Toyota TF101

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Constructeur Toyota
Année du modèle
Concepteurs Drapeau de la France Jean-Claude Martens
Drapeau de la France André de Cortanze
Toyota TF101
Toyota TF101
La Toyota TF101 lors du festival Toyota en .
Présentation
Équipe Drapeau du Japon Panasonic Toyota Racing
Constructeur Toyota
Année du modèle
Concepteurs Drapeau de la France Jean-Claude Martens
Drapeau de la France André de Cortanze
Spécifications techniques
Châssis Monocoque composite moulée en fibre de carbone
Suspension avant Poussoirs et barre de torsion, amortisseurs Sachs
Suspension arrière Poussoirs et barre de torsion, amortisseurs Sachs
Nom du moteur Toyota RVX-01
Cylindrée 2 998 cm3
Configuration Moteur V10 à 90°
Position du moteur Arrière
Boîte de vitesses Boîte longitudinale semi-automatique
Nombre de rapports 6 + marche arrière
Électronique Magneti Marelli
Système de freinage Disques Brembo et Alcon
Dimensions et poids Longueur : 4 620 mm
Empattement : 3 120 mm
Voie avant : 1 450 mm
Voie arrière : 1 390 mm
Poids : 600 kg
Carburant Esso
Pneumatiques Michelin
Partenaires Panasonic
Histoire en compétition
Pilotes Drapeau du Royaume-Uni Allan McNish
Drapeau de la Finlande Mika Salo
CoursesVictoiresPole positionsMeilleurs tours
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Chronologie des modèles ()

La Toyota TF101 est un prototype de monoplace de Formule 1 conçu en par Jean-Claude Martens et André de Cortanze pour l'écurie japonaise Toyota F1 Team. Elle est testée par l'Écossais Allan McNish et le Finlandais Mika Salo en vue de préparer la venue du constructeur nippon lors du championnat du monde de Formule 1 2002. La TF101, d'abord nommée AM01 en interne, est propulsée par un moteur V10 Toyota et équipée de pneumatiques Michelin.

La TF101 est développée et construite par le personnel de Toyota Motorsport basé à Cologne, en Allemagne, sur une période de dix-neuf mois dans le but de préparer le championnat du monde de Formule 1 . Les pilotes Allan McNish et Mika Salo effectuent, entre mars et , un programme d'essais intensif, réalisant un total de 3 000 tours et 20 967 kilomètres sur dix circuits accueillant une manche du championnat du monde de Formule 1. Des essais ont aussi eu lieu sur le circuit Paul-Ricard qui sert de base à l'écurie.

En , André de Cortanze, le directeur technique de Toyota, quitte l'équipe à cause des problèmes de manque de performance de la TF101, et est remplacé par l'Autrichien Gustav Brunner en provenance de la Scuderia Minardi. Malgré les améliorations apportées à la monoplace, notamment de nouvelles spécifications moteur et de nouvelles pièces aérodynamiques, la TF101 s'avère être une monoplace lente qui, si elle avait été engagée en Grand Prix, aurait rarement réussi à se qualifier pour la course.

Des projets pour motoriser une écurie de Formule 1

Les liens entre Toyota et la Formule 1 se tissent dès , lorsque TOM'S, une entreprise japonaise spécialisée dans la préparation des voitures de courses Toyota, engage l'ingénieur John Barnard pour concevoir une monoplace de Formule 1, dans l'espoir que le constructeur nippon soutiendrait le projet lorsque la voiture serait prête, notamment en fournissant un moteur V10[1]. Or, les bons résultats obtenus en championnat du monde des voitures de sport poussent Toyota à ne pas soutenir ce projet. Barnard rejoint alors la Scuderia Ferrari et l'ingénieur Frank Coppuck est finalement chargé d'achever la monoplace, dotée d'un moteur V8 Ford-Cosworth HB de 700 chevaux[1],[2],[3].

