Régiment de Languedoc

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Le régiment de Languedoc est un régiment d’infanterie du royaume de France créé en 1672 devenu sous la Révolution le 67e régiment d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations

Colonels et mestres de camp

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment

Régiment Languedoc (1672-1791)

Ce régiment, créé par ordonnance le 20 mars 1672, fut formé à partir de 13 compagnies du régiment Royal-Roussillon, qui avaient été transformées en 1661 en compagnies de garnison chargées de surveiller les places du Languedoc. Il a toujours été connu sous le nom de cette province.

Guerre de Hollande

Engagé dans la guerre de Hollande, le régiment de Languedoc est porté à 20 compagnies à la fin de 1672. Il fait la campagne de 1673 à l'armée d'Allemagne.

En 1674, le nombre de ses compagnies fut porté à 30, réparties en 2 bataillons :

Le 1er bataillon continua de servir avec Turenne. Après la mort du maréchal, il se distingua lors du combat du pont d'Altenheim, puis participa au secours d'Haguenau et de Saverne. En février 1676, il était cantonné à Bouquenom sur la Sarre, et plus tard, il prit part à la bataille de Kokersberg.

En 1677, le régiment participa au siège de Valenciennes, puis entama celui de Cambrai avant d'être détaché, le 30 mars, pour aller renforcer l'armée de Monsieur devant Saint-Omer. Il assista à la bataille de Cassel, où il fut peu engagé, et acheva le siège de Saint-Omer.

En 1678, il prit part aux sièges de Gand et d'Ypres, combattit à Saint-Denis, puis rejoignit l'armée de Créqui en Alsace. Il contribua à la prise de Kehl, où le 2e bataillon resta jusqu'à la destruction complète des fortifications, tandis que le 1er bataillon participait aux combats autour de Strasbourg.

Guerre des Réunions

Engagé dans la guerre des Réunions, le régiment de Languedoc participa activement au siège de Luxembourg en 1684. Le 13 mai, aux côtés de La Couronne, il s'installa sur le glacis du chemin couvert. Le 20 mai, une mine explosa au ravelin de Grump et la brèche devint praticable pour six ou sept hommes de front. Les grenadiers du régiment se lancèrent sur la rampe de mousqueterie et repoussa les défenseurs au-delà de la rivière. Le reste du régiment suivit de près et s'empara de la porte de Grump, fit abattre le pont-levis et prit possession des dehors. Le 30 mai, le régiment contribua à la prise de la coupure du vieux château de Münster.

Guerre de la Ligue d'Augsbourg

En 1688 et 1689, durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, le régiment de Languedoc fit partie de la réserve de l'armée d'Allemagne, ce qui permit au colonel marquis Jean le Camus de Pusignan, ennuyé de l'inaction relative de son régiment, d'aller se faire tuer en Irlande au siège de Londonderry, sous les drapeaux de Jacques II.

En 1689, le régiment de Languedoc marcha au secours de Mayence.

En 1691, il fut envoyé dans les Alpes et prit part à une expédition qui obligea le marquis de Parelle à abandonner la vallée d'Aoste. Il participa ensuite à la conquête du comté de Nice et au siège de Montmélian, où le colonel Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin d'Antin fut blessé à la tête.

En 1692, le régiment de Languedoc est avec l'armée de Flandre et participe à la prise de Namur, à la bataille de Steinkerque et au bombardement de Charleroi.

Il quitte la Flandre le 12 juin 1693 pour suivre le dauphin Louis VI sur le Rhin.

De retour aux Pays-Bas l'année suivante, il reste d'abord au camp de Charleroi.

En 1695, il prend part au bombardement de Bruxelles.

Il passe la campagne de 1696 à Pottes sur l'Escaut.

En 1697, il sert sur la Meuse avec le maréchal de Boufflers, puis il est mis en garnison à Nancy, où il contribue à la destruction des fortifications.

En 1698, il se trouve au camp de Compiègne.

Guerre de Succession d'Espagne

En 1701, le régiment de Languedoc est envoyé dans le pays de Juliers.

Le 27 avril 1702, un bataillon, après avoir franchi le Rhin en bateaux, réussit à entrer dans Kaiserswerth déjà assiégée, participe vaillamment à sa défense et se distingue particulièrement lors de la sortie du 22 mai. Kaiserswerth capitule le 15 juin et le bataillon se retire à Venlo[6]..

