Élection présidentielle polonaise de 2020
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| Élection présidentielle polonaise de 2020 | ||||||||||||||
| (1er tour) (2d tour) |
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| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Inscrits | 30 204 792 | |||||||||||||
| Votants au 1er tour | 19 483 760 | |||||||||||||
| 64,51 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés au 1er tour | 19 425 459 | |||||||||||||
| Blancs et nuls au 1er tour | 58 301 | |||||||||||||
| Votants au 2d tour | 20 636 635 | |||||||||||||
| 68,18 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés au 2d tour | 20 458 911 | |||||||||||||
| Blancs et nuls au 2d tour | 177 724 | |||||||||||||
| Andrzej Duda – PiS[a] | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 8 450 513 | |||||||||||||
| 43,50 % | ||||||||||||||
| Voix au 2e tour | 10 440 648 | |||||||||||||
| 51,03 % | ||||||||||||||
| Rafał Trzaskowski – KO | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 5 917 340 | |||||||||||||
| 30,46 % | ||||||||||||||
| Voix au 2e tour | 10 018 263 | |||||||||||||
| 48,97 % | ||||||||||||||
| Szymon Hołownia – Indépendant | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 2 693 397 | |||||||||||||
| 13,87 % | ||||||||||||||
| Krzysztof Bosak – Confédération | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 1 317 380 | |||||||||||||
| 6,78 % | ||||||||||||||
| Président de la République | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Andrzej Duda PiS |
Andrzej Duda PiS | |||||||||||||
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L’élection présidentielle polonaise de 2020 (en polonais : Wybory prezydenckie w Polsce w 2020 roku), septième élection présidentielle de la Troisième République, a lieu les et afin d'élire le président de la république de Pologne pour un mandat de cinq ans.
Le président sortant Andrzej Duda, élu en 2015 sous l'étiquette du parti Droit et justice, est éligible pour un second et dernier mandat.
Alors que le scrutin est initialement prévu les et , durant la pandémie de Covid-19, la proposition du gouvernement de maintenir l’élection et de l’organiser par voie postale uniquement suscite une vive polémique, l'opposition dénonçant les capacités inégales de faire campagne du président sortant et des autres candidats dans le contexte d'un confinement de la population. Le scrutin est finalement reporté à la suite d’un compromis au sein de la coalition au pouvoir puis du vote favorable de l'opposition, qui contrôle le Sénat.
Au soir du premier tour, marqué par une forte hausse de la participation malgré la crise sanitaire, Andrzej Duda et le maire de Varsovie Rafał Trzaskowski, issu de Plate-forme civique, se qualifient pour le second tour. Duda l'emporte finalement avec un peu plus de 51 % des suffrages exprimés dans un contexte de nouvelle hausse de la participation. Cette élection présidentielle est alors la plus serrée de l'histoire polonaise.

Le président sortant est Andrzej Duda, issu du parti conservateur Droit et justice (PiS) et élu lors de l’élection présidentielle de 2015. Le président de ce parti, Jarosław Kaczyński, est considéré comme l'homme fort du pays, même si Andrzej Duda a fait preuve d'indépendance à quelques reprises — notamment en 2017 lors des premiers projets de réforme judiciaire —, avant de se montrer plus en retrait[1]. À la suite des élections parlementaires de 2015, qui se déroulent cinq mois après le scrutin présidentiel, la coalition informelle de la Droite unie, menée par Droit et justice, est majoritaire au Parlement. De 2015 à 2017, Beata Szydło est présidente du Conseil des ministres ; elle cède ensuite sa place à Mateusz Morawiecki.
Durant le mandat présidentiel d’Andrzej Duda, l'exécutif a plusieurs différends avec les autorités européennes. Celles-ci dénoncent les réformes de la justice, pour laquelle le gouvernement polonais invoque l'absence de réforme depuis la chute du communisme et une importante corruption en son sein[2]. La question migratoire est également un fort point de dissension, le gouvernement polonais s’opposant aux quotas obligatoires entre États-membres dans le cadre de la crise migratoire ; d’ailleurs, peu avant le scrutin, la Cour de justice de l'UE condamne sur cette question plusieurs pays du groupe de Visegrád, dont la Pologne[3].
La situation économique de la Pologne est la meilleure que le pays ait connu depuis la chute du communisme, avec une croissance d’environ 5 % et un taux de chômage historiquement bas (3,3 % en 2019, soit le troisième plus faible d’Europe)[4],[5]. Droit et justice a notamment mis en place un « État-providence à la polonaise » ayant sorti de nombreux polonais de la pauvreté, avec notamment la mise en place d'aides familiales (programme « 500+ »), l’augmentation du salaire minimum, la gratuité des médicaments pour les plus de 75 ans, l’exonération d'impôt sur le revenu pour les moins de 26 ans, l'abaissement de l'âge légal de la retraite, la taxation des institutions financières, la re-nationalisation de plusieurs banques et une politique générale favorisant le développement des entreprises polonaises. La hausse de pouvoir d’achat en résultat a notamment profité aux catégories populaires et zones rurales[2],[6],[7].
