Serge Lemoine
historien de l'art français
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Serge Lemoine est un historien de l'art français né le à Laon.
| Conservateur de musée Musée de Grenoble | |
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Hélène Vincent (d) |
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Biographie
Historien de l’art, Serge Lemoine, né en 1943, a exercé ses activités depuis le milieu des années 1960 dans la recherche, l’enseignement, les publications, les musées, les expositions, les commandes et dans différentes instances telles que la commission des dations. Il s’est particulièrement intéressé à l’art occidental, à l’art du XXe siècle dans son ensemble ainsi qu’au XIXe siècle. Son principal sujet de recherche porte sur l’art abstrait géométrique et son influence dans l’architecture, les arts appliqués et la photographie.
Serge Lemoine a été successivement assistant (1969-1978), maître-assistant (1978-1984), maître de conférences (1984-1986) à la faculté des lettres et sciences humaines de Dijon ainsi que professeur à l’École du Louvre (1981-1988) - où fut créée pour lui la chaire d’histoire de l’art du XXe siècle- et chargé de cours à l’université de Paris IV-Sorbonne (1983-1986). Dès ses débuts professionnels, il a été chargé de la gestion de la collection Granville donnée au musée des Beaux-Arts de Dijon et de la rédaction de son catalogue qui paraîtra en 1976. En 1972, il fut l’un des commissaires de l’exposition 72 12 ans d’art contemporain en France au Grand Palais à Paris et en 1978 l’un des commissaires de l’exposition Paris-Berlin Rapports et contrastes France Allemagne au Centre Pompidou à Paris. Il a ensuite organisé l’exposition Art concret suisse Mémoire et progrès à Dijon au musée des Beaux-Arts en 1982, qui a circulé dans 3 villes en France.
Enseigner toutefois est l’activité qu’il a préférée ; il l’a toujours conjuguée avec l’action dans la réalité et dans la société. Il est le premier délégué à la création artistique pour la région de Bourgogne (1969-1981), fonction bénévole nouvellement créée au ministère de la Culture qui lui permet de commander leur première œuvre publique en France à Christian Boltanski (1973), Karel Appel, Yaacov Agam, Marcelle Cahn, Arman, Pierre Soulages, Bernard Moninot, Gottfried Honegger, Vera Pagava, Shirley Jaffe… S’appuyant sur ses recherches, il a continué à enseigner sans interruption jusqu’à l’âge de la retraite à 67 ans tout en ayant assumé ses fonctions dans les musées jusqu’à 65 ans.
Les expositions qu’il a organisées ont souvent été en rapport avec ses cours à l’Université, sur Kurt Schwitters par exemple, et il a associé régulièrement ses étudiants à la rédaction de leurs catalogues, orientant leurs recherches. Il a contribué par ses interventions à la création de l’INHA et à l’installation de l’Institut d’Art de l’Université de Paris-IV- Sorbonne dans les locaux de la rue Vivienne à Paris.
Les éditions Larousse publient en 2006 son histoire de L’art moderne et contemporain pour la rédaction de laquelle il fait participer ses étudiants de la Sorbonne : devenue un manuel, elle a été rééditée 5 fois.
