Quatuor à cordes no 1 de Borodine

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Le Quatuor à cordes no 1 est un quatuor à cordes du compositeur russe Alexandre Borodine, écrit en 1879.

Alexandre Borodine commence à composer son Quatuor à cordes no 1 douze ans après son Quintette pour piano en ut mineur en 1874[1]. L'œuvre est contemporaine d'autres œuvres majeures du compositeur comme Le Prince Igor[1]. La partition mettra cinq ans à être finie, puisqu'Alexandre Borodine y met un point final à l'automne 1879, en concluant par le scherzo[1]. L'œuvre est créée le à Saint-Pétersbourg, à l'occasion d'un concert de la Société russe de musique[1]. Le premier violon, qui dirigeait la Société russe de musique, était N. V. Galkine[1]. Ce dernier écrit d'ailleurs au compositeur qu'il est tombé « littéralement sous le charme » de cette œuvre[1].

Structure

L'œuvre comprend quatre mouvements[1] :

  1. Moderato
  2. Andante con moto
  3. Scherzo
  4. Finale

L'œuvre est d'une durée d'environ trente-sept minutes[1].

Analyse

Moderato

Le premier mouvement débute par le premier violon, donnant un premier thème serein et berceur[1]. S'en suit un passage polyphonique utilisant des variantes ou des fragments des quatre premières mesures tout en modulant[1]. Le tempo s'accélère jusqu'à l'Allegro dont le thème est là encore joué par le premier violon[1]. Le thème est emprunté aux mesures 109 et suivantes du Quatuor à cordes no 13, op. 130, de Ludwig van Beethoven, dans une idée d'hommage plus que d'emprunt[1]. Ce passage, noté espressivo ed appassionato, est joué légèrement plus lentement, succédant ainsi à un pont particulièrement chromatique[1]. L'ambiance en est alors surprenante et « un peu irréel », gommant l'ambiance tendue du quatuor de Ludwig van Beethoven pour une atmosphère plus lumineuse[1]. Le second sujet, en la mineur se développe alors[1]. Un fugato vient ensuite, débutant par cinq croches qui s'intègrent au pont précédant[1]. Le retour de la tonalité de fa majeur se fait par une reprise des thèmes du début aux violons, avant d'être repris dans les graves dans une tentative de dramatisation[1]. La section se termine par une modulation en la majeur[1]. La récapitulation se fait directement, sans césure, et dans la tonalité de fa dièse mineur[1]. La coda, irisée et enjolivée par les trilles du premier violon, possède un diminuendo très vocal[1].

Andante con moto

Il s'agit du mouvement le plus intéressant de la partition, tant sur la structure que sur la thématique[1]. La présentation du thème se fait en duo et en contrepoint entre le premier violon et l'alto[1]. L'exposition est interrompue par une descente de triolets au premier violon notée più vivo animato[1]. Ce passage est à rapprocher des mélodies du Prince Igor[1]. Une nouvelle interruption par un ostinato chromatique clôt cet épisode avant de commencer un fugato en do dièse mineur[1]. Ce passage est particulièrement modulant, et présente un second thème et un contre-thème dans les tonalités de do dièse et de fa dièse amenant à un si bécarre au violon servant à revenir dans la tonalité de majeur[1]. La récapitulation se fait par une reprise du thème principal dans une tonalité fortissimo[1]. Le premier violon reprend la phrase en triolet par deux fois, avant que la coda, plus apaisée, ne reprenne des fragments de la phrase en triolets et de l'ostinato chromatique[1].

Scherzo

Le troisième mouvement, est, selon Igor Stravinsky comme Maurice Ravel, le mouvement le plus réussi de la musique de chambre d'Alexandre Borodine[1]. Le thème est en mode lydien, indiqué prestissimo, avec le premier violon et le violoncelle qui imitent des lutins joueurs de cornemuse, alors que le second violon et l'alto jouent le bruissement des bois[2]. Alexandre Borodine semble ici invoquer les esprits de Felix Mendelssohn et de Robert Schumann, dans une danse virtuose[3]. Les staccatos semblent se succéder d'un instrument à l'autre sans pause[3]. Le trio, Moderato, est en la majeur et do majeur, et repose sur un thème en harmonique au premier violon[3]. L'alto, avec sourdine, donne un thème pastoral, accompagné du second violon en doubles croches[3]. La récapitulation se fait dans la tonalité de la majeur, avant que le scherzo, dans la tonalité de fa majeur, est intégralement répété[3].

Finale

Le dernier mouvement débute sur un intermède quasi-chorégraphique reposant sur le premier thème du premier mouvement mais dans la tonalité de la mineur[3]. Une courte cadence s'ensuit avant de reprendre le thème initial[3]. Une césure se fait ensuite avant que le véritable finale ne débute, prenant la forme d'une sonate[3]. Le premier violon donne un thème où certains critiques ont vu une danse russe[3]. Le compositeur présente en réalité une successions du rythme des trois mesures thématiques avec différentes harmonisations, ajoutant des syncopes et des altérations[3]. On y trouve une réinvention des rythmes russes plus que des danses authentiques[3]. L'intermède, lyrique, ajoute au contraste de cette effusion rythmique[3].

Références

Bibliographie

Liens externes

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