Élections législatives portugaises de 2011

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Inscrits9 624 133
Votants5 584 629
Élections législatives portugaises de 2011
230 députés de l'Assemblée de la République
(Majorité absolue : 116 députés)
Corps électoral et résultats
Inscrits 9 624 133
Votants 5 584 629
58,03% en diminution 1,7
PPD/PSD  Pedro Passos Coelho
Voix 2 159 181
40,31%
en augmentation 10,3
Sièges obtenus 108 en augmentation 27
PS  José Sócrates
Voix 1 566 347
29,24%
en diminution 8,5
Sièges obtenus 74 en diminution 23
CDS-PP  Paulo Portas
Voix 653 888
12,21%
en augmentation 1,4
Sièges obtenus 24 en augmentation 3
CDU  Jerónimo de Sousa
Voix 441 147
8,23%
en augmentation 0,1
Sièges obtenus 16 en augmentation 1
BE  Francisco Louçã
Voix 288 923
5,39%
en diminution 4,7
Sièges obtenus 8 en diminution 8
Carte des résultats
Carte
Premier ministre
Sortant Élu
José Sócrates
PS
Pedro Passos Coelho
PPD/PSD
Législature élue
XIIe

Les élections législatives portugaises de 2011 (en portugais : Eleições legislativas portuguesas de 2011) se sont tenues le , afin d'élire les 230 députés de la douzième législature de l'Assemblée de la République du Portugal.

Le scrutin est remporté par le Parti social-démocrate de Pedro Passos Coelho, qui obtient la majorité relative, et par le centre droit en général, qui remporte la majorité absolue en voix et en sièges.

Contraint de constituer un gouvernement minoritaire après les élections législatives du 27 septembre 2009[1],[2],[3],[4], le Premier ministre socialiste José Sócrates a dû faire face à une sévère dégradation des finances publiques du fait de la crise économique mondiale et de la récession qui en a résulté. En conséquence, il a fait adopter trois plans d'austérité budgétaire[5],[6] qui conduisent au déclenchement d'une grève générale le [7], dont l'ampleur est inédite depuis 1986[8]. Le , le ministre des Finances Teixeira dos Santos annonce un quatrième paquet de mesures de rigueur[9], qui sont cette fois-ci rejetées par le Parti social-démocrate[10]. Le chef du gouvernement menace alors de démissionner en cas de rejet de son programme par l'Assemblée de la République[11]. Il passe à l'acte[12] après le refus exprimé par les députés à l'issue du débat parlementaire, organisé le 23 mars[13], et appelle à la dissolution de l'Assemblée[14], une idée soutenue par les autres formations politiques du pays[15],[16],[17].

Fixation de la date des élections

Conformément à la Constitution, le président de la République, Aníbal Cavaco Silva, reçoit alors tous les partis représentés, dans l'ordre croissant[18]. La majorité des formations de gauche préconise alors la convocation d'un scrutin anticipé pour le dimanche 5 juin[19],[20],[21], tandis que les sociaux-démocrates proposent la réalisation des élections dès le 29 mai[22]. Selon la loi électorale, le scrutin ne peut se tenir moins de 55 jours après l'annonce de sa convocation par le chef de l'État[23]. Après avoir réuni le Conseil d'État[24], Aníbal Cavaco Silva annonce le 31 mars la tenue des élections pour le 5 juin[25].

Conditions générales

Mode de scrutin

L'Assemblée de la République (Assembleia da República) se compose de 230 députés, dont le mandat dure quatre ans. Les parlementaires sont élus dans vingt-deux circonscriptions, qui correspondent aux dix-huit districts du Portugal, aux deux régions autonomes que sont les Açores et Madère, et à deux circonscriptions ad hoc pour les expatriés, selon un scrutin proportionnel avec répartition suivant la méthode d'Hondt[26]. Chaque circonscription compte au moins deux députés, celle du district de Lisbonne en comptant pour sa part quarante-sept, le nombre maximum actuel.

