Richard Ravalomanana

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Premier ministreChristian Ntsay
PrédécesseurConseil des ministres (intérim)
Andry Rajoelina (président de la République)
SuccesseurAndry Rajoelina (président de la République)
Richard Ravalomanana
Illustration.
Fonctions
Chef de l'État de la république de Madagascar
(intérim)

(1 mois et 19 jours)
Premier ministre Christian Ntsay
Prédécesseur Conseil des ministres (intérim)
Andry Rajoelina (président de la République)
Successeur Andry Rajoelina (président de la République)
Président du Sénat

(1 an, 11 mois et 29 jours)
Prédécesseur Herimanana Razafimahefa
Successeur Jean André Ndremanjary (intérim)
Sénateur de Madagascar

(2 ans, 3 mois et 16 jours)
Circonscription Nommé
Prédécesseur Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa
Secrétaire d'État pour la Gendarmerie nationale

(2 ans, 6 mois et 22 jours)
Président Andry Rajoelina
Premier ministre Christian Ntsay
Gouvernement Ntsay II et III
Prédécesseur Jean Christophe Randriamanarina
Successeur Serge Gellé
Biographie
Surnom Général Bomba
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Antananarivo (Madagascar)
Nationalité Malgache
Conjoint Sahondraniaina Lydie Rabarison
Diplômé de Académie militaire d'Antsirabe[1]
École supérieure de la gendarmerie nationale de Moramanga
École des officiers de la Gendarmerie nationale
Centre d'enseignement supérieur de la Gendarmerie
Collège interarmées de défense
Institut des hautes études de la défense nationale
Profession Militaire

Image illustrative de l’article Richard Ravalomanana
Chefs d'État malgaches

Richard Ravalomanana, né le à Antananarivo, est un militaire et homme d'État malgache.

Gendarme, il mène une mutinerie pendant le coup d'État de 2009 qui mène Andry Rajoelina au pouvoir, reste proche du nouveau pouvoir en place et occupe plusieurs postes de commandements. Nommé sénateur, le , il est élu président du Sénat, un mois plus tard suite à la destitution de son prédécesseur. Ce poste lui confère la fonction de chef de l'État par intérim, jusqu'à la réélection d'Andry Rajoelina [2]. Le 12 octobre 2025, le Sénat annonce sa destitution en marge des manifestations de masse. Deux mois plus tard, il est officiellement démis de son mandat de député et arrêté pour son rôle la répressions des manifestations de septembre à octobre 2025.

Son surnom « Bomba » (Bombe en malgache) vient du fait qu il ait géré une affaire d'attentat avorté à la bombe et de ses méthodes musclées dans la répression des manifestations[3],[4].

Jeunesse et formation

Richard Ravalomanana naît le 14 décembre 1959 à Ankadifotsy, dans le IIIe arrondissement d'Antananarivo. Il effectue ses études primaires à l'école publique d'Ambohitrandriamanjaka, dans la la commune d'Ambohimanga-Rova, de la 12e à la 9e année, puis à l'EPP Analamahitsy. Il intègre ensuite le Lycée moderne Ampefiloha, où il suit sa scolarité de la 6e à la Terminale. Durant tout son parcours scolaire, de la 12e année à la Terminale, il se classe systématiquement premier ou deuxième de sa classe[5].

Bien que son désir de devenir militaire apparaisse tôt, influencé par le rôle des Forces armées malgaches lors de la crise politique de 1972, sa famille s'y oppose initialement. La carrière militaire est devenue taboue après que Ramanandafy, frère de sa grand-mère, ait subi de graves séquelles de guerre lors de la Seconde Guerre mondiale. Sa mère lui interdit donc de passer le concours d'entrée en 7e année au Prytanée militaire de la SEMIPI[5].

Cependant, son père, constatant la persistance de sa vocation (ses cahiers d'écolier sont couverts de portraits d'officiers renommés), lui donne sa bénédiction en 1975 pour s'inscrire au concours d'entrée à la SEMIPI, l'écolé militaire nationale à Fianarantsoa. Selon les témoignages du proviseur et des enseignants de l'époque, sa note au BEPC (18,5/20) fut la meilleure de Madagascar cette année-là. Cependant, il n'est pas admis à la première phase du concours, ce qui le conduit à renoncer à se présenter en classe de Terminale, malgré une nouvelle meilleure note nationale au pré-bac (série C)[5].

