Élections législatives portugaises de 2025

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Inscrits10 848 816
Votants6 319 969
Blancs et nuls260 648
Élections législatives portugaises de 2025
230 députés de l'Assemblée de la République
(Majorité absolue : 116 députés)
Corps électoral et résultats
Inscrits 10 848 816
Votants 6 319 969
58,25% en diminution 1,7
Blancs et nuls 260 648
PSD/CDS  Luís Montenegro
Voix 2 008 488
33,15%
en augmentation 3
Sièges obtenus 91 en augmentation 11
PS  Pedro Nuno Santos
Voix 1 442 546
23,81%
en diminution 5,5
Sièges obtenus 58 en diminution 20
CH  André Ventura
Voix 1 438 554
23,74%
en augmentation 4,9
Sièges obtenus 60 en augmentation 10
IL  Rui Rocha
Voix 338 974
5,59%
en augmentation 0,4
Sièges obtenus 9 en augmentation 1
LIBRE  Rui Tavares
Voix 257 291
4,25%
en augmentation 0,9
Sièges obtenus 6 en augmentation 2
Carte des résultats
Carte
Premier ministre
Sortant Élu
Luís Montenegro
PSD
Luís Montenegro
PSD

Les élections législatives portugaises de 2025 ont lieu le afin de renouveler les 230 sièges de l'Assemblée de la République pour la XVIIe législature.

Initialement prévues en 2028 au plus tard, elles ont lieu de manière anticipée en raison de la démission du Premier ministre Luís Montenegro après la chute de son gouvernement minoritaire. Ce dernier est en effet visé par une affaire de possible conflits d'intérêts concernant son entreprise de conseil Spinumviva, favorisée par les projets de loi du gouvernement. L'affaire conduit le Premier ministre à démissionner après avoir échouer à obtenir la confiance des députés le .

Le scrutin voit arriver en tête l'Alliance démocratique (AD) – Coalition PSD/CDS de Luís Montenegro, tandis que le Parti socialiste (PS) de Pedro Nuno Santos connait un important recul, qui conduit ce dernier à annoncer son retrait de la présidence du parti. Les élections sont également une victoire pour Chega (CH), qui connait le meilleur résultat de son histoire. Arrivé troisième en termes de suffrages, Chega devient deuxième en termes de sièges, ce qui permet à son dirigeant André Ventura de ravir à Pedro Nuno Santos la place de Chef de l'opposition.

En tête et en hausse par rapport aux élections précédentes malgré l'affaire ayant provoqué la chute du gouvernement sortant, la coalition gouvernementale maintient le cordon sanitaire visant Chega, tout en refusant la formation d'une grande coalition avec le PS. Les deux grands partis réitèrent leur décision de permettre à Luís Montenegro de former un nouveau gouvernement minoritaire, ce qu'il fait le

Élections précédentes

À l'issue des élections législatives portugaises de 2024, la coalition des partis de centre droit Alliance démocratique (AD) arrive en tête mais échoue à remporter la majorité absolue, même avec le renfort extérieur de l'Initiative libérale (IL). La droite réaffirme ensuite son refus de gouverner avec le parti d'extrême droite Chega (CH), qui arrive troisième derrière le Parti socialiste (PS) au pouvoir et qui indique pour sa part ne pas vouloir faire obstacle à l'accession de l'AD au pouvoir[1].

Le , Marcelo Rebelo de Sousa confie au président du Parti social-démocrate (PPD/PSD) et chef de file de l'Alliance démocratique Luís Montenegro la mission de former le nouveau gouvernement portugais[2]. La liste des ministres est dévoilée le [3]. La prise de fonction du gouvernement a lieu le suivant[4]. Le , l'Assemblée de la République rejette les motions de rejet du programme gouvernemental déposées par le Bloc de gauche (BE) et le Parti communiste (PCP), par 137 et 138 voix contre, 78 et 77 abstentions, et 13 voix pour[5].

Le Premier ministre obtient le l'adoption de son projet de loi de finances grâce à l'abstention des députés du Parti socialiste[6].

