Ziziphora

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Ziziphora est un genre de plantes à fleurs de la famille des Lamiaceae. La plante rameuse aux feuilles aromatiques souvent culinaire est une herbacée ou sous-arbustive endémique des habitats ouverts et souvent xériques d'Europe du Sud et de l'Est, d'Afrique du Nord-Ouest[1] et d'Asie, jusqu'à l'Himalaya et l'Altaï.

Description

Feuilles courtes pétiolées ou subsessiles; limbe glanduleux sur la face inférieure. Calice cylindrique étroit, droit à légèrement courbé, avec 13 nervures, lèvre supérieure à trois dents, lèvre inférieure à deux dents rapprochées. Étamines antérieures fertiles, atteignant la lèvre supérieure de la corolle, étamines postérieures courtes ou absentes[2].

L'article de l'Encyclopédie (1751) écrit «Il n'y a point de fruit, mais le calice contient quatre semences oblongues, obtuses, convexes d'un côté, obtuses de l'autre»[3]. La reproduction se fait par semis ou boutures.

Synonymes

  •  Faldermannia Trautv.  
  •  Zwingeria Heist. ex Fabr.

Historiquement Ziziphore en français (ziziphore d'Espagne, de Tauride, à feuille velue, etc.) [4]. Basilic des champs chez Philippe Miller[5]. Le nom du genre viendrait de zizi, apparemment un nom indigène (indien dit le Vade-mecum du botaniste voyageur[6]) selon Etymology of Linnaeus' Plant Genera (2025). Du grec φόρο (qui porte)[7], Πολύκνημον (polýknimon) qui a beaucoup de capitules[8].

Ethnomédecine

La plante est mentionnée dans les formulations d'Hippocrate[9] et de Pline[10]. Les diverses espèces sont utilisées en médecine traditionnelle sous forme d'infusion, décoction et macération qui sont réputées antiseptiques, expectorantes, stomachiques, carminatives et sédatives[11]. Mert Ilhan et al. donnent le détail des indications ethno médicales des différentes espèces et les parties de la plante utilisée (2025)[12].

Partant des bienfaits thérapeutiques observés les mécanismes anti-inflammatoires et anti-neurodégénérescence ont fait l'objet de publications académiques. Certains composant de l'huile essentielle de Ziziphora clinopodioides régulent la fonction microgliale et la neuroinflammation associée en ciblant les voies de signalisation PPAR/PI3K-Akt/MAPK[13].

Toxicité

Des tests in vitro de l'extrait éthanolique de Ziziphora clinopodioides ont montré que la plante doit être utilisée avec prudence, l'absorption de fortes quantités peut présenter un risque pour la santé (cytotoxicité dans les lymphocytes humains)[14]. L'huile essentielle de Z. clinopodioides est hautement toxique pour les insectes.

Huile essentielle

Analyse en composantes principales des huiles essentielles de Z. clinopodioides sous différentes températures (en bleu), le froid réduit la diversité des composants[15].

L'huile essentielle de Ziziphora clinopodioides Lam. dont l'Iran est productrice, est la plus étudiée. Elle est extraite de la feuille, de la tige, du calice et de la corolle de la fleur[16]. Sa composition est riche en monoterpénoïdes oxygénés (pulégone et menthane), monoterpénoïdes aromatiques (carvacrol, thymol)[17]. Une publication iranienne (2024) indique la différence de composition de huiles essentielles en fonction de l'apport d'azote en culture, la fertilisation azotée accroit la présence de menthol et dérivés, de pulégone, d'E -ociménone et de spathulénol, mais réduit celle d'α-pinène, de β-pinène, de limonène, le 1,8-cinéol, le trans-pulégol et d'iso-menthone[18]. Une autre étude iranienne (2025) a montré une influence importante des températures de culture sur la composition de l'huile essentielle[19].

Ziziphora tenuior également exploitée en Iran a pour composés dominants 5-méthyl-2-(1-méthyléthylidèle), le pulégone. Une activité antioxydante significative a été mesurée, tout comme l'activité antibactérienne a été confirmée (2024)[20].

Espèces

Linné indique 4 espèces[21], Tessier (1816) en donne 8 espèces dont 6 cultivées dans les jardins[22]. Lamarck (1783) décrit 11 espèces[23]. 26 espèces sont données par Gbif [24]dont 18 douteuses (d) :

