Turkmènes de Palestine
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| Population totale | 9 000-11 000 (2009)[1] |
|---|
| Langues | turc, arabe |
|---|---|
| Religions | Islam sunnite |
Les Turkmènes de Palestine sont des Turkmènes, anciennement appelés Turcomans, originaires d’Asie centrale et faisant partie des peuples turcs. On relève leur présence en Palestine depuis le XIe siècle où ils sont restés nomades jusqu’au XIXe siècle et sédentarisés après la Première Guerre mondiale. Comme les autres populations non-juives et spécialement les musulmans de Palestine, ils ont été expulsés lors de la première guerre israélo-arabe (1947-1949).
Période ottomane (1517-1922)
Les premières mentions de la présence de Turkmènes dans la région palestinienne remontent aux Omeyyades, mais leur arrivée en grand nombre remonte au XIe siècle, au moment de l’invasion des Seldjoukides[2].
Ils sont appelés par Bader al-Jamâlî, gouverneur du Bilad el-Cham (Syrie-Palestine), pour conquérir la Palestine actuelle sous les ordres de leur chef Atsiz, en 1071[3].
Ils sont ensuite présents dans le Bilad el-Cham sous les différents empires qui contrôlent le Levant[4]. Ils ont un mode de vie nomade, vivent dans des camps, et sont utilisés comme renforts de l’armée de l’empire qui contrôle la région. Ils servent notamment à contrôler les Bédouins[5].
La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.
À cette époque, les Turkmènes vivent autour de Qisarya, autour d’Acre, de Gaza et dans la vallée du Jourdain[6].
À la fin du XIXe siècle, ils se concentrent autour de Qisarya et dans le Marj bin Amir[7]. Cette localisation est issue de déplacements et d’affrontements avec les tribus arabes de Palestine, notamment la bataille d’Ayn Oum al-Qalâ'id[8]. Leur arrivée s’achève vers 1880[9]. C’est aussi à cette époque que la langue turkmène commence à être abandonnée[10].
Il y a alors sept tribus turkmènes en Palestine :
- les Tawathah ;
- les Naghnaghiyeh ;
- les Benî Saidan ;
- les Beni Gowa, Banihah ou Banï Gharr'a ;
- les ‘Alakineh ou Alâqima ;
- al-Shqîrat ;
- al-Dhabiya.
Première moitié du XXe siècle
Il semble que les rapports aves les autorités ottomanes se soient dégradés, puisqu’ils ne combattirent pas lors de la Première Guerre mondiale[11].
Les tribus turkmènes du Marj bin Amir se sédentarisent dans les années 1910, et fondent les villages de al-Mansî (en)[12],[13], ‘Ayn al-Mansî[12],[13], Abû Chûcha (en)[12], al-Chqîrat[12],[13], Abû Zurayq[12],[13], al-Ghubayât al-Fawqa (en)[12],[13], al-Ghubayât al-Tahta (en)[12],[13], Naghnaghiya[13] et Lud al-‘Awwadîn[12]. Les Turkmènes de Qisarya continuent à vivre sous les tentes et ne fondent que le village de Karkour[12].
Pendant cette période, ils abandonnent la propriété collective de la terre et l’élevage pour la propriété privée et l’agriculture[12].
Tout comme les Arabes de Palestine, ils considèrent le pouvoir colonial britannique (voir Palestine mandataire) comme un oppresseur, et les colonisateurs sionistes comme une menace. Ils participent à toutes les révoltes, dont la grande révolte arabe de 1936-1939. Le village d’al-Mansi sert de quartier général aux Palestiniens de la région, et c’est un turkmène, Hasan Mansour, d’Al-Mansi, qui dirige la révolte dans le secteur[11].
Les Arabes palestiniens et les Turkmènes palestiniens combattent l’armée coloniale côte à côte, et non en groupes séparés[11]. En septembre 1938, le village d’Al-Mansi est la cible d’une puissante attaque britannique, utilisant blindés et aviation, qui fait prisonnier 65 révoltés, dont le comité de direction qui se réunissait ce jour-là[14].
Guerre de 1948 et nettoyage ethnique
Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, les villages turkmènes sont attribués à l’État juif. Les Turkmènes refusent cela et attaquent les villages juifs voisins, dont Mishmar HaEmek. Le village d’Al-Mansi est conquis par les milices sionistes dès avril 1948, ses habitants expulsés et ses maisons détruites pour empêcher tout retour. Les autres villages turkmènes sont expulsés de la même manière avant la fin du mois d’avril[15], les premiers dès la mi-mars (Ghubaiya al-Tahta et Ghubaiya al-Fauqa, Abu Shusha, Naghnaghiya, Abou Zureiq, Al-Mansi[16]).
Diaspora
Selon les auteurs, les Turkmènes seraient entre 7 et 40 000 dans la région palestinienne (Israël et Territoires occupés). Yusuf et Anabisa estiment ce nombre dans une fourchette entre 9000 et 11 000 dont :
- 7 à 8000 à Jénine et autour de Jénine : Bir al-Basha, Al-Zababda ;
- environ 1000 vers Tulkarem (camp de Nour Shams) et Naplouse (camps d’Askar et de Ayn Bayt al-Ma) et à Al-Jiftlik ;
- 1000 à 2000 en Israël ;
- quelques familles à Gaza, originaires de Turquie plutôt que du Marj Ibn Âmir (avant le génocide de Gaza).
Les Turkmènes d’Israël vivent dans les villages de Bâqa al-Gharbiya, Kafr Qari’, Ibthan, Umm al-Ghanam (en), Dabburiya (en), Barta‘a, Ûm al-Qataf et Jaljuliya (en).
Outre ces réfugiés restés en Palestine, un nombre important de Turkmènes exilés en 1948 se sont installés en Jordanie, principalement près d’Irbid[17].
Ils sont totalement solidaires de la communauté des Palestiniens, et participent à tous les combats de la cause palestinienne, notamment la Première Intifada et la Seconde intifada[18].