Synagogue de Balbronn

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ProtectionLogo monument historique Inscrit MH (1999, façades, toitures)
PaysDrapeau de la France France
Synagogue de Balbronn
Image illustrative de l’article Synagogue de Balbronn
Synagogue de Balbronn.
Présentation
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1999, façades, toitures)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Commune Balbronn
Coordonnées 48° 35′ 04″ nord, 7° 26′ 21″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Synagogue de Balbronn
Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin
(Voir situation sur carte : Bas-Rhin)
Synagogue de Balbronn

La synagogue de Balbronn est un ancien lieu de culte juif situé à Balbronn (Bas-Rhin), construit à la fin du XIXe siècle, en style néo-roman, dont les façades et la toiture sont classées monument historique.

Le bâtiment est situé rue des Femmes à Balbronn, commune de la vallée de la Mossig, dans le département français du Bas-Rhin.

Histoire

Une présence juive depuis le XVIIe siècle

Comme beaucoup de villages ayant appartenu aux seigneurs du comté de Hanau-Lichtenberg, Balbronn a abrité une communauté juive importante, signalée dès 1665.

On trouve dans Balbronn de nombreuses maisons ayant été habitées par des Juifs. Elles sont reconnaissables à leur porte d'entrée, dont un montant porte une mezouzah taillée dans la pierre.

Comme dans tous les villages avec une forte communauté juive, il y avait à Balbronn, un bain rituel ou mikvé, une école juive et une synagogue.

L'ancienne synagogue est située au 47-48, rue Balbach, dans le bâtiment dit « Maison des Juifs », lequel fait actuellement l'objet d'une restauration soignée. Cette maison date de 1638, cependant elle semble n'avoir été utilisée comme synagogue qu'après 1730. La salle de culte se situait au premier étage. Le mikvé se trouvait dans une maison voisine, mais il a été comblé.

De fait, Balbronn compte aujourd'hui deux synagogues, l'ancienne synagogue du XVIIe ou du XVIIIe siècle et la seconde synagogue, du XIXe siècle, située rue des Femmes.

Les Juifs de Balbronn, qui ont représenté jusqu'à un cinquième de la population locale (à son apogée, en 1882, la communauté juive de Balbronn compta 207 personnes sur un total de 995 habitants), semblent avoir coexisté de manière assez harmonieuse avec leurs voisins.

On compte chez les Juifs originaires de Balbronn plusieurs personnalités, parmi lesquelles :

  • Henry Lévy (Balbronn 1883-Auschwitz 1942) : a été successivement rabbin à Mascara en Algérie puis à Thionville. Dans ces deux postes, il est reconnu pour sa générosité, son éloquence, son érudition et son ouverture d’esprit. Mais c’est surtout pour son patriotisme qu’il est célèbre. Entre 1914 et 1918, il accompagne les troupes de l'Armée d’Orient d’abord aux Dardanelles, puis à Salonique. Décoré de la Croix de Guerre et de la Légion d’Honneur, il s’engage à nouveau en 1939 puis, retourné à la vie civile, se lance dans l’action sociale. Il est déporté en 1942 et meurt au camp d'Auschwitz.
  • Jules Bauer (Balbronn 1868-Paris 1931) : fut successivement rabbin d’Avignon puis de Nice. Il y créa un office pour les jeunes. En 1919 il prend la direction du Séminaire Israélite et le développe. Il a été l’auteur de très nombreux écrits, la plupart historiques. Sa fille Suzanne épousera le rabbin Robert Meyers, qui développa la communauté de la synagogue de Neuilly sur Seine, en région parisienne. Tous deux mourront en déportation après avoir sauvé 600 âmes.
  • Anselme Schwartz (Balbronn 1872-Paris 1957) : deviendra à Paris un chirurgien réputé, membre de l’académie de médecine. Marié à Claire Debré, de Westhoffen, il est le père du grand mathématicien Laurent Schwartz (1915-2002) qui a obtenu la médaille Fields, l'équivalent pour les mathématiciens du Prix Nobel.

Histoire du bâtiment

La nouvelle synagogue a été inaugurée le [1].

Saccagée pendant l'occupation puis l'annexion allemande de 1940-1945, elle échappe de peu à la destruction, mais est finalement restaurée et remise en usage. Elle sera utilisée pour le culte jusqu'à la fin des années 1960.

La synagogue est formellement désaffectée par décret le , à la demande de son propriétaire, le Consistoire Israélite du Bas-Rhin[2]. La question du devenir du bâtiment est alors posée. Une solution de portée hautement symbolique semble être trouvée, permettant à la fois de sauvegarder ce patrimoine architectural et de maintenir son utilisation comme lieu de culte. Il s'agit du transfert du bâtiment en Israël, à Pisgat Zeev, un quartier au nord de Jérusalem où réside une importante communauté juive francophone. Après avis favorable de l'architecte en chef des Bâtiments de France, un permis de démolir pierre par pierre est accordé le , pour une durée de 5 ans dans le but de permettre ce transfert. Mais le , le ministère de la Culture place le bâtiment sous le régime d' « instance de classement parmi les monuments historiques » ce qui de fait impose un embargo sur le transfert envisagé[2]. Le projet doit être abandonné.

L'édifice fait finalement l'objet d'une inscription en tant que monument historique, le [3]. Depuis lors l'édifice reste dans l'attente d'une initiative de restauration intérieure de la synagogue ou de réaffectation à un nouvel usage.

Architecture

Références

Voir aussi

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