Répartition des députés

  • Répartition retenue le par la commission nationale des élections[27].
Circonscription Députés
District d'Aveiro 16
District de Beja 3
District de Braga 19
District de Bragance 3
District de Castelo Branco 4
District de Coimbra 9
District d'Évora 3
District de Faro 9
District de Guarda 4
District de Leiria 10
District de Lisbonne 47
District de Portalegre 2
District de Porto 39
District de Santarém 10
District de Setúbal 17
District de Viana do Castelo 6
District de Vila Real 5
District de Viseu 9
Région autonome des Açores 5
Région autonome de Madère 6
Europe 2
Hors d'Europe 2
TOTAL 230

Campagne

Principaux partis et dirigeants

Parti Chef de file Résultats en 2009
Parti socialiste
Partido Socialista
José Sócrates
Premier ministre
36,56 % des voix
97 députés
Parti social-démocrate
Partido Social Democrata
Pedro Passos Coelho 29,11 % des voix
81 députés
CDS – Parti populaire
CDS – Partido Popular
Paulo Portas 10,43 % des voix
21 députés
Bloc de gauche
Bloco de Esquerda
Francisco Louçã 9,81 % des voix
16 députés
Coalition démocratique unitaire
Coligação Democrática Unitária
Jerónimo de Sousa 7,86 % des voix
15 députés

Têtes de liste

Circonscription PS[28] PPD/PSD[29] CDS/PP[30],[31] BE[32] CDU[33]
Aveiro Helena André António Couto dos Santos Paulo Portas Pedro Filipe Soares Miguel Viegas
Beja Luís Pita Ameixa Carlos Moedas José Ghira Manuel Dinis Cortes João Ramos
Braga António José Seguro Miguel Macedo Telmo Correia Pedro Soares Agostinho Lopes
Bragance Mota Andrade Francisco José Viegas Nuno Sousa Liliana Fernandes Maria Cunha
Castelo Branco José Sócrates Costa Neves Maria Celeste Capel Fernando Pinto Proença Vítor Silva
Coimbra Ana Jorge José Manuel Canavarro João Serpa Oliva José Manuel Pureza Manuel Pires da Rocha
Évora Carlos Zorrinho Pedro Lynce André Assis Miguel Sampaio João Oliveira
Faro João Soares Mendes Bota Artur Rego Cecília Honório Paulo Sá
Guarda Paulo Campos Manuel Meirinho Emília Bento António Baptista José Branco
Leiria Basílio Horta Teresa Morais Assunção Cristas Heitor de Sousa Ana Rita Carvalhais
Lisbonne Eduardo Ferro Rodrigues Fernando Nobre Teresa Caeiro Francisco Louçã Jerónimo de Sousa
Portalegre Pedro Marques Cristovão Crespo Paulo Caetano Paulo Cardoso Luísa Araújo
Porto Francisco Assis José Pedro Aguiar-Branco José Ribeiro e Castro João Semedo José Honório Novo
Santarém António Serrano Miguel Relvas Filipe Lobo d'Ávila José Gusmão António Filipe
Setúbal José Vieira da Silva Maria Luís Albuquerque Nuno Magalhães Mariana Aiveca Francisco Lopes
Viana do Castelo Fernando Medina Carlos Abreu Amorim Abel Batista Jorge Manuel Teixeira Ilda Figueiredo
Vila Real Pedro Silva Pereira Pedro Passos Coelho Joana Rapazote Irina Castro Manuel Cunha
Viseu José Junqueiro Almeida Henriques Hélder Amaral Rui Costa Manuel Rodrigues
Açores Ricardo Rodrigues Mota Amaral Artur Lima José Cascalho José Decq Mota
Madère Jacinto Serrão Alberto João Jardim José Manuel Rodrigues Roberto Almada Edgar Silva
Europe Paulo Pisco Carlos Gonçalves Isaías Afonso Gustavo Behr Maria de Melo Galvão
Hors d'Europe Carolina Almeida José Cesário Augusto Cymbron Cristina Semblano Helena Cunha

