Grève des étudiants algériens de 1956
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| Date | au |
|---|---|
| Localisation | Algérie et France |
| Organisateurs | Union générale des étudiants musulmans algériens |
|---|---|
| Participants | Étudiants et lycéens algériens |
| Types de manifestations | Grève |
| Actions | Ralliement à la Révolution algérienne |
La grève des étudiants algériens de 1956, est déclenchée le à la suite de l'appel de l'Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema). Les grévistes décident d'abandonner leurs études pour s'engager pleinement dans la Révolution algérienne.
Le , à la suite de l'appel de l'Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema), fondée en 1955, les étudiants algériens commencent une grève et dont le mot d'ordre est d'abandonner leurs études universitaires pour rejoindre la Révolution algérienne du 1er novembre 1954[1]. L'appel à la grève est diffusé le samedi par la section d’Alger de l’Ugema : « À quoi serviraient-ils ces diplômes qu’on continue à nous offrir pendant que notre peuple lutte héroïquement… Il faut déserter les bancs de l’Université pour le maquis ! Il faut rejoindre en masse l’Armée de libération nationale (ALN) et son organisation politique, le FLN ». Puis l’ordre de grève est déployé à toutes les universités en France[2],[3].
Un dixième seulement des 600 étudiants d'Alger rejoignent le maquis. En effet, ceux sont essentiellement les lycéens qui rallient les combattants de l'ALN, ils permettent ainsi de relever le niveau d'instruction des moudjahids. Par la suite plusieurs d'entre eux seront envoyés en formation au Moyen-Orient, en Chine ou en URSS. Toutefois cet appel à la grève ne fait pas consensus au sein du mouvement révolutionnaire, des dirigeants considérant que les étudiants doivent continuer leus études pour occuper, après la victoire, les postes de cadre de l'Algérie. Ceux qui rejoignent la lutte armée ont un avancement rapide dans les domaines politico administratif ou liaison-renseignement[4].
En France le nombre des étudiants algériens s'effondre en passant de 2 000 inscrits à 1 300. Les conditions de vie des grévistes sont difficiles : des bourses sont supprimées, dans certaines universités le restaurant universitaire leurs est interdit… Mohamed Lebjaoui, premier chef de la Fédération de France du FLN, décide d'utiliser nombre d'étudiants pour encadrer les immigrés algériens. La direction de l’Ugema quitte la France, de même des étudiants vont suivre leurs études à l'étranger alors qu'auparavant le nombre d'étudiant à l'extérieur de la France était nul. Ainsi pour l'année 1960-1961, on compte 1 000 étudiants en France contre 1 059 dans d'autres pays. Cet éloignement contribue à populariser la lutte algérienne à l'international[5].
Afin de continuer à former des cadres qualifiés en capacité d'assumer des responsabilités quand l’indépendance sera obtenue, l’Ugema décide, le , de lever l’ordre de grève. Le syndicat considère que l'objectif d'attirer l'attention de l'opinion publique sur le drame algérien est atteint. De même il est démontré que la « révolution algérienne » n'est pas une action de « fanatiques » et de « brigands ». Toutefois la grève n'est pas levée pour l’université d’Alger considérant que son « esprit colonialiste » est avéré[2],[6].