Cette élection intervient dans un contexte de forte polarisation politique : les conservateurs de la Droite unie et les libéraux de la Plate-forme civique (PO), le principal parti d'opposition (classé au centre ou au centre droit), sont en conflit larvé depuis le milieu des années 2000, avec des visions semblant radicalement opposées sur beaucoup de sujets[8]. La PO a détenu la majorité parlementaire entre 2007 et 2015, avec Donald Tusk puis Ewa Kopacz comme présidents du Conseil ; si la croissance économique sous leurs gouvernements a été saluée, sa politique de rigueur a accru les inégalités sociales[2].
Les élections parlementaires qui se tiennent six mois avant l'élection présidentielle voient la reconduction au pouvoir de Droit et justice avec le meilleur résultat pour une force politique depuis 1989 ; le parti conservateur perd cependant le Sénat, ce qui peut permettre à l’opposition de ralentir le processus législatif[9],[10].
Modalités

D'après la Constitution, le président de la république de Pologne est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par les citoyens polonais pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.
Le chef de l’État ne dispose pas de pouvoirs étendus, contrairement au président du Conseil des ministres. Il est le chef des forces armées polonaises, doit représenter la Pologne en son sein comme à l'étranger, ratifie les accords internationaux, nomme les membres du gouvernement et ratifie les lois. En matière législative, il peut s'opposer à une loi en imposant son droit de veto législatif sur une loi adoptée par le Parlement et qui ne peut être levé par la chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.

Conformément à l'article 128 de la Constitution, l'élection présidentielle est organisée au cours d'un jour non travaillé placé entre le soixante-quinzième et le centième jour précédent la fin du mandat du président de la République, un second tour éventuel pouvant être organisé deux semaines plus tard. Le choix de la date revient au président de la Diète (Sejm).
Les candidats à l'élection présidentielle doivent se faire connaître auprès de la Commission électorale nationale cinquante-cinq jours avant le scrutin, en ayant réuni 1 000 signatures d'électeurs en leur faveur. Représentés par un comité électoral d'au moins 15 membres, ils ont ensuite dix jours pour collecter cette fois 100 000 signatures de soutien. Les candidats doivent avoir au minimum 35 ans au jour de l'élection. Les candidats nés avant le doivent par ailleurs s'être soumis aux obligations liées à la lustration[11].
Candidats
Retenus
Les candidatures peuvent être déposées jusqu'au . Les candidats lors du premier processus électoral sont :
- Robert Biedroń (La Gauche) ;
- Krzysztof Bosak (Confédération) ;
- Andrzej Duda (Droit et justice) ;
- Szymon Hołownia (Indépendant) ;
- Marek Jakubiak (pl) (Fédération pour la République) ;
- Małgorzata Kidawa-Błońska (Coalition civique) ;
- Władysław Kosiniak-Kamysz (Coalition polonaise) ;
- Mirosław Piotrowski (Mouvement Europe véritable) ;
- Paweł Tanajno (pl) (Indépendant) ;
- Stanisław Żółtek (Congrès de la Nouvelle Droite).
Les candidatures peuvent être déposées jusqu'au [12]. À l'exception de la candidate de la Plateforme civique — qui a été remplacée —, tous les candidats de la présidentielle de mai participent au nouveau processus électoral ; Waldemar Witkowski parvient également à valider sa candidature.