Crise politique de 2025

Le journal Correio da Manhã évoque en l'existence d'un possible conflit d'intérêts entre une modification législative promue par le gouvernement et les activités de l'entreprise Spinumviva fondée par le Premier ministre et dirigée par son épouse, ce qui suscite des critiques virulentes de l'opposition[7]. Luís Montenegro annonce le qu'il se soumettra à un vote de confiance à l'Assemblée de la République, après le rejet de deux motions de censure[8].

N'obtenant pas la confiance de l'Assemblée lors du vote, le , il présente automatiquement sa démission en vertu des dispositions de l'article 195 de la Constitution portugaise[9]. Cette démission forcée ouvre la voie à la tenue d'élections législatives anticipées au mois de mai suivant, les troisièmes depuis [10]. C'est la première fois depuis que le gouvernement perd un vote de confiance[11]. Le président de la République, qui avait précédemment annoncé son intention de dissoudre l'Assemblée en cas de défaite du gouvernement[12], consulte les partis politiques et le Conseil d'État, puis annonce le qu'il convoque des élections anticipées le [13].

Système électoral

Le Portugal est doté d'un parlement monocaméral, l'Assemblée de la République, composé de 230 sièges pourvus tous les quatre ans selon un mode de scrutin proportionnel plurinominal à listes bloquées dans 22 circonscriptions électorales. Après décompte des voix, la répartition des sièges se fait à la proportionnelle selon la méthode D'Hondt, sans seuil électoral prédéfini.

Dix-huit circonscriptions correspondent aux districts du Portugal et deux aux régions autonomes de Madère et des Açores. Enfin, les Portugais de la diaspora élisent deux sièges en Europe et deux autres dans le reste du monde[14].

Le nombre de sièges attribué à chaque circonscription reste identique à celui du scrutin précédent[15].

Listes

Ayant représentation parlementaire

Parti Positionnement et idéologie Chef de file Résultats précédents Sièges actuels
% Sièges
AD – Coalition PSD/CDS
AD Centre droit à droite
Libéral-conservatisme
Luís Montenegro
(Premier ministre)
30,14
80  /  230
80  /  230
Parti socialiste PS Centre gauche
Social-démocratie
Pedro Nuno Santos 29,80
78  /  230
78  /  230
CHEGA CH Extrême droite
Populisme de droite, nationalisme
André Ventura 18,88
50  /  230
49  /  230
Initiative libérale IL Centre droit à droite
Libéralisme classique
Rui Rocha 5,16
8  /  230
8  /  230
Bloc de gauche BE Extrême gauche à gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme
Mariana Mortágua 4,56
5  /  230
5  /  230
Coalition démocratique unitaire
CDU Extrême gauche à gauche
Communisme, écosocialisme
Paulo Raimundo (pt) 3,32
4  /  230
4  /  230
LIBRE L Gauche à centre gauche
Écosocialisme
Rui Tavares[a]
Isabel Mendes Lopes (en)[b]
3,31
4  /  230
4  /  230
Personnes–Animaux–Nature PAN Centre gauche
Animalisme, écologisme
Inês Sousa Real 2,04
1  /  230
1  /  230

Extra-parlementaires

Le Parti de la Terre a signé un accord avec l'alliance PSD-CDS dans le Portugal continental, mais présentera des listes dans les Açores et Madère[16],[17], tandis que le Parti populaire monarchiste présente des listes dans toutes les circonscriptions, mais s'allie avec l'alliance PSD-CDS dans la circonscription des Açores.