En 1703, le régiment rejoint l'armée de Louis duc de Bourgogne, combat avec le régiment de Picardie à Ekeren et passe l'hiver à Trèves.

L'année suivante, il part avec le maréchal de Tallard en Bavière et se retrouve pris dans le désastre d'Hochstedt. Placée au centre de la troisième ligne, la brigade de Languedoc occupe le château de Bleinheim. Le colonel du régiment, Jean François de Marillac est tué, et la majorité des deux bataillons est faite prisonnière et envoyée à Ulm. Les clauses de la capitulation de Bleinheim sont violées, surtout à l'encontre du régiment de Languedoc, libéré seulement en juin 1707 après la prise de Schorndorf par le régiment de Champagne. Les magistrats d'Ulm, effrayés, relâchent alors les prisonniers, prétextant obéir à un ordre de l'empereur.
Les rescapés s'étaient repliés sur la Moselle, formant un petit corps qui, en 1706, participe à la défense du Fort Louis et contribue aux prises de Drusenheim, de Lauterbourg et de l'île du Marquisat.

En 1707, ce corps suit le maréchal de Villars en Souabe et en Franconie, récupérant les prisonniers d'Ulm. Pendant sa captivité, le lieutenant-colonel Pierre d’Arros d'Argelos est nommé colonel du régiment, en récompense de sa bravoure à Hochsadt et de l'attention portée à ses compagnons d'infortune.

Le régiment de Languedoc resta sur les lignes de la Lauter jusqu'à la fin de la campagne de 1710.

En 1711, il débuta la campagne en Flandre, retourna en juin sur le Rhin et demeura en Alsace jusqu’à la fin de la guerre.

En 1713, il participa à la prise de Landau et de Fribourg.

En 1715, la paix étant signée le régiment fut réduit à un seul bataillon.

Guerre de la Quadruple-Alliance

Engagé dans le guerre de la Quadruple-Alliance, ce bataillon prit part à la campagne de 1719, à la réduction de Fontarabie et de Saint-Sébastien, ainsi qu'au blocus de Roses.

Guerre de Succession de Pologne

En 1732, il rejoignit le camp de la Moselle.

L'année suivante, il participe au siège de Kehl.

En 1734, il combattit à Ettlingen et participa à la prise de Philippsbourg.

En 1735, il se trouve à la bataille de Clausen. De retour en France, il fut stationné à Thionville.

Guerre de Succession d'Autriche

Intégré avec le régiment d'Auvergne dans la 3e division de l'armée de Bavière, il partit pour Donauworth en mars 1742, séjourna à Amberg, et envoya un bataillon en Bohême. Celui-ci se distingua au combat de Sahay et au ravitaillement de Frauenberg, avant de se replier à Prague, où il rejoignit l'autre bataillon. Le régiment joua un rôle actif dans la défense de Prague. Le 21 septembre, il prit part à l'attaque et à la prise de Plan. En octobre, un bataillon envoyé à Leitmeritz fut encerclé et assiégé par les Autrichiens. Le 24 novembre, leur artillerie ouvrit le feu, manquant de peu de tuer le colonel Philippe Henri Duglas, qui fut capturé le lendemain avec son unité et conduit à Brünn, en Moravie.
Échangé en mai 1743, ce bataillon rentra en France en juillet, tandis que celui resté à Prague fut intégré au régiment de Piémont et suivit ce régiment lors de la retraite. Il repassa le Rhin en janvier 1743, fut envoyé à Lille et ne comptait plus que 25 officiers et 180 soldats. Les restes du corps furent réunis en un seul bataillon en juillet.

En 1744, le régiment de Languedoc est désigné pour une expédition en Écosse. L'entreprise échoue, et le régiment rejoint l'armée du maréchal de Saxe, participant aux sièges de Menin, d'Ypres et de Furnes, ainsi qu'aux manœuvres du camp de Courtrai.

En 1745, il commence sur le Rhin, revient en Flandre fin juin, et prend part aux sièges de Termonde et d'Ath.

En février 1746, il se trouve devant Bruxelles et occupe Anderlecht pendant le siège, puis combat le 10 octobre à Raucoux dans la brigade du régiment Royal. Réorganisé en deux bataillons par ordre du 13 novembre, il prend la route de la Provence.