| Candidat | Coalition / parti | Fonctions / activités | Idéologie | Détail | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Robert Biedroń (44 ans) |
La Gauche (Printemps) |
Député européen (depuis 2019) Maire de Słupsk (2014-2018) Député à la Diète (2011-2014) |
Progressisme Social-démocratie Anticléricalisme |
Militant LGBT. Premier député ouvertement homosexuel de l'histoire polonaise. Fondateur et président de Printemps, qui fait partie de la coalition La Gauche. | ||
| Krzysztof Bosak (37 ans) |
Confédération (Mouvement national) |
Député à la Diète (2005-2007 ; depuis 2019) |
Nationalisme Souverainisme National-libéralisme |
Militant nationaliste, membre du Mouvement national, qui fait partie de la coalition. Remporte la primaire de la Confédération face à huit autres candidats, dont libertarien Janusz Korwin-Mikke (candidat aux élections présidentielles de 1995, 2000, 2005, 2010 et 2015). | ||
| Andrzej Duda (47 ans) |
Droite unie (Droit et justice) |
Président de la République (depuis 2015) Député européen (2014-2015) Député à la Diète (2011-2014) |
National-conservatisme Démocratie chrétienne Social-conservatisme |
Élu en 2015 au second tour face au sortant, Bronisław Komorowski. Le , Jarosław Kaczyński annonce que le parti apporte son soutien à une candidature d’Andrzej Duda pour un second mandat[13]. Il se présente officiellement sans étiquette[14]. | ||
| Szymon Hołownia (43 ans) |
Indépendant | – | Catholicisme libéral Catholicisme social Écologisme |
Écrivain, journaliste, animateur d'émissions de télévision, activiste humanitaire. Officialise sa candidature le [15]. | ||
| Marek Jakubiak (pl) (61 ans) |
Fédération pour la République | Député à la Diète (2015-2019) |
Populisme de droite National-conservatisme National-libéralisme |
Entrepreneur, soldat professionnel à la retraite. Ancien membre du Kukiz'15 puis de la Confédération. | ||
| Władysław Kosiniak-Kamysz (38 ans) |
Coalition polonaise (Parti paysan polonais) |
Député à la Diète (depuis 2011) Ministre du Travail (2011-2015) |
Agrarisme Démocratie chrétienne Démocratie directe |
Président du Parti paysan polonais (PSL), le plus grand parti de la Coalition polonaise. Bénéficiant du bon résultat de son parti aux élections parlementaires de 2019[b], il appelle dans un premier temps à une candidature commune avec la Plate-forme civique[16]. Il se présente finalement sans union avec la PO. | ||
| Mirosław Piotrowski (54 ans) |
Mouvement Europe véritable | Député européen (2004-2019) |
Cléricalisme Droite chrétienne Traditionalisme |
Enseignant universitaire, militant catholique associé à Radio Maryja. Ancien membre de Droit et justice, président Mouvement Europe véritable. | ||
| Paweł Tanajno (pl) (44 ans) |
Indépendant | – | Libéralisme Populisme Démocratie directe |
Chef d’entreprise. Défait à l'élection de 2015. | ||
| Rafał Trzaskowski (48 ans) |
Coalition civique (Plate-forme civique) |
Maire de Varsovie (depuis 2018) Député à la Diète (2015-2018) Ministre de l'Administration et du Numérique (2013-2014) Député européen (2009-2013) |
Libéralisme Europhilie |
Le , après le retrait de Małgorzata Kidawa-Błońska et alors qu'il avait déjà été un temps pressenti pour représenter la Coalition civique avant elle, il est désigné candidat de l’alliance libérale[17]. | ||
| Waldemar Witkowski (pl) (66 ans) |
Union du travail | Membre de l'Assemblée régionale de la Grande-Pologne (2001-2005) |
Social-démocratie Progressisme |
Président de l’Union du travail (UP). | ||
| Stanisław Żółtek (64 ans) |
Congrès de la Nouvelle Droite | Député européen (2014-2019) Adjoint au maire de Cracovie (1997-1998) |
Libertarianisme conservateur Libéralisme économique Paléo-conservatisme |
Élu président du Congrès de la Nouvelle Droite (KNP) après le départ de Janusz Korwin-Mikke en 2015. | ||
Ayant renoncé
| Candidat | Coalition / parti | Fonctions / activités | Idéologie | Détail | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Donald Tusk (63 ans) |
Plate-forme civique | Député à la Diète (2001-2014) Président du Conseil des ministres (2007-2014) Président du Conseil européen (2014-2019) |
Libéralisme Europhilie |
Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2005 et ancien chef de gouvernement, il est longtemps pressenti pour représenter la PO. Mais le — alors qu'il est pressenti pour prendre la présidence du Parti populaire européen —, il renonce à se présenter. Il était pourtant considéré par les médias comme le mieux placé face au président sortant issu de Droit et justice, qui en faisait sa cible favorite. Pour justifier sa décision, il déclare que les réformes impopulaires qu’il a menées à la tête du gouvernement sont un obstacle à sa candidature[18],[19]. | ||
| Małgorzata Kidawa-Błońska (63 ans) |
Coalition civique (Plate-forme civique) |
Députée à la Diète (depuis 2005) Porte-parole du gouvernement (2014-2015) Vice-présidente à la Diète (depuis 2015) Présidente de la Diète (2015) |
Libéralisme Europhilie |
À la suite du désistement de Donald Tusk, la PO organise une primaire. Face au maire de Poznań, Jacek Jaśkowiak, Małgorzata Kidawa-Błońska l’emporte avec 73 % des suffrages[20]. Alors qu’elle appelle au boycott de l’élection prévue pour mai dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, elle perd sa deuxième place dans les sondages et voit les intentions de vote en sa faveur chuter à moins de 10 %[21]. Le , peu après l’annonce du report du scrutin, elle renonce à se porter candidate[22]. | ||







