Rivière-Saint-Paul

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Rivière-Saint-Paul
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Géographie
Pays
Province
Région administrative
Municipalité régionale
Municipalité
Coordonnées
Démographie
Population
147 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Identifiants
Code postal
G0G 2P0Voir et modifier les données sur Wikidata

Rivière-Saint-Paul (en anglais : Saint Paul's River) est un village situé dans le territoire de la municipalité de Bonne-Espérance dans Le Golfe-du-Saint-Laurent, au Québec (Canada).

Lieu fréquenté au fil des millénaires par plusieurs peuples autochtones et européens, le village actuel prend racine autour d'un poste de traite établi au début du xviiie siècle, puis d'un site de transformation du poisson. Les pêcheries sont encore au cœur des activités économiques et culturelles au xxie siècle.

Le village est nommé d'après la rivière au bord de laquelle il est établi, la rivière Saint-Paul, elle-même nommée d'après une concession accordée à Jean-Amador Godefroy de Saint-Paul[1].

En 1913, le lieu est connu sous le nom de Village Saint-Paul. Le nom Rivière-Saint-Paul est officialisé par la Commission de géographie en 1956[1].

Géographie

Situation

Rivière-Saint-Paul est situé dans la municipalité de Bonne-Espérance, en Basse-Côte-Nord au Québec (Canada)[1]. Implanté à 70 km à l'ouest de la frontière avec le Labrador, le village se trouve à l'extrémité orientale du Québec[2].

Les localités les plus proches sont Vieux-Fort, à 24 km à l'ouest et Middle Bay, à 24 km à l'est[3].

Topographie

Le village est implanté sur des pics rocheux et le sol meuble y est rare[4].

Hydrographie

Le village est implanté aux abords de l'estuaire de la rivière Saint-Paul, au fond des baies des Esquimaux et de Sébastopol[1],. La rivière est riche en saumons[5].

Climat

Le climat à Rivière-Saint-Paul est de type continental subpolaire. Selon la classification Köppen-Geiger, le village est situé dans une zone climatique continentale humide avec des étés courts et froids (Dfc)[6].

Lourdes-de-Blanc-Sablon
Normales climatiques 1991 - 2020
(51° 27′ N, 57° 11′ O, altitude 37,2 m ; 36 km à l'est)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −16,4 −16 −11 −4,8 −0,3 4,2 8,3 9,6 5,4 1 −4,5 −11 −3
Température moyenne (°C) −11,8 −11,5 −6,9 −1,4 3,8 8,4 12,1 13,4 9,4 4,4 −1,1 −7 1
Température maximale moyenne (°C) −7,1 −7 −2,8 2 7,8 12,5 15,9 17,1 13,3 7,7 2,3 −3,1 4,9
Précipitations (mm) 76,5 81,2 91,2 53,2 66,9 78,3 93,9 91,2 101,7 85 83,8 98,4 1 001,1
dont pluie (mm) 12,3 6,9 11,9 21,2 63,5 79,4 92,8 86,6 102,1 77,1 58,9 31,7 644,2
dont neige (cm) 66,2 70 73,9 32,4 6,8 0,1 0 0 0 3,9 24,2 68,3 354,9
Source : Environnement et Changement climatique Canada[7]

Démographie

Évolution démographique
1941 1946 1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981
103n.d.809512174442418468
1986 1991 1996 2001 2006 2011 2016 2021 -
256461n.d.479182[note 1]413[note 2]414[note 2]421[note 2]-
(Sources : Statistique Canada et Bureau fédéral de la statistique, population des localités non constituées et des localités désignées; Villeneuve 2003, p. 9)

Aménagement du territoire

Un périmètre d'urbanisation[note 3] a été identifié au schéma d'aménagement et de développement de la MRC de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent et correspondant aux limites du noyau villageois. Le schéma d'aménagement identifie par ailleurs plusieurs risques : inondations par embâcle de glace, érosion côtière et avalanche[8].

Économie

Rivière-Saint-Paul est le plus important port de pêche de la Basse-Côte-Nord après Lourdes-de-Blanc-Sablon. En 2012, 33 permis de pêche commerciale et 43 navires de pêche y sont recensés. Une usine transforme la ressource à même le village[9].

Si autrefois, la morue était la ressource la plus capturée, le homard est l'espèce la plus lucrative en 2025. Le crabe des neiges, le turbot, le flétan, le hareng constituent aujourd'hui les principales prises débarquées au quai[10],[11]. La ferme de la Baie-du-Saumon opère une aquaculture de pétoncles dans la baie des Saumons, en plus d'un restaurant et d'un site d'hébergement[11].

En mai 2021, le taux de chômage est de 11,1 %[12].

Histoire

Époque précolombienne

L'occupation des environs remonte à 8 500 ans avant aujourd'hui. Les populations de l'Archaïque ancien et de l'Archaïque qui vivent de la chasse et de la cueillette doivent migrer lors de l'époque néo-glaciaire[13].

Les Paléoesquimaux de la culture de Dorset s'établissent vers 2 500 ans avant aujourd'hui. Ils s'alimentent en chassant (le phoque et le caribou, entre autres) et se déplacent notamment en traîneau à chien. Vers l'an 1150, l'arrivée des Thuléens et le déplacement du gibier entraîne la disparition des Dorsétiens de la Basse-Côte-Nord[13].

Contact avec les Européens

Au xvie siècle, des Bretons fréquentent les environs pour y pêcher la morue tandis que des Basques chassent la baleine[13]. Des tuiles basques et d'autres artéfacts européens ont d'ailleurs été retrouvées dans des sites archéologiques inuit près du village, montrant une relation partenariale établie entre les pêcheurs européens et les autochtones d'Amérique[14]. Les Innus fréquentent les environs également au milieu du deuxième millénaire[13].

Les baleiniers délaissent la Basse-Côte-Nord vers 1620 tandis que les Inuits quittent au xviiie siècle[13].

Colonisation

En 1706, une concession est accordée à Jean-Amador Godefroy de Saint-Paul, bien qu'un poste de traite avait été établi par des Français avant 1701. Les Godefroy de Saint-Paul exploitent l'établissement jusqu'en 1781. Par la suite, la concession est transigée à Nathaniel et Philip Lloyd, puis à William Grant en 1805 et à Lymburner et Associés en 1808. En 1823, Louis Chevalier achète une part de la concession pour y opérer une usine de transformation du saumon, qui demeure en opération pendant une soixantaine d'années. À cette époque, le village compte une vingtaine de familles[1].

Municipalisation

En 1963, une loi crée la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent, qui, à l'origine, comprend le village de Rivière-Saint-Paul. La municipalité de Bonne-Espérance est détachée de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent en 1990[15].

Effondrement des stocks de morue

L'effondrement de la pêcherie de morue de Terre-Neuve et le moratoire qui s'est ensuivi en 1992 a porté un dur coup à l'activité économique du village, avec pour conséquences une hausse du chômage et un exode de la population. Les pêcheurs ont dû se réorienter vers d'autres ressources, comme le crabe des neiges, et l'usine de transformation a dû être modernisée en conséquence[10].

Services

Notes et références

Annexes

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