À la fin de l'année , Toyota, alors engagée en championnat du monde des rallyes et préparant son arrivée aux 24 Heures du Mans 1998, annonce son intention de s'engager en Formule 1 en tant que motoriste d'ici 2000. L'objectif est double : d'un point de vue commercial, Toyota souhaite se servir de la Formule 1 pour affirmer son développement à l'international, puisque les restrictions commerciales concernant l'automobile dans l'Union européenne seront levées en et que Toyota prévoit d'implanter une usine automobile à Valenciennes ; sportivement, l'entreprise souhaite profiter du retrait de Renault, programmé pour la fin de la saison , pour motoriser une écurie de pointe comme Williams F1 Team, la meilleure écurie du plateau, qui obtient alors un partenariat avec Castrol, qui sponsorise déjà l'équipe Toyota engagée en championnat du monde des rallyes. Enfin, Toyota souhaite concurrencer son rival historique, Honda, qui prévoit également de faire son retour en Formule 1[2],[4],[5]. La décision de s'engager en Formule 1 est entérinée au printemps [1],[6].

Vers un engagement en tant que constructeur

Photographie d'un homme debout, en chemise blanche et portant des lunettes de soleil
Ove Andersson (ici en ), directeur de Toyota Motorsport depuis sa fondation dans les années , est chargé de préparer l'arrivée du constructeur japonais en Formule 1.

Dans le courant de l'année , des ingénieurs de Toyota Team Europe (qui engage la Toyota GT-One au Mans) visitent l'usine du motoriste Judd, en Angleterre, alors que l'écurie Sauber, via son partenaire principal, Petronas, se rapproche du constructeur nippon dans l'optique d'une fourniture en moteurs, voire d'une entrée dans le capital de l'écurie suisse ou même d'un rachat. En , Hiroshi Okuda, le PDG de Toyota, annonce l'arrivée de son entreprise en Formule 1, en tant que constructeur et motoriste, pour ou , dans le but de rajeunir l'image de Toyota auprès du public notamment en promouvant « le plaisir de conduire auprès des jeunes »[7]. Les dirigeants japonais annoncent s'engager en Formule 1 pour au moins dix ans[8]. Financièrement, l'investissement consenti par Toyota pour mener à bien sa campagne en Formule 1 est le plus important jamais engagé par un constructeur puisqu'il se monte à un milliard de dollars sur trois ans[1]. La nouvelle structure est placée sous l'égide de Toyota Team Europe, à Cologne, déjà chargée du programme de Toyota en endurance et en rallye et qui a engagé André de Cortanze et l'ingénieur Rene Hilorst[1]. La structure commence également à recruter des ingénieurs pour rejoindre l'écurie de Formule 1. Or, il est prévu que le châssis soit conçu par Toyota Technocraft, une filiale du constructeur basée à Tokyo[9],[10].

En des rumeurs affirment que Toyota pourrait racheter l'écurie italienne Benetton Formula : en effet, les Accords Concorde stipulent que seules douze équipes peuvent participer au championnat du monde de Formule 1. Or, l'arrivée de Honda en tant que constructeur, prévue pour 2000, oblige le constructeur japonais à racheter une écurie existante. Rocco Benetton dément toute volonté de revendre son équipe bien qu'il se dise ouvert à la revente d'une partie du capital de l'écurie afin de s'associer avec un grand constructeur dans le cadre d'une fourniture de moteurs[11].

En juin, Dietrich Mateschitz, le fondateur de l’entreprise de boissons énergisantes Red Bull et actionnaire majoritaire de l'écurie Sauber depuis , annonce être en discussion avec Toyota pour revendre ses parts, estimés à 40 millions de dollars. Toutefois, Peter Sauber, le fondateur de l’équipe, ne souhaite pas vendre ses actions ce qui entrave le souhait du constructeur nippon de contrôler la totalité d'une écurie déjà existante. Finalement, le retrait du projet Honda lui permet de s'engager en Formule 1 à partir d'une feuille blanche[12],[13].

