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Pierre Villon

résistant et homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Pierre Villon, pseudonyme de Roger Salomon Ginsburger, né le à Soultz (District de Haute-Alsace)[1], en Alsace annexée à l'Allemagne, et mort le à Vallauris (Alpes-Maritimes), est un architecte, résistant communiste et homme politique français.

Élection12 mars 1967
Circonscription3e de l'Allier
LégislatureIIIe, IVe et Ve (Cinquième République)
Faits en bref Fonctions, Député français ...
Pierre Villon
Illustration.
Pierre Villon en 1946.
Fonctions
Député français

(10 ans, 11 mois et 30 jours)
Élection 12 mars 1967
Réélection 30 juin 1968
11 mars 1973
Circonscription 3e de l'Allier
Législature IIIe, IVe et Ve (Cinquième République)
Groupe politique COM
Prédécesseur Charles Magne
Successeur André Lajoinie

(3 ans et 10 mois)
Élection 30 novembre 1958
Circonscription 3e de l'Allier
Législature Ire (Cinquième République)
Groupe politique NI
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Charles Magne

(13 ans et 29 jours)
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
17 juin 1951
2 janvier 1956
Circonscription Allier
Législature Ire Constituante
IIe Constituante
Ire, IIe et IIIe (Quatrième République)
Groupe politique COM
Président de la commission de la Défense nationale
à l’Assemblée nationale constituante

(6 mois et 8 jours)
Élection 2 décembre 1945
Législature Ire Constituante
Prédécesseur Fonction créée
Successeur André Maroselli
Membre de l'Assemblée consultative provisoire

(8 mois et 27 jours)
Circonscription Panel du Conseil national de la Résistance
Législature Consultative provisoire de Paris
Président du Comité d'action militaire

(11 mois)
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Fonction supprimée
Secrétaire général du comité directeur national du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France

(3 ans)
Président Frédéric Joliot-Curie
Successeur Laurent Casanova
Biographie
Nom de naissance Roger Salomon Ginsburger
Date de naissance
Lieu de naissance Soultz (District de Haute-Alsace,
Empire allemand)
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Vallauris (Alpes-Maritimes, France)
Nationalité Française
Parti politique PC-SFIC/PCF (1932-1980)
Père Moïse Ginsburger
Conjoint Marie-Claude Vaillant-Couturier
Profession Architecte
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance avec rosette
Médaille des évadés
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Il est le principal rédacteur du programme du Conseil national de la Résistance (CNR).

Biographie

Origines et formation

Roger Ginsburger est le fils de Coralie Hecker, et du rabbin et historien du judaïsme Moïse Ginsburger[2],[3],[4]. Il fait ses études en allemand aux lycées de Guebwiller, puis de Colmar[3],[5].

Après son service militaire, il s’établit comme architecte et décorateur à Paris, et s’inspire des conceptions modernistes de Le Corbusier et du Bauhaus[3] en raison de sa formation suivie en Allemagne de 1919 à 1922.

Engagement politique

Il adhère à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) en et devient rapidement secrétaire de sa section architecture[5]. En , il adhère au Parti communiste français[2],[3].

En 1934, il est envoyé comme permanent à Anvers à l'Internationale des marins et dockers. À partir de , il travaille au secrétariat administratif du PCF[3]. De 1936 à 1938, Il devient le collaborateur de Jacques Duclos à la section de propagande du comité central[3],[6]. Pierre Villon est également chargé d'organiser les comités populaires, qui « seront l'une des premières formes de la résistance organisée »[6]. Il est ensuite nommé directeur des Éditions sociales internationales dès l'automne 1938[3],[7].

Résistance

Après l'interdiction de la presse communiste et du Parti communiste en 1939 sous l'impulsion du gouvernement Daladier V, il quitte son domicile et entre en clandestinité pour assurer la rédaction et la publication de L'Humanité clandestine jusqu'en [3]. Resté à Paris pourtant occupé par l’armée allemande, il prend la direction d’une autre publication clandestine, Les Cahiers du Bolchévisme[3]. Il est arrêté par la police française le [7] et condamné à huit mois de prison. Maintenu en détention administrative alors qu'il a purgé sa peine[3], il s'évade le [7] en compagnie de René Guégan  qui sera fusillé en août 1942 au Mont-Valérien [8] du camp d'internement de Gaillon où il a été transféré le de la maison d'arrêt de Rambouillet[9].

Caché à Paris, il succède à Georges Politzer qui a été arrêté le et fusillé, à la tête des comités d’intellectuels du Front national zone Nord, puis secrétaire général du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, mouvement de résistance créé par le PCF, qui tente alors d’encadrer l’ensemble de la Résistance intérieure[3]. À ce titre, il siège au Conseil national de la Résistance (CNR) dès sa première réunion, le 27 mai 1943[7], et participe activement à sa création[5]. Précédemment, il siège au Comité de coordination des mouvements de résistance de la zone nord[3].

Dès [7], avec Maurice Kriegel-Valrimont et Jean de Vogüé, Pierre Villon  de son nom de guerre  est l'un des trois dirigeants du Comité d'action militaire (COMIDAC, puis COMAC) créé par le CNR, qui supervise l'état-major national des Forces françaises de l'intérieur (FFI)[3],[7]. Il prend ainsi part aux discussions sur l'insurrection parisienne, puis sur l'intégration des FFI dans l'Armée nouvelle[7].

