Refus de parvenir

concept de la gauche libertaire From Wikipedia, the free encyclopedia

Le refus de parvenir est un concept anarchiste élaboré au début du XXe siècle[réf. nécessaire].

Refus des privilèges, des distinctions, de la promotion individuelle, qu’elle soit syndicale, politique ou universitaire, le refus de parvenir est développé notamment par les syndicalistes révolutionnaires[1].

Historiographie et définitions

Albert Thierry.

C'est à l'intellectuel anarchiste, instituteur et syndicaliste, Albert Thierry (1881-1915)[2] que l'on doit la première formulation du concept dans une série d'articles titrés Réflexions sur l'éducation et publiés en 1912-1913 dans La Vie Ouvrière[3]. Pour lui, « Refuser de parvenir, ce n'est ni refuser d'agir ni refuser de vivre : c'est refuser de vivre et d'agir pour soi et aux fins de soi »[4], « C'est rester fidèle au prolétariat, c'est anéantir à sa source un égoïsme avide et cruel »[5].

L'idée pourtant n'est pas nouvelle, on la retrouve par exemple dans la pensée du géographe libertaire Élisée Reclus (1830-1905) qui affirme que « Tant que notre triomphe ne sera pas en même temps celui de tous, ayons la chance de ne jamais réussir ! »[1].

L'écrivain prolétarien Marcel Martinet (1887-1944), est encore plus précis : « Le refus de parvenir du prolétaire capable de parvenir n’a de sens que doublé par la volonté de parvenir du prolétariat »[1].

Pour l'historien français Christophe Prochasson, dans son ouvrage La gauche est-elle morale ? publié en 2010, « Le refus de parvenir est constitutif de la morale militante de la gauche »[6].

Pour l'historienne suisse Marianne Enckell, le refus de parvenir est d'abord un refus de vivre et d'agir uniquement pour soi, « pour mettre son savoir-faire comme ses compétences au profit de la solidarité », du collectif[7].

Postérité

Dans la foulée de Mai 68, plusieurs dizaines d'étudiants maoïstes quittent l'université pour aller travailler en usine, c'est le mouvement des « établis ». Pour le sociologue Marnix Dressen, ce « refus de parvenir résultait d'un refus de la propriété privée, mais il était surtout articulé au rejet du privilège scolaire, véritable péché originel »[8].

Bibliographie et sources

  • Franck Bart, « Refuser de parvenir, une philosophie de vie libertaire ! », Club de Mediapart, (lire en ligne).
  • Maud Reveilhac, Collectif du CIRA, Refuser de parvenir. Idées et pratiques, Sociologie, Comptes rendus, 2017, lire en ligne.

Articles connexes

Liens externes

  • Grégory Chambat, « Le refus de parvenir », Questions de classe(s), (lire en ligne).

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI