Savary de Mauléon

chevalier et troubadour poitevin du XIIIe siècle From Wikipedia, the free encyclopedia

Savary II de Mauléon[2], né avant 1180 et mort après le , est un noble et un troubadour poitevin. Important seigneur du Bas-Poitou au XIIIe siècle, guerrier confirmé, il sert successivement et alternativement les rois d’Angleterre et ceux de France, dans un contexte marqué par le conflit dynastique entre Capétiens et Plantagenêt. Il se croise et participe à la cinquième croisade.

Naissance
Av. 1180
Autres noms
(en latin : Savaricus de Malleone)
Époque
XIIIe siècle
Faits en bref Sénéchal du Poitou (en), 1221-1224 ...
Savary II de Mauléon
Enluminure représentant Savary de Mauléon à cheval, XIIIe siècle[1].
Fonctions
Sénéchal du Poitou (en)
-
Sénéchal de Gascogne
-
Sénéchal du Poitou (en)
-
Titres de noblesse
Seigneur de Châtelaillon, Talmont, Benon, Angoulins et Fontenay
Biographie
Naissance
Av. 1180
Décès
Autres noms
(en latin : Savaricus de Malleone)
Époque
XIIIe siècle
Activités
Période d'activité
-
Famille
Maison de Mauléon
Père
Raoul II de Mauléon
Mère
Alix Chabot
Fratrie
Eustachie de Mauléon
Jeanne de Mauléon
Conjoint
Belle-Assez de Pareds
Amable du Bois
Enfants
Belle-Assez de Mauléon
Alix de Mauléon
Raoul III de Mauléon
Marquise de Mauléon
Autres informations
Conflit
Faits d'armes
Héritier
Raoul III de Mauléon
Croisé
[1219]
Fermer

Marin et pirate redouté, à la tête d’une flotte importante, il possède plusieurs ports et forteresses sur la façade atlantique[3]. Il occupe pour le compte des rois Plantagenêt, ducs d'Aquitaine, les hautes charges et fonctions de sénéchal de Poitou et de Gascogne[4].

Biographie

Savary de Mauléon apparaît pour la première fois dans une charte datée vers 1180 où il est cité avec ses parents, son oncle Guillaume et sa sœur Eustachie[5]. Ce document situe sa naissance antérieurement à cette année.

Famille

Savary (av. 1180-1233) est le fils de Raoul II de Mauléon (♰ 1202), seigneur de La Rochelle, de , sénéchal de Poitou (1199), et d’Alix de Ré. Savary à deux sœurs : Eustachie marié à Hugues III, vicomte de Châtellerault puis à Raoul de Machecoul, seigneur de la Roche-sur-Yon, et Jeanne mariée au vicomte Aimery de Rochechouart[6],[7]. Il succède, comme chef de famille, à son oncle Guillaume Ier (v. ♰ 1214).

Possessions familiales

La famille de Mauléon est à la tête d’une puissante baronnie dans le Poitou, au sein de l’Empire Plantagenêt. Raoul II de Mauléon, père de Savary, a succède à son propre père Ebles Ier de Mauléon vers 1190[7]. Son domaine, sans doute amputé de la seigneurie de Talmont  possédée par les souverains de la maison Plantagenêt et ducs d'Aquitaine, s’étend sur une grande part de la partie occidentale du Poitou notamment sur les fiefs de Mauléon et de Fontenay. Accompagnant Richard Cœur de Lion pendant la troisième croisade (1190-1192), Raoul II de Mauléon obtient la jouissance de terres à son retour de Terre sainte. En effet, un traité du de Jean sans Terre lui attribue le château de Talmont, celui de Benon (Aunis), le Talmondais, les Moutiers, Curzon et l’île de Ré. En échange, les Mauléon s’engagent à renoncer à leurs droits sur La Rochelle[8],[9],[10].