Nommé conservateur en chef du Musée de Grenoble en 1986, fonction qu’il occupe jusqu’en 2001, il assure la construction du nouveau musée de 18000 m2, procède à la restauration de sa collection et à son installation selon une muséographie privilégiant la lumière zénithale, publie les catalogues scientifiques de ses collections en les confiant à des spécialistes reconnus : notamment la peinture française à Gilles Chomer avec une préface de Jacques Thuillier, la peinture espagnole à Véronique Gérard-Powell, la peinture du XIXe siècle à Catherine Chevillot… Il organise d’importantes expositions dans les bâtiments de l'ancien musée, place de Verdun (Christian Boltanski, magnifiquement présentée en 1991 dans l’ancienne bibliothèque et avec un catalogue devenu un objet de collection recherché, Annette Messager : comédie tragédie : 1971-1989 (1989) reprise à Bonn, La Roche-sur-Yon, Düsseldorf, François Morellet : Dessins (1991), montrée ensuite à Reutlingen, Laurent de La Hyre (1989) montrée aux musées de Rennes et de Bordeaux, Kurt Schwitters en 1994 d'abord montrée au Centre Pompidou avec un catalogue mis en page par Karl Gerstner, Jan Schoonhoven, Claude Rutault, Niele Toroni, César Domela (1987) d’abord montrée au musée d’art moderne de la Ville de Paris, Richard-Paul Lohse, montrée ensuite au Museum Fridericianum à Cassel, Piero Dorazio), expositions auxquelles viendront s’ajouter dans le nouveau musée qui a été inauguré en 1994, Morris Louis, d’abord montrée au Wilhelm Hack Museum à Ludwigshafen-am-Rhein, Le sentiment de la montagne, Eustache Le Sueur, L’Esprit Nouveau, Rebecca Horn, Vues d’architecture, Berto Lardera… et la création d’un parc de sculptures adjacent au musée où il installera des œuvres monumentales de Mark di Suvero , Gottfried Honegger, Anthony Caro, Eduardo Chillida, Marta Pan, Eugène Dodeigne, Bernar Venet, Fritz Wotruba et d’Alexander Calder sur le parvis. Son action trouve une reconnaissance locale certaine que confirme l’association des Amis du Musée de Grenoble qu’il crée en 1987, très vite forte de 800 adhérents, et avec laquelle il organise notamment des conférences où sont invités Jean-Pierre Changeux, Michel Laclotte, Jacques Thuillier, Marc Fumaroli, Krzysztof Pomian, Antoine Schnapper, Pierre Rosenberg, Édouard Pommier, Francis Haskell, André Chastel… Il est membre fondateur du Club international des organisateurs de grandes expositions créé en 1992 par Irène Bizot, dit « Bizot Club », aux réunions duquel il participera jusqu’en 2008. Il apporte sa contribution aux Mélanges offerts à Françoise Cachin, Bruno Foucart et Antoine Schnapper.
Élu professeur à l’Université de Paris-IV Sorbonne en 1999, il y dirige de nombreuses thèses et crée un DESS devenu Master Pro qui permettra de professionnaliser un grand nombre de ses étudiants et de leur trouver des débouchés.
En 1999, il organise à Montpellier à la demande de Michel Hilaire l’exposition Abstractions américaines. L’année suivante, il présente à l’Espace de l’art concret à Mouans-Sartoux à la demande de Gottfried Honegger l’exposition Art concret, dont il confie les notices du catalogue comme celui de l’exposition de Montpellier à ses étudiants.
En 2002, il organise à Venise au Palazzo Grassi, avec la recommandation de Pierre Rosenberg, une grande exposition en hommage à Pierre Puvis de Chavannes. Intitulée De Puvis de Chavannes à Matisse et Picasso, s’attachant à l’étude des formes, couleurs et compositions ainsi que des sujets, elle montre la continuité toujours présente dans l’art et notamment entre les XIXe et XXe siècles. En 1999, il est membre fondateur du réseau FRAME (French American Museum Exchanges) créé par Françoise Cachin et Élisabeth Rohatyn, aux réunions desquels il participe chaque année.
Nommé directeur puis président du musée d'Orsay (2001-2008), il transforme cette institution en établissement public auquel il fait rattacher le Musée de l’Orangerie, commence le réaccrochage des œuvres en même temps qu’il modifie leur présentation et montre pour la première fois l’Olympia sur un fond rouge uni au grand dam des conservateurs du musée. Il ouvre une galerie de photographies pour y faire connaître la richesse de la collection dans des expositions accompagnées de catalogues scientifiques. En 2004, il fait paraître aux Éditions La Martinière un livre de 770 pages avec près de 800 illustrations en couleurs intitulé La peinture au musée d’Orsay revue sur de nouveaux critères et qui fait suite à la publication qui avait été confiée à Robert Rosenblum.
Les expositions qu’il organise au musée lui-même, au Grand Palais, en France, à l’étranger (Japon, Chine, Corée…) font rayonner le musée et l’image de la France : Renoir-Renoir en 2005 à la Cinémathèque française à Paris, Dans l’intimité des frères Caillebotte Peintre et Photographe au musée Jacquemart-André à Paris en 2011, Trésors impressionnistes des collections nationales françaises dans le cadre de l’année de la France en Chine, montrée au musée national de Pékin en 2004, qui sera inaugurée par Jacques Chirac et Hu Jintao le président chinois, puis présentée à Shanghaï et Hong-Kong.