Vice-président du CNR[10],[11] et membre du bureau permanent, il est le principal rédacteur du programme du CNR adopté le [7],[12], tandis que Georges Bidault et Pascal Copeau revoient et corrigent le texte[12].

Le , dans Paris libéré, il est reçu par le général de Gaulle[3], président du gouvernement provisoire de la République française, qui lui propose le ministère de la Guerre[2]. Il refuse pour présider la commission de Défense nationale de l'Assemblée consultative[2]. À partir du , il fait partie du Comité central du PCF et siège officieusement à son bureau politique[3].

En , il est écarté de la direction du Front national au profit de Laurent Casanova[13],[14] à la suite de l’échec de la fusion avec le Mouvement de libération nationale (MLN), ce qui interrompt son ascension dans la hiérarchie du parti[3]. Ainsi, il ne siège plus non plus au bureau politique du PCF, mais reste au comité central jusqu’en 1970[3].

En 1950, il témoigne contre les accusés du procès de la Gestapo de Vichy et de celle de Montluçon[15].

Dix ans plus tard, il se réunit avec plus de deux mille résistants du Massif central contre le projet visant à transformer les appartements occupés à Vichy par le maréchal Pétain de 1940 à 1944 en « musée Pétain »[16].

Député

Membre de l'Assemblée consultative provisoire à Paris dès le [17], il préside la commission de la Défense nationale jusqu'en . Il siège également à la commission de l’Alsace et de la Lorraine et à celle du Règlement[3].

Il devient député communiste de l'Allier aux deux Assemblées nationales constituantes, puis à l'Assemblée nationale dès 1946. Il dépose cette même année une proposition de loi « fixant le statut et le droit des combattants volontaires de la Résistance »[3]. Continuellement membre de la commission de la Défense nationale de 1945 à 1958[3], il la préside de 1945 à 1946[18],[19], avant d'en être le vice-président de 1946 à 1947[3]. Durant ses mandats, il appartient également à la commission du Règlement, et à la commission du Suffrage universel et des Pétitions[3].

En 1958, il s'oppose au référendum constitutionnel de 1958[20].

Il fait partie des cent anciens résistants qui appellent « à se retrouver et à agir au grand jour » contre « les factieux de l'OAS et leurs complices »[21].

Il est constamment réélu jusqu'en 1978, sauf pendant la législature 1962-1967 au cours de laquelle son siège est occupé par le socialiste Charles Magne. Il annonce en ne pas se représenter au Palais Bourbon pour le scrutin de mars 1978[22],[23]. Le communiste André Lajoinie prend sa succession[24].

Autres engagements

Pierre Villon est élu secrétaire général de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR) à sa création en , puis succède à Charles Tillon comme président de 1954 à 1964[2],[3],[7].

Il a été également un membre actif du Mouvement de la paix, et vice-président de la Fédération internationale des résistants (FIR)[3],[7].

Il est brièvement vice-président de la Ligue contre la force de frappe en , avant de démissionner de ses fonctions[25].

Vie privée

Il épouse en 1929 la musicienne Doris Niedermann, qui décède en 1939[3]. Il se marie ensuite avec Marie-Claude Vaillant-Couturier le à Gentilly[3]. Elle adopte le fils qu'il a eu de sa précédente union.

Âgé de 79 ans, Pierre Villon s'éteint le à Vallauris dans les Alpes-Maritimes[6],[a].

Synthèse des résultats électoraux

Élections législatives

GPRF et IVe République

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste.

Davantage d’informations Année, Liste ...
Année Liste Circonscription Voix % Rang Sièges
1945 PCF Allier 68 778 36,88 2e
2  /  5
06/1946 66 996 35,28 1er
2  /  5
11/1946 64 005 36,99 1er
2  /  5
1951 PCF-PSU 67 334 37,41 1er
2  /  5
1956 PCF 65 344 34,38 1er
2  /  5
Fermer

Ve République

Davantage d’informations Année, Parti ...
Année Parti Circonscription 1er tour 2d tour Issue
Voix % Rang Voix % Rang
1958 PCF 3e de l'Allier 15 163 35,31 1er 17 267 37,98 1er Élu
1962 14 879 38,93 1er 18 176 44,09 2e Battu
1967 16 677 38,26 1er 23 950 55,10 1er Élu
1968 16 672 37,78 1er 21 842 50,42 1er Élu
1973 15 988 37,02 1er 23 109 53,43 1er Élu
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Distinctions

Hommage

Photo de la plaque de la place Marie-Claude-Vaillant-Couturier-et-Pierre-Villon en 2021.

Par délibération du Conseil de Paris en 2019, son nom est adjoint à la dénomination de la place en l'honneur de son épouse Marie-Claude Vaillant-Couturier inaugurée dix ans auparavant et située dans le 4e arrondissement de Paris afin d'être renommée Place Marie-Claude-Vaillant-Couturier-et-Pierre-Villon[26].

Notes et références

Voir aussi

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