Savary de Mauléon
chevalier et troubadour poitevin du XIIIe siècle
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Savary II de Mauléon[2], né avant 1180 et mort après le , est un noble et un troubadour poitevin. Important seigneur du Bas-Poitou au XIIIe siècle, guerrier confirmé, il sert successivement et alternativement les rois d’Angleterre et ceux de France, dans un contexte marqué par le conflit dynastique entre Capétiens et Plantagenêt. Il se croise et participe à la cinquième croisade.
| Sénéchal du Poitou (en) | |
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| - | |
| Sénéchal de Gascogne | |
| - | |
| Sénéchal du Poitou (en) | |
| - |
| Seigneur de Châtelaillon, Talmont, Benon, Angoulins et Fontenay |
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| Naissance |
Av. 1180 |
|---|---|
| Décès | |
| Autres noms | |
| Époque |
XIIIe siècle |
| Activités | |
| Période d'activité |
- |
| Famille |
Maison de Mauléon |
| Père |
Raoul II de Mauléon |
| Mère |
Alix Chabot |
| Fratrie |
Eustachie de Mauléon Jeanne de Mauléon |
| Conjoint |
Belle-Assez de Pareds Amable du Bois |
| Enfants |
Belle-Assez de Mauléon Alix de Mauléon Raoul III de Mauléon Marquise de Mauléon |
| Conflit | |
|---|---|
| Faits d'armes | |
| Héritier |
Raoul III de Mauléon |
[1219]
Marin et pirate redouté, à la tête d’une flotte importante, il possède plusieurs ports et forteresses sur la façade atlantique[3]. Il occupe pour le compte des rois Plantagenêt, ducs d'Aquitaine, les hautes charges et fonctions de sénéchal de Poitou et de Gascogne[4].
Biographie
Savary de Mauléon apparaît pour la première fois dans une charte datée vers 1180 où il est cité avec ses parents, son oncle Guillaume et sa sœur Eustachie[5]. Ce document situe sa naissance antérieurement à cette année.
Famille
Savary (av. 1180-1233) est le fils de Raoul II de Mauléon (♰ 1202), seigneur de La Rochelle, de Ré, sénéchal de Poitou (1199), et d’Alix de Ré. Savary à deux sœurs : Eustachie marié à Hugues III, vicomte de Châtellerault puis à Raoul de Machecoul, seigneur de la Roche-sur-Yon, et Jeanne mariée au vicomte Aimery de Rochechouart[6],[7]. Il succède, comme chef de famille, à son oncle Guillaume Ier (v. ♰ 1214).
Possessions familiales
La famille de Mauléon est à la tête d’une puissante baronnie dans le Poitou, au sein de l’Empire Plantagenêt. Raoul II de Mauléon, père de Savary, a succède à son propre père Ebles Ier de Mauléon vers 1190[7]. Son domaine, sans doute amputé de la seigneurie de Talmont — possédée par les souverains de la maison Plantagenêt et ducs d'Aquitaine, s’étend sur une grande part de la partie occidentale du Poitou notamment sur les fiefs de Mauléon et de Fontenay. Accompagnant Richard Cœur de Lion pendant la troisième croisade (1190-1192), Raoul II de Mauléon obtient la jouissance de terres à son retour de Terre sainte. En effet, un traité du de Jean sans Terre lui attribue le château de Talmont, celui de Benon (Aunis), le Talmondais, les Moutiers, Curzon et l’île de Ré. En échange, les Mauléon s’engagent à renoncer à leurs droits sur La Rochelle[8],[9],[10].
Succession et extension du domaine
En raison d’un droit de viage (ou de retour) propre au Bas-Poitou[11], l’oncle de Savary, Guillaume Ier de Mauléon, succède à son frère Raoul II à la mort de ce dernier en 1201. Néanmoins, Savary possède des fiefs concentrés sur l’Aunis et la Saintonge : entre Angoulins, Benon, Châtelaillon et l’île de Ré[12]. À la mort de Guillaume Ier, le , la puissance territoriale de Savary est au moins doublée : ses possessions s’étendent sur toute la façade Atlantique entre Châtelaillon et Olonne. Héritant non seulement de son oncle à Talmont, Mauléon, Fontenay, Saint-Michel-en-l’Herm, les Moutiers (Moutiers ?), dans l’Olonnais et le Talmondais, Savary de Mauléon, par sa femme, Belle-Assez, est maître de Pouzauges, Chantemerle (à Moutiers ?) et Pareds[13],[14].
