SA-5 (Apollo)
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| SA-5 | ||||||||
Wernher von Braun et John F. Kennedy, avec une maquette du véhicule SA-5, le , deux mois avant le lancement. | ||||||||
| Données de la mission | ||||||||
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| Organisation | ||||||||
| Objectif | Vol d'essais | |||||||
| Lanceur | Saturn I « Block II » | |||||||
| Date de lancement | 16 h 25 min 1 s UTC | |||||||
| Site de lancement | ||||||||
| Durée | 791 jours | |||||||
| Retour dans l'atmosphère | ||||||||
| Distance parcourue | 519 463 719 km | |||||||
| Identifiant COSPAR | 1964-005A | |||||||
| Paramètres orbitaux | ||||||||
| Nombre d'orbites | ~ 12 000 | |||||||
| Apogée | 741 km | |||||||
| Périgée | 258 km | |||||||
| Période orbitale | 94,61 minutes | |||||||
| Inclinaison | 31,4° | |||||||
| Navigation | ||||||||
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SA-5, pour « Saturn Apollo-5 » (COSPAR ID : 1964-005A[1], SATCAT No. 744[2]), fut le cinquième vol du lanceur américain Saturn I et le premier vol de sa deuxième version, aussi désignée « Block II ». Lancé le de Cap Canaveral, en Floride, ce vol faisait partie du programme Apollo. Le président John Kennedy identifia ce lancement comme étant celui qui placerait la capacité d'emport américaine au-dessus de celle des Soviétiques, après avoir passé plus de six ans en retrait, depuis le lancement de Spoutnik[3].
Nouveautés et ambitions
La principale nouveauté du vol SA-5 fut l'emploi de deux étages fonctionnels sur la fusée Saturn I : le premier étage S-I et le deuxième étage S-IV. Le deuxième étage était équipé de six moteurs RL-10A-3, brûlant de l'hydrogène liquide[4],[5],[6]. Bien que ce moteur dût initialement être testé plusieurs années auparavant sur l'étage supérieur Centaur, le premier exemplaire du Centaur ne prit l'air que deux mois avant le vol SA-5[5]. Cet étage fut livré à la base de Cap Canaveral par un Boeing 377 Stratocruiser modifié, le « Pregnant Guppy »[5].
Une autre modification majeure incluait l'agrandissement des réservoirs de carburant du premier étage. Pour la première fois, la fusée allait embarquer ses 340 500 kg de carburant prévus pour son premier étage — soit une augmentation de 31 %[5] — et utiliser huit moteurs à la puissance majorée[4], développant chacun une poussée de 836 kN[5]. Le premier étage reçut également pour la première fois huit ailettes[4] — deux petites et deux plus longues[5] —, afin d'améliorer sa stabilité en vol. Comme lors du vol précédent, la fusée emportait toujours un cône issu d'une fusée Jupiter-C[5],[7],[8],[9], à la place du simulateur de masse (« boilerplate ») représentant le vaisseau Apollo emporté par les fusées des vols suivants. Il était toutefois lesté par un réservoir rempli d'eau, afin de reproduire la masse du futur vaisseau Apollo[8],[9].
Une autre nouveauté est le déplacement de l'ordinateur de guidage et contrôle de la fusée au sommet du deuxième étage, emplacement qui serait le sien sur les vols de Saturn V qui emmèneraient des astronautes vers la Lune. Cette nouvelle et première véritable « case à équipements »[9], installée dans un segment dédié au-dessus du deuxième étage S-IV de la fusée[10], avait un diamètre de 3 900 mm pour une hauteur de 1 500 mm et avait été à la fois conçue et construite au Centre Marshall. Les équipements de guidage, télémesure, poursuite, surveillance et génération électrique étaient installés à l'intérieur de quatre conteneurs cylindriques pressurisés, attachés comme des rayons de roue de vélo autour d'un plot central au sommet du deuxième étage S-IV[10],[11]. Leur rôle était de contrôler la montée de la fusée à travers l'atmosphère, en compensant automatiquement les effets du vent ou de la perte d'un moteur pendant l'ascension. Ce nouvel élément structurel fut conçu pour donner plus de flexibilité aux ingénieurs et permettait de réaliser rapidement des modifications entre les lancements, en fonction des résultats obtenus lors des vols précédents ou des nouveaux besoins de la mission à venir[12].
