Élection présidentielle polonaise de 2015

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Typed’électionPrésidentielle
Population38 483 957
Inscrits30 688 570
Votants au 1er tour15 023 886
Élection présidentielle polonaise de 2015
(1er tour)
(2d tour)
Type d’élection Présidentielle
Corps électoral et résultats
Population 38 483 957
Inscrits 30 688 570
Votants au 1er tour 15 023 886
48,96% en diminution 6
Votes exprimés au 1er tour 14 898 934
Votes nuls au 1er tour 124 952
Votants au 2d tour 16 993 169
55,34% en stagnation
Votes exprimés au 2d tour 16 742 938
Votes nuls au 2d tour 250 231
Andrzej Duda PiS
Voix au 1er tour 5 179 092
34,76%
Voix au 2e tour 8 630 627
51,55%
Bronisław Komorowski PO[a]
Voix au 1er tour 5 031 060
33,77%
en diminution 7,8
Voix au 2e tour 8 112 311
48,45%
Paweł Kukiz Indépendant
Voix au 1er tour 3 099 079
20,80%
Résultats du second tour
Carte
Président
Sortant Élu
Bronisław Komorowski
PO
Andrzej Duda
PiS

L’élection présidentielle polonaise de 2015, sixième élection présidentielle de la IIIe République, est un scrutin visant à élire le président de la république de Pologne pour un mandat de cinq ans. Elle se tient les et , quelques mois avant les élections législatives de l'automne.

Le premier tour, qui se tient le voit s'opposer onze candidats. Andrzej Duda, candidat du parti conservateur Droit et justice (PiS), et le président sortant Bronisław Komorowski, soutenu par le parti libéral Plate-forme civique (PO), se qualifient tous les deux pour le second tour de l'élection, qui se tient le . À l'issue de celui-ci, Duda est finalement élu président de la République avec 8 630 627 voix et 51,5 % des suffrages exprimés contre 8 112 311 voix et 48,4 % des suffrages exprimés en faveur de Komorowski.

Le , Andrzej Duda est investi président de la République après avoir prêté serment devant l'Assemblée nationale.

Le président sortant, Bronisław Komorowski.

Le , le président de la république de Pologne en exercice, le conservateur Lech Kaczyński, meurt lors d'un accident d'avion, à Smolensk, en Russie. Une élection présidentielle anticipée[1] est alors convoquée par le président de la Diète, Bronisław Komorowski, chargé par la Constitution d'assurer l'intérim de la présidence de la République et candidat du parti libéral de la Plate-forme civique (PO), lequel était opposé à la politique menée par le président Kaczyński. Quelques semaines plus tard, l'ancien président du Conseil des ministres, Jarosław Kaczyński, frère jumeau du défunt chef de l'État, annonçait sa candidature. Le , ces deux candidats sont qualifiés pour le second tour de l'élection, mais doivent, pour que l'un d'eux soit élu, compter avec les voix de Grzegorz Napieralski, candidat de l'Alliance de la gauche démocratique (SLD), qui choisit de se rallier à la candidature de Komorowski, lequel est confortablement élu président de la République avec un peu plus de 53 % des voix[2],[3]. Pendant sa campagne électorale, il avait promis de soutenir la politique menée par le gouvernement libéral de centre droit de Donald Tusk et, malgré son manque de charisme et une hausse progressive des chances de Kaczyński, le candidat de la majorité parlementaire était le favori des sondages tout au long de la campagne présidentielle.

Le , la PO, le parti dont était membre l'actuel chef de l'État, remportait les élections parlementaires et conservait alors sa majorité à la Diète comme au Sénat ; ces élections sont cependant marquées par l'émergence d'un mouvement laïc, le Mouvement Palikot, dont le résultat très satisfaisant, soit un peu plus de 10 % des voix, surprend compte tenu du poids conséquent de l'Église catholique dans la société polonaise, au détriment de la SLD, qui perd de nombreux sièges à la Diète. Le président du Conseil des ministres sortant, Donald Tusk, chef du parti, constituait ensuite un nouveau gouvernement. Celui-ci, désigné président du Conseil européen au mois d'[4], est remplacé à la tête du gouvernement par la présidente de la Diète, Ewa Kopacz, qui dirige depuis un gouvernement essentiellement constitué des poids lourds des partis de la majorité parlementaire que sont la Plate-forme civique (PO) et le Parti paysan polonais (PSL)[5].

Mis à part Lech Kaczyński, mort dans l'exercice de ses fonctions, tous les présidents de la IIIe république de Pologne ont présenté leur candidature pour un second mandat présidentiel.

