Pro Caelio

discours de Cicéron From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Pro Caelio Pour Caelius ») est une plaidoirie de Cicéron prononcée devant le préteur en défense de Marcus Caelius Rufus, le 4 avril 56 av. J.-C.

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Pour Caelius
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Dès l'Antiquité, il fut considéré comme un chef-d'œuvre d'éloquence judiciaire.

L'affaire

Malgré le discours de Cicéron, cette affaire, que V. Cousin qualifie de « procès mondain aux prolongements politiques[1] », reste mystérieuse à bien des égards.

L'accusé

Marcus Caelius Rufus (88/87 - 48) naît d'un père chevalier romain. Celui-ci confie son fils devenu adulte à des maîtres prestigieux, Crassus et Cicéron. En 63 il abandonne ce dernier pour se tourner vers Catilina. Il ne fut pas impliqué dans la conjuration. Il se rapproche de César et de Pompée, dont il est le bras armé, en 59, dans l'accusation d'un gouverneur de province véreux. Selon Quintilien, sa jeune et fougueuse éloquence fit mouche et il obtint gain de cause tout en se faisant remarquer. La porte de la carrière politique s'ouvrait à lui[2]. L'amour l'en détourne un moment: il rencontre une fille libérée de la plus haute noblesse, Clodia, dont il devint l'amant. Clodia est la sœur de P. Clodius Pulcher, le meneur des Populares à Rome. En 56, Caelius est accusé de violence (de vi).

L'accusation

Acteurs

L'accusateur est un jeune homme, L.  Sempronius Atratinus, fils d'un ami de Cicéron, par ailleurs. Il est épaulé par P. Clodius[3] et Herennius Balbus. Les historiens voient la main de Clodia derrière l'accusation[4].

Argumentation

Comme Cicéron n'intervient que sur une partie de l'accusation, il n'est pas aisé de rétablir l'ensemble. Il semble que l'accusation porte sur cinq griefs: voies de fait (de vi) à Naples et sur une ambassade, assassinat (sur un ambassadeur), dégradation d'une propriété (?), tentative d'assassinat (sur Clodia).

Le tout intervient dans le cadre d'un dossier qui agite le monde politique romain de l'époque, l'affaire du rétablissement du roi d'Egypte Ptolémee XII, renversé par sa fille et réfugié à Rome. Les Égyptiens envoient une ambassade à Rome pour plaider leur cause, emmenée par le philosophe Dion. Dès son débarquement au port de Puteoli, elle est attaquée par des bandes armées. Il y a des morts. Plus tard, Dion, logé à Rome chez un ami de Pompée, est assassiné dans des conditions mystérieuses dans la maison de son hôte[5],[6].

Une première accusation de meurtre est formulée par Licinius Calvus contre Asicius, que Cicéron défend avec succès dans une plaidoirie qui n'est pas passée à la postérité[5]. Une nouvelle accusation vise Caelius, formulée par L. Sempronius Atratinus[7].

L'acte d'accusation, pour ce qui concerne la partie développée par Cicéron, vise donc Caelius pour:

  • avoir organisé l'attaque de la délégation;
  • avoir organisé le meurtre de l'ambassadeur Dion;
  • avoir voulu faire assassiner Clodia : il lui aurait emprunté de l'or pour financer les deux premiers crimes et aurait donc voulu se débarrasser de ce témoin gênant, dont il n'était plus l'amant...

Atratinus et Balbus se chargent d'attaquer la personne de Caelius (mœurs, moralité, personnalité); P. Clodius développe quant à lui les charges sur le fond. On voit également intervenir un certain L. Herennius , par ailleurs ami de Cicéron, qui se concentre sur les débauches de Caelius.

La défense

Caelius assure sa propre défense, épaulé par le triumvir Crassus et Cicéron, ses anciens mentors[8]. Caelius plaide en premier, Crassus en second, Cicéron en dernier[9].

Les deux premières plaidoiries devaient avoir pour but de démonter les quatre premières accusations. Ceci fait, Cicéron intervient sur le cinquième grief (tentative d'assassinat sur Clodia)[10] dont il démontre l'inanité vu la réfutation antérieure des autres points.

Caelius est acquitté.

Le discours

Renommée

Quintilien le tenait pour un chef-d'œuvre d'éloquence judiciaire. Avec plus de 20 mentions, le pro Caelio est l'un des discours de Cicéron qu'il cite le plus[11].

Notes et références

Éditions

Bibliographie

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