Pour la première fois au cours du programme Apollo, ce vol allait être une mission orbitale. Ce fut rendu possible par la présence d'un premier étage plus puissant, et l'ajout du deuxième étage. La fusée devait entrer dans une orbite elliptique et retomber dans l'atmosphère deux jours plus tard, son orbite ne pouvant être maintenue indéfiniment et se détériorant à cause de la traînée aérodynamique résiduelle présente dans l'espace.
Le président John Kennedy fit spécifiquement référence à ce lancement lors d'un discours effectué à Brooks Air Force Base, à San Antonio, au Texas, le — la veille de son assassinat —, au cours duquel il déclara :
« Et en décembre, bien que je considère que notre maîtrise de l'espace soit loin d'être réalisée, alors que je reconnais qu'il existe toujours des domaines dans lesquels nous sommes derrière [les Soviétiques] — au moins une, la taille du premier étage — cette année, j'espère que les États-Unis seront devant[3],[Note 1]. »
— John F. Kennedy, , discours à Brooks AFB.
SA-5 et les caméras
Depuis les premiers lancements américains, les équipes de scientifiques et d'ingénieurs affectés aux divers projets spatiaux avaient toujours désiré obtenir la plus grande couverture cinématographique de chaque vol d'un lanceur. Toutefois, bien que de nombreux systèmes fussent développés et testés avec succès dès les vols de la fusée Redstone, en 1961[13], aucun de ces appareillages ne fut installé sur les fusées Saturn I appartenant à la première version (dite « Block I »), principalement par manque de budget et de temps. Après quatre vols observés « seulement » par des stations de poursuite terrestres, il fut décidé de tester ces systèmes sur la première fusée à employer deux étages actifs, dite « Block II », celle du vol SA-5[13].
La responsabilité des caméras devint un programme commun entre un laboratoire du Centre Marshall et un contractant civil de Chicago, le Cook Technological Center, qui fut désigné en pour développer des systèmes de nacelles de caméras jetables et récupérables après chaque lancement, devant être utilisées sur les vols SA-5, SA-6 et SA-7[13].
Les capsules contenant les caméras étaient constituées de trois sections[13] :
- le compartiment des lentilles, qui contenait les lentilles et une fenêtre en quartz[13] ;
- le compartiment contenant la caméra et son unité de contrôle[13] ;
- le compartiment contenant les pellicules, équipé d'un ensemble de dispositifs permettant sa descente et sa récupération en mer, avec des ailettes de stabilisation, un ballute pour la descente et la flottaison, un émetteur radio et lumineux ainsi que des marqueurs chimiques pour le repérage, et d'autres systèmes moins communs, tels un répulsif à requins[13].
Ces capsules étaient conçues pour encaisser toutes les contraintes du vol et de leur retour sur Terre, supportant par exemple des impacts violents et des séjours prolongés dans l'eau salée[13]. Lors du vol SA-5, quatre caméras de type « A » furent installés pour filmer des zones extérieures de la fusée, filmant vers le haut[13]. Quatre autres, de type « B », filmaient en position inversée l'intérieur des réservoirs de LOX et de la séparation inter-étages entre le S-I et le S-II[13]. La plupart de ces caméras filmaient en couleur, les techniciens estimant que ce procédé donnait un meilleur aperçu tridimensionnel des phénomènes observés[13]. Pour les zones intérieures, de puissantes lampes à incandescence permettaient d'éclairer les zones à surveiller[13].
