Économie de la Floride
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Période précolombienne
Avant l'arrivée des Européens en Floride, les Amérindiens vivent de la cueillette et de la chasse à l'époque archaïque. Au premier millénaire de notre ère, les peuples présents dans le nord-ouest de la Floride actuelle subissent l'influence de la civilisation du Mississippi, alors que ceux qui vivent au sud et à l'est conservent des caractéristiques héritées de la période archaïque. La culture du maïs se diffuse au nord d'une ligne allant de Daytona Beach à la baie de Tampa. Elle arrive au sud de la péninsule vers le Ve siècle av. J.-C.[1] L'artisanat utilise les ressources régionales : des coquillages, de l'argile, du bois, etc. Les échanges de produits et de nourriture se développent avec les autres peuples du Sud-Est des États-Unis actuels.
L'économie coloniale
À partir du XVIe siècle, les Espagnols fondent des missions en Floride qui mettent en valeur les terres et fabriquent des objets artisanaux grâce à la main d'œuvre amérindienne. Ils construisent des forts et cherchent à contrôler la région, car leurs vaisseaux passent par le détroit de Floride pour rejoindre la métropole. Ils entrent rapidement en concurrence avec les Français puis les Britanniques qui colonisent l'Amérique du Nord. Au XVIIIe siècle, ces derniers attaquent la Floride espagnole qui accueille de nombreux réfugiés amérindiens mais aussi des esclaves noirs en fuite. La fondation de la Géorgie en 1733, l'effondrement du système missionnaire et les défaites des Apalachees, alliés des Espagnols, ouvrent la région aux raids à visée esclavagiste jusqu'aux Keys. Après la cession de la Floride par les Espagnols en 1763, la Grande-Bretagne encourage l'installation de nouveaux colons en leur offrant de privilèges commerciaux et des terres. En 1768, le médecin écossais Andrew Turnbull fait venir 1400 indentured servants qui s'implantent à New Smyrna Beach. Ces derniers tentent de produire l'indigo, le raisin, le riz, le coton et la soie dont l'Empire britannique a besoin, mais les résultats sont médiocres à cause de la mauvaise qualité des sols. Après l'indépendance des États-Unis (1783), la Floride devient un foyer d'immigration pour les colons américains attirés par les terres offertes et les esclaves noirs en fuite[2]. Washington finit par contrôler le Territoire de Floride (1822) qui devient un État de l'Union en 1845. Dans le nord de la région, les colons américains développent une économie de plantation similaire à celle du Sud profond (canne à sucre, tabac). Alors que le nombre d'établissements augmente, la pression se fait sentir sur le gouvernement américain pour qu'il déplace les Amérindiens qui peuplent ces territoires. Les propriétaires terriens de Géorgie se plaignent que les Séminoles abritent et intègrent des esclaves noirs en fuite et des nouvelles frictions entre les Blancs et les Indiens se font sentir avec l'afflux de nouveaux arrivants. Les trois guerres séminoles brisent finalement la résistance des Amérindiens.
La guerre de Sécession
Dans la première moitié du XIXe siècle, seul le nord de l'État est véritablement mis en valeur : on y trouve des plantations de coton[3], de tabac et de riz. Les quelques ports sur le golfe du Mexique (Apalachicola) exportent le coton du sud-est américain vers l'Europe. Pensacola n'est alors qu’un port de guerre.
À la veille de la guerre de Sécession, la Floride est l'État le moins peuplé du Sud des États-Unis, avec environ 140 000 habitants, dont 44 % sont des esclaves[1]. Ils travaillent de force dans les plantations de coton et de canne à sucre, situées pour la plupart au centre de la péninsule. L'esclavage devient une question politique et économique majeure pour les planteurs. La Floride rejoint le camp sudiste et s'engage dans la guerre de Sécession.
Compte tenu de son faible poids démographique[4], la Floride contribua à l'effort de guerre plus par son économie que pas sa main d'œuvre ou ses soldats. Elle fournit notamment de la viande, du poisson, du coton et du sel à ses alliés[2]. La Floride ne fut pas un enjeu stratégique majeur du fait de sa situation géographique périphérique et de sa faible industrialisation, si bien qu'elle connut moins de destructions que les autres états sudistes[2]. Dans les secteurs contrôlés par les Nordistes, c’est-à-dire le littoral, les esclaves profitèrent de la guerre civile pour fuir leur plantation.
Les Nordistes organisent un blocus maritime pour empêcher le ravitaillement des états sécessionnistes. Ils occupent les ports de Cedar Key, Jacksonville, Key West et Pensacola. Plus le conflit dure, plus le mécontentement des Floridiens grandit contre la conscription et les réquisitions. Les déserteurs sont de plus en plus nombreux et s'organisent pour attaquer les patrouilles confédérées, lancer des raids contre les plantations ou encore renseigner les Nordistes. Ces derniers s'emparent de Tallahassee et les esclaves sont libérés[5]. Après la guerre, la Floride est réintégrée dans l'Union le , et la Reconstruction pouvait commencer : elle s'achève en 1877[5]. La période suivante est marquée par la ségrégation raciale.
Migrations et développement économique (1890-1945)

Le tourisme devint une activité majeure de la Floride et fut favorisé par la construction de voies ferrées dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Les magnats des chemins de fer firent construire des hôtels comme Henry Plant (Tampa Bay Hotel) ou Henry Morrison Flagler (Ponce de León Hotel, Ormond Hotel, Royal Poinciana Hotel, Breakers Hotel, Royal Palm Hotel. Le tourisme reçut le soutien du président américain Grover Cleveland, qui parcourut la Floride en train au mois de février 1888. Au début du XXe siècle, United Fruit Company investit dans la construction d'hôtels en Floride[6].