Entre Capétiens et Plantagenêt
Au service de Jean sans Terre (1204-1212)
Combattant aux côtés d’Arthur duc de Bretagne et des Lusignan, soutenus par Philippe Auguste, Savary est capturé en 1202 lors de la bataille de Mirebeau[15]. il est emprisonné dans le château de Corfe, sur l’île de Purbeck en Angleterre, d'où il s'évade. Néanmoins, Jean sans Terre, et Savary se réconcilient, après l’avoir converti à la cause angevine, Jean le nomme sénéchal de Poitou le [16], en remplacement de Robert de Thurnham capturé par les troupes capétiennes[17].
En 1205, plusieurs seigneurs poitevins[18] assiège le donjon de Niort tenu par Savary de Mauléon, mais sans succès[19],[20].
En 1211, Savary apporte son soutien à Raymond VI de Toulouse, beau-frère du roi et victime de la croisade albigeoise. Il participe au siège de Castelnaudary[16] mais les forces albigeoises sont assiégées par Simon de Montfort. À la suite de ce combat, il tombe en disgrâce du roi Jean et perd la sénéchaussée de Poitou[21].
Au service de Philippe Auguste (1212-1213)
Dans le cadre du conflit opposant les Capétiens aux Plantagenêt, Savary de Mauléon offre à nouveau ses services à Philippe Auguste en [22],[23]. En 1213, le roi de France lui confie le commandement d’une flotte à l’origine — avec les troupes du mercenaire Lambert Cadoc — du pillage du port de Damme, dans le comté de Flandre. Surpris, pendant la mise à sac de la ville, par la flotte anglaise commandée par Guillaume Longue-Épée, les bateaux français, laissés sans défense, sont anéantis[24]. La responsabilité de ce lourd échec est imputée à Savary de Mauléon.
Retour à la cause anglaise (1214-1216)
Savary de Mauléon est présent aux côtés du roi Jean à la bataille de la Roche-aux-Moines[25], le , en compagnie d'Aimery VII, vicomte de Thouars, et d'Hugues IX le Brun, comte de la Marche[26]. C'est une défaite pour Jean et ses alliés[27],[28],[29], quelques jours avant celle de Bouvines en Flandre[30],[31]. Le règlement du conflit, entre les deux royaumes, est acté le par le traité de Chinon[32].
Alors qu’un soulèvement de barons du royaume d’Angleterre s’esquisse en 1215, après la promulgation de la Magna Carta, Savary sert de nouveau le roi Jean dans la lutte contre les rebelles et les Français du prince Louis venus les soutenir. Le roi lui concède plusieurs châteaux et biens appartenant aux familles des révoltées comme celle des Mandeville[33]. En 1216, il est l’un des grands serviteurs désigné sur le testament du roi pour gouverner le royaume par le biais d’un conseil de régence, composé de treize personnalités dont Guillaume le Maréchal, pendant la minorité du futur roi Henri III[16]. À la mort du roi Jean, Savary quitte l'Angleterre et rejoint le Poitou malgré sa nomination au conseil de régence[34].
Reconquista et croisade (1218-1219)
À la fin de l’automne 1218, il a probablement aidé le roi Alphonse IX de Leon dans sa tentative malheureuse de capturer Cáceres durant la Reconquista[35].
En 1219, Savary de Mauléon s’embarque dans la cinquième croisade pour l’Égypte, soumise au Sultanat ayyoubide. Il est présent lors de la prise de Damiette[36].
Retour en Poitou et volte-face multiples (1221-1230)
De retour en Poitou, il est de nouveau désigné sénéchal en 1222 par le souverain Plantagenêt, Henri III d'Angleterre, afin de rétablir l'ordre. À ce titre, il défend les villes de Saintonge contre les exactions du roi de France, Louis VIII le Lion, en 1224. Accusé d’avoir livré La Rochelle aux forces du roi de France, il rejoint Louis VIII et défend pour la couronne de France les côtes de la Saintonge et de l’Aunis contre les Anglais. Le roi de France lui confie la garde de La Rochelle et de l'Aunis. Savary participe aux côtés de Louis VIII à la croisade albigeoise contre le comte de Toulouse, Raymond VII[16].
