye Saint-Victor ne le remplace pas, car sa situation financière précaire ne le lui permet pas. Sans supprimer officiellement le prieuré ou le réunir à un autre établissement monastique comme cela se pratique fréquemment au XVIIIe siècle, elle loue le domaine à Jacques Badin, bourgeois de Paris. Il est tenu d'entretenir le prieuré et notamment sa chapelle « avec décence ». C'est probablement Badin qui aménage un parc à l'ouest de l'enclos. L'allée reliant le prieuré à l'église Saint-Georges est interceptée par ce parc. Sous la Révolution française, la chapelle échappe au vandalisme, car sa vocation religieuse est déjà oubliée[8],[9].

Les prieurs de Bray

État des lieux en 1791

Portail entre la « cour verte » et la grande cour de ferme, vue vers le nord.
Plan de situation en 1791.
Grande cour de ferme avec colombier, abreuvoir et puits.
La chapelle en 2011 encore sans vitres, vue depuis le nord-est.
Étang du prieuré.
Plan de situation en 2013.

En 1791, le domaine est vendu comme bien national à Nicolas Philippe Louis Charles Desprez de la Rézière, homme de loi parisien. Sa famille conserve le domaine jusqu'en 1885. L'inventaire préalable à la vente en 1791 contient l'unique description ancienne qui soit connue. Les bâtiments conventuels restent en l'état dans un premier temps. Sinon, l'organisation spatiale est proche de l'état actuel. Comme principales différences, l'accès principal au domaine se situe au sud ; un parc occupe le secteur à l'ouest de la ferme ; et l'allée qui commence à la source de l'Aunette au sud de Rully (chemin rural de Bray à Rully) subsiste encore sur la section neutralisée par la création du parc. Ce n'est actuellement plus qu'un alignement d'arbres. Outre cette allée, il y a un chemin plus court qui traverse le champ en ligne directe, et rejoint l'allée près de l'actuelle station d'épuration. Ce chemin a disparu du cadastre. Le prieur l'utilisait pour aller lire la messe en l'église Saint-Georges. Au sein de l'enclos, l'on trouve une subdivision entre une petite « cour verte », près du portail principal sud ; la grande cour de ferme avec le pigeonnier en son centre ; et l'enclos claustral au nord de la chapelle. Les murs de clôture entre ces trois enclos sont encore debout, seules les grilles en fer forgé ont disparu. La maison qui délimite la cour verte au sud, dite « maison de la chapelle », est antérieure à la Révolution et est décrite comme suit en 1791, en commençant près du portail principal : « un bûcher, une remise, une maison du jardinier, chambre à côté, écurie, étables à vaches, grenier au-dessus, en retour [d'équerre], une grange et une écurie (le tout couvert de tuiles) ». La grande cour de ferme est encore fermée dans son angle sud-ouest, où deux bâtiments ont été démolis depuis le XIXe siècle. La remise avec son étage à pans de bois et le bâtiment d'exploitation au nord de la cour n'existent pas encore. En leur place, on trouve un autre bâtiment un peu plus au sud, qui laisse libre une terrasse entre celui-ci et le mur de clôture au nord. Cette terrasse est accessible depuis l'actuel logis principal, dit « maison du jardinier ». En ce qui concerne les bâtiments claustraux, ils comportent deux ailes. L'une fait suite à la chapelle latérale nord de la chapelle priorale, et est donc perpendiculaire à la chapelle ; la seconde suit en retour d'équerre vers l'ouest, et est donc parallèle à la chapelle au nord. La première aile comprend : « en bas un grand salon avec grenier au-dessus, ensuite un vestibule, ayant entrée sur le jardin par une grille en fer à deux battants et une sur la cour du prieuré, à côté resserre ». La seconde aile abrite le logis du prieur, « composé d'un corridor, au bout duquel la cuisine avec une petite laiterie et une resserre, puis salle à manger, petite chambre, escalier, salle de compagnie, chambre à coucher. Caves sous ce bâtiment. Au premier étage, cinq chambres à feu et deux garde-robes avec grenier au-dessus et fruitier »[10].