Sondages

Institut Date PS PPD/PSD CDS/PP BE CDU
Aximage 03.06.2011 29,2 % 37,4 % 12,5 % 6,7 % 8,0 %
Intercampus 02.06.2011 31,1 % 36,5 % 11,6 % 6,0 % 7,4 %
Eurosondagem 01.06.2011 31,3 % 35,4 % 13,4 % 6,0 % 7,9 %
CESOP (UCP) 01.06.2011 31,0 % 36,0 % 11,0 % 7,0 % 8,0 %
Intercampus 30.05.2011 32,3 % 37,0 % 12,7 % 5,2 % 7,7 %
Eurosondagem 27.05.2011 32,3 % 33,9 % 13,4 % 6,3 % 7,9 %
Eurosondagem 25.05.2011 32,0 % 33,7 % 13,2 % 6,7 % 8,1 %
Eurosondagem 24.05.2011 32,6 % 33,1 % 13,7 % 6,4 % 7,6 %
CESOP (UCP) 24.05.2011 36,0 % 36,0 % 10,0 % 6,0 % 9,0 %
Intercampus 22.05.2011 33,2 % 39,6 % 12,1 % 5,6 % 6,6 %
Intercampus 20.05.2011 34,1 % 35,7 % 12,8 % 6,8 % 7,5 %
Intercampus 16.05.2011 35,4 % 36,1 % 12,6 % 6,2 % 7,5 %
Intercampus 13.05.2011 36,8 % 33,9 % 13,4 % 6,0 % 7,4 %
Marktest 10.05.2011 34,4 % 39,7 % 9,0 % 4,8 % 6,5 %
Intercampus 09.05.2011 35,1 % 36,2 % 10,9 % 6,5 % 7,7 %
Aximage 06.05.2011 28,3 % 31,5 % 11,2 % 7,7 % 9,3 %
CESOP (UCP) 06.05.2011 36,0 % 34,0 % 10,0 % 5,0 % 9,0 %
Eurosondagem 21.04.2011 32,7 % 36,3 % 11,3 % 6,9 % 7,8 %
Marktest 20.04.2011 36,1 % 35,3 % 7,5 % 6,0 % 8,1 %
Intercampus 11.04.2011 33,1 % 38,7 % 9,4 % 7,6 % 8,1 %
CESOP (UCP) 06.04.2011 33,0 % 39,0 % 7,0 % 6,0 % 8,0 %
Aximage 02.04.2011 28,4 % 34,8 % 10,8 % 6,5 % 8,5 %
Eurosondagem 31.03.2011 30,4 % 37,3 % 10,7 % 7,7 % 8,4 %
Marktest 25.03.2011 24,6 % 46,7 % 6,3 % 8,9 % 6,7 %
Aximage 10.03.2011 27,9 % 37,9 % 8,9 % 6,5 % 10,7 %
Eurosondagem 04.03.2011 30,6 % 36,9 % 9,9 % 7,7 % 8,6 %
Marktest 24.02.2011 29,1 % 47,8 % 4,2 % 5,9 % 6,1 %
Eurosondagem 11.02.2011 29,3 % 36,3 % 10,2 % 9,5 % 9,2 %
Aximage 04.02.2011 27,8 % 37,8 % 9,5 % 6,5 % 9,3 %
Intercampus 23.01.2011 30,8 % 36,8 % 5,8 % 7,1 % 7,3 %
Aximage 04.01.2011 25,4 % 38,3 % 8,8 % 7,5 % 9,9 %
Dernières élections 27.09.2009 36,56 % 29,11 % 10,43 % 9,81 % 7,86 %

Thèmes et faits marquants

L'appel à l'aide extérieure

José Sócrates.

