Type 17 SNCB

type de locomotive à vapeur des chemins de fer belges From Wikipedia, the free encyclopedia

La type 17 des chemins de fer belges (SNCB) est une locomotive à vapeur à tender séparé d'inspiration anglaise pour trains directs et express et trains de banlieue de disposition "American" (disposition d'essieux 220) mise en service entre 1898 et 1901.

Désignation Type 17 Chemins de fer de l'État belge
Type 17 SNCB
Constructeur(s) Neilson & Reid (en), Boussu, Carels, Cockerill, Couillet, Haine-Saint-Pierre, Société franco-belge (La Croyère), La Meuse, Tubize, Zimmerman-Hanrez
Faits en bref Exploitant(s), Désignation ...
Type 17 (SNCB)
Description de cette image, également commentée ci-après
Photo constructeur de la 2414, construite par Neilson & Reid.
Identification
Exploitant(s) Chemins de fer de l'État belge
SNCB
Désignation Type 17 Chemins de fer de l'État belge
Type 17 SNCB
Type American
Constructeur(s) Neilson & Reid (en), Boussu, Carels, Cockerill, Couillet, Haine-Saint-Pierre, Société franco-belge (La Croyère), La Meuse, Tubize, Zimmerman-Hanrez
No  de série 2411-2415, 2463-2502, 2622-2671
1700, 1702-1711
Mise en service de 1898 à 1901
Service commercial de 1898 à 1932
Production totale 95
Affectation Ensemble du réseau
Utilisation Voyageurs (trains directs, semi-directs, trains-bloc et omnibus)
Préservation aucune
Caractéristiques techniques
Disposition des essieux ooOO T
Écartement standard (1 435 mm)
Surface de la grille 1,92 m2
Pression de la chaudière 12,4 atm
Surface de chauffe 11 m2
Moteur Simple expansion
 Cylindres 2 (intérieurs)
 Alésage × course 482,6 x 660 mm
 Distribution Stephenson
Puissance continue 824 ch
Effort de traction 6,23 kN
Ø roues motrices 1 980 mm
Ø roues AV 1 097 mm
Tare 47,730 t
Masse en service 52,450 t
Masse adhérente 35,460 t
Longueur HT 9,472 m (présérie)
9,574 m
Longueur totale 17,433 m (présérie)
17,654 m
Vitesse maximale 100 km/h
Tender type 11
 Tare du tender 29,000 t
 Capacité en eau 18,900 m3
 Capacité en charbon 5,450 t
 Masse en charge 52,450 t
Masse totale 214 t
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Elle est issue de la classe 721 "Dunalastair" (en) du Caledonian Railway (en) conçue par l'ingénieur John F. McIntosh (en) ; il donnera naissance aux types 18, 19 et 20 ainsi qu'aux locomotives-tender 221T des types 14, 15, 16 et partageait des éléments avec les 030 du type 30.

L'arrivée de locomotives plus puissantes provoquera la mise hors-service de plusieurs type 17 dès 1910. Après avoir été reléguées à des trains omnibus dans la région du Borinage et de l'Entre-Sambre-et-Meuse, les derniers exemplaires sont radiés en 1931-1932.

Genèse

À la fin du XIXe siècle, le matériel moteur des Chemins de fer de l'État belge commençait à souffrir d'une conception archaïque, reposant sur un large foyer Belpaire à fond, plat brûlant du charbon tout-venant à faible rendement et requérant une grande surface de grille. Le châssis de ces locomotives, conçues par Alfred Belpaire et L. R. Masui était extérieur, enserrant deux cylindres intérieurs à simple expansion et même les locomotives de vitesse se contentaient d'un seul essieu porteur à l'avant, pourvu d'une boîte d'essieu radiale.

Pour la traction des trains rapides sur les lignes de plaine, l’État belge disposait de deux grandes séries :

Les type 1 avaient été évincées des services de première ligne par l'arrivée des voitures en bois à trois essieux, plus lourdes, tandis que les type 12 souffraient de la fragilité de leur foyer débordant aux formes complexes, de la mauvaise stabilité de leur essieu porteur avant au-delà de 90 km/h et d'une chaudière incapable de produire assez de vapeur pour des efforts prolongés[3]. En outre, les dimensions du foyer Belpaire plat employé sur les modèles les plus récents avaient atteint leurs limites et exigeaient fréquemment d'employer deux chauffeurs pour maintenir constamment une couche de charbon sur le feu (la combustion nécessitant une couche d'épaisseur faible). Pour ne rien arranger, le prix du charbon menu  dérisoire dans les années 1860  connaissait alors une flambée.