En 1747, après la retraite de l'armée austro-sarde, il franchit le Var et contribue à la conquête du comté de Nice. Rappelé dans le Nord, il passe l'hiver et les deux campagnes suivantes à Douai, avant d'être réduit à un bataillon par l'ordonnance du 15 novembre, mesure annulée le 10 mars 1749 par l'incorporation dans le régiment de Languedoc du régiment d'Aunis, créé en 1684, devenu le 2e bataillon du régiment.

Guerre de Sept Ans

Le 3 mai 1755, le 2e bataillon et une partie du 1er bataillon embarquent à Brest pour se rendre au Canada. Les compagnies du 1er bataillon, à bord du vaisseau Le Lys, sont capturées en mer par les Anglais, qui les conduisent à Halifax, en Acadie, puis en Angleterre. Elles sont échangées en 1758, et le 1er bataillon part la même année en Allemagne. Présent à Haastembeck, il est mis en garnison à Minden, où il est fait prisonnier en 1758. Ses soldats ne retrouvent la liberté qu'à la paix en 1763.

Le 2e bataillon, arrive au Canada, à Québec, le . Il participe en 1755 à l'expédition du Fort Carillon, sous les ordres de Jean-Armand Dieskau, pour secourir le fort Saint-Frédéric et, le 8 septembre, prend part à l'attaque du camp anglais au bord du lac Saint-Sacrement, puis le régiment est envoyé au Fort Carillon, qui était en construction. Le régiment est ensuite envoyé plus au sud pour participer a la bataille de Fort William Henry.
En 1756, un détachement mené par le capitaine Duchat quitte fort Carillon le 15 mars, bloque le fort George et détruit installations et bateaux du lac.
En janvier 1757, le capitaine Basserode défait complètement un détachement anglais entre les forts Frédéric et Carillon. En juillet, avec le régiment de La Reine, il forme l'aile droite des 6 000 hommes que Montcalm mène à l’assaut du fort George.
Le 8 juillet 1758, il combat brillamment aux côtés du régiment de La Sarre sous les murs du fort Carillon.
En 1759, il se distingue au Saut de Montmorency et lors de la sanglante bataille de Québec, partageant le sort du régiment de La Sarre.
L'année suivante, il combat encore sous les murs de Québec et participe à la défense de Montréal en prenant part aux batailles de Beauport, des plaines d’Abraham et de Sainte-Foy[7].
Rentré en France début 1761, il est envoyé au Pont-Saint-Esprit, où le 1er bataillon, libéré des prisons d’Allemagne, vient le rejoindre.

Période de paix

Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de 1762, le régiment conserve ses deux bataillons et est affecté au service de la Marine et des Colonies et à la garde des ports dans le royaume.
L'ordonnance arrête également l'habillement et l'équipement du régiment comme suit[8]
Habit, parements, veste et culotte blancs, revers et collet verts, pattes plus larges que hautes garnies de six boutons, trois de chaque côté, trois sur la manche de l'habit, quatre au revers et quatre au-dessous : boutons jaunes, avec le no 53. Chapeau bordé d'or.

De retour à Toulon en novembre 1770, il se rend à Nîmes et Uzès en novembre 1771, puis à Perpignan et Collioure en octobre 1772, au Château Trompette de Bordeaux et à Blaye en décembre 1773, à La Rochelle en juin 1774, au Havre en octobre 1774 et à Givet en octobre 1776. En 1778, le régiment est partagé entre Rouen, Cherbourg et Coutances. Réuni à Brest en octobre, il fournit un détachement qui embarque sur l'escadre du marquis de Vaudreuil, arrive au Sénégal le 30 janvier 1779 et participe à la prise de l'île Saint-Louis ainsi qu'aux forts et comptoirs de la côte[9]. Le reste du régiment est réparti, en mai 1779, entre Tréguier et Saint-Brieuc, puis, en août, dirigé vers les côtes de l'Aunis et de la Saintonge. Il occupe successivement Saint-Jean-d'Angély, Rochefort, La Rochelle et Tonnay-Charente, avant de retourner, en septembre 1780, à Blaye et Bordeaux. Il se rend ensuite à Bayonne en mai 1783, à Montauban en juin 1785, à Auch en août 1788, puis à nouveau à Montauban en octobre de la même année.