Modalités du scrutin

Le palais présidentiel de Varsovie, résidence officielle du président de la république de Pologne

D'après la Constitution, le président de la république de Pologne est élu pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par les citoyens polonais. Il ne dispose pas de pouvoirs étendus, contrairement au président du Conseil des ministres. Le chef de l'État peut néanmoins s'opposer à une loi en imposant son droit de veto législatif qui ne peut être levé par la Chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.

Conformément à l'article 128 de la Constitution polonaise, l'élection présidentielle est organisée au cours d'un jour non travaillé placé entre le soixante-quinzième et le centième jour précédent la fin du mandat du président de la République, un second tour éventuel pouvant être organisé deux semaines plus tard. Le choix de la date revient au président de la Diète.

Les candidats à l'élection présidentielle doivent se faire connaître auprès de la Commission électorale nationale cinquante-cinq jours avant le scrutin, en ayant réuni 1 000 signatures d'électeurs en leur faveur. Représentés par un comité électoral d'au moins 15 membres, ils ont ensuite dix jours pour collecter cette fois 100 000 signatures de soutien. Les candidats doivent avoir au minimum 35 ans au jour de l'élection. Les candidats nés avant le doivent par ailleurs s'être soumis aux obligations liées à la lustration[6].

Le président de la république de Pologne, élu pour un mandat de cinq ans dont il peut solliciter l'unique renouvellement, tient ses prérogatives de la Constitution polonaise. Chef des forces armées polonaises, il doit représenter la Pologne en son sein comme à l'étranger, ratifie les accords internationaux, nomme les membres du gouvernement et ratifie les lois. Il jouit d'un droit de veto lorsqu'il se permet de contester une loi approuvée par le Parlement, qu'il a le droit de dissoudre si le gouvernement devait lui en faire la demande.

Candidats

Les candidats suivants ont, au , constitué un comité électoral reconnu par la commission électorale nationale, et obtenu le soutien de 100 000 électeurs[7]. Au total, une femme et dix hommes se présentent à cette élection présidentielle, ce qui porte à onze le nombre de candidats[8].

Candidat Âge Parti Idéologie
Braun, Grzegorz Grzegorz Braun Grzegorz Braun 48 ans Indépendant Souverainisme
Monarchisme
Euroscepticisme
Duda, Andrzej Andrzej Duda Andrzej Duda 42 ans Droit et justice (PiS) Démocratie chrétienne
Social-conservatisme
Euroscepticisme modéré
Jarubas, Adam Adam Jarubas Adam Jarubas 40 ans Parti paysan polonais (PSL) Agrarisme
Démocratie chrétienne
Komorowski, Bronisław Bronisław Komorowski Bronisław Komorowski 62 ans Indépendant Démocratie chrétienne
Néolibéralisme
Pro-européen
Korwin-Mikke, Janusz Janusz Korwin-Mikke Janusz Korwin-Mikke 72 ans KORWiN Libéral-conservatisme
Euroscepticisme
Monarchisme
Kowalski, Marian Marian Kowalski Marian Kowalski 50 ans Mouvement national (RN) Ultranationalisme
Euroscepticisme
Kukiz, Paweł Paweł Kukiz Paweł Kukiz 51 ans Indépendant Démocratie participative
Ogórek, Magdalena Magdalena Ogórek Magdalena Ogórek 36 ans Alliance de la gauche démocratique (SLD) Progressisme
Social-démocratie
Palikot, Janusz Janusz Palikot Janusz Palikot 50 ans Ton Mouvement (TR) Libéralisme
Progressisme
Anticléricalisme
Tanajno, Paweł Paweł Tanajno Paweł Tanajno 39 ans Démocratie directe (DB) Démocratie participative
Libéralisme
Régionalisme
Wilk, Jacek Jacek Wilk Jacek Wilk 40 ans Congrès de la Nouvelle droite (KNP) Libéral-conservatisme
Euroscepticisme

Campagne

Andrzej Duda en campagne à Prudnik ().

Déclarations de candidature

Longtemps pressenti pour se présenter à l'élection présidentielle, l'ancien président du Conseil Jarosław Kaczyński, chef du parti Droit et justice (PiS) et frère jumeau de l'ancien président Lech Kaczyński, avait fait acte de candidature en 2012[9] avant de renoncer pour appuyer celle de l'un de ses fidèles, Andrzej Duda. Celui-ci, député européen, est formellement désigné par son parti durant une réunion publique, le .