En octobre, Toyota annonce la fin immédiate de son programme en championnat du monde des rallyes et en endurance dans l'optique de concentrer toutes ses ressources en Formule 1 pour un engagement en ou . Toyota Team Europe, qui songe à déménager au Royaume-Uni pour attirer les meilleurs ingénieurs, projette d'utiliser un moteur V10 Yamaha, le temps de développer son propre moteur d'ici [14]. Pour ce faire, Toyota embauche Max de Novelis, en partance d'Ilmor et Luca Marmorini, un ancien ingénieur de la Scuderia Ferrari, tandis que le poste de directeur sportif reviendrait à l'ancien pilote Martin Brundle ou au champion du monde Damon Hill[15],[16],[8]. Fin , Toyota verse une caution de 48 millions de dollars à la FIA pour garantir sa place de douzième écurie inscrite au championnat du monde de Formule 1, une somme que l'écurie doit récupérer en totalité si elle s'engage dès ou à hauteur de 75 % si elle n'intègre le championnat qu'en , ce qui semble la solution la plus probable puisque Toyota pourrait consacrer l'année à tester sa monoplace et son moteur[17],[18].

Au début de l'an , Toyota entame, à Cologne, la construction de son usine de Formule 1 qui doit accueillir une soufflerie, d'un coût estimé à 125 millions de dollars, permettant d'effectuer des essais aérodynamiques à l'échelle 1/2[1]. Cette soufflerie ne sera opérationnelle, au mieux, qu'au début de l'année , trop tard pour influencer la conception de la monoplace d'essai et de la première monoplace de course[1]. Les observateurs critiquent la décision de Toyota d'installer cette usine en Allemagne alors que les toutes les écuries de pointe ont leur siège au Royaume-Uni, notamment pour profiter des dernières avancées technologiques et des meilleurs ingénieurs qui ne veulent généralement pas travailler sur le continent. Or, depuis sa fondation en 1979, Toyota Team Europe emploie 400 personnes à Cologne, une ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie où de nombreux emplois ont été détruits avec la fin de l'industrie minière et de l'acier. Le fait que Toyota reste à Cologne fait naître les rumeurs selon lesquelles le constructeur nippon bénéficierait de subventions du gouvernement local pour construire son usine, ce qu'elle dément[19],[20]. En mars, Toyota acquiert 5 % du capital de Yamaha, présent en Formule 1 en tant que motoriste entre et , pour profiter de son expérience passée dans la discipline[21]. Dans le même temps, un département marketing est ouvert afin de commencer les négociations avec d'éventuels partenaires commerciaux[22].

Durant l'été , Toyota Motorsport GmbH voit arriver à sa tête Tsutomu Tomita, auparavant chargé des programmes moteur de Toyota en endurance et en rallye[23],[8]. Toyota recrute également l'ingénieur Norio Aoki, qui a travaillé au développement des moteurs Yamaha entre et puis au département moteur de l'écurie Arrows à partir de . Des rumeurs affirment également que Toyota cherche à recruter les ingénieurs de Honda Racing Developments, qui projetait de s'engager en Formule 1 en ainsi que Steve Nielsen, le directeur sportif d'Arrows, en vain[24],[25].

En , des rumeurs affirment que la société américaine Coca-Cola pourrait être le commanditaire principal de Toyota en Formule 1. Malgré le souhait du géant des boissons gazeuses de rejoindre la discipline, le constructeur japonais dément tout projet d'accord commercial avec ce dernier[26].

Conception de la monoplace

Une préparation qui surprend les acteurs de la Formule 1

Photographie de l’arrière trois quarts de la Toyota GT-One
La Toyota GT-One, engagée aux 24 Heures du Mans en et en , est modifiée pour incorporer les premières pièces de la future TF101.

En , Toyota affine ses plans et espère désormais pouvoir concourir dès . L'écurie décide finalement de reporter son arrivée à , préférant profiter de l'année pour mener des essais avec une monoplace de développement. Cette décision s'explique par le fait que Toyota avait prévu de concevoir un moteur V12 pour propulser la TF101, or la FIA modifie le règlement technique de la Formule 1, obligeant toutes les écuries à utiliser un moteur V10 à compter de et jusqu'en . Ce report d'un an contraint Toyota à perdre 12 de ses 48 millions de dollars de caution versés à la FIA pour son engagement en Formule 1[27],[28].