Dès le , l'agence de notation financière Fitch Ratings dégrade la note de la dette publique portugaise de trois crans, la laissant juste au-dessus du stade « spéculatif »[34], ce qui conduit Pedro Passos Coelho à affirmer qu'il soutiendra le gouvernement s'il demande l'aide extérieure de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI)[35], un jour après que le ministre des Finances, Teixeira dos Santos, ait affirmé la nécessité de recourir à l'assistance internationale mais qu'il ne disposait pas de la « légitimité » pour le faire[36]. Le lendemain, le président du PPD/PSD confirme que s'il prend la tête du gouvernement, il fera appel à l'aide extérieure[37], s'attirant de sévères critiques de José Sócrates[38], tandis que Jerónimo de Sousa renvoie PS et PPD/PSD dos-à-dos[39]. Finalement, Teixeira dos Santos fait savoir le 6 avril que le gouvernement a l'intention de faire appel à l'assistance financière internationale, dénonçant parallèlement comme cause de cet appel le rejet du plan d'austérité par les députés[40]. José Sócrates déclare le soir même qu'il a déjà fait la demande auprès de la Commission européenne, et qu'il en a avisé le chef de l'État[41].

Les premières manœuvres

Deux jours plus tôt, le BE avait annoncé la tenue d'une réunion avec la direction du PCP, alimentant les rumeurs d'une alliance à gauche du PS[42], une idée rapidement rejetée par le secrétaire général du Parti communiste[43] mais soutenue par un courant du Bloc[44]. À l'issue de cette rencontre, les dirigeants des deux formations affirment simplement « de multiples convergences dans le domaine économique et financier », sans annoncer de coalition[45].

Les 9 et 10 avril, le PS organise pour sa part sont dix-septième congrès national à Matosinhos, au cours duquel le parti fait la démonstration d'une unité sans faille[46],[47], y compris autour de son secrétaire général[48],[49],[50], attaquant clairement le PPD/PSD qu'il rend responsable de la crise et de l'appel à l'aide financière[51], ce à quoi Pedro Passos Coelho répond en déclarant que « Malheureusement, le PS nous a habitués à rendre tout le monde plus responsable que lui »[52]. Il annonce ensuite, sur sa page Facebook, que l'ancien candidat indépendant à l'élection présidentielle du 23 janvier 2011, Fernando Nobre, qui avait recueilli 14,1 % des suffrages, mènera la liste sociale-démocrate dans le district de Lisbonne et que, en cas de victoire, il prendra la présidence de l'Assemblée de la République[53], une décision contestée à gauche et dans son propre camp[54],[55].

Pedro Passos Coelho.

À l'occasion d'une interview télévisée le 11 avril, le chef de l'opposition récuse toute responsabilité dans le déclenchement de la crise et attaque durement le chef du gouvernement, en l'accusant d'avoir démissionné « quand il a su qu'il n'y avait plus d'argent, qu'il laissait l'État sans argent pour payer ses engagements internationaux » et qu'il « préférait voir les autres régler ce problème »[56]. Il ajoute toutefois qu'il souhaite constituer un « gouvernement d'union », y compris avec les socialistes, mais sans José Sócrates, qui n'a « aucune capacité de dialogue »[57]. Il défend ensuite une vision résolument libérale, car selon lui la croissance ne pourra revenir que grâce au secteur privé et à la baisse des dépenses publiques[58].

Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères Luís Amado ferme la porte à toute alliance avec la CDU et/ou le BE en déclarant que « comme on l'a vu au cours dernière législature », il est « absolument impossible » d'envisager une coalition gouvernementale stable à gauche, et donc que « naturellement », un gouvernement majoritaire ne peut être formé « qu'à la droite du PS »[59]. Le 16 avril, Fernando Nobre relance la polémique concernant son choix comme candidat en déclarant, dans un entretien à l'hebdomadaire Expresso qu'il n'a pas lu le programme social-démocrate, affirmant sa confiance en Pedro Passos Coelho, et qu'il ne siégera comme député qu'à la seule condition de présider l'Assemblée[60].

