Vieux-Fort (Québec)

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Vieux-Fort
Le havre de pêche.
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Municipalité
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Vieux-Fort (en anglais : Old Fort Bay ou, plus rarement, Old Fort) est un village situé dans le territoire de la municipalité de Bonne-Espérance dans Le Golfe-du-Saint-Laurent, au Québec (Canada).

Le lieu est nommé Vieux-Fort en raison de son utilisation ancienne comme poste stratégique par les pêcheurs français au xvie siècle. Sa forme actuelle est courante depuis la seconde moitié du xixe siècle, alors que Jean-Baptiste Ferland atteste du nom Vieux-Fort dans son ouvrage Le Labrador[1].

Au xvie siècle, le lieu est connu en tant que « Brest », comme le rapporte Jacques Cartier, ainsi que le notent Nicolas Desliens, Nicolas Vallard et Gérard Mercator. Au début du xviie siècle, le poste de pêche est déplacé à Brador et continue d'être appelé « Brest ». La forme « Ancien établissement » désignant l'actuel Vieux-Fort est attestée par les travaux de Nicolas Bellin au milieu du xviiie siècle[1].

Le bureau de poste est nommé « Old Fort Bay » en 1906; c'est la dénomination préférée par la population résidente[1].

Géographie

Situation

Vieux-Fort est situé dans la municipalité de Bonne-Espérance, en Basse-Côte-Nord au Québec (Canada). Le village est sis à environ 70 km de l'extrémité orientale du Québec et à 10 km au sud-ouest de Rivière-Saint-Paul[1]. À l'ouest, le village le plus près est Saint-Augustin, à 55 km[2].

Topographie

Hydrographie

Le village est implanté aux abords de la baie du Vieux-Fort[1].

Climat

Le climat à Vieux-Fort est de type continental subpolaire. Selon la classification Köppen-Geiger, le village est situé dans une zone climatique continentale humide avec des étés courts et froids (Dfc)[3].

Lourdes-de-Blanc-Sablon
Normales climatiques 1991 - 2020
(51° 27′ N, 57° 11′ O, altitude 37,2 m ; 44 km à l'est)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −16,4 −16 −11 −4,8 −0,3 4,2 8,3 9,6 5,4 1 −4,5 −11 −3
Température moyenne (°C) −11,8 −11,5 −6,9 −1,4 3,8 8,4 12,1 13,4 9,4 4,4 −1,1 −7 1
Température maximale moyenne (°C) −7,1 −7 −2,8 2 7,8 12,5 15,9 17,1 13,3 7,7 2,3 −3,1 4,9
Précipitations (mm) 76,5 81,2 91,2 53,2 66,9 78,3 93,9 91,2 101,7 85 83,8 98,4 1 001,1
dont pluie (mm) 12,3 6,9 11,9 21,2 63,5 79,4 92,8 86,6 102,1 77,1 58,9 31,7 644,2
dont neige (cm) 66,2 70 73,9 32,4 6,8 0,1 0 0 0 3,9 24,2 68,3 354,9
Source : Environnement et Changement climatique Canada[4]

Démographie

Évolution démographique
1941 1946 1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981
119n.d.153212[note 1]102142305306307
1986 1991 1996 2001 2006 2011 2016 2021 -
145327n.d.n.d.328279234256-
(Sources : Statistique Canada et Bureau fédéral de la statistique, population des localités non constituées et des localités désignées.)

Aménagement du territoire

Un périmètre d'urbanisation[note 2] a été identifié au schéma d'aménagement et de développement de la MRC de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent et correspondant aux limites du noyau villageois. Le schéma d'aménagement identifie par ailleurs plusieurs risques : inondations par embâcle de glace, érosion côtière et avalanche[5].

Économie

La pêche est une activité économique structurante. En 2012, 15 permis de pêche commerciale et 22 navires de pêche y sont recensés. Une usine transforme la ressource à même le village[6]. Le port est administré par l'Eastern Lower North Shore Harbour Authority. L'administration portuaire s'occupe de l'entretien des quais flottants destinés aux pêcheurs et aux plaisanciers[7].

Si autrefois, la morue était la ressource la plus capturée, le crabe des neiges, le turbot, le flétan, le hareng constituent aujourd'hui les principales prises débarquées au quai[8].

En mai 2021, le taux de chômage est de 36%, dont 50% chez les hommes[9].

Histoire

Époque précolombienne

L'occupation des environs remonte à 8 500 ans avant aujourd'hui. Les populations de l'Archaïque ancien et de l'Archaïque qui vivent de la chasse et de la cueillette doivent migrer lors de l'époque néo-glaciaire[10].

Les Paléoesquimaux de la culture de Dorset s'établissent vers 2 500 ans avant aujourd'hui. Ils s'alimentent en chassant (le phoque et le caribou, entre autres) et se déplacent notamment en traîneau à chien. Vers l'an 1150, l'arrivée des Thuléens et le déplacement du gibier entraîne la disparition des Dorsétiens de la Basse-Côte-Nord[10].

Contact avec les Européens

Au xvie siècle, des Bretons fréquentent les environs pour y pêcher la morue tandis que des Basques chassent la baleine[10]. Les Bretons viennent l'été pêcher la morue, puis la font sécher avant de repartir vers la France. Quelques membres d'équipage passent l'hiver à Vieux-Fort : ils surveillent l'équipement de pêche, font des provisions de bois de chauffage, traitent les fourrures avec les Innus et chassent le loup-marin[11],[10].

Les baleiniers délaissent la Basse-Côte-Nord vers 1620 tandis que les Inuits quittent au xviiie siècle[10].

Colonisation

Les environs de Vieux-Fort sont peuplés de façon permanente à partir xixe siècle. La population s'adonne alors à la chasse au loup-marin. La pêche pratiquée en est une de subsistance ; les revenus qui en sont tirés sont substantiellement moins élevés que ceux des autres ports de pêche de la Basse-Côte-Nord[12].

Deux familles de pêcheurs anglophones originaires de Gaspé s'installent dans l'archipel qui ferme la baie du Vieux-Fort vers 1840 et en 1855. Ils sont rejoints par cinq autres familles d'ascendance britannique entre 1895 et 1903. À cette époque, la pratique de la chasse au loup-marin perd de son importance et est remplacée par la pêche à la morue[12].

Municipalisation

En 1963, une loi crée la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent, qui, à l'origine, comprend le village de Vieux-Fort. La municipalité de Bonne-Espérance est détachée de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent en 1990[13].

Effondrement des stocks de morue

L'effondrement de la pêcherie de morue de Terre-Neuve et le moratoire qui s'est ensuivi en 1992 a porté un dur coup à l'activité économique du village, avec pour conséquences une hausse du chômage et un exode de la population. Les pêcheurs ont dû se réorienter vers d'autres ressources, comme le crabe des neiges, et l'usine de transformation a dû être modernisée en conséquence[8].

Services

Notes et références

Annexes

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