Au moment du recrutement de Mika Salo, Toyota annonce qu'elle s'engage en Formule 1 sous son nom propre et non sous la dénomination Lexus, la marque de luxe du groupe japonais très présente en Europe et en Amérique du Nord mais confidentielle au Japon. L'équipe de course envisage de porter son nombre d'employés à 550 d'ici et est dirigée par le Corse Ange Pasquali qui, bien qu'inexpérimenté en Formule 1, a travaillé dans les programmes d'endurance et de rallye du constructeur japonais[8]. Pasquali est secondé par Gianfranco Fantuzzi, l'ancien ingénieur de piste d'Ivan Capelli et de Gerhard Berger au sein de la Scuderia Ferrari au début des années , et ancien ingénieur de piste de Luca Badoer et de Gaston Mazzacane chez Minardi en et [6],[23],[29],[30].

La TF101, dont le châssis est développé en interne dans la soufflerie de 30 000 mètres carrés de Lola Cars, en Grande-Bretagne, doit alors arborer les couleurs de Toyota, soit le rouge et le blanc, et être présentée au début de l'année tandis que son moteur V10 de trois litres, conçu par l'ingénieur allemand Norbert Kreyer, passe sur le banc d'essai à Cologne en , sans connaître aucun problème, avant de subir d'autres tests jusqu'à l'arrivée de la TF101[1],[6]. À ce moment-là, Allan McNish a parcouru 12 000 kilomètres à bord d'une GT-One équipée des futurs composants de la monoplace de Formule 1[17],[31]. Mais les observateurs et professionnels de la discipline, dont le patron de McLaren Racing, Ron Dennis, déjà interloqués que Toyota n'installe pas son écurie au Royaume-Uni, accordent peu de crédit au projet, tout comme aux essais menés par le pilote britannique[32],[33],[34]. Pour Eddie Jordan, le patron de l'écurie Jordan Grand Prix, Toyota « sera sous le choc » à son arrivée en Formule 1 car même si le constructeur a le deuxième effectif le plus important de toutes les écuries du plateau et un budget important, il n'a pas l'expérience des écuries historiques comme Ferrari ou McLaren[35].

À l'automne , Toyota achète, pour près de 49 millions de dollars, 67 % du capital du circuit japonais du Fuji Speedway. Le constructeur japonais ambitionne d'y organiser le Grand Prix du Japon à partir de . En attendant, le circuit doit servir de piste d'essais pour la TF101, à l'instar de ce que fait la Scuderia Ferrari avec le circuit de Fiorano[36],[37].

En , Toyota signe un partenariat technique avec ExxonMobil qui fournit déjà McLaren en exclusivité depuis . Pour ne pas de créer de différend avec le constructeur britannique, le pétrolier américain soutient Toyota par le biais de sa filiale Esso[38],[39].

Présentation de la monoplace

Le , en présence Max Mosley, le président de la FIA, et de Bernie Ecclestone, Toyota présente une TF101 totalement conforme au règlement technique en vigueur de la Formule 1, en France, sur le circuit Paul-Ricard qui doit servir de circuit d'essais à la monoplace[17]. L'écurie bénéficie sur place d'un atelier ultramoderne à destination des ingénieurs afin de perfectionner la TF101 au fil des séances d'essais[40]. Pasquali définit le rôle des pilotes-essayeurs en annonçant que Mika Salo est chargé du développement de la monoplace sur le Paul-Ricard tandis qu'Allan McNish doit essentiellement collecter des données en pilotant la voiture sur d'autres circuits à partir de [31],[41],[42],[43]. Les données de ces essais, tant au niveau des performances de la monoplace que de celui des pilotes essayeurs, sont récoltées à l'aide d'une centaine de capteurs installés sur la monoplace, par les soins de la société EMC Informations System, spécialisée dans l'électronique[44]. Pour Ove Andersson, le directeur de Toyota F1 Team, l'objectif de Toyota est de construire la meilleure voiture possible avant de pouvoir penser à se battre pour le titre de champion du monde des constructeurs[17].

Aspects techniques

Photographie du moteur Toyota RVX-01 de la TF101
Le moteur V10 de la TF101, le Toyota RVX-01, était à l’origine un moteur à douze cylindres.