L'appel à l'unité du 25 avril

Le 25 avril, jour anniversaire de la révolution des Œillets, le président Cavaco Silva, relayé par son prédécesseur Jorge Sampaio[61], a appelé les différentes formations politiques à ne pas compromettre, au cours de la campagne, leur capacité à constituer une coalition gouvernementale, rappelant que « il est impérieux de créer des espaces d'entente qui assurent des solutions stables et crédibles de gouvernement »[62]. Semblant lui faire écho, le président du CDS/PP, a demandé le même jour aux partis de « baisser leurs bannières partisanes »[63]. De son côté, le Premier ministre, reconnaissant l'importance des déclarations présidentielles, affirme appeler depuis longtemps au dialogue et que de nombreuses situations auraient pu être évitées si le paysage politique se trouvait dans cet esprit[64]. L'ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle de janvier, Manuel Alegre, s'est déclaré, quelques jours plus tard, critique de cette intervention du chef de l'État, rappelant que le gouvernement est formé dans le cadre de l'Assemblée, issue de la volonté des électeurs[65].

Le refus d'une grande coalition

Dès le lendemain, lors d'une entretien télévisé, il se dit prêt à négocier et s'allier avec les sociaux-démocrates, avec qui un accord est « possible et souhaitable », et ce « qui que soit le chef » du parti, ajoutant qu'aujourd'hui plus que jamais, le pays a besoin que les formations politiques puissent s'entendre et définir une « zone de consensus »[66], une offre rejetée par Pedro Passos Coelho, pour qui une alliance gouvernementale ne peut se constituer qu'après les élections, dont il souligne le rôle de clarification de la situation politique actuelle, précisant que s'il était amené à former le futur exécutif, celui-ci serait ouvert « à d'autres partis et même jusqu'à des personnalités qui n'ont pas de cartes d'adhérent »[67]. Une semaine plus tard, le président du CDS/PP, Paulo Portas, rappelle qu'il défend « un gouvernement de changement », excluant de facto la constitution d'une coalition entre les deux formations de centre droit et le PS[68].

Le CDS, un troisième parti qui se renforce

Paulo Portas.

Après avoir désigné Paulo Portas comme « candidat au poste de Premier ministre », à l'instar de Sócrates et Passos Coelho, à la fin du mois d'avril[69], le Parti populaire entame une ascension dans les sondages à compter du 13 mai, les enquêtes d'opinion le situant aux alentours de 13 % d'intentions de vote, ce qui constituerait son meilleur résultat depuis 1976.

L'ancien président du PPD/PSD et désormais commentateur politique sur la chaîne TVI, Marcelo Rebelo de Sousa, dénonce, à cet égard, une « mauvaise situation pour le pays », car avec un tel score, les deux principaux partis seraient à égalité et « qui dirigerait le Portugal ? Le CDS ! » alors que, selon lui, Paulo Portas n'est pas une alternative à l'actuel chef du gouvernement, comme il tente de le montrer[70]. Ces déclarations ont été condamnées par le député européen Nuno Melo, vice-président du CDS/PP, qui lui demande d'être digne dans ses fonctions et contenir ses propos[71].

Au soir du 20 mai, alors que se déroule le dernier débat télévisé, opposant José Sócrates et Pedro Passos Coelho, Portas intervient devant la presse afin de se présenter comme une « alternative », affirmant que « beaucoup de socialistes ne veulent plus de Sócrates et beaucoup de sociaux-démocrates ne veulent pas primer le PSD » et accentuant ses différences avec les deux grandes formations, que ce soit sur le gel des pensions ou les grands projets d'infrastructures[72]. Quatre jours plus tard, il appelle les électeurs à donner au CDS/PP « plus de votes que le PCP et le BE réunis », un score nécessaire pour ce qu'il appelle une « majorité de changement sérieux »[73].

