Siège de Cambrai (1677)

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Date du 20 mars au
Lieu Cambrai
Issue Victoire française
Siège de Cambrai
Description de cette image, également commentée ci-après
Siège et reddition de la forteresse de Cambrai en avril 1677 par Adam François van der Meulen.
Informations générales
Date du 20 mars au
Lieu Cambrai
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Commandants
Louis XIV
Louis de Crevant
Armand-Frédéric de Schomberg
François III d'Aubusson
François de Montmorency-Luxembourg
Guy Aldonce de Lorges
Sébastien Le Prestre de Vauban
Dom Pedro de Zavala
Forces en présence
40 000 hommes 4 000 hommes

Guerre de Hollande

Batailles

Coordonnées 50° 10′ 36″ nord, 3° 14′ 08″ est
Géolocalisation sur la carte : Nord
(Voir situation sur carte : Nord)
Siège de Cambrai
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Siège de Cambrai

Le siège de Cambrai eut lieu du au pendant la guerre de Hollande.

Principauté épiscopale dépendant du Saint-Empire romain germanique et proche de la frontière du royaume de France, soumise à l'Espagne depuis 1543, Cambrai avait été assiégée à plusieurs reprises par les rois de France : en 1477 par Louis XI, entre 1581 et 1595 par Henri III et Henri IV.

Sully puis Richelieu avaient défini une politique nationale consistant à « remettre [la France] en sa première force et en son ancienne splendeur », et à « mettre la France en tous lieux où fut l'ancienne Gaule », ce qui incluait l'Artois, le Hainaut et les provinces des Pays-Bas[1]. Sous le règne de Louis XIV, Cambrai fut assiégé sans succès par les Français en 1649 et à nouveau en 1657[2].

En 1667, Louis XIV, invoquant le droit de dévolution pour justifier les prétentions de son épouse Marie-Thérèse d’Autriche sur plusieurs provinces espagnoles, adresse à la régente d'Espagne Marie-Anne d'Autriche un « Traité des droits de la Reine très-chrétienne sur divers États de la monarchie d'Espagne », puis, sans attendre une réponse, engage en mai les hostilités[1]. Au cours de l'été de 1667, les Français prennent Charleroi, Tournai, Douai et Lille, puis la Franche-Comté en . Par le traité d'Aix-la-Chapelle, signé en 1668, l'Espagne abandonne les places de Charleroi, Binche, Ath, Douai, Tournai, Audenarde, Lille, Armentières, Courtrai, Bergues et Furnes[3].

Ces conquêtes marquent une avancée considérable, mais n'établissent pas une frontière défendable : deux saillants espagnols subsistent, entre Saint-Omer et Ypres d'une part, entre Valenciennes et Cambrai d'autre part[4]. Cambrai semble une presqu'île qui n'est plus rattachée aux Pays-Bas espagnols que par Bouchain et Valenciennes[2], entre Arras à l'ouest et Le Quesnoy et Landrecies à l'est, qui sont français depuis le traité des Pyrénées de 1659. En 1673, Vauban préconisait dans une lettre à Louvois une doctrine militaire défensive connue sous le nom de « pré carré du roi », qui appelait à une frontière plus rectiligne : « C'est pourquoi, soit par traité ou par une bonne guerre, Monseigneur, prêchez toujours la quadrature, non pas du cercle, mais du pré. C'est une belle et bonne chose que de pouvoir tenir son fait des deux mains »[5].

En 1672, les hostilités reprennent contre la République protestante des Pays-Bas. Forte d'une armée de métier bien payée et bien organisée qui comprend plus de 279 000 hommes, bénéficiant d'une artillerie puissante, la monarchie française est alors la meilleure armée d'Europe. Face à elle, les places fortes des anciens Pays-Bas espagnols sont défendues par quelques milliers d'hommes, souvent des mercenaires mal payés et des compagnies de bourgeois qui n'offrent que leur courage[6].

Au printemps 1676, Bouchain et Condé sont occupées par les Français. Valenciennes est prise d'assaut le . Louis XIV, qui veut « assurer à jamais le repos de ses frontières »[7], décide d'en finir avec Cambrai et se porte en personne devant la ville, tandis que Monsieur met le siège devant Saint-Omer.

Conditions du siège

La réputation de la place de Cambrai était formidable. Boileau écrit, dans son Éloge[8] :

« Cambray et Saint-Omer étaient les deux plus forts Boulevards[n 1] que les Espagnols eussent à défendre. Ces villes, situées toutes deux sur les frontières de la France, lui servaient comme de fraise[n 2], et lui faisaient la loi au milieu de ses triomphes : Cambray surtout s'était rendu redoutable. Les Rois d'Espagne estimaient plus cette Place seule, que tout le reste de la Flandre ensemble. Elle était fameuse par le nombre des affronts qu'elle avait fait souffrir aux Français. »

Le roi d'Espagne Charles II considérait cette place comme un point de résistance au flanc des territoires français[2] et, selon Boileau, on jugeait, en France, que les Espagnols feraient tous les efforts pour sauver Saint-Omer et Cambrai, dont la perte risquait d'entraîner le reste des Pays-Bas[7].

La défense de la ville est confortée par une excellente inondation de l'Escaut sur les fronts sud et ouest, et au nord-est par la citadelle, construite en 1543 sur les ordres de Charles Quint. Le temps, froid, pluvieux et neigeux, rend les conditions difficiles pour les assiégeants[2].

D'autre part, Cambrai est isolé et ne peut espérer aucun secours[2]. Le gouverneur, Dom Pedro de Zavala, est, selon Pellisson[9], « vieux et cassé, comme l'on croit et même a passé autrefois, comme on dit, pour assez étourdi. » La garnison « est d'Espagnols naturels pour la plupart mais que l'on croit avoir oublié le métier. » La citadelle, « quoique de beaucoup de réputation, est petite et sujette à être foudroyée des bombes et du canon dès qu'on l'aura approchée. »

Les services secrets de Louvois l'ont renseigné sur les sentiments des Cambrésiens : ils ne sont pas belliqueux et n'ont pas d'attaches particulières avec l'Espagne[2]. Du reste la rapidité de la prise de Valenciennes ne les incite pas à la résistance[10].

Le siège

Notes et références

Voir aussi

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