La TF101, conçue par André de Cortanze et Jean-Claude Martens, a été construite en dix-neuf mois par les 490 employés de Toyota F1 Team. La monoplace a été testée dans la soufflerie de l'ancienne écurie Lola, le temps que la soufflerie de Toyota soit opérationnelle[45],[1],[6]. D'une masse de 600 kilogrammes avec son pilote, et longue de 4 620 mm, la TF101 est dotée d'un châssis monocoque composé d'un mélange de fibre de carbone, d'époxy et d'aramide. Son empattement est de 3 120 mm. La voie avant est de 1 450 mm tandis que la voie arrière est de 1 390 mm[46],[47]. Trois exemplaires ont été construits : le châssis TF101-S111 est réservé à Allan McNish, tandis que Mika Salo se voit confier le châssis TF101-S112. Enfin, la TF101-S113 sert de châssis de rechange[48].

À l'origine, la TF101 doit être mue par un moteur V12 qui aurait permis à Toyota de s'engager en Formule 1 dès . En effet, au moment où le constructeur japonais a annoncé son arrivée en Formule 1, la FIA avait annoncé la stabilité du règlement technique, en autorisant l'utilisation de n'importe quel type de moteurs, jusqu'en . Or, la FIA décide de bannir les moteurs V12, obligeant Toyota à développer un moteur V10. La conception de ce nouveau moteur, en partenariat avec la société Mecachrome, a débuté en , et ce dernier a été testé en . La monoplace est donc propulsée par un moteur Toyota RVX-01 de dix cylindres ouvert à 90 degrés, développant une cylindrée de 2 998 cm3[46]. Le capot moteur est très étroit et vertical, ses côtés ayant une largeur inférieur à celle de l'appui-tête du pilote. Les entrées d'air permettant de refroidir le moteur de la TF101 sont fractionnées en deux parties, ce qui est inhabituel pour une monoplace de Formule 1. Le système de refroidissement d'eau est situé à l'avant de cette entrée d'air, tandis que le système de refroidissement de l'huile moteur est placé à l'arrière de la monoplace. L'air ressort par les cheminées situées à l'arrière de la voiture[31].

Photographie de l'avant de la Toyota TF101
Vue avant de la Toyota TF101.

Norbert Kreyer, qui dirige le département moteur de l'écurie, explique qu'il a d'abord conçu un moteur mono-cylindre, afin de trouver les bonnes dimensions pour les valves et les pistons du moteur V10, mais aussi pour développer efficacement la chambre de combustion du moteur et ainsi ne pas perdre de puissance lors de la combustion du carburant. Enfin, la conception d'un tel moteur a permis d'économiser des fonds, puisque le développement d'un moteur complet est plus onéreux. Le moteur RVX-01, construit et testé à 21 exemplaires, est conçu de telle sorte à ce qu'il puisse endurer l'équivalent de la durée d'une course de Grand Prix[49].

Toyota développe également en interne une boite de vitesses semi-automatique à six vitesses, couplée à un embrayage à triple plateau conçu par la société Sachs[46]. Les disques de frein en carbone sont conçus par Brembo et Alcon, tandis que les pneumatiques sont fournies par Michelin, qui fait son retour en Formule 1 après 16 ans d'absence. Les roues sont fournies par BBS et les composants électroniques par Magneti Marelli[47].

Les suspensions de la TF101 adoptent une structure classique, avec des triangles supérieurs moulés en fibre de carbone, dotés de fixations flexibles aux extrémités intérieures et montés sur le châssis avec des chapes en alliage de grande dimension, afin de permettre de nombreux changements de géométrie pour optimiser les performances des suspensions de la monoplace. Enfin, la TF101 se distingue par ses roues arrière, qui diffèrent de celles des autres monoplaces : en effet, le centre des roues est à une quinzaine de centimètres de l'extrémité des roues, ce qui facilite la sortie du flux d'air et permet de monter des biellettes de suspensions plus longues[31].

Choix des pilotes

Photographie couleur. Profil droit du visage d'un homme.
Allan McNish (ici en ) est le premier pilote recruté par Toyota pour tester la TF101 et participer au championnat du monde en .