Le secteur primaire connut également un essor important dans le dernier quart du XIXe siècle : la Floride se spécialisa dans l'élevage, la culture des agrumes, la production de bois ; de cigares et de phosphates[2] dans la région de Tampa. Ces produits étaient acheminés vers les centres de consommation du Nord-Est des États-Unis grâce au chemin de fer et aux navires marchands. Les superficies cultivées furent agrandies grâce à des travaux de drainage dans les zones marécageuses comme les Everglades[5].
Au tournant du siècle, le charançon du cotonnier dévasta les plantations de coton. Pour échapper aux persécutions et aux discriminations, près de 40 000 Afro-Américains quittèrent la Floride pour s'installer dans les villes du Nord-Est des États-Unis. Cette Grande Migration des années 1910-1940 qui concernait tous les états sudistes, eut également des causes économiques, car beaucoup de Noirs espéraient obtenir des emplois mieux payés.

Le boom ferroviaire et foncier des années 1920 résulta de l'afflux d'investissements extérieurs et bénéficia à des villes comme Palm Beach et Miami. Le thermalisme se développa près des nombreuses sources de Floride. Cet élan fut brisé par les ouragans de 1926 et 1928, par l'éclatement de la bulle spéculative[2],[5],[1] et surtout par la Grande Dépression à partir de 1929. Pourtant, c’est dans les années 1930 que furent aménagés les premiers parcs d’attraction qui font la réputation de la Floride : Cypress Gardens Adventure Park (1936) près de Winter Haven, Marineland (1938) près de Saint Augustine. La Prohibition stimule le trafic d'alcool avec Cuba.
Dès 1933, le président américain Franklin Delano Roosevelt, met en place le New Deal pour sortir le pays de la crise. En Floride, ce programme prend des formes multiples comme la construction du Cross-Florida Barge Canal. La Seconde Guerre mondiale marqua un tournant dans l'économie de la Floride : plus de cent Liberty ships sortirent des chantiers navals Wainwright à Panama City[5]. L'État fédéral créa ou renforça les bases militaires : base navale de Mayport, Naval Air Station Pensacola, Naval Air Station Jacksonville, Naval Air Station Cecil Field, Naval Air Station Whiting Field, Homestead Air Reserve Base, Eglin Air Force Base, MacDill Air Force Base. La marine américaine installa dans les années 1940 trois bases navales à Jacksonville et crée de nouveaux emplois.
Le second XXe siècle
La guerre froide (1947-1991) renforça l'essor du complexe militaro-industriel. Dans le cadre de la compétition avec l'URSS et à cause de sa situation géographique, la Floride accueillit la Patrick Air Force Base et la base de lancement spatial de Cap Canaveral. Dans les années 1960, l'état vécut au rythme de la conquête de l(Espace qui participa à sa renommée et créa de nombreux emplois dans les industries de pointe. Avec la fin de l'affrontement des deux blocs, plusieurs bases militaires ont été fermées (Homestead et Cecil Field), mais le complexe militaro-industriel et l'aéronautique restent importants pour l'économie floridienne.
Il faut attendre l’avènement de la société des loisirs dans les années 1960 pour voir s'installer le Walt Disney World Resort près d'Orlando en 1971. Grâce au réseau routier, à la démocratisation des loisirs et à son climat, la Floride était devenue une destination touristique de premier plan pour les Américains.
La révolution de 1959 et l'instauration d'un régime communiste à Cuba poussèrent des milliers de Cubains à émigrer en Floride. Miami devint progressivement l'un des principaux centres économiques de l'Amérique latine.
Généralités
La Floride est le quatrième État des États-Unis pour la production de richesses[7]. À la fin 2008, son PNB s’élève à 742,8 milliards de dollars, ce qui représente un peu plus de 5 % du PNB américain[8]. Jusqu'à la crise économique mondiale des années 2008 et suivantes, le PNB floridien a connu une importante croissance : entre 1997 et 2007, il a augmenté de 87 %[9].
Le revenu par habitant est de 33 417 $[9], ce qui classe la Floride à la 20e place sur 50 États américains[10].
La puissance économique floridienne s'appuie sur de multiples atouts. La main d'œuvre est nombreuse : 9,3 millions de personnes forment la population active en décembre 2008[8]. Cependant, le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale (8,1 % de la population active en 2008 contre 7,6 % pour l'ensemble des États-Unis[8].
Les entreprises peuvent compter sur un bon réseau d'universités et de transports. La Floride est l'un des rares États américains à avoir instauré un salaire minimum en 2004, qui est ajusté sur l'inflation tous les six mois. Au , ce salaire minimum horaire était de 7,21 $[11]. Il n'existe pas d'impôt sur le revenu et la taxe sur les ventes s'élève à 6 %[12]. Le climat, les plages et l'offre de loisirs attirent les cols blancs. La situation géographique sur le continent fait de la Floride une interface entre les deux Amériques. L'armature bancaire de l'État est solide, avec Miami pour principal pôle financier. Tous ces avantages rendent la Floride attractive pour les investisseurs : avec 39,3 milliards de dollars d'IDE en 2008, la Floride se place dans les premières destinations des flux de capitaux aux États-Unis[13].