Avec la mise à la retraite, puis le décès, d'Alfred Belpaire puis de Masui, leurs successeurs durent réfléchir à une nouvelle génération de locomotives tandis que, dans l'intervalle, la production des anciens modèles se poursuivait avec de timides améliorations. L'augmentation du poids et du nombre des trains  tant de voyageurs que de marchandises  imposait néanmoins de mettre au point de nouvelles locomotives.

À l'étranger, la grande majorité des compagnies ferroviaires faisait désormais appel à des locomotives à foyer profond ou mi-profond, qui bien que plus étroits pouvaient générer un bon rendement et brûler une couche épaisse de charbon. En France, en Angleterre et en Allemagne ainsi qu'aux U.S.A., plusieurs exemples de locomotives compound donnaient également des résultats encourageants, en dépit d'une conception et d'une conduite plus complexe. Enfin, le bogie était en train de s'imposer comme solution pour une marche stable à haute vitesse.

Les briquettes de charbon, un combustible plus cher mais au rendement meilleur, pouvait constituer une alternative sérieuse, bien plus facile à manipuler par les chauffeurs de locomotive[4].

Prenant le parti de ne pas créer de nouveaux modèles à partir d'une feuille blanche, les ingénieurs et administrateurs s'intéressèrent aux meilleures locomotives européennes pour trains de voyageurs, présentes aux expositions universelles et mentionnées dans les revues spécialisées.

Mise au point

Dunalastair II n°766 du Caledonian Railway.

Les locomotives 220 SACM, mises au point en France, avec une disposition compound de Glehn, sont jugées trop complexes, tant du point de vue de leur construction que de leur utilisation au quotidien[5] ; les locomotives État belge d'alors étant à simple expansion avec deux cylindres intérieurs.

Une délégation d'ingénieurs belges en Angleterre eut l'occasion d'observer le fonctionnement des locomotives 220 à cylindres intérieurs, en particulier les locomotives de la classe 721 "Dunalastair I" du Caledonian Railway, conçues par John F. McIntosh (en). Sa chaudière de grand diamètre lui conférait une puissance supérieure aux autres modèles de même disposition d'essieux, permettant ainsi de se passer de la double traction dans la course à la vitesse sur le trajet Londres - Édimbourg qui opposait le Caledonian, allié au London and North Western Railway, à une alliance des Great Northern, North Eastern et North British Railway. En Grande Bretagne, les autres compagnies privées s'en inspireront rapidement pour leurs propres modèles, tandis que les Chemins de fer de l’État belge allèrent jusqu'à demander au Caledonian de construire pour la Belgique cinq copies de leurs "Dunalastair II" (classe 766), une variante améliorée apparue en 1897.

La loi britannique interdisant aux Compagnies de produire dans leurs ateliers des locomotives pour d'autres commanditaires, elles ne pouvaient pas être construites aux ateliers de St Rollox (en) qui avaient produit les Dunalastait. La compagnie autorisa John McIntosh à superviser la construction de ces locomotives par la société privée Neilson, Reid and Company (en), dont les ateliers de Glasgow se trouvaient à proximité de ceux du Caledonian[6].

Afin de s'assurer du bon fonctionnement de ces nouvelles locomotives sur le sol belge, des briquettes de charbon des charbonnages de Flénu et du Horloz  un combustible inconnu outre-Manche  ont été exportés afin d'être utilisés en service régulier sur le réseau du Caledonian. Un ingénieur des Chemins de fer de l’État belge, M. Rous-Marten ainsi que du Congrès des chemins de fer, réaliseront de nombreuses observations sur la plate-forme du conducteur de trains Glasgow-Carlisle remorqués par des Dunalastair I et II[7].

Caractéristiques

Leurs dimensions sont en tous points identiques avec les "Dunalastair II" écossaises. Elles se distinguent par quelques points de détails ainsi que par la conduite à droite.

De disposition d'essieux 220 "American", elles possèdent un bogie avant non freiné, à châssis intérieur, aux roues de 1 067 mm (3 pieds 6 pouces) avec deux roues motrices de 1 980 mm (6 pieds 6 pouces) encadrant un foyer profond de 948 mm[8].

La livrée des cinq premières type 17 est directement calquée sur celle du Caledonian. Les autres type 17 revêtent différentes variations de la livrée État belge, brun chocolat avec la boîte à fumée peinte en noir. Comme les cinq machines en livrée bleu Caledonian, certains exemplaires portent des liserés noirs entourés de filets rouges  une livrée qu'on retrouve aussi sur la type 18 exposée au musée Train World  tandis que d'autres n'ont ni filets ni liserés ou encore un schéma intermédiaire comportant seulement les filets rouges. Le couvre-roues du premier essieu moteur est décoré de fleurons dorés au style varié, une décoration qui ne sera pas reprise sur les types 18 à 20[9].