Dès , l'Écossais Allan McNish, qui a piloté pour Toyota en endurance au volant de la GT-One lors des 24 Heures du Mans 1999, est recruté comme pilote-essayeur pour mettre au point et développer la monoplace qui doit être testée par l'écurie japonaise en et la piloter en championnat en [6]. McNish a déjà une expérience en Formule 1 puisqu'il a été pilote d'essais pour McLaren Racing entre et puis pour Benetton Formula de à [6]. L'Écossais a également préparé l'arrivée de Lola en Formule 1 en testant, en , la monoplace d'essai Lola T95/30[50]. Dès son recrutement, McNish essaie à Monza une GT-One modifiée incorporant des pièces de la future TF101[16]. À l'automne , des rumeurs annoncent que le Japonais Toranosuke Takagi, ancien pilote de Formule 1 pour Tyrrell Racing puis Arrows en et , pourrait tester la TF101 puis être titularisé en en raison de ses liens avec Toyota qui motorise son écurie dans le championnat CART. Toutefois, McNish malgré son âge avancé (il a alors 32 ans) et le fait qu'il n'a jamais pris part à un seul Grand Prix, assure que le constructeur japonais lui a promis un volant de titulaire s'il obtient de bons résultats lors son année de préparation[51],[52].

En , certains annoncent que le Colombien Juan Pablo Montoya, pilote dans le championnat américain CART pour le compte de Chip Ganassi Racing, pourrait rejoindre Toyota en tant que deuxième pilote. Ces rumeurs se fondent sur le fait que Toyota fournit les moteurs et entretient de bonnes relations avec cette équipe. Toutefois, Montoya est déjà engagé avec Williams F1 Team, qui projette de le titulariser en Formule 1 dès et Frank Williams, le dirigeant de l'écurie britannique, s'oppose à un transfert arguant que Toyota doit négocier avec lui pour s'assurer les services du Colombien[53],[54].

Photographie couleur. Photo de face du visage d'un homme, en combinaison de course de couleur rouge.
Mika Salo (ici en ), présent en Formule 1 depuis , est choisi pour épauler McNish.

En , le Finlandais Mika Salo, pourtant engagé chez Sauber jusqu'à fin , est pressenti pour épauler Allan McNish. Cette connexion avec Toyota serait permise par son agent, Mike Greasley, qui gère la carrière de nombreux pilotes de rallye et qui est proche d'Ove Andersson, ancien pilote de rallye pour Toyota dans les années 1970 puis directeur de Toyota Team Europe depuis sa fondation en 1979[8],[6]. En outre, une clause de performance stipule que Salo peut quitter Sauber à la fin de la saison si l'écurie suisse n'est pas classée dans les six premiers du championnat du monde des constructeurs d'ici le mois d'août[55],[56]. Salo affirme néanmoins vouloir rester avec Sauber en , déclarant qu'il ne voit pas pourquoi il « ferait des essais avec Toyota pendant un an », bien qu'il admette que « les contrats actuels ne valent pas grand chose »[57].

Début , de nouvelles rumeurs prétendent que l’Autrichien Alexander Wurz, présent en Formule 1 depuis avec Benetton Formula et réputé pour ses bonnes connaissances techniques, pourrait rejoindre Toyota en [58]. Quelques jours plus tard, Mika Salo puis Sauber annoncent, une journée avant la déclaration officielle de Toyota, que le Finlandais quitte l'écurie suisse à la fin de la saison , cette dernière n'ayant pas respecté sa clause de performance. Salo est ainsi recruté par Toyota ; son contrat prévoit un poste de pilote-essayeur en puis de titulaire pour deux ans, avant d'intégrer la direction de l'écurie à partir de [59],[29],[60].

Enfin, en , Toyota annonce la création d'un programme de développement à destination des jeunes pilotes et recrute l'Australien Ryan Briscoe qui rejoint alors le championnat italien de Formule Renault avec le soutien du constructeur japonais. Ce dernier dément également les rumeurs selon lesquelles Briscoe serait le troisième pilote-essayeur de la TF101[61]. En mars, l'Australien est rejoint par le jeune Français de 17 ans Franck Perera, engagé en karting[62].

La Toyota TF101 lors des essais de développement

Notes et références

Voir aussi

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