Secret messianique

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Guérison d'un sourd-muet en Décapole, par Breenbergh (1635) : « Et Jésus leur recommanda de ne dire la chose à personne (Mc 7:36). »

Le secret messianique est un thème majeur de l'exégèse biblique et de la théologie chrétienne. Il concerne avant tout plusieurs passages de l'Évangile selon MarcJésus de Nazareth accomplit des guérisons miraculeuses mais enjoint à ses disciples de garder le silence sur ces prodiges. Chez les biblistes, ce silence volontaire sur son rôle de messie porte le nom allemand de « Messiasgeheimnis » (« secret messianique »), expression créée en 1901 par William Wrede avec son ouvrage Das Messiasgeheimnis in den Evangelien : Zugleich ein Beitrag zum Verständnis des Markusevangeliums.

En exégèse, cette notion est indissociable de l'antériorité de Marc. Dans l'histoire du christianisme, elle recoupe les interrogations sur la manière dont les premières communautés percevaient Jésus.

Les occurrences bibliques

Le Christ devant Caïphe, par Holbein (v. 1523).

Plusieurs péricopes de l'Évangile selon Marc expriment une exhortation au silence de la part de Jésus. Elle s'adresse aussi bien à ceux qu'il guérit (Mc 1:44 ; 5:43 ; 7:36 ; 8:26) qu'aux disciples qui l'entourent (Mc 8:30 ; 9:9)[1]. Sur les douze miracles qu'il accomplit dans l'évangile marcien, quatre sont ainsi couverts par l'obligation du secret[2] : la Guérison d'un lépreux en Galilée, celle de la Fille de Jaïre, la Guérison du sourd-muet de Décapole et celle de l'Aveugle de Bethsaïde, ces deux derniers récits appartenant au Sondergut de Marc. De même, les allusions à l'incompréhension des disciples (Mc 4:13-40 ; 6:50-52 ; 8:16-21 et passim) sont à situer dans la logique de cette volonté de silence[1].

La cohérence christologique

L'idée sous-jacente à l'ensemble du texte marcien est en effet, comme le souligne Conzelmann, celle d'un dévoilement progressif qui commence par le secret sur la véritable nature de Jésus, aussi bien à propos des miracles que vis-à-vis des démons (1:24-25 ; 1:34 ; 3:12), se poursuit avec l'incompréhension des disciples (6:52 ; 8:17) et ne s'achève qu'imparfaitement par la confession de Pierre (8:27-29), qui reste partielle (8:31-33)[3]. Le mystère n'est véritablement levé que lors de la comparution de Jésus devant le Sanhédrin, lorsque Jésus s'affirme comme le Fils de Dieu, déclaration qui le mène à la croix[3].

Pour Corina Combet-Galland, le « secret messianique » correspond à un « ressort essentiel » du texte de Marc, afin d'assurer une cohérence christologique entre les diverses traditions recueillies par l'auteur : la narration s'organise autour d'une sorte d'« épiphanie secrète » de Jésus, selon la formule de Dibelius[1].

Les hypothèses exégétiques

Notes et références

Voir aussi

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