Programmes politiques

Parti Slogan Principales mesures
Parti socialiste[74] « Défendre le Portugal – Construire l'avenir »
« Defender Portugal – Construir o futuro »
  • Augmentation du taux de scolarisation des jeunes et renforcement de la qualification des Portugais, par l'appui à la rénovation du parc scolaire et des conditions de travail dans les écoles
  • Consolidation de l'investissement dans les énergies renouvelables (pour atteindre l'objectif de 31 % d'énergies renouvelables dans l'énergie totale consommée) et efficience énergétique
  • Affirmation du secteur exportateur
  • Investissement dans la science
  • Agenda numérique
  • Simplification et modernisation de l'administration
  • Consolidation et qualification des réseaux de soins et d'équipements sociaux
Parti social-démocrate[75] « Il est temps de changer »
« Está na hora de mudar »
  • Réformer la loi électorale et réduire le nombre de députés
  • Accroître la décentralisation politico-administrative
  • Réduire et rationaliser les dépenses, faire appel à l'épargne et réduire l'endettement
  • Introduire plus de flexibilité dans l'organisation du travail
  • Stimuler la production agricole et mettre l'accent sur les PME
  • Réduire la taille du gouvernement à dix ministres
  • Non-remplacement de 80 % des fonctionnaires partant à la retraite
  • Décentraliser l'éducation et l'enseignement
CDS – Parti populaire[76] « C'est le moment – Pour toi. Pour tous. Pour le Portugal. »
« Este é o momento – Para ti. Para todos. Portugal »
  • Limiter l'endettement public par la Constitution
  • Réduire l'investissement et les dépenses publics et les responsabiliser
  • Donné la priorité aux PME et entreprises qui exportent
  • Simplifier la fiscalité et accroître la lutte contre la fraude fiscale
  • Renforcer le ministère de l'Agriculture et atteindre la souveraineté alimentaire
  • Simplifier les programmes et structures administratifs
  • Augmenter les pensions et stimuler le travail indépendant
  • Décentraliser l'enseignement
  • Améliorer le fonctionnement de la justice et renforcer la sécurité publique
Bloc de gauche[77] « Changer de futur – Pour l'emploi et la justice fiscale »
« Mudar de futuro – Pelo emprego e pela justiça fiscal »
  • Procéder à un audit et une renégociation de la dette
  • Réduire et responsabiliser les dépenses
  • Créer un « fonds national de sauvetage » pour la dette
  • Instituer un impôt unique sur le patrimoine et taxer les opérations boursières
  • Mobiliser l'épargne et renforcer la banque publique
  • Assumer l'investissement public
  • Réduire la dépendance énergétique et alimentaire
  • Valoriser le travail et lutter contre la précarité, notamment par la hausse du salaire minimum
Coalition démocratique unitaire[78] « Pour une politique patriotique et de gauche »
« Por uma política patriótica e de esquerda »
  • Renégociation immédiate de la dette portugaise
  • Intervention conjointe des autres pays affrontant des problèmes d'endettement similaires
  • Diversification des sources de financement
  • Renforcement des investissements publics, tournés vers l'industrie, l'agriculture et la pêche
  • Utilisation intégrale de toutes les ressources nationales
  • Défense et reconstruction d'un secteur public économique fort et dynamique
  • Fort investissement dans les très petites, petites et moyennes entreprises, dynamisation et défense du marché intérieur

Débats télévisés

Le , la liste des débats entre les candidats à la présidence du Conseil des ministres est dévoilée. Comme l'avait réclamé le Parti social-démocrate, le Parti populaire et le Bloc de gauche[79], il n'y aura que des face-à-face.

Ordre des débats pré-électoraux[80]
1er débatteur Chaîne – Date 2e débatteur
Paulo Portas RTP Jerónimo de Sousa
José Sócrates TVI Paulo Portas
Pedro Passos Coelho TVI Jerónimo de Sousa
José Sócrates SIC Francisco Louçã
Francisco Louçã RTP Jerónimo de Sousa
Pedro Passos Coelho SIC Paulo Portas
José Sócrates SIC Jerónimo de Sousa
Pedro Passos Coelho TVI Francisco Louçã
Paulo Portas SIC Francisco Louçã
Pedro Passos Coelho RTP José Sócrates

