Écotrain
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L'Écotrain est un projet français de train autonome fonctionnant sur batteries, destiné au transport de passagers et, dans une version dérivée, au fret ferroviaire léger sous le nom de « Microfret ». Il est soutenu par l’ADEME et le programme France 2030 et cherche à proposer une solution pour la réouverture ou la modernisation des lignes ferroviaires rurales françaises.
Les premiers essais sont prévus à Saint-Pierre-des-Corps à partir de 2025, pour une mise en service envisagée en 2028. La production doit démarrer sur le site de Bersée et de Saint-Pierre-des-Corps, avec la possibilité d’un assemblage local lorsque la demande régionale dépasse dix unités par an.
Histoire et développement
Initialement baptisé NGV Rail[1], le projet Écotrain a été initié en 2018 en Occitanie afin de développer des navettes ferroviaires légères et autonomes. Conçu sous la direction de Philippe Bourguignon, ingénieur, il s’appuie sur un consortium réunissant plusieurs partenaires industriels et académiques, notamment Socofer, Stratiforme Industries, Clearsy, Syntony, IMT Nord Europe et IMT Mines Albi[2]. Il fait partie des cinq lauréats de l’appel à projets « Ferroviaire décarboné », soutenu par l’ADEME et du programme France 2030, et bénéficie d’une enveloppe de 8 millions d’euros pour son développement[3].
Des tests « in situ » se déroulent en région Centre-Val de Loire à partir de septembre 2025[4]. Ecotrain est notamment étudié par la région Nouvelle-Aquitaine et le département de la Creuse pour la réouverture de la ligne de Guéret à Felletin[5]. En octobre 2025, l’Écotrain a été sélectionné par le jury national de la Grande Exposition du Fabriqué en France, organisée au Palais de l'Élysée, parmi les produits exposés dans la catégorie « filière ferroviaire » [6].
Caractéristiques
L'Écotrain s’inscrit dans la revitalisation des petites lignes ferroviaires désaffectées, avec une cible de coûts d’exploitation réduits pour mailler les territoires ruraux, proposer une alternative à la voiture individuelle en périphérie urbaine, et soutenir une production industrielle locale et durable[1]. Il est conçu pour fonctionner sur batteries rechargeables, avec une autonomie d’environ 350 km. Il utilise un système photovoltaïque local – des hangars solaires – couvrant jusqu’à 90 % de ses besoins énergétiques, combiné à un stockage en courant alternatif local. L'utilisation de fibre de lin pour la partie supérieure permet d'alléger la structure et de minimiser l'impact carbone[2].
La version voyageurs est annoncée avec 48 places, dont 32 places assises, avec la possibilité d’assembler plusieurs modules selon la demande. La vitesse cible est de 100 km/h avec un matériel allégé pour l’exploitation des petites lignes[2]. Il est prévu pour fonctionner avec des navettes autonomes sans conducteur et d'effectuer des trajets toutes les demi-heures de 6 heures à 23 heures, sept jours sur sept[3]. Les fréquences seraient ajustées selon la demande[1].
Les technologies employées seraient empruntées à d'autres secteurs où elles sont déjà matures, notamment les véhicules autonomes (capteurs), tramway ou métro (GNSS)[2].
Le concept « Microfret », variante du projet dédiée au fret léger, a été évoqué dès janvier 2020, se présentant comme une alternative compétitive au transport routier sur les réseaux ruraux [7].