Tenders

Elles sont pourvues d'un tender type 11 du modèle "Caledonian". Ses roues sont les mêmes que celles du bogie de la locomotive, mais les bogies du tender sont à châssis extérieurs. Sa capacité est de 18,9 m3 d'eau et 5,45 t de charbon. Le poids est de 52,45 t en ordre de marche 29 t à vide[10].

Il s'agit des premiers tenders à bogie construits en série pour les Chemins de fer de l’État belge.

Commande

La firme Neilson, Reid and Company (en) réalise les cinq premiers exemplaires (2411 à 2415) sous la supervision de McIntosh et ces locomotives font partie des très rares commandes à l'étranger passées par l’État belge. La commande avait été passée en pour un montant de 90 000 francs belges. Les cinq exemplaires de présérie se distinguent par leur livrée du même bleu que celle du Caledonian Railway[11]. Elles sont réceptionnées entre novembre et fin [12].

À l'issue d'une brève période d'essais, entre Bruxelles-Nord et la côte, les plans de ce nouveau modèle sont utilisées pour une commande de 40 locomotives passée en au prix de 83 520 fr. par locomotive. Ces locomotives ne sont pas encore en service lorsque 50 exemplaires supplémentaires sont adjugés en octobre- pour un montant de 94 980 à 95 075 fr. sans leur tender.

Ces 90 locomotives de série, peintes en brun chocolat, ont été livrées entre et [13] :

Neilson & Reid ont construit les locomotives avec leur tender au prix de 90 000 fr. Les autres tenders ont été produits à un prix allant de 15 500 fr. à 25 000 par les Ateliers Métallurgiques (2622-2626), Dyle et Bacalan (2652 à 2664), la Compagnie centrale de construction (2662 à 2671) et les Ateliers de construction de Bruges (les 65 autres tenders)[11].

Cette commande massive d'un modèle conçu à l'étranger permet de parer au plus pressé face au manque de locomotives pour express et va de pair avec une réorganisation des approvisionnements en charbon. Lorsque les derniers exemplaires sortent des chaînes de montage de Cockerill, l’État belge a mis au point une version plus puissante, le type 18, dont 135 exemplaires seront commandés en plusieurs versions et livrés en 1902-1906.

Entre-temps, afin de disposer de locomotives aptes au service des trains de marchandises, des trains omnibus et express sur de courtes distances, l’État belge a fait développer d'autres locomotives sur la base du type 17 : le type 30 de disposition 030 (également basé sur la Classe 812 "Jumbo" (en) du Caledonian laquelle partage la même chaudière mais que l’État belge conçoit avec un foyer mi-profond), le type 15 à foyer profond (version tendérisée du type 17 avec essieu porteur arrière et roues motrices moins grandes) ainsi que le type 15 à foyer mi-profond (capable de brûler des charbons de moindre qualité). Ces modèles seront produits en de nombreux exemplaires mais seront rapidement supplantés par des versions agrandies en belgicisées ; seul le type type 15 à foyer mi-profond sera construit au-delà de 1901.

Carrière et services effectués

Une locomotive du type 17 en gare de Tournai.

Les premières locomotives du type 17 sont affectées au dépôt de Bruxelles-Nord puis à ceux de Gand-Ledeberg, Liège et Verviers ce qui permet d'affecter les type 17 à la traction des trains express, directs, ainsi que de grands express de la CIWL comme l'Ostende-Vienne Express sur le parcours d'Ostende à la frontière allemande, où elles doivent fréquemment être utilisées en double traction[5]. Elles roulaient également entre Bruxelles et Anvers et ont même brièvement servi sur la difficile ligne du Luxembourg.

Les dépôts de Courtrai et Charleroi reçoivent rapidement des locomotives type 17 d'autant que l'arrivée des type 18 leur enlève au fur et à mesure le service des grands express. Les type 17 de Liège et Verviers sont ainsi mutées dès 1910 tandis que le dépôt de Saint-Nicolas reçoit des type 17[5].

Courtrai emploie son contingent de type 17 sur la ligne vers Gand  les locomotives type 17 des dépôts de Courtrai et Gand assurant la quasi-totalité des services express en Flandre-Occidentale à l'exception des trains vers Ostende  et elles tractent également des trains d'Ostende à Lille, via Bruges et Mouscron, ainsi que des trains vers Bruxelles au départ de Courtrai et Adinkerque-La Panne. Charleroi les utilise pour des trains vers Bruxelles jusqu'à l'arrivée de locomotives plus puissantes ainsi que sur les autres lignes rayonnant autour de Charleroi. Dans les années 1910, une partie de leurs missions consistent désormais à remorquer des trains de voyageurs dans l'Entre-Sambre-et-Meuse sur la ligne vers Walcourt, Mariembourg et Vireux ainsi qu'en tête de trains vers Florennes. Le dépôt de Saint-Nicolas affecte ses type 17 à la traction des trains reliant Anvers à Gand ainsi que vers Termonde et Malines. En 1909-1911, alors que l'heure de gloire des type 17 est déjà terminée, trois chaudières de rechange sont construites par le Thiriau et Haine-Saint-Pierre[5].

