Purge de Fourvière
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La « purge de Fourvière », ou plus rarement l'affaire de Fourvière, est une crise survenue à partir de l'été 1950 au sein de la Compagnie de Jésus. Soupçonnés de modernisme par le Saint-Office, cinq professeurs du scolasticat jésuite de Lyon, situé à Fourvière, ont été démis de leurs fonctions et interdits d'enseignement : Henri de Lubac, Henri Bouillard, Pierre Ganne, Émile Delaye et Alexandre Durand. Ces universitaires, promoteurs de la Nouvelle Théologie, ne verront leurs travaux reconnus par l'Église catholique qu'une dizaine d'années plus tard, lors du concile Vatican II.
La Nouvelle Théologie, apparue dans le catholicisme au cours des années 1930, suscite dans l'après-guerre la méfiance de Pie XII, qui, sans s'opposer formellement au modernisme, redoute cependant une résurgence de la crise moderniste et de ses fractures. Son encyclique Humani generis (13 juillet 1950), largement inspirée par Réginald Garrigou-Lagrange[1], s'attaque directement à ce courant représenté en France par les jésuites du scolasticat de Fourvière et les dominicains du Saulchoir[2].
Au scolasticat de Fourvière, les jésuites Henri de Lubac, Henri Bouillard, Pierre Ganne, Émile Delaye et Alexandre Durand se voient démis de leur poste de professeur en raison de leurs liens avec la Nouvelle Théologie, de leur soutien aux prêtres ouvriers et de leurs sympathies envers les catholiques progressistes[3],[4].