Service national et entrée à l'Académie militaire

Après l'obtention de son baccalauréat, il effectue son service national hors forces armées au Régiment d'appui et de soutien (RAS) d'Ampahibe à partir du 27 décembre 1979. Ayant reçu une formation pédagogique, il est affecté comme enseignant au collège d'enseignement général d'Alakamisy Itenina à Fianarantsoa. C'est durant cette période que son père l'inscrit au concours d'entrée à l'Académie militaire d'Antsirabe, qu'il réussit. Admis au titre de la 13e promotion directe, il est major de promotion en première et deuxième années[3],[5].

Carrière dans la Gendarmerie et formations supérieures

À l'issue de sa formation d'officier, son vœu d'intégrer la Gendarmerie est accepté. Il y entre en service le 1er avril 1984, suit la formation d'officier de gendarmerie et obtient le diplôme de l'École supérieure de la Gendarmerie nationale de Moramanga, l'élevant au grade de sous-lieutenant en 1986[5].

Il suit ensuite de nombreuses formations en France et aux États-Unis[5]:

Il apprend également l'anglais au Centre culturel américain et au CNELA entre 1990 et 1993, et a suivi un séminaire sur la sécurité maritime à Antananarivo en 2004 .

Au cours de ses 40 ans de carrière, le général Ravalomanana est blessé à trois reprises :

  • une fois lors d'un accrochage avec des dahalo à Marotsipohy (Anjozorobe) ;
  • deux fois lors d'opérations de rétablissement de l'ordre et de la sécurité publics à Antananarivo.

Lors de la crise politique de 2009, il mène une mutinerie et l’attaque du camp de la Force d’intervention de la gendarmerie, dont le chef, le général Zafera, hésitait à rejoindre le camp des pro-Rajoelina[7]. Après le coup d'État de ce dernier, il est promu et nommé au commandement de la circonscription inter-régionale de la gendarmerie nationale à Antananarivo[7]. Pendant la période de transition qui a suivi la crise, il a exercé de facto le commandement des forces armées, s'opposant aux adversaires d'Andry Rajoelina et allant jusqu'à refuser à plusieurs reprises le retour d'exil de l'ancien président Marc Ravalomanana[7].

Resté fidèle aux nouveau régime en place, il devient rapidement général de corps d'armées et occupe divers postes de commandement, notamment à la tête de la gendarmerie nationale[8]. Il est nommé commandant de la gendarmerie en 2012[9].

Lors de l'arrivée au pouvoir de Hery Rajaonarimampianina, en 2014, il est écarté de son poste de commandant de la gendarmerie nationale[10].

Il reçoit cinq lettres de félicitations, émanant respectivement du président de délégation spéciale de province, du commandement de la Gendarmerie nationale (deux), du Premier ministre et du président de la République.

Commandements et actions opérationnelles

À partir de 1985, il commande des forces de défense et de sécurité lors de troubles violents à l'ordre public, de tentatives de vandalisme dans la capitale, de mutineries militaires et d'attentats terroristes durant la période de Transition. Il mène également des actions de lutte contre l'insécurité rurale, neutralisant plusieurs dizaines de dahalo dans des districts classés « zones rouges » (Ankazobe, Ambohidratrimo, Manjakandriana, Anjozorobe). Les districts d'Ambatolampy et d'Andramasina restent relativement calmes sous sa responsabilité. Il ne participe pas directement aux opérations de maintien de l'ordre lors des crises de 2008 à mars 2009, période durant laquelle il commande l'École supérieure de la Gendarmerie nationale de Moramanga.

Vie privée

Il est marié à Rabarison Sahondraniaina Lydie, originaire d'Ambatolampy Gara. Le couple a deux enfants — une magistrate et un inspecteur des impôts — ainsi que six petits-enfants.

Parcours politique

Secrétaire d'État chargé de la gendarmerie

De 2019 à 2021, Richard Ravalomanana est secrétaire d'État auprès du ministère de la Défense nationale à la gendarmerie nationale. Bien que n'ayant été affecté à aucune fonction de commandement depuis 2014, cette nomination lui a permis de s'élever au grade de Général de corps d'armée le [11]. En septembre 2023, il est nommé sénateur par le président de la République, Andry Rajoelina, remplaçant Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa, nommée ministre de l'Éducation nationale en février de la même année[12].

Chef de l'État par intérim

Une fois sa candidature validée par la Haute Cour constitutionnelle (HCC), Andry Rajoelina démissionne le afin de pouvoir se présenter à sa réélection, comme la Constitution l’exige. Conformément à cette dernière, le président du Sénat, Herimanana Razafimahefa doit alors assurer l'intérim, mais celui-ci y renonce « pour raisons personnelles ». L'intérim est par conséquent assuré de manière collégiale par le gouvernement Ntsay III[13].