Liste Positionnement et idéologie Chef de file Résultats précédents
% Sièges
Alternative démocratique nationale ADN Extrême droite
Populisme, complotisme
Bruno Fialho (pt) 1,65
0  /  230
Réagir, inclure, recycler RIR Syncrétique
Humanisme, populisme
Márcia Henriques 0,42
0  /  230
Ensemble pour le peuple JPP Centre
Régionalisme, social-libéralisme,
Filipe Sousa 0,31
0  /  230
Nouvelle Droite ND Droite
Conservatisme
Ossanda Líber (pt) 0,27
0  /  230
Parti communiste des travailleurs portugais PCTP/MRPP Extrême gauche
Marxisme, maoïsme
Cidália Guerreiro 0,25
0  /  230
Volt Portugal VP Centre gauche à centre
Fédéralisme européen, progressisme
Duarte Costa 0,19
0  /  230
Ergue-te E Extrême droite
Ultranationalisme, nativisme
Rui Fonseca e Castro 0,10
0  /  230
Parti de la Terre MPT Centre droit
Éco-capitalisme, libéralisme vert
0,07[c]
0  /  230
Parti travailliste portugais PTP Gauche à centre gauche
Travaillisme
Edgar Silva 0,04
0  /  230
Nous, citoyens ! NC Centre droit
Libéralisme, société civile
Joaquim Rocha Afonso (pt) 0,04
0  /  230
Parti populaire monarchiste PPM Droite
Monarchisme, conservatisme
Gonçalo da Câmara Pereira En alliance avec le
PSD et le CDS
Parti libéral-social PLS Centre à centre droit
Libéralisme social
Nouveau
(inscrit en 2025)

Listes par circonscriptions

X = présente une liste, — = ne présente pas de liste

Listes par circonscriptions[18]
Partis Circonscriptions
A Be Bra Brg CB Co E F G Le Li Pa Po Sa Se VdC VR Vs Ma Eu HE
PSD/CDS X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
PS X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
CH X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
IL X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
BE X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
CDU X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
L X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
PAN X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
ADN X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
RIR X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
JPP X X X X X X X X X X
ND X X X X X X X X X X X X X
PCTP X X [d] X X X X X X X
VP X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
E X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X
MPT [e] X X [e]
PTP X
NC X X X X X X X X
PPM X X X X X X X X X X X X X X X X X X [f] X X X
PLS X X X X X

Sondages

Moyenne lissée des sondages depuis les précédentes élections

Résultats

Nationaux

Résultats des élections législatives portugaises de 2025[19]
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate (PPD/PSD) 1 971 602 32,54 en augmentation 3,08 86 en augmentation 10
CDS – Parti populaire (CDS-PP) 2 en stagnation
PSD/CDS/PPM[g] 36 886 0,61 en diminution 0,07 3[h] en augmentation 1
Total ADCoalition PSD/CDS (PPD/PSD.CDS-PP) 2 008 488 33,15 en augmentation 3,01 91 en augmentation 11
Parti socialiste (PS) 1 442 546 23,81 en diminution 5,45 58 en diminution 20
Chega (CH) 1 438 554 23,74 en augmentation 4,86 60 en augmentation 10
Initiative libérale (IL) 338 974 5,59 en augmentation 0,43 9 en augmentation 1
LIBRE (L) 257 291 4,25 en augmentation 0,94 6 en augmentation 2
Coalition démocratique unitaire (PCP-PEV) 183 686 3,03 en diminution 0,29 3[i] en diminution 1
Bloc de gauche (BE) 125 808 2,08 en diminution 2,48 1 en diminution 4
Personnes–Animaux–Nature (PAN) 86 930 1,43 en diminution 0,61 1 en stagnation
Alternative démocratique nationale (ADN) 81 660 1,35 en diminution 0,30 0 en stagnation
Ensemble pour le peuple (JPP) 20 900 0,34 en augmentation 0,03 1 en augmentation 1
Réagir, inclure, recycler (RIR) 14 021 0,23 en diminution 0,19 0 en stagnation
Volt Portugal (VP) 12 150 0,20 en augmentation 0,01 0 en stagnation
Parti communiste des travailleurs portugais (PCTP/MRPP) 11 896 0,20 en diminution 0,05 0 en stagnation
Nouvelle Droite (ND) 10 216 0,17 en diminution 0,10 0 en stagnation
Ergue-te (E) 9 046 0,15 en augmentation 0,05 0 en stagnation
Parti libéral-social (PLS) 7 332 0,12 Nv. 0 en stagnation
Parti populaire monarchiste (PPM) 5 616 0,09 en augmentation 0,08[j] 0 en stagnation
Nous, citoyens ! (NC) 3 304 0,05 en augmentation 0,01 0 en stagnation
Parti de la Terre (MPT)[e] 478 0,01 en diminution 0,06[k] 0 en stagnation
Parti travailliste portugais (PTP) 425 0,01 en diminution 0,03 0 en stagnation
Suffrages exprimés 6 059 321 97,60
Votes blancs 87 654 0,81
Votes invalides 172 994 1,59
Total 6 319 969 100 230 en stagnation
Abstentions 4 468 847 41,75
Inscrits/Participation 10 848 816 58,25