Révolution Française

Le 10 mai 1790, Montauban fut ensanglanté par une émeute : les catholiques s'en prirent aux protestants, et la municipalité fit appel au régiment pour protéger l'ordre et les opprimés. La conduite du corps déplut à la majorité des habitants, qui l'accusèrent faussement devant l'Assemblée nationale et demandèrent son expulsion de la ville. Après un débat houleux, le régiment fut maintenu à Montauban, mais pas pour longtemps : fin août, le 1er bataillon était à Lectoure et le 2e bataillon à Auch, puis en octobre, ils furent envoyés à Figeac et Cahors. Le 3 décembre 1790, le capitaine Saint-Sauveur du 2e bataillon, sur ordre du Directoire de Gourdon, partit avec sa compagnie de grenadiers et un piquet de 44 hommes vers Saint-Germain, en pleine insurrection. Il ne devait pas ouvrir le feu, mais les paysans, informés, sonnèrent le tocsin et l'assaillirent de pierres. Contraint de battre en retraite vers Gourdon, il essuya des tirs. Là, la loi martiale avait été proclamée, et la garde nationale, armée, jurait d'exterminer les insurgés. Mais paysans et gardes, méfiants, s'unirent pour s'en prendre aux soldats. Le capitaine Saint-Sauveur se retrancha près de l'église, menaçant de tirer en cas d'attaque. Après une nuit de cris et de menaces, chacun rentra chez soi et le détachement regagna Cahors sans encombre. Cet épisode absurde provoqua pourtant de sérieux troubles, et en février 1791, des agitateurs réussirent à soulever la population contre le « bataillon de Languedoc » et les soldats des régiments de Champagne et de Royal-Navarre, qui tenaient également garnison à Cahors, virent pendant plusieurs jours les grenadiers de Languedoc contraints de participer à de nombreux duels. L'autorité ne parvint à mettre fin à la querelle qu'en séparant les troupes : le 2e bataillon du régiment de Languedoc partit ainsi, le 21 mars, rejoindre le 1er bataillon à Figeac. Mais ce dernier n'était pas plus calme. Influencé par les discours enflammés des clubistes, il commit une imprudence en s'emparant de la caisse du régiment, ce qui lui valut d'être envoyé à Auch à la fin avril. En septembre, le 1er bataillon fut dirigé vers Lyon et le 2e bataillon vers Orange. Le 1er bataillon, jugé peu fiable, fut arrêté à Clermont, tandis que le 2e bataillon poursuivit sa route et rejoignit le corps rassemblé à Sorgues pour prendre possession du Comtat Venaissin et affronter la bande de Jourdan. À cette époque, le régiment avait pour colonel le fameux Saint-Simon. .

67e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Languedoc

L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps d'infanterie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi, 101 régiments sont renommés. Les régiments sont toutefois largement désignés avec le terme ci-devant, comme 67e régiment d'infanterie ci-devant Languedoc.

Guerres de la Révolution française

En avril 1792, 67e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Languedoc est appelé à l'armée des Alpes. À peine arrivé à Grenoble, le 17 mai, il se révolte contre le colonel Marie Alexis François Régis Regnauld, poussé par certains patriotes, et affirme ne plus vouloir d'officiers. Le général Montesquiou le renvoie de l'armée et l'expédie dans les départements du Cantal et de la Lozère. Plus tard, il montre des signes de repentir et, en juillet, est convoqué au camp de Lyon, avant d'être rapidement envoyé à Belfort puis à Neuf-Brisach.

Le 67e régiment d'infanterie de ligne a fait les campagnes de 1792 et 1793 à l'armée du Rhin. Il s’illustra le 19 juillet 1793 lors de la prise des gorges d'Albersweiler, puis le 22 à l'attaque des Prussiens retranchés sur les hauteurs de la Chapelle Sainte-Anne.

En 1794, affecté à l'armée du Nord, il rejoignit l'armée des côtes de l'Océan et combattit dans l'Ouest jusqu'à la fin de la guerre civile sans jamais être incorporé. Son dernier colonel, Pierre Elizée Ferrand de Roze, fut guillotiné la même année.