Résultats

Scores

Résultats des élections législatives portugaises de 2011[81]
Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate (PPD/PSD) 2 159 181 40,31 en augmentation 10,27 108 en augmentation 27
Parti socialiste (PS) 1 566 347 29,24 en diminution 8,49 74 en diminution 23
CDS – Parti populaire (CDS-PP) 653 888 12,21 en augmentation 1,44 24 en augmentation 3
Coalition démocratique unitaire (CDU) 441 147 8,23 en augmentation 0,12 16[a] en augmentation 1
Bloc de gauche (BE) 288 923 5,39 en diminution 4,73 8 en diminution 8
Parti communiste des travailleurs portugais (PCTP) 62 610 1,17 en augmentation 0,21 0 en stagnation
Parti pour les animaux et pour la nature (PAN) 57 995 1,08 Nv. 0 en stagnation
Parti de la Terre (MPT) 22 705 0,42 N/A 0 en stagnation
Mouvement Espoir pour le Portugal (MEP) 21 942 0,41 en diminution 0,06 0 en stagnation
Parti national rénovateur (PNR) 17 548 0,33 en augmentation 0,12 0 en stagnation
Parti travailliste portugais (PTP) 16 895 0,31 en augmentation 0,22 0 en stagnation
Parti populaire monarchiste (PPM) 14 687 0,27 en diminution 0,01 0 en stagnation
Parti de la nouvelle démocratie (PND) 11 806 0,22 en diminution 0,18 0 en stagnation
Portugal Pro-vie (PPV) 8 209 0,15 en stagnation 0 en stagnation
Parti ouvrier d'unité socialiste (POUS) 4 572 0,08 en stagnation 0 en stagnation
Parti démocratique de l'Atlantique (PDA) 4 569 0,08 Abs. 0 en stagnation
Parti humaniste (PH) 3 588 0,07 N/A 0 en stagnation
Suffrages exprimés 5 356 612 95,92
Votes blancs 148 638 2,66
Votesnuls 79 399 1,42
Total 5 584 629 100 - 230 en stagnation
Abstention 4 039 725 41,97
Inscrits/Participation 9 624 354 58,03

Résultats par districts

Résumé

Circonscription PPD/PSD PS CDS-PP CDU BE Autres Total
Sièges
% Élus % Élus % Élus % Élus % Élus %
Aveiro 46,36 8 27,04 5 13,44 2 4,27 5,24 1 3,64 16
Beja 24,54 1 30,91 1 7,57 26,33 1 5,39 5,24 3
Braga 41,63 9 34,13 7 10,79 2 5,08 1 4,38 3,99 19
Bragance 53,82 2 26,99 1 11,46 2,68 2,37 2,70 3
Castelo Branco 39,84 2 36,56 2 10,09 5,14 4,40 3,98 4
Coimbra 42,24 5 30,72 3 10,39 1 6,56 6,05 4,05 9
Évora 28,52 1 30,04 1 9,02 22,78 1 5,07 4,54 3
Faro 38,76 4 24,04 2 13,27 1 9,00 1 8,53 1 6,39 9
Guarda 48,38 3 29,53 1 11,72 3,71 3,50 3,13 4
Leiria 49,50 6 21,81 3 13,47 1 5,23 5,65 4,34 10
Lisbonne 35,55 18 28,68 14 14,36 7 9,95 5 5,96 3 5,49 47
Portalegre 33,74 1 33,69 1 10,57 13,35 4,65 2,25 2
Porto 40,67 17 33,26 14 10,39 4 6,46 2 5,33 2 3,86 39
Santarém 39,39 5 27,10 3 12,87 1 9,45 1 6,07 5,10 10
Setúbal 26,23 5 28,01 5 12,63 2 20,41 4 7,37 1 5,35 17
Viana do Castelo 45,53 3 27,34 2 14,04 1 5,14 4,59 3,36 6
Vila Real 52,96 3 30,01 2 8,95 3,15 2,40 2,51 5
Viseu 50,42 5 27,81 3 12,89 1 2,99 2,97 2,91 9
Açores 49,49 3 26,92 2 12,65 2,66 4,60 3,66 5
Madère 51,14 4 15,17 1 14,14 1 3,80 4,15 11,60 6
Europe 34,01 1 46,13 1 6,36 5,14 3,85 4,50 2
Hors d'Europe 66,66 2 21,74 4,93 1,02 1,32 4,33 2
Total 40,31 108 29,24 74 12,21 24 8,23 16 5,39 8 4,59 230

Détaillé

Conséquences

Notes et références

Annexes

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