En 1913, la 2467, construite par Tubize, est choisie pour être intégrée à l'exposition rétrospective de l'histoire des chemins de fer belges faisant partie de l'Exposition universelle de Gand de 1913[14],[15],[16]

L'arrivée rapide de nouvelles locomotives pour trains de voyageurs à la puissance bien supérieure aux types 17 et 18 et l'alourdissement des trains sur les lignes principales n'a pas seulement relégué les type 17 sur des lignes secondaires mais à entraîné le garage de plusieurs exemplaires à partir de 1910 tandis que deux d'entre-elles ont été utilisées comme installation de chauffage pour les rames de voitures de voyageurs, la prise de vapeur étant montée sur le dôme. Les butoirs de ces locomotives âgées de seulement 10 ans ont été remplacés par une planche, le tender doté de rehausses et un tuyau en U évacue la fumée vers une fosse dans le sol[17].

Fin de carrière

Lors de la Première Guerre mondiale, un total de 73 type 17  classées dans le type S 03 des Chemins de fer Prussiens[18]  tombent entre les mains de l'occupant qui les utilisera intensément sans entretien adéquat et fera démolir plusieurs locomotives pour des pièces de rechange ou la ferraille. Les autres seront évacuées en France, où 24 locomotives figurent à l'inventaire en 1917 (comprenant 14 locomotives garées en attente de réparation, parfois de longue date)[18].

Au lendemain du conflit, 51 locomotives sont perdues ou endommagées au-delà de toutes réparations, dont trois des prototypes construits à Glasgow. Les 44 survivantes seront encore à l'inventaire en 1926 lors de la création de la SNCB.

En 1921, les type 17 sont réparties entre les dépôts de Bruxelles-Nord, Gand et Charleroi et sont engagées dans une multitude de service alors que le pays se reconstruit. L'arrivée de nombreuses locomotives allemande d'origine armistice 1918 ou construites après la guerre achèvent de déplacer les type 17 et 18 vers des trains omnibus pour lesquelles elles étaient moins adaptées, surtout les type 17, plus anciennes, moins puissantes et handicapées par leur foyer étroit exigeant des briquettes de charbon, plus onéreuses.

Bruxelles-Nord cède ses locomotives type 17 en 1925 tandis que quelques locomotives de Gand sont mutées un temps à Kortemark ; parmi leurs services on trouve des trains d'heure de pointe reliant La Panne à Bruxelles. Ostende utilise ses type 17 vers Courtrai, via Torhout ou Bruges tandis que celles de Saint-Nicolas sont employées sur les mêmes lignes qu'avant la guerre. En 1925, Anvers-Nord aura également une type 17 à son effectif. Tous ces dépôts remplaceront leurs type 17 par des locomotives plus puissantes ; dans le cas des type 17 employées sur des trains omnibus, des type 44 chassées du service des marchandises prendront le relai[5].

Une trentaine sera radiée entre 1927 et 1930. Le contexte de la crise économique, où beaucoup de locomotives se retrouvent inactives, donne paradoxalement un répit aux dernières type 17 en raison de l'allégement des trains[5]. Les onze restantes seront numérotées entre 1700 et 1709 en 1931 mais rapidement retirées du service.

En 1929, le dépôt de Mons reçoit des type 17 et organise un roulement de 10 locomotives lequel inclut pratiquement toutes les dessertes voyageurs de la ligne 109 jusque Chimay ainsi que des trains vers Haine-Saint-Pierre (via Binche), des omnibus vers Ath ainsi que sur les lignes secondaires au sud de Mons. Dès le lendemain de la guerre, Charleroi-Sud possède la plus grande dotation de type 17. Elles ont probablement très peu servi sur les trains vers la capitale mais ont en revanche été utilisées sur les trains rapides vers Namur jusqu'à leur remplacement par des type 64 en 1922. Les type 17 de Charleroi, dont le nombre se réduit en 1929, rouleront sur les lignes de l'Entre-Sambre-et-Meuse jusqu'à leur remplacement par des locomotives du type 15 ; celles de Mons seront en grande partie remplacées par des autorails[5]. Les trois dernières disparaissent en . À titre de comparaison, les type 18 termineront leur carrière en 1949.

Après la mise hors service des type 17, quelques tenders à bogies ont été utilisées avec des locomotives à marchandises du type 30, leur système d'attelage étant incompatible avec les autres locomotives Caledonian de conception belge ; les type 30 disparaissent également du service en 1932.

Notes et références

Voir aussi

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