Succession et extension du domaine

En raison d’un droit de viage (ou de retour) propre au Bas-Poitou[11], l’oncle de Savary, Guillaume Ier de Mauléon, succède à son frère Raoul II à la mort de ce dernier en 1201. Néanmoins, Savary possède des fiefs concentrés sur l’Aunis et la Saintonge : entre Angoulins, Benon, Châtelaillon et l’île de Ré[12]. À la mort de Guillaume Ier, le , la puissance territoriale de Savary est au moins doublée : ses possessions s’étendent sur toute la façade Atlantique entre Châtelaillon et Olonne. Héritant non seulement de son oncle à Talmont, Mauléon, Fontenay, Saint-Michel-en-l’Herm, les Moutiers (Moutiers ?), dans l’Olonnais et le Talmondais, Savary de Mauléon, par sa femme, Belle-Assez, est maître de Pouzauges, ChantemerleMoutiers ?) et Pareds[13],[14].

Entre Capétiens et Plantagenêt

Au service de Jean sans Terre (1204-1212)

Combattant aux côtés d’Arthur duc de Bretagne et des Lusignan, soutenus par Philippe Auguste, Savary est capturé en 1202 lors de la bataille de Mirebeau[15]. il est emprisonné dans le château de Corfe, sur l’île de Purbeck en Angleterre, d'où il s'évade. Néanmoins, Jean sans Terre, et Savary se réconcilient, après l’avoir converti à la cause angevine, Jean le nomme sénéchal de Poitou le [16], en remplacement de Robert de Thurnham capturé par les troupes capétiennes[17].

En 1205, plusieurs seigneurs poitevins[18] assiège le donjon de Niort tenu par Savary de Mauléon, mais sans succès[19],[20].

En 1211, Savary apporte son soutien à Raymond VI de Toulouse, beau-frère du roi et victime de la croisade albigeoise. Il participe au siège de Castelnaudary[16] mais les forces albigeoises sont assiégées par Simon de Montfort. À la suite de ce combat, il tombe en disgrâce du roi Jean et perd la sénéchaussée de Poitou[21].

Au service de Philippe Auguste (1212-1213)

Dans le cadre du conflit opposant les Capétiens aux Plantagenêt, Savary de Mauléon offre à nouveau ses services à Philippe Auguste en [22],[23]. En 1213, le roi de France lui confie le commandement d’une flotte à l’origine  avec les troupes du mercenaire Lambert Cadoc  du pillage du port de Damme, dans le comté de Flandre. Surpris, pendant la mise à sac de la ville, par la flotte anglaise commandée par Guillaume Longue-Épée, les bateaux français, laissés sans défense, sont anéantis[24]. La responsabilité de ce lourd échec est imputée à Savary de Mauléon.

Retour à la cause anglaise (1214-1216)

Savary de Mauléon est présent aux côtés du roi Jean à la bataille de la Roche-aux-Moines[25], le , en compagnie d'Aimery VII, vicomte de Thouars, et d'Hugues IX le Brun, comte de la Marche[26]. C'est une défaite pour Jean et ses alliés[27],[28],[29], quelques jours avant celle de Bouvines en Flandre[30],[31]. Le règlement du conflit, entre les deux royaumes, est acté le par le traité de Chinon[32].

Alors qu’un soulèvement de barons du royaume d’Angleterre s’esquisse en 1215, après la promulgation de la Magna Carta, Savary sert de nouveau le roi Jean dans la lutte contre les rebelles et les Français du prince Louis venus les soutenir. Le roi lui concède plusieurs châteaux et biens appartenant aux familles des révoltées comme celle des Mandeville[33]. En 1216, il est l’un des grands serviteurs désigné sur le testament du roi pour gouverner le royaume par le biais d’un conseil de régence, composé de treize personnalités dont Guillaume le Maréchal, pendant la minorité du futur roi Henri III[16]. À la mort du roi Jean, Savary quitte l'Angleterre et rejoint le Poitou malgré sa nomination au conseil de régence[34].

