Titre de victoire
From Wikipedia, the free encyclopedia

Un titre de victoire est une qualité nobiliaire accordée par un monarque généralement pour commémorer la victoire d'un général sur un champ de bataille. Cette pratique a d'abord été utilisée dans la Rome antique, avant d'être remise au goût du jour sous le Premier Empire. Cette « mode » napoléonienne atteindra notamment le Royaume-Uni et la Russie.
Dans la Rome antique, les titres de victoires sont assez fréquents. La pratique veut que le général victorieux adopte comme surnom le nom de l'ennemi vaincu. Ainsi, Publius Cornelius Scipio se fait-il appeler « l'Africain » (Africanus) à la suite de sa victoire sur Carthage. Les exemples ne manquent pas : Numidicus, Isauricus ou encore Germanicus. Les Romains cherchent ainsi à exprimer leur supériorité sur les autres peuples et à assoir leur renommée à travers la Méditerranée.
Généralement, ces titres de victoire, accessoires du nom, sont attribués par le Sénat, ce qui fait que sous la République, ils reflètent assez bien la réalité : le titulaire a véritablement obtenu une victoire contre un peuple ennemi de Rome. Mais avec l'instauration de l'Empire, c'est moins souvent le cas. Certains empereurs romains font une accumulation de titres de victoire partiellement fictifs. Les titres de victoires font l'objet d'une véritable récupération politique qui sert la gloire des empereurs. D'autres, voulant mettre l'accent sur une victoire en particulier ajoutent Maximus, comme Philippe l'Arabe, qui se fait appeler Germanicus Maximus.
Titres de victoire médiévaux
Après la chute de Rome, la pratique des titres de victoire se poursuivit, même si la forme évolue légèrement. Charlemagne se fait ainsi appeler Dominator Saxonorum, c'est-à-dire « le maître des saxons », après avoir soumis par la force les derniers peuples païens de l'Empire. Sous Louis le Germanique et ses successeurs, la Saxe devait devenir l'un des quatre duchés de la Francie orientale.
Les empereurs byzantins, dépositaires de la culture romaine, reprennent à leur profit cette pratique. Basile II se fait appeler « le tueur de bulgares » (Bulgaroctone). Pareillement, Édouard Ier d'Angleterre se fait appeler « le Marteau des Écossais » (Hammer of the Scots) ou Alexandre de Novgorod, qui après la bataille de la Neva est surnommé « Alexandre Nevski », c'est-à-dire « de la Neva ».