Synagogue de Bayonne

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CulteJudaïsme
Début de la construction1836
Fin des travaux1837
Synagogue de Bayonne
La synagogue de Bayonne vue de la rue Maubec
La synagogue de Bayonne vue de la rue Maubec
Présentation
Culte Judaïsme
Type Synagogue
Début de la construction 1836
Fin des travaux 1837
Protection Logo monument historique Classée MH (2012)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Commune Bayonne
Coordonnées 43° 29′ 49″ nord, 1° 28′ 09″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Atlantiques
(Voir situation sur carte : Pyrénées-Atlantiques)
Synagogue de Bayonne
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Synagogue de Bayonne

La synagogue de Bayonne[1] construite en 1836-1837, est située 35 rue Maubec, dans le quartier Saint-Esprit au nord de Bayonne. Elle est inscrite sur la liste des monuments historiques le et classée depuis le [2].

Une communauté juive existe tout d'abord à Saint-Esprit-lès-Bayonne, un faubourg de Bayonne situé au nord, et séparé de la ville par l'Adour et qui jusqu'à son intégration à Bayonne en 1857 est une commune autonome, rattachée à l'arrondissement de Dax (Landes). Cette communauté est fondée après l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492 et du Portugal en 1496, par différents groupes de fugitifs de Navarre et du Portugal, où pour sauver leur vie, ils avaient accepté le baptême. Pour cette raison, à leur arrivée en France, ils sont dénommés nouveaux chrétiens formant la nation portugaise. En apparence, ils se conforment strictement à toutes les pratiques de la religion catholique, mais chez eux, ils restent fidèles au judaïsme. Aucun document ne détermine leur date d'arrivée exacte dans la région de Bayonne. Un certain nombre d'entre eux sont présents à Saint-Esprit, Saint-Jean-de-Luz et Biarritz vers 1520. Plusieurs familles installées à Bordeaux sont expulsées de la ville en 1597 et s'établissent à Saint-Esprit, Peyrehorade, Bidache, et La Bastide-Clairence, où ils demeureront, malgré le décret d'expulsion d'Henri IV, qui ne sera d'ailleurs pas exécuté.

Leur statut est fixé par une série de lettres patentes de Henri II en 1550 qui les « autorise à vivre dans le royaume avec familles, domestiques et marchandises... », en 1574 et en 1580, confirmées plus tard par des lettres patentes de Louis XIV en 1654, de Louis XV en 1723 et de Louis XVI en 1777.

Au début du XVIIe siècle, ils assouplissent leur observation de la religion chrétienne, et au milieu du siècle, ils arrêtent complètement, revenant ouvertement au judaïsme. Ils sont alors désignés sous le nom de Juifs portugais. En 1632, ils ont déjà pris une telle importance économique et financière, qu'ils arrivent à se défendre et à faire arrêter et emprisonner l'émissaire de l'Inquisition à Bayonne Villadiego comme espion espagnol.

La communauté juive est très active dans le négoce international, principalement avec les pays où sont implantées d'autres communautés juives d'origine espagnole ou portugaise. Entre autres, le commerce est florissant avec les Caraïbes, les Antilles néerlandaises, Amsterdam ou Londres. Les Juifs bayonnais introduisent le chocolat en France et font de Bayonne la capitale du chocolat, qu'elle est restée.

Les Juifs de Bayonne obéissent à un gouvernement de la nation juive et à des règlements réunis en corpus le . L'essentiel du pouvoir appartient au trésorier (gabay) et à trois syndics (parnassim), choisis parmi les membres fortunés de la communauté et élus par un collège de treize vocaux. Ce sont eux qui fixent l'assiette des impôts, taxes et redevances dont une partie revient au fisc royal et le reste servant aux charges communautaires et sociales.

Jusqu'à la Révolution française, ils sont en permanence en conflit avec la ville de Bayonne, l'attaquant même en justice pour son refus de les autoriser à séjourner dans la ville et y pratiquer le commerce de détail. L'édit de Versailles, signé par le roi Louis XVI le , leur accorde le droit de citoyenneté, ainsi qu'aux Juifs de Bordeaux et d'Avignon. Ils sont alors autorisés à résider à Bayonne et à y acheter des biens, mais la majorité d'entre eux continue à résider à Saint-Esprit.

Pendant la Révolution, les synagogues de Bidache et de La Bastide-Clairence sont fermées et les Juifs de ces deux villes vont s'établir à Peyrehorade ou à Saint-Esprit. Dans cette dernière ville, le rabbin Andrade cache dans un grenier les rouleaux de Torah et différents objets du culte et les remplace par des objets sans valeur qui seront brûlés par les révolutionnaires.