Reconquista et croisade (1218-1219)

À la fin de l’automne 1218, il a probablement aidé le roi Alphonse IX de Leon dans sa tentative malheureuse de capturer Cáceres durant la Reconquista[35].

En 1219, Savary de Mauléon s’embarque dans la cinquième croisade pour l’Égypte, soumise au Sultanat ayyoubide. Il est présent lors de la prise de Damiette[36].

Retour en Poitou et volte-face multiples (1221-1230)

De retour en Poitou, il est de nouveau désigné sénéchal en 1222 par le souverain Plantagenêt, Henri III d'Angleterre, afin de rétablir l'ordre. À ce titre, il défend les villes de Saintonge contre les exactions du roi de France, Louis VIII le Lion, en 1224. Accusé d’avoir livré La Rochelle aux forces du roi de France, il rejoint Louis VIII et défend pour la couronne de France les côtes de la Saintonge et de l’Aunis contre les Anglais. Le roi de France lui confie la garde de La Rochelle et de l'Aunis. Savary participe aux côtés de Louis VIII à la croisade albigeoise contre le comte de Toulouse, Raymond VII[16].

Trois ans plus tard, en 1227, Savary de Mauléon prend part à une rébellion de seigneurs d’Anjou et de Poitou contre le jeune roi de France Louis IX. Il soutien également, en 1230, l'expédition continentale d'Henri III d'Angleterre et du duc de Bretagne Pierre Mauclerc[37].

Fondation

En 1218, en , Savary attribue aux religieux de la chapelle Saint-Nicolas de la Chaume le droit d’ériger un village où seront accueillis des hommes étrangers à son domaine. Ces terres et droits concédés sont à l’origine de la fondation des Sables-d’Olonne[38].

Décès

Savary décède peu après le . Il est inhumé dans le chœur de l’église abbatiale de Saint-Michel-en-l’Herm le suivant.

Mariages et descendance

Belle-Assez de Pareds

En premières noces, vers 1200, Savary épouse Belle-Assez de Pareds, fille de Guillaume de Chantemerle, seigneur de Pouzauges et de Pareds[12]. De cette union naissent deux (ou trois ?) filles[6],[7] :

Amable du Bois

Savary de Mauléon épouse, en secondes noces, selon un acte de 1227, Amable du Bois (♰ ap. 1258) en l’église Saint-Nicolas de la Tranche[41]. De cette union naissent[7] :

Concubinage

Savary entretient des relations avec des maîtresses, notamment Guillemette/Guilhemine de Gensac (épouse de Pierre de Gabarret, vicomte de Bezaume et de Benauges, alias le troubadour Peire de Gavarret)[46], dont il a chanté la beauté ; ou encore Mahaut de Montagnac[47].

Sceau

Contre-sceau de Savary de Mauléon (1225), d'après un dessin d'Ernest Roschach du XXe siècle.

Sceau [1225]

Avers : Rond, 75 mm[48],[49].

Description : Équestre, aux armes : un lion rampant couronné, à la bordure besantée.

Légende : . SIGI.... .......I ⠅DE MAL....NE

Légende transcrite : Sigillum Savarici de Maloleone

Contre-sceau : Rond[50],[51],[52],[53].

Description : Écu au lion rampant couronné, à la bordure besantée ; accosté de deux roses et surmonté d'une croix.

Légende : ✠ SIGILL.. ⠅SAVARICI ⠅DE MALOLEONE ⠅

Légende transcrite : Sigillum Savarici de Maloleone

Postérité

Savary de Mauléon prête son nom à des rues de Châtelaillon-Plage, Saint-Martin-de-Ré et à Fontenay-le-Comte, une impasse de Talmont-Saint-Hilaire ainsi qu'une venelle de Pouzauges. Aux Sables-d’Olonne, un établissement scolaire général et technologique, surnommé le « lycée Bleu », est dénommé Lycée Savary de Mauléon en son honneur[54].

Notes et références

Sources et bibliographie

Annexes

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