  • (d) Faldermannia taurica Trautv Bull. Sc. Acad. Petersb. vi. (1840) 186.,
  • Ziziphora acinoides Willk. & Lange, ziziphore à feuilles de thym - Sibérie[25],
  • Ziziphora aragonensis Pau. Actas Soc. Esp. Hist. Nat. 1898: 103 (1898) - Est de l'Espagne (= Z. hispanica subsp. aragonensis Pau.)[26],
  • Ziziphora brantii K.Koch. Linnaea 17: 294 (1844) reclassée en Ziziphora clinopodioides en 2023 (Z. clinopodioides subsp. brantii.) - Caucase, Irak, Turquie,
  • Ziziphora capitata L. Sp. Pl.: 21 (1753) - Balkans, région de la mer Noire, Moyen-Orient, Asie centrale sud de la France. En français le nom commun est petit-basilic capité[27],
  • (d) Ziziphora capitata Falk Beitr. ii. 98. , Turquie.
  • Ziziphora clinopodioides Lam. Tabl. Encycl. 1: 63 (1791) - Sibérie, Mongolie, Xinjiang, Asie centrale, Himalaya, Asie du Sud-Ouest, Turquie, (Z. clinopodioides subsp. elbursensis , Z. clinopodioides subsp. filicaulis,  Z. clinopodioides subsp. kurdica, Z. clinopodioides subsp. rigida[28], Z. clinopodioides subsp brantii, Z. clinopodioides subsp rigida et Z. clinopodioides subs ronnigeri - Z. clinopodioides subsp. filicaulis 2025[11]. Turquie. Nombreux synonymes[29].
  • Ziziphora galinae Juz. S V Iouzeptchouk (1950) - Turkménistan,
  • Ziziphora hispanica L. Cent. Pl. I: 3 (1755) - Espagne, Algérie, Maroc, Tunisie,
  • Ziziphora intermedia Lindl Introd. Bot. ed. 2 542, sphalm., menthe de montagne, Proche Orient,
  • Ziziphora interrupta Juz. V.L.Komarov, Fl. URSS 21: 667 (1954) - Tadjikistan,
  • Ziziphora pamiroalaica Juz. V.L.Komarov, Fl. URSS 21: 668 (1954) - Kirghizistan, Tadjikistan, Xinjiang, (synonyme de Ziziphora clinopodioides subsp. tomentosa (Juz.) Kamelin & Gubanov, 1996),
  • Ziziphora pedicellata Pazij & Vved. Fl. Uzbekistan. 5: 638 (1961) - Kirghizistan, Ouzbékistan,
  • Ziziphora persica Bunge Labiat. Persic.: 39 (1873) Ziziphora de Perse - Iran, Turquie, Caucase, Crimée, Asie centrale,
  • Ziziphora pungens Bunge ex Ledeb. Fl. Atl. i. 23. = Nepeta pungens Benth.[30],
  • Ziziphora puschkinii Adam Beitr. Naturk. 1: 42 (1805) Зизифора Пушкина - Caucase,
  • Ziziphora raddei Juz. Fl. URSS 21: 669 (1954) - Caucase[31],
  • Ziziphora subnivalis Ter-Chatsch Zametki Sist. Geogr. Rast. 16: 42 (1951), Blue Mint Bush,
  • (d) Ziziphora subnivalis Ter-Chatsch. ex Rech.f., Phyton (Horn) 3: 171, in clavi. 1951,
  • Ziziphora suffruticosa Pazij & Vved. Uzbekistan. 5: 637 (1961) - Ouzbékistan,
  • (d) Ziziphora taurica K.Koch, Linnaea 17(3): 294. 1844 [prob. Jan 1844] 1844, Z. taurica Bieb. subsp. taurica, Z. taurica Bieb. subsp. cleonioides (Boiss.) Davis.
  • Ziziphora taurica M.Bieb Fl. Taur.- Caucas. 1: 414 (1808) - Crimée, Turquie, Syrie,
  • Ziziphora tenuior L. Sp. Pl.: 21 (1753) - Ukraine, Russie, Sibérie, Asie centrale, Xinjiang, Afghanistan, Iran, Turquie, Moyen-Orient,
  • (d) Ziziphora tenuior Falk. Beitr. ii. 98,
  • Ziziphora vichodceviana Tkatsch. ex Tulyag. Opred. Rast. Sred. Azii 9: 362 (1987) Ziziphora de Vichodcev ou menthe de Vichodcev - Kirghizistan,
  • Ziziphora woronowii Maleev Trudy Tiflissk. Bot. Inst. 1: 120 (1934) - Caucase.

Bibliographie

  • Mert Ilhan, Perihan Gürbüz, İpek Süntar. An Updated Review on Ziziphora L.: A Valuable Source of Phytoconstituents for Potential Health Benefits. Rec. Nat. Prod. 19:SI (2025) 375-399[12]
Bonne synthèse documentée, couvre le genre
  • François Sénejoux. Etudes phytochimique et pharmacologique de Ziziphora clinopodioides (Lamiaceae), Nitraria sibirica(Nitrariaceae) et Echinops integrifolius (Asteraceae), plantes anti-hypertensives de la Pharmacopée ouïghoure. Université de Franche-Comté, 2 Décembre 2011. 205 p. [32]
    Centré sur l'hypertension
  • Rebai Nadejt, Sengra Souhila Afra. Activités biologiques des huiles essentielles de Ziziphora hispanica L. Djelfa Master en sciences alimentaires 2022. 82 p.[33]

Notes et références

Articles connexes

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