Histoire du site depuis le XIXe siècle

Comme déjà évoqué, le domaine du prieuré reste dans la famille Desprez de la Rézière jusqu'en 1885. Les documents manquent sur cette époque. S'agissant d'une famille bourgeoise parisienne, il est probable qu'elle ne réside pas sur place, et confie l'exploitation agricole à des fermiers. Sur le premier cadastre de 1827, les bâtiments conventuels restent encore en place. Sur un plan dressé en 1836, l'aile en retour d'équerre a disparu. Vers 1864/66, l'abbé Caudel visite le prieuré et note « une chapelle aux formes à la fois grâcieuses, simples et solides, dominant la plaine environnante, et rappelant, par sa proportion et son élégance, la Sainte-Chapelle de Paris, le plus charmant type de l'art gothique du XIIIe siècle ; de vastes cours désertes et remplies d'herbes, ou croissent encore un beau mûrier et deux noisetiers du temps des moines ; une fenêtre à ogives trifoliée, isolée et en ruine, et qui devait ouvrir, selon toute probabilité, sur une salle capitulaire, maintenant complètement détruite ; quelques pierres amoncelées sur une étendue de cent mètres environ, et longeant, en parallèle, le côté sud de la chapelle ; des caves aux voûtes ogivales, solidement construites en moyen appareil et parfaitement conservées ; une ferme attenante ». L'abbé revient également sur l'état de la chapelle : « Telle est la charmante chapelle de Bray, complètement conservée, mais aussi complètement abandonnée, puisqu'elle n'est plus, à l'heure que nous parlons, qu'une grange de ferme. Elle ne porte aucune trace de destruction ni même de mutilation ; le délabrement dans lequel nous la voyons est l'œuvre du temps plutôt que l'œuvre du temps ». L'aile du prieuré faisant suite à la chapelle latérale nord a donc disparu entre-temps. Selon toute évidence, la ferme n'est plus exploitée. D'après Gaudic et al., elle est louée à des fermiers en intégralité à partir de 1865. En 1885, le domaine est vendu à la famille Roche, qui le conserve jusqu'en 1943. Pendant cette période, les bâtiments qui ferment la grande cour à son angle sud-ouest sont démolis, ainsi que le bâtiment qui ferme la cour au nord. En 1900, ce dernier est remplacé par un étable neuf, et une remise charretière avec grenier en colombages à l'étage[11],[12]. C'est également sous la famille Roche que la chapelle est pourvue d'une charpente surbaissée provisoire, vers 1900 également, et que la cave et les vestiges au nord de la chapelle sont inscrits aux monuments historiques par arrêté du 8 avril 1926. Il n'est pas clair ce qui est entendu par vestiges : est-ce que ce sont les restes du cloître et d'une tour en échauguette, qu'Eugène Müller a vu à la fin du XIXe siècle, mais qu'aucun autre auteur ne mentionne ? Aujourd'hui, le seul vestige visible est un vieux puits. — La chapelle et le colombier sont à leur tour classés par arrêté du 7 décembre 1943[1],[13].

Quelque temps avant que le classement ne devienne effectif, le domaine change de propriétaire pour la deuxième fois après 1791, et passe à Christiane et Charles de La Bédoyère. Ils font poser des tirants d'acier entre les murs gouttereaux de la chapelle, afin que celle-ci ne s'effondre pas sous la poussée des voûtes. Ils font également restaurer le corps de ferme au cours des années 1970. En 1981, la famille Delacharlery devient propriétaire de l'ancien prieuré. La chapelle est en piteux état : presque toutes les fenêtres sont murées, et le mur sud est toujours éventré pour faire passer des charrettes de foin. Des détritus jonchent le sol, et quelques cageots en bois sont stockés dans la chapelle. La famille Delacharlery entreprend des travaux considérables sur tout le site, et en 1992, ils commandent une étude préalable à l'architecte Yves Boiret. Le plus urgent est de mettre la chapelle soit mise hors d'eau[pas clair]. En 1996, ses couvertures et charpentes sont restaurées sur la direction de l'architecte Vincent Brunelle. Ces travaux s'achèvent seulement après la cession du domaine à Patrick et Sylvie Warin Thibault, en 1996. Ils ne donnent qu'un bref interlude, et revendent l'ancien prieuré à la famille Sirot Saunier en 1998. Ces nouveaux propriétaires commencent par d'importants travaux de restauration sur les bâtiments des deux basses-cours, qui sont en partie réhabilités en maisons d'habitation. Après l'achèvement de la remise en état des accès et des abords, la résolution est prise de redonner vie à la chapelle, et de mettre en place un projet global de renaissance du site. Un groupe de travail se constitue en 2003, et l'association des amis du prieuré de Bray est fondée en 2004. Le projet de restauration élaboré par les architectes Thomas Gaudic, Perrine Leclerc et Guillaume Moine est validé par la DRAC Picardie en 2005. Les travaux de restauration commencent aussitôt. Ils progressent assez rapidement, et sept ans plus tard, l'extérieur et l'intérieur de la chapelle sont entièrement restaurés. Des tribunes avec des bancs sont mises en place, ainsi qu'un mobilier liturgique simple. La chapelle accueille aujourd'hui des ateliers, concerts, conférences, expositions et pièces de théâtre[14],[15],[16]. À l'extérieur de l'enclos, au nord, l'étang du prieuré, depuis longtemps asseché et envahi par la végétation, est réhabilité en 2012 / 2013, et l'environnement paysager a retrouvé en grande partie son aspect qu'il devait avoir au XVIIIe siècle. « Les hommes ont passé, l'art est resté, que pouvons-nous demander de plus au temps qui marche en détruisant que de respecter cette grande chose, la beauté de l'art proclamant la grandeur de Dieu ? » (abbé Caudel)[17].

Description de la chapelle

Voir aussi

Notes et références

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