Trois ans plus tard, en 1227, Savary de Mauléon prend part à une rébellion de seigneurs d’Anjou et de Poitou contre le jeune roi de France Louis IX. Il soutien également, en 1230, l'expédition continentale d'Henri III d'Angleterre et du duc de Bretagne Pierre Mauclerc[37].
Fondation
En 1218, en Ré, Savary attribue aux religieux de la chapelle Saint-Nicolas de la Chaume le droit d’ériger un village où seront accueillis des hommes étrangers à son domaine. Ces terres et droits concédés sont à l’origine de la fondation des Sables-d’Olonne[38].
Décès
Savary décède peu après le . Il est inhumé dans le chœur de l’église abbatiale de Saint-Michel-en-l’Herm le suivant.
Mariages et descendance
Belle-Assez de Pareds
En premières noces, vers 1200, Savary épouse Belle-Assez de Pareds, fille de Guillaume de Chantemerle, seigneur de Pouzauges et de Pareds[12]. De cette union naissent deux (ou trois ?) filles[6],[7] :
- Belle-Assez de Mauléon, mariée à Guillaume de Brosse (♰ ap. 1230), sans postérité[39] ;
- Alix de Mauléon (vers 1203-ap. 1266), mariée à Guy Ier de Thouars, vicomte de Thouars, et hérite de sa sœur Marquise des titres de Mauléon, Pouzauges et de Sigournay ;
- Une fille, mariée à Geoffroy IV de Tonnay-Charente, seigneur de Montendre. Leurs enfants participent à la succession de Raoul III de Mauléon, leur oncle[40].
Amable du Bois
Savary de Mauléon épouse, en secondes noces, selon un acte de 1227, Amable du Bois (♰ ap. 1258) en l’église Saint-Nicolas de la Tranche[41]. De cette union naissent[7] :
- Raoul III de Mauléon (v. 1226-1253), unique fils de Savary désigné à sa succession est considéré comme illégitime. Cependant il est légitimé par l’archevêque de Bordeaux sur ordre du pape et par Henri III d'Angleterre par lettres patentes du [42];
- Marquise de Mauléon (av. 1202-ap. 1230) mariée à Guillaume de Valence de la maison de Lusignan[43], fils de Geoffroy Ier de Lusignan, seigneur de Mervent et Vouvant, et frère cadet de Geoffroy II de Lusignan marié à Clémence (v. 1200-1239), vicomtesse de Châtellerault, nièce de Savary[44]. Le couple a :
- Valence de Lusignan (av. 1230-ap. 1270), héritière des châtellenies de Soubise, Vouvant, Mervent et Moncontour, qu'elle transmet à son mari Hugues II Larchevêque (v. 1225-ap. 1271), seigneur de Parthenay[45].
Concubinage
Savary entretient des relations avec des maîtresses, notamment Guillemette/Guilhemine de Gensac (épouse de Pierre de Gabarret, vicomte de Bezaume et de Benauges, alias le troubadour Peire de Gavarret)[46], dont il a chanté la beauté ; ou encore Mahaut de Montagnac[47].
Sceau

Sceau [1225]
Description : Équestre, aux armes : un lion rampant couronné, à la bordure besantée.
Légende : . SIGI.... .......I ⠅DE MAL....NE
Légende transcrite : Sigillum Savarici de Maloleone
Contre-sceau : Rond[50],[51],[52],[53].
Description : Écu au lion rampant couronné, à la bordure besantée ; accosté de deux roses et surmonté d'une croix.
Légende : ✠ SIGILL.. ⠅SAVARICI ⠅DE MALOLEONE ⠅
Légende transcrite : Sigillum Savarici de Maloleone
Postérité
Savary de Mauléon prête son nom à des rues de Châtelaillon-Plage, Saint-Martin-de-Ré et à Fontenay-le-Comte, une impasse de Talmont-Saint-Hilaire ainsi qu'une venelle de Pouzauges. Aux Sables-d’Olonne, un établissement scolaire général et technologique, surnommé le « lycée Bleu », est dénommé Lycée Savary de Mauléon en son honneur[54].
- Illustrations de Savary de Mauléon
Chansonnier provençal (XIIIe siècle). Recueil des poésies des troubadours, contenant leurs vies (XIIIe siècle). Le Costume au Moyen Âge, d’après les sceaux (1880).