Les 125e et 126e demi-brigades de première formation, n'ayant pas été formées, les deux bataillons de Languedoc furent intégrés directement à la 34e demi-brigade de deuxième formation.

Le régiment avait 3 drapeaux, dont un blanc colonel, et 2 d'ordonnance qui étaient violets et feuille morte dans chaque carré, composés de triangles à base commune dentelée[10].
L'uniforme comprenait initialement habit et culotte blancs, veste, collet et parements bleus, boutons et galon de chapeau en métal jaune, poches plus larges que hautes ornées de six boutons (trois de chaque côté), trois boutons sur la manche et un à l’intérieur.
En 1763, on adopta revers et collet vert de Saxe ; en 1775, parements et revers rouges avec boutons jaunes et blancs alternés ; puis, de 1776 à 1779, collet, revers et parements couleur aurore avec boutons blancs.

Ainsi disparaît pour toujours le 67e régiment d'infanterie ci-devant Languedoc, partageant le sort de tous ces vieux régiments qui depuis deux siècles avaient défendu si intrépidement la patrie contre toutes les coalitions.

Personnalités ayant servi au régiment


Jean le Camus de Pusignan

Il servit d'abord dans les Mousquetaires, puis rejoignit le régiment du Plessis-Praslin[Note 7], où il devint successivement capitaine major et lieutenant-colonel. Avec ce régiment, il participa aux sièges de Douai, de Tournai et de Lille en 1667, ainsi qu'à la conquête de la Franche-Comté en 1668. Il servit volontairement en Candie en 1669, puis prit part, toujours avec son régiment, à la prise d'Unna, de Kamen, de Xoester, de Soest, ainsi qu’à toutes les expéditions menées par le maréchal de Turenne en Allemagne en 1673[1].

Il est nommé colonel du régiment d'infanterie de Languedoc par commission du 10 octobre 1680. Il le commande au siège de Luxembourg en 1684, obtient le grade de brigadier par brevet du 28 février 1686, puis la charge d'inspecteur d'infanterie par commission du 1er décembre 1688.

Envoyé en Irlande au mois de mars 1689, dans le cadre de la Glorieuse Révolution, il est tué au siège de Londonderry, alors qu'il était toujours colonel du régiment de Languedoc. Le Roi d'Angleterre, Jacques II lui avait accordé un brevet de maréchal de camp dans ses troupes.

Jean François de Marillac

Enseigne de la compagnie colonelle du régiment d'infanterie de La Fère le 31 décembre 1691, il participa au siège de Namur, combattit à Steinkerque en 1692 et obtint une compagnie le 13 août. Il la commanda, durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, sur la Moselle et en Allemagne en 1693, ainsi qu'à l'armée d'Allemagne en 1694 et 1695[2].

Il est colonel d'un régiment d'infanterie de son nom qu'il leva par commission du 9 décembre 1695.

Le colonel du régiment de Languedoc, après avoir quitté celui qu'il avait levé par commission le 1er avril 1696, prit le commandement du régiment de Languedoc, dans le cadre de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, sur la Meuse en 1696 et 1697, puis en Allemagne en 1701 au début de la guerre de Succession d'Espagne. Lors de la défense de Kaiserswerth, il se distingua et obtint le grade de brigadier par brevet du 18 juin 1702. Le 10 janvier 1703, il reçut le gouvernement de Béthune à la suite de la démission de M. de Sarron, son oncle. Affecté à l'armée de Flandre par lettres du 1er avril suivant, il participa à la bataille d'Ekeren où il brilla particulièrement. Il trouva la mort l'année suivante à la bataille de Höchstädt.

Pierre d'Arros d'Argelos

Lieutenant au régiment d'infanterie de Languedoc lors de sa formation le 20 mars 1672, il obtint une compagnie le 1er octobre suivant et la commanda à l'armée d’Allemagne en 1673 pendant la guerre de Hollande. Il participa aux batailles de Sinsheim, d'Ensheim et de Mulhausen en 1674, puis à la levée des sièges d'Haguenau et de Saverne par les ennemis en 1675, à la bataille de Cassel et au siège de Saint-Omer en 1677, aux sièges de Gand et d'Ypres ainsi qu'à la bataille de Saint-Denis près de Mons en 1678, et enfin au siège de Luxembourg en 1684[3].