Napoléon Ier réunit une Assemblée de Notables juifs pour discuter du culte juif. La première séance se déroule le à Paris. Les Juifs du département des Landes sont représentés par Henri Castro fils, par le jeune Patto et par Abraham Andrade (rabbin de Saint-Esprit de 1789 à 1808) ; les Juifs des Basses-Pyrénées (maintenant Pyrénées-Atlantiques), par le jeune Abraham Furtado et par Marqfoy de Bayonne. Pour le Grand Sanhédrin, cour suprême convoquée l'année suivante, ils sont représentés par Marqfoy et Andrade. Lors de l'organisation des consistoires départementaux par décret impérial du , la communauté de Saint-Esprit-Bayonne est rattachée à celui de Bordeaux.

Ce n'est qu'en 1846, qu'un consistoire local est installé à Saint-Esprit intégré à Bayonne en 1857.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, tous les Juifs de Bayonne sont évacués de force par les nazis. Soixante d'entre eux sont déportés en Allemagne, dont le grand-rabbin Ginsburger. Seuls deux reviendront.

La population juive

En 1633, la population juive déclarée de Saint-Esprit est de 60 personnes. Elle va atteindre 3 500 personnes en 1750, toujours entièrement située dans le faubourg de Saint-Esprit où elle représente plus des trois quarts de la population, et plus du quart de celle de l'agglomération. À partir de cette date, elle ne va pas cesser de diminuer. En 1785, elle ne compte plus que 2 500 personnes, soit tout de même la moitié de la population de Saint-Esprit.

Au début du XXe siècle, le nombre de Juifs dépendant du consistoire de Bayonne, c'est-à-dire incluant aussi les villes de Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Pau (rattaché à Bayonne jusqu'en 1959) et Dax, est encore de 2 000. Il n'y en aura plus que 1 000 à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

En 1945, la communauté revit mais ne comprend plus que 240 membres environ. La décroissance va se ralentir dans les années 1960 avec l'arrivée des Juifs d'Afrique du Nord. Actuellement on compte environ 200 familles dispersées de Dax à Hendaye.

Les institutions de la communauté au XIXe siècle, âge d'or de la communauté

Dès que les Juifs de Bayonne purent pratiquer librement leur religion, ils établirent des règles pour le fonctionnement de la communauté. Les premiers statuts remontent à 1752. Jusqu'à la Restauration, les deux institutions principales sont la Hébéra (Hevra kaddisha), pour l'entraide, et l'administration générale de la synagogue et du Talmud Torah pour l'instruction élémentaire et religieuse des jeunes. Les statuts sont modifiés en 1826 et quand en 1844 un consistoire est créé à Saint-Esprit, son rabbin reçoit le titre de grand-rabbin. Après l'union en 1857 des Juifs de Bayonne et de Saint-Esprit, le consistoire est transféré à Bayonne, les diverses institutions sont réorganisées et d'autres sont créées. Dorénavant, la direction des affaires religieuses est confiée à une administration spéciale sous le contrôle du consistoire.

La Hébéra continue à s'occuper de la charité et d'entretenir le cimetière ; à partir de 1859, elle est chargée du contrôle et de l'administration d'un asile pour les orphelins, les malades et les personnes âgées, fondés grâce à la générosité des banquiers D. Salzedo et A. Rodriguez.

L'école de Talmud Torah, qui a toujours été supportée financièrement par la communauté juive, devient en 1848 une école publique. Son premier directeur est alors M. Moreau, auquel va succéder David Lévy. En 1887, à la suite d'un décret sécularisant toutes les écoles publiques, elle cesse d'exister en tant qu'école séculaire, mais continue l'instruction religieuse sous le même nom. Une école pour filles et une crèche sont ouvertes en 1845.

En 1894, à la suite d'un appel de Zadoc Kahn, grand-rabbin de France, et grâce à l'initiative du grand-rabbin Émile Levy, l'Association des études juives est formée à Bayonne. Celle-ci donne des cours en hiver sur des thèmes juifs et offre à ses membres une bibliothèque sur des sujets juifs.

La Société protectrice de la Jeunesse israélite, fondée en 1850 pour les enfants âgés de plus de treize ans, continue le travail de la société Malbish 'Arumim ; fondée par Gersam Léon et Camille Delvaille, elle fournit des habits aux enfants juifs pauvres. Delvaille sera entre autres président du consistoire de Bayonne de 1895 à 1904, conseiller municipal de Bayonne de 1870 à 1900 et deuxième adjoint au maire en 1881. Peu après sa fondation, cette société s'associe avec la Société des arts et métiers, de Moïse Salzedo et Virgile Léon. Malgré ses difficultés initiales, elles vont graduellement étendre leur champ d'applications et préparer les garçons et les filles quittant l'école à un futur métier.

La synagogue

Voir aussi

Notes et références

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