Résultats par districts

Résumé

Circonscription PSD/CDS PS CH IL L CDU BE PAN JPP Autres Total
Sièges
% Élus % Élus % Élus % Élus % Élus % Élus % Élus % Élus % Élus %
Aveiro 40,52 7 22,29 4 21,25 4 5,81 1 3,16 1,22 1,74 1,27 2,75 16
Beja 21,39 1 27,12 1 28,38 1 2,00 2,15 13,88 1,89 0,88 2,31 3
Braga 37,33 8 23,67 5 22,59 5 6,92 1 3,13 1,73 1,89 0,98 0,06 1,70 19
Bragance 44,90 2 26,08 1 20,95 2,26 1,16 1,06 0,87 0,67 2,05 3
Castelo Branco 33,20 2 29,39 1 24,02 1 3,11 2,62 2,20 1,69 0,93 2,83 4
Coimbra 35,44 4 28,25 3 18,96 2 4,58 4,18 2,59 2,24 1,26 0,07 2,43 9
Évora 25,41 1 28,48 1 25,43 1 2,91 2,77 10,42 1,79 0,95 1,83 3
Faro 26,35 3 21,00 2 34,67 4 4,46 3,43 2,74 2,54 1,85 0,12 2,83 9
Guarda 40,75 1 27,20 1 21,76 1 2,52 1,55 1,31 1,27 0,77 2,88 3
Leiria 38,24 5 19,59 2 23,81 3 6,22 3,62 2,13 1,98 1,21 3,20 10
Lisbonne 29,08 15[l] 24,19 12 21,34 11 7,79 4 7,02 3 3,64 1 2,40 1 1,87 1 0,07 2,59 48
Portalegre 27,36 28,79 1 30,72 1 1,97 1,76 5,36 1,31 0,71 2,01 2
Porto 34,99 15[l] 24,57 11 21,14 9 6,25 2 4,40 2 2,33 1 2,07 1,53 0,07 2,66 40
Santarém 31,39 4 23,34 2 28,87 3 4,03 3,30 3,69 1,84 1,16 2,39 9
Setúbal 21,46 5 25,54 5 26,98 6 5,63 1 5,95 1 7,26 1 2,72 1,92 0,09 2,45 19
Viana do Castelo 40,65 3 22,31 1 23,59 1 3,92 2,67 2,03 1,68 0,95 2,20 5
Vila Real 45,45 3 25,18 1 20,50 1 2,23 1,57 1,26 1,03 0,70 2,09 5
Viseu 43,93 4 22,47 2 22,76 2 3,21 2,18 1,24 1,23 2,98 8
Açores 38,13 3 24,63 1 23,83 1 3,60 2,62 1,27 2,18 1,36 0,28 2,11 5
Madère 42,07 3 13,70 1 21,27 1 2,68 1,28 1,29 1,37 1,06 12,53 1 2,75 6
Europe 21,67 1 20,03 41,71 1 3,74 3,26 1,28 2,75 2,36 0,32 2,89 2
Hors d'Europe 29,39 1 20,25 31,17 1 3,18 1,54 0,90 2,71 3,11 0,37 7,38 2
Total 33,15 91 23,81 58 23,74 60 5,59 9 4,25 6 3,03 3 2,08 1 1,43 1 0,34 1 2,58 230

Détaillé

Analyse et conséquences

Résultats en sièges par circonscription.
Partis arrivés en tête par commune.