Convaincu de la continuité entre les formes d’art à travers les époques et notamment entre le XIXe et le siècle suivant, il initie le programme « Correspondances » qui donne lieu à des catalogues et invite des artistes à créer une œuvre en rapport avec une œuvre qu’ils ont choisie dans la collection du musée ainsi Joel Shapiro retiendra La Danse de Carpeaux, Jeff Wall, le Pont de Maincy de Cézanne, Konrad Klapheck, Orphée de Gustave Moreau… Certaines œuvres réalisées dans le cadre de ce programme ont ensuite été acquises par le Centre Pompidou pour la collection du Musée national d’art moderne : c’est le cas du tableau de Brice Marden inspiré de La Truite de Courbet ou encore la peinture de Christian Jaccard par celui de George Hendrik Breitner, Clair de lune. La plupart des artistes invités ont donné des conférences dans l’auditorium, ainsi Jannis Kounellis, Brice Marden… Balthasar Burkhard sera invité dans l’exposition Courbet inaugurée au Grand Palais en 2007, qui se tiendra ensuite à New York et Montpellier.
Il organise un grand nombre d’expositions : Aux origines de l’abstraction 1800-1914, pour laquelle il confie à Ann Veronica Janssens une installation ( 2003), Klimt Schiele Kokoschka Moser Vienne 1900 au Grand Palais (2005), Le néo-impressionnisme de Seurat à Paul Klee (2005), avec Geer Van Elk comme artiste invité et pour la présentation de l’exposition à la Fondation Mapfre à Madrid, Bridget Riley, Maurice Denis avec Alex Katz (2006), Ferdinand Hodler avec Helmut Federle (2007), Lovis Corinth avec Anselm Kiefer (2008). En 2007, il organise à Tokyo au National Art Center pour son inauguration l’exposition Monet et sa postérité où il montre avec les tableaux de Monet des œuvres de Joan Mitchell à Ellsworth Kelly en passant par Robert Ryman et François Morellet.
Il est chargé en 1999 par la Ville d’Orléans de la décoration artistique de la première ligne de tramway et élabore un programme d’installations d’œuvres monumentales dans la ville qu’il confie, ce qui sera leur première commande dans l’espace public en France, à Jean-Marc Bustamante, Helmut Federle, Per Kirkeby, Elizabeth Ballet, Vincent Prudhomme, Joel Shapiro, Jan Vercruysse. Le catalogue L’art dans le paysage du tramway d’Orléans, édité par la RMN en 2002, ne sera pas distribué par la mairie à la suite du changement de majorité dû aux nouvelles élections municipales.
À la demande de la direction des affaires culturelles de la région Champagne-Ardennes, il conseille l’artiste allemand Imi Knoebel pour la réalisation de vitraux à la cathédrale de Reims : il suivra l’élaboration de cette commande pour une chapelle mitoyenne de celle de Marc Chagall jusqu’à son installation en 2011. Pour le livre paru aux éditions Kerber, il écrira une importante étude sur Knoebel et l’art du vitrail.
Membre de la commission interministérielle d’agrément pour la conservation du patrimoine artistique national (commission des dations) à partir de 1993 et jusqu’en 2008, il intervient notamment pour que les musées de province bénéficient aussi des dations (ainsi Le Portrait d’Olga ( 1921) de Picasso viendra rejoindre au Musée de Grenoble La lecture (1920 ), tableau majeur offert au musée en 1921 par Picasso lui-même) et défend l’idée que l’art du XXe siècle soit considéré à la même valeur que l’art ancien.
Atteint par la limite d’âge en mars 2008, il quitte ses fonctions et continue de publier et d’organiser des expositions dont Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme en 2014 à Yerres, Dynamo un siècle de lumière et de mouvement dans l’art 1913-2013 au Grand Palais, à Paris en 2013, Vasarely au Musée d’Ixelles à Bruxelles en 2013 (montrée ensuite à Zurich et Helsinki), Actie <-> Reactie 100 jaar kinetische kunst, au Kunsthal à Rotterdam en 2018.
Il s’attache à faire reconnaître des artistes aujourd’hui méconnus : Roger Vilder par une exposition en 2011 à la Patinoire royale à Bruxelles et Nicolas Ionesco dont il publie en 2023 aux Presses du réel le premier ouvrage qui lui soit consacré.