Le 9 octobre, cependant, Razafimahefa déclare que sa lettre de renonciation auprès de la HCC s'est faite sous les pressions et les menaces de mort de membres du gouvernement. Il annonce par conséquent vouloir faire annuler cette lettre afin d'assurer l'intérim. Il est destitué par le Premier ministre Christian Ntsay de la présidence du Sénat pour « déficience mentale » avant d'élire le lendemain Richard Ravalomanana à sa place, malgré la publication par Razafimahefa d'un examen médical le déclarant sain d'esprit. Le 27 octobre, Richard Ravalomanana assume l'intérim de la présidence en tant que nouveau président du Sénat[14]. Ces évènements provoquent les critiques de l'opposition et l'inquiétude de la communauté internationale pour le bon déroulement du scrutin[15],[16],[17],[18].

L'opposition accuse alors Andry Rajoelina de « coup d'État institutionnel »[19]

Manifestations de 2025, destitution et arrestation

Dès le , des manifestations éclatent à Antananarivo contre les coupures chroniques d'eau et d'électricité. Ces manifestations se transformeront, ensuite, en une mouvement de contestation nationale contre le pouvoir en place. Malgré la caractère pacifique de ses manifestations, elles seront systématiquement réprimé par les forces de l'ordre et, en particulier, par la gendarmerie malgache dont est issue Richard Ravalomanana[20],[21].

Le , après près de trois semaines de manifestations dans tous le pays, l'unité militaire du CAPSAT refuse de tirer sur la foule et rejoint les manifestants, le président Rajoelina quitte alors le pays. Le même jour, Richard Ravalomanana est destitué de ses fonctions de président du Sénat par les sénateurs[22],[23].

Il est démis de son mandat, le , pour absentéisme[24], puis arrêté le 27 pour son rôle dans la répression des manifestations[25]. Il est accusé d'atteinte à la sûreté de l'État, d'incitation à la haine ainsi que de complicité d'homicides et de coups et blessures volontaires[26],[27].

Controverses

Dérives autoritaires

L'éléction présidentielle de 2023, largement contesté et boycotté[28],[29], voit la victoire au premier tour d'Andry Rajoelina. Dénonçant les résultats des élections, les candidats d'oppositions appelle à la manifestation qui seront violemment réprimé sur ordre de Richard Ravalomanana[30],[31],[32].

Il a donné l’ordre aux responsables des ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Économie et des Finances de suspendre les soldes des enseignants chercheurs en grève depuis plusieurs mois[32]. Les grévistes accusent l'État d'avoir délaissé le secteur de l’enseignement et dénoncent la violation des droits des enseignants par le gouvernement[33].

Affaires des Boeing livrés à l'Iran

En , cinq Boeing 777-200 sont localisés en Iran, pourtant sous sanctions américaines, sous les couleurs de la compagnie iranienne Mahan Air. Il sera plus tard révélé que ces avions, provenant de divers pays du sud-est asiatique, ont d'abord été immatriculé provisoirement à Madagascar pour contourner ces sanctions[34],[35].

Interrogé lors du séance au sénat, le 31 juillet, sur la nécessité d'une enquête parlementaire demandé par plusieurs députés, Richard Ravalomanana s'y oppose fermement[36]. Le , l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) condamne dans un communiqué la « réaction et les propos déplacés » de Ravalomanana face à une journaliste, estimant qu’ils constituent une atteinte à la liberté de la presse[37].

L’ancien vice-Premier ministre Zaza Ramandimbiarison accuse directement Richard Ravalomanana de compromission et de « trahison de la souveraineté nationale », et réclame sa démission[38].

Le , après un enquête menée par le Pôle anti-corruption, 22 personnes sont placées en détention provisoire pour « corruption, abus de fonction, faux en écriture publique, association et recel de malfaiteurs, usurpation de titres, atteinte à la sureté intérieure de l'État », le ministre des transports, Valéry Ramonjavelo, est relevé de ses fonctions le 29 août. Parmi, les inculpés figure Khushwinder Singh, ressortissant Indien, conseillé officieux du président du Sénat Richard Ravalomanana, reconnu comme l'un des principaux suspects[34],[35],[39]. L’affaire prend une dimension internationale avec l’implication du FBI, d’Interpol et de l’OACI, sollicités pour appuyer l’enquête[40].

Distinctions

Distinctions honorifiques malgaches

Distinctions honorifiques étrangères

  • Medaille de la Defense Nationale Or ribbon Médaille d’Or de la Défense nationale (Drapeau de la France France)

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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