Capitaine de grenadiers le 20 janvier 1690, pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il dirigea cette compagnie dans l'armée d’Allemagne la même année, puis participa aux sièges de Nice, Villefranche, Montalban, Veillane, Carmagnole et Montmélian en 1691, ainsi qu'au siège de Namur et à la bataille de Steinkerque en 1692.

Major de son régiment le 26 avril 1693, il servit cette même année sur la Moselle et sur le Rhin. Il participa à la marche de Vignamont au pont d'Espierres en 1694, au bombardement de Bruxelles en 1695, sur la Meuse en 1696 et 1697, au camp de Compiègne en 1698, puis dans le duché de Gueldre pendant la campagne de 1701, au cours de la guerre de Succession d'Espagne.

Lieutenant-colonel de son régiment le 25 mai 1702, il participa la même année à la défense de Kaiserswerth et à la bataille d'Ekeren en 1703. Blessé à plusieurs reprises, il reçut une grave blessure à la bataille d’Höchstädt où il fut fait prisonnier en 1704. Le 17 septembre, le Roi Louis XIV lui confia par commission le régiment de Languedoc, laissé vacant par la mort du marquis de Marillac, tué à cette même bataille. Il commanda ce régiment à l'armée de la Moselle en 1705, prit part au secours du fort Louis ainsi qu'à la prise de Drusenheim, de Lauterbourg et de l'île du Marquisat en 1706, puis participa à toutes les expéditions du maréchal de Villars en Franconie et en Souabe en 1707. Cette même année, il obtint le grade de brigadier par brevet le 22 juin. Il servit dans cette fonction à l'armée d'Allemagne en 1708 et les trois années suivantes, puis céda le régiment de Languedoc à son neveu, Jean Armand d'Arros, en février 1712.

Philippe Henri Duglas

Il entra comme lieutenant en second au régiment du Roi le 20 août 1720 et servit au camp de Montreuil en 1722.
Promu lieutenant le 30 juin 1725, puis capitaine le 4 décembre 1731, il commanda sa compagnie aux sièges de Gerra-d'Adda, de Pizzighettone et du château de Milan en 1733, ainsi qu'à ceux de Novarre, de Tortonne et de son château, à l'attaque de Colorno et aux batailles de Parme et de Guastalla en 1734, puis aux sièges de Revere et de Gonzague en 1735.

Nommé colonel du régiment de Languedoc par commission du 16 avril 1738, il le dirigea lors de la défense et de la retraite de Prague en 1742, à l'armée du maréchal de Saxe en 1744, puis à celle du Bas-Rhin jusqu'en juin 1745, avant de rejoindre l'armée de Flandre en juin et d'être déclaré brigadier, breveté depuis le 1er mai[4].
Il participa aux sièges de Dendermonde et d'Ath durant cette même campagne, au siège de Bruxelles et à la bataille de Raucoux, puis à la défense de la Provence en 1746, au passage du Var, à la conquête du comté de Nice, à la prise et au secours de Vintimille, ainsi qu'au combat livré sous cette place en 1747.
Il mourut à Douai le 28 mars de l'année suivante.

Jean François Charles de Molette de Morangies

Né en 1726, il devint mousquetaire le 29 mai 1742 et participa à la campagne en Flandre, se trouvant à la bataille de Dettingen en 1743. Il quitta ensuite les mousquetaires pour rejoindre la compagnie des gendarmes de la Garde le 3 février 1744, servant aux sièges de Menin, d'Ypres, de Furnes, à l'affaire d'Auguenum et au siège de Fribourg la même année[5]. Il prit part à la bataille de Fontenoy, ainsi qu'aux sièges de Tournai, d'Audenarde, de Dendermonde et d'Ath en 1745, à la bataille de Raucoux en 1746, à celle de Lauffeld en 1747 et au siège de Maastricht en avril 1748.
Nommé colonel du régiment d'infanterie de Languedoc par commission du 8 mai 1746, il se rendit à Minorque après sa conquête et y resta en garnison jusqu'à la paix de 1762. Brigadier par brevet du 20 février 1761, confirmé en décembre 1762, il fut nommé maréchal de camp par brevet expédié le 25 juillet précédent et se démit alors du régiment de Languedoc.

Articles connexes

Bibliographie

Notes et références

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