En 2026, il fait paraître aux Éditions Norma un recueil de ses écrits, hors les livres, publiés depuis 1969, fort de 840 pages et portant sur l’art abstrait géométrique.
Devenu conseiller scientifique et culturel de la maison de vente Artcurial, il crée avec Francis Briest et en partenariat avec Aéroports de Paris un organisme intitulé Espace-Musées chargé d’organiser des expositions d’œuvres d’art à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle dans le but de montrer aux voyageurs les richesses des musées et des fondations de Paris et de la région.
À partir de 2014, il commence aux éditions Faton la publication des Écrits complets de son professeur Jacques Thuillier : 7 volumes paraîtront jusqu’en 2025.
Depuis 2000, il préside l’association culturelle Aurelie Nemours pour laquelle il a publié le catalogue raisonné de son œuvre en 2018 aux éditions Skira à Milan, a élaboré le site officiel sur internet de son œuvre (aurelienemours.com), publie un livre sur ses Pastels en 2026 aux Éditions Norma et décerne avec l’aide d’un jury le Prix Aurelie Nemours à des artistes travaillant dans le même esprit qu’elle-même.
Principales publications
- Art concret suisse: Mémoire et progrès, Le coin du miroir, Dijon, 1982
- Gottfried Honegger - Tableaux-Reliefs / Skulpturen 1970-198., Waser Verlag, 1983, Zurich (ISBN 9783908080046).
- Alexandre Rodtchenko, Centre National de la Photographie, Paris, 1986
- Dada, Hazan, Paris, 1988 ; 2e édition revue et augmentée, Paris, 2005 (ISBN 9782754100229).
- Mondrian et De Stijl, Hazan, Paris, 1988 ; 2e édition revue et augmentée, Hazan, Paris , 2010.
- Aurelie Nemours, Waser Verlag, Zurich, 1989.
- Piet Mondrian Alfred Roth Correspondance, Gallimard, Paris, 1994
- Art constructif, Centre Georges Pompidou, Paris, 1995
- François Morellet, Waser Verlag, Zurich, 1985; 2e édition, Flammarion, Paris, 1996; 3e édition, Flammarion, Paris, 2011.
- Image d’une collection Le musée de Grenoble, Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1999
- Les peintres et la bière, Somogy, Paris, 1999
- Art concret, Réunion des Musées Nationaux, Paris, 2000
- L'Art dans le paysage du tramway d'Orléans, Réunion des Musées Nationaux, Paris, 2002
- De Puvis de Chavannes à Matisse et Picasso, édition française, Flammarion, Paris, 2002 (édition anglaise Thames et Hudson, Londres ; édition italienne, Rizzoli, Milan)
- La peinture au musée d’Orsay (dir.), La Martinière, Paris, 2004
- Vienne 1900. Klimt Schiele Moser Kokoschka, Réunion des Musées nationaux, Paris, 2005 (ISBN 9782711850563)
- L’Art moderne et contemporain (dir.), Larousse, Paris, 2006, 5 rééditions, la dernière en 2013.
- Auguste Herbin et son cercle, Galerie Lahumière, Paris, 2008
- Jean-Pierre Pincemin, Gourcuff Gradenigo, Paris, 2011
- Aurelie Nemours Catalogue raisonné de l’œuvre, Skira, Milan, 2018
- Imi Knoebel à Notre-Dame de Reims, avec Laurent Innocenzi et Jonathan Truillet, Ereme, Paris, 2012
- Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme, Flammarion, Paris, 2014
- Nicolas Ionesco Du Spirituel dans l’art, Presses du réel, Dijon, 2023
- Aurelie Nemours, Pastels, avec un texte de Cécile Godefroy, Norma, Paris, 2026
- L’art abstrait géométrique Écrits, Norma, Paris, 2026
Distinctions et décorations
Officier de l'ordre national du Mérite (décret du 14 novembre 2003)
Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2005)[1]
Officier de la Légion d'honneur (décret du 11 juillet 2008)
Officier de l'ordre des Palmes académiques
Il a été promu officier de la Légion d’honneur en 2008, officier dans l’ordre du Mérite, officier des Palmes académiques, commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres en 2005. Il est titulaire nombreuses décorations étrangères (Allemagne, Autriche, Pologne, Italie). En 1984, il reçoit le prix Camille Graeser à Zurich, en 1992 le Grand prix national des musées, en 2000 le prix Georges-Pompidou.