Le , le président de l'Alliance de la gauche démocratique (SLD) annonce que son parti soutient la candidature de la journaliste Magdalena Ogórek. Un temps pressenti[10], le député (SLD) Ryszard Kalisz avait finalement renoncé à présenter une candidature dissidente avant de soutenir indirectement celle d'Ogórek[11],[12]. Elle est la seule femme candidate à cette élection présidentielle.

Le Parti paysan (PSL), présidé par Janusz Piechociński, allié de la Plate-forme civique au sein du gouvernement a décidé de présenter son propre candidat. Le , le président du parti présente le maréchal de la voïvodie de Sainte-Croix, Adam Jarubas, comme le candidat de son mouvement[13].

Élu en 2010, Bronisław Komorowski arrive au terme de son mandat de cinq ans. Présenté comme le grand favori de cette élection présidentielle, le chef de l'État sortant annonce sa candidature à sa propre succession le [14]. La Plate-forme civique, parti libéral majoritaire au Parlement dont il est issu, se rallie à sa candidature. Bien avant que ne commence la campagne électorale, plusieurs sondages le donnent vainqueur dès le premier tour[15],[16].

Janusz Korwin-Mikke, député européen, candidat aux précédentes élections présidentielles, dit vouloir représenter un courant conservateur et nationaliste. Après son exclusion du Congrès de la Nouvelle droite (KNP) en , il fonde un nouveau parti, la Coalition pour la restauration de la liberté et de l'espoir de la République, dans l'optique d'une candidature à l'élection présidentielle[17]. Le , il est le premier candidat dont la candidature est officialisée par la commission électorale[18].

L'entrepreneur Janusz Palikot, député à la Diète, se déclare candidat de son parti, Ton Mouvement. Celui-ci l'investit sans surprise à l'issue d'un bureau politique.

D'autres candidats, de moindre envergure, sont investis par leur formation respective ou se présentent comme indépendants de tout parti : l'écrivain et réalisateur Grzegorz Braun, écrivain et réalisateur, partisan de l'instauration d'une monarchie cléricale en Pologne[19] ; Marian Kowalski, 50 ans, se présente comme le candidat du Mouvement national (RN), parti nationaliste fondé en 2012[20] ; Paweł Kukiz, chanteur et acteur, militant pour l'adoption de la démocratie directe en Pologne, se présente en tant que candidat indépendant ; l'entrepreneur Paweł Tanajno est investi candidat par le parti Démocratie directe (DB) ; enfin, Jacek Wilk, avocat de 40 ans, se porte candidat à l'élection présidentielle pour le Congrès de la Nouvelle droite (KNP) en , après l'exclusion de Janusz Korwin-Mikke[21].

Dates du scrutin

Le mandat du président Komorowski courant jusqu'au , l'élection est organisée entre le et le , pour un second tour entre le et le . Le , le président de la Diète, Radosław Sikorski, fixe la date du premier tour au , un second tour devant être organisé deux semaines plus tard, soit le , si aucun candidat ne remporte la majorité des suffrages au premier tour. Les candidats ont ainsi jusqu'au pour mettre en place des comités de soutien (Komitet Wyborczy), constitués d'un minimum de 15 personnes soutenus par 1 000 citoyens. La date de début de la campagne électorale est fixée au , date à laquelle les comités de soutien des candidats devront avoir récolté la signature de 100 000 citoyens pour voir leur candidature validée par la commission électorale nationale (Państwowa Komisja Wyborcza).

Le choix de la date du premier tour de l'élection est critiqué par Andrzej Duda, candidat d'opposition (PiS)[22]. La date retenue est en effet placée deux jours après les commémorations du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et ce alors que le président Komorowski a annoncé son intention d'organiser une cérémonie internationale à Gdańsk le . Pour le chef de l'État, les cérémonies prévues sur le site de la bataille de Westerplatte n'affecteront pas le résultat des élections, Bronisław Komorowski considérant que les électeurs auront déjà établi leurs convictions à cette date et rappelant que la gauche et d'autres candidats pourraient profiter, eux, des festivités organisées à l'occasion de la fête du travail le et de la fête nationale le [23].

Qualification des candidatures

Le , la commission électorale indique avoir reçu 23 candidatures, ayant jusqu'au pour réunir les conditions nécessaires pour se présenter devant les électeurs. Le , une attaque terroriste au musée du Bardo de Tunis fait trois victimes polonaises. En réaction, Bronisław Komorowski et Andrzej Duda annoncent suspendre leurs campagnes respectives[24].

Le , la commission électorale publie la liste définitive des 11 candidats admis à se présenter le [25], alors que la campagne est marquée par une polémique sur l'utilisation de l'image du pape Jean-Paul II[26].

Sondages

Résultats

Notes et références

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