Les élections voient arriver en tête l'Alliance démocratique (AD) – Coalition PSD/CDS du Premier ministre Luís Montenegro, avec des résultats en hausse par rapport à celles de 2024. Le succès du Premier ministre malgré sa chute sur une question de confiance pour une affaire de conflit d'intérêts fait notamment ressortir le peu d'effet des « affaires » sur la campagne. S'il n'obtient pas la majorité absolue dans le cadre d'un système électoral proportionnel où cette dernière est rare, il distance cette fois ci nettement son principal adversaire, le Parti socialiste (PS)[20]. Luís Montenegro se voit ainsi assuré de se maintenir au poste de Premier ministre, ce qui l'amène à déclarer que « Le peuple a parlé, il a accordé un vote de confiance à ce gouvernement, c’est une grande victoire »[21].

Mené par Pedro Nuno Santos, le Parti socialiste sort en effet grand perdant du scrutin, qui le voit essuyer la perte d'un quart de ses sièges. Là où la défaite du parti l'année précédente s'était faite « de justesse » sur moins d'un pour cent des voix par rapport à l'AD, le PS est cette fois ci distancé de près de dix points de pourcentages. Le recul est particulièrement sévère pour le parti, qui réunissait à lui seul la majorité absolue des sièges trois. ans plus tôt. Sa troisième place en termes de sièges fait notamment perdre son rôle de Chef de l'opposition à Pedro Nuno Santos, qui reconnait sa défaite et annonce dans la soirée son intention de se retirer de la présidence du parti après l'organisation d'une élection interne, pour laquelle il ne sera pas candidat[22],[23]. Le journal Observador évoque une « déroute » tandis que le quotidien Público titre sur un « cataclysme » et regrette au lendemain du scrutin que « Le pays rouge au sud est un lointain souvenir, maintenant que la couleur dominante est le 'bleu Chega'" »[20],[24].

Les élections sont en effet une victoire pour Chega (CH), qui sort deuxième grand gagnant du scrutin. La formation d'André Ventura réalise ainsi son meilleur résultat depuis sa création six ans plus tôt, avec plus d'un quart des sièges. L'ascension du parti d'extrême droite est remarquée dans la presse internationale, Chega ne détenant encore qu'un seul siège moins de six ans auparavant, permettant au pays de se croire alors « immunisé » à la montée des extrêmes constatée partout ailleurs en Europe. Arrivé troisième en termes de suffrages et même deuxième en termes de sièges, le parti aurait bénéficié de la prédominance dans la campagne des thèmes de l'éthique des politiciens et de l'immigration, deux thèmes chers au parti. Confronté à une forte hausse de l'immigration, le Portugal a ainsi vu quadruplé sa population d'étrangers depuis 2017, atteignant en 2025 près de 15 % de la population[25],[26]. Tout comme l'AD, Chega sort indemne des scandales ayant émaillés la campagne, qui avait vue des élus du parti être accusés de vol de valises à l'aéroport de la capitale Lisbonne ou de proxénétisme. Devenu officiellement Chef de l'opposition, André Ventura se félicite au soir du scrutin d'avoir « tué le bipartisme ». Sa formation demeure cependant l'objet d'un cordon sanitaire de la part des autres partis, dont surtout la coalition de Luís Montenegro, rendant impossible son accession au pouvoir[20],[24]. Le Premier ministre sortant avait ainsi porté le slogan « Non, c'est non » au cours de la campagne, résumant ainsi sa position vis-à-vis d'une coalition avec Chega[21].

S'il obtient un très faible résultat et un seul siège, le parti Ensemble pour le peuple (JPP) se fait remarquer en devenant le premier parti régional à entrer au parlement dans l'histoire de la République portugaise. Son chef, Filipe Sousa, promet à cette occasion d'être la « voix des îles [de Madère] »[27],[28].

Malgré les bons résultats de l'Alliance démocratique, qui l'amène à déclarer que « Le peuple souhaite ce gouvernement. Le peuple souhaite ce Premier ministre », Luís Montenegro n'obtient pas les moyens de mettre fin à son « inconfortable » situation de gouvernement minoritaire. Avec le refus de nouer une alliance avec Chega, la coalition ne dispose en effet pas d'alliés