Siamanto

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Nom de naissance
Ատոմ ԵարճանեանVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Siamanto
Fonction
Rédacteur en chef
Hairenik
-
Nchan Tachjian (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Ատոմ ԵարճանեանVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Constantinople (à partir de ), Égypte (à partir de ), Genève (à partir de ), Constantinople (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
École Berbérian (jusqu'en )
Université de Paris (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Étape de canonisation
Parti politique
Maître
Garegin Srvanjtyanc' (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Siamanto
Signature.

Atom Yardjanian (en arménien : Ատոմ Եարճանեան), surtout connu sous le nom de plume de Siamanto (en arménien : Սիամանթօ), né en 1878 à Kemaliye et mort assassiné en 1915, est un poète, un écrivain et une figure nationale arménienne. Il est l'un des intellectuels victimes de la rafle des intellectuels arméniens du 24 avril 1915 à Constantinople et une victime du génocide arménien.

Naissance et enfance a Aken

Atom Yardjanian nait le 15 aout 1878 a Aken, ville de la province de Kharberd, situee sur les rives de l'Euphrate. La région connue comme patrie des hayrens medievaux, et ayant donne de nombreuses personnalites : Nahapet Koutchak, A. Arpiarian, G. Zohrap, M. Metzarentz, A. Tchopanian et d'autres[1],[2].

Son père, Hovhannes Yardjanian, est marchand. Sa mère, Nazeni, est connue pour chanter les chants populaires et les antounis d'Aken. Sa grand-mère Heghine est asasog (conteuse). Il a un frère, Vahan, et trois sœurs : Zapel, Armenuhi et Nazeli. La sœur Zapel évoque dans ses mémoires[3],[4]:

« Sur les nombreux tapis de notre maison d'Aken. » — Zapel Yardjanian, sœur du poète

Son nom de baptême est Astvatsdour abrège Asatour, puis Atom. A l'école Nersessian d'Aken, l'inspecteur Gareghin Srvandztiants, collecteur de tradition orale, lui donne le surnom de Siamanto, d'apres le poeme populaire « Siamanto et Khdjezare » qu'il avait recueilli[5].

Depart pour Constantinople

En 1891, a 13 ans, Atom part avec son père pour Constantinople, l'un des grands centres culturels et littéraires arméniens. Il y étudié d'abord a l'école Miridjanyan (Gum Gapou), puis au collège Reteos Perperyan de Scutari. Eloigne de sa famille, il contracte une tuberculose (la « maladie des poètes »). C'est durant cette période qu'il commence ses premières tentatives littéraires[6].

Fuite après les massacres hamidiens

Les massacres hamidiens de 1894–1896, ordonnes par le sultan Abdulhamid II, ravagent les provinces arméniennes. Aken est directement touchée : la maison familiale est pillée, le mari de la sœur est assassine. Ainsi en 1896 Atom Yardjanian est contraint d'interrompre ses études et de fuir avec son oncle paternel vers Le Caire, qui est devenu un refuge pour les Arméniens persécutes[7].

Errance européenne : Genève, Paris, La Sorbonne

En 1897, apres Le Caire, Yardjanian erre pendant une année entière : Grèce, Egypte, plusieurs villes de Suisse, Paris, Londres. A Geneve, il etudie quelques mois la floriculture dans un college local. C'est la qu'il rencontre Archag Tchopanyan, qui avait fréquente la maison familiale Yardjanian a Aken et y avait recueilli des antounis auprès de la grand-mère. Tchopanyan est son premier évaluateur, le qualifiant de « talent rare » et de « talent ardent ». Yardjanian est soigne dans des sanatoriums suisses pour sa tuberculose[8].

Il s'installe ensuite a Paris, ou il fréquente la Sorbonne pendant trois ans, comme auditeur libre au département de philologie et littérature. Ses voyages en France, Autriche et Suisse et sa découverte de la littérature européenne renforcent sa formation. Il participe a des réunions littéraires parisiennes avec de jeunes écrivains arméniens, souvent chez Tchopanyan. C'est également a cette période que son père, après des échecs commerciaux, se jette a la mer et se noie, laissant son fils dans le dénuement matériel[9],[2],[1].

En 1898, la revue de Manchester « Vagvan dzain » publie son premier poeme, d'abord intitule « Massacre », puis rebaptise « La paix exilee », et connu sous le titre définitif « Vision de la mort ». Le redacteur Souren Parthevyan lui ecrit[10] :

« Vous etes un nouveau poete, celui que nous attendions. Un talent rare. Nous vous felicitons avec reconnaissance et joie. Continuez, vous nous donnerez de belles réalisations, de notre poésie rebelle. »Souren Parthevyan, Vagvan dzain, 1898

En 1902, a Paris, parait son premier recueil : « Dyoutzaznoren » (Heroiquement), rassemblant les œuvres composées entre 1898 et 1902[2].

Publication des recueils Hayordiner et voyages en Suisse

Le recueil « Hayordiner » (Fils d'Arménie) connait trois éditions successives : deux a Genève, une a Paris. En 1907, a Paris, parait « Hoguevartsi yev Houyssi Djaher » (Flambeaux de l'agonie et de l'espoir), dont le titre initial était « De la douleur de tes douleurs »[11].

Retour a Constantinople après la révolution des Jeunes Turcs

En 1908, Siamanto retourne a Constantinople pour accueillir la chute du sultan Hamid et la Constitution de Juillet. La joie est de courte duree : en avril 1909, les massacres reprennent en Cilicie (Adana). Cette même année, il est invite a travailler au journal Hairenik (La Patrie) de Boston[11].

Séjour aux Etats-Unis et publication a Boston (1909–1911)

En décembre 1909, Yardjanian est aux Etats-Unis. Il visite les communautés arméniennes de la diaspora, voit les chutes du Niagara. D'après ses lettres, l'Amérique avec ses « sonorités sinistres et discordantes » ne lui convient pas. En 1910 a Boston, il publie son volume d'œuvres complètes « Amboljogh Dgort » (L'Oeuvre complete), premier recueil synthétique, incluant la série « Hayreni Hravir » (L'Invitation de la patrie), douze poèmes appels aux Arméniens de la diaspora[7].

En 1911, il revient a Constantinople. Il publie dans le journal Azatamard sous le pseudonyme Archam Abgaryan, dans la série d'articles « Opinions libres »[12].

Voyage au Caucase et activité littéraire a Constantinople

En 1911-1913, il visite Tiflis, Etchmiadzin et Bakou. En 1912, pour le 1500ᵉ anniversaire de l'alphabet arménien crée par Mesrop Mashtots, il écrit le poème « Sourb Mesrop » (Saint Mesrop). En 1914 a Constantinople, il participe aux travaux de l'almanach littéraire « Navasart », fonde par Daniel Varoujane, en y publiant le poème « Prière de Navasart a la déesse Anahit ». Daniel Varoujane prend la parole lors d'une assemblée littéraire consacrée au livre de Siamanto pour saluer le travail de son ami[13].

Disparition

Au printemps 1915, Yardjanian est arrête a Constantinople avec de nombreux autres intellectuels arméniens. Bien que tous ses proches lui aient conseille de rester en Europe, il revient en déclarante [10]:

« Je partirai ; les miens sont là-bas. » — Siamanto, avant son retour a Constantinople

Il est déporte a la prison de Sary Guychla a Ayach (province d'Ankara). Ses lettres de prison, redictes en turc par obligation (la censure ottomane contrôlait la correspondance des déportes), sont conservées aux archives du musée de littérature et d'art Yeghishe Charents (GAT') a Erevan. Dans une lettre a son frère Vahan datée du 14 juin 1915, il écrit [10]:

« Un Etat juste libere deja des innocents comme moi. Si de votre cote on fait des efforts et si l'affaire est poursuivie, dans peu de temps j'aurai la joie de vous embrasser et de baiser personnellement les mains de maman. Tout le monde sait que je n'ai rien a voir avec la politique ni avec aucun autre crime. » — Siamanto, lettre du 14 juin 1915, prison d'Ayach

Une dernière lettre datée du 26 juin 1915 exprime encore l'espoir d'une libération. Peu après, Yardjanian est exécute sur la route d'Enguri (Ankara).les source précise qu'il est mort « mordhazerdze arvelou » (dépêche). Il aurait du fêter ses 37 ans le 15 aout 1915. Sa mère Nazeni, jusqu'à la fin de sa vie, plante un murier en mémoire de son fils et croit qu'il est encore vivant. La circulaire officielle ottomane adressée a la préfecture d'Alep, datée du 15 septembre 1915, signée du ministre de l'Intérieur Talaat Pacha (1874–1921), devenu grand vizir en 1916, délègue a Brest-Litovsk en 1918, mort assassine a Berlin [10] :

« Il a été précédemment communique que le Gouvernement a décide d'exterminer entièrement les Arméniens habitant en Turquie. [...] Sans égard pour les femmes, les enfants et les infirmes, quelque tragiques puissent être les moyens d'extermination, sans écouter les sentiments de la conscience, il faut mettre fin a leur existence. » — Talaat Pacha, circulaire a la préfecture d'Alep, 15 septembre 1915.

Vie privee

Atom a un frère, Vahan, et trois sœurs : Zapel, Armenuhi et Nazeli.

La mort de son père, le prive d'un soutien financier et aggrave ses conditions de vie durant ses années de formation.

Sa lettre de septembre 1914 a Rafayel Pazartchyan (docteur en sciences philosophiques, résidant a Padoue, Italie) témoigne de sa détresse [10] :

« Epuise, afflige spirituellement et physiquement, pauvre mais avec une volonté ferme, avec un peu de fierté et presque orgueilleux, tenant la tête haut, nous nous sommes tournes avec zèle vers le but, qui était encore incertain, mais nous en croyions fermement l'existence. » — Siamanto, lettre a Pazartchyan, septembre 1914.

il est proche de Daniel Varoujan, Minassian et Zartarian. Les source rapporte :

« Il est venu nous retrouver tous, et ma mère accueillait les proches d'Atom... Varoujan, Minassian, Zartarian et tout le monde. Atom était heureux avec ses proches et ses amis. »

Rafayel Pazartchyan, admirateur de son œuvre, lui écrit en mars 1914 pour lui proposer d'être présente comme candidat au prix Nobel, affirmant : « L'Europe n'a pas produit beaucoup de poètes égaux ou semblables a vous ». La Première Guerre mondiale interrompt ce projet.

Les source rapporte une anecdote qui témoigne de son humour : lorsqu'il était a Paris, on lui demanda son adresse ; il répondit qu'il vivait au « septième étage, directement sous le toit, ou au premier étage en descendant du ciel ».

Une femme sans ressources aurait donne cinq pièces d'or pour contribuer a payer sa rançon afin de le soustraire a la conscription, conservant ses cinq autres pièces pour elle-même.

Mouvement artistique et philosophie

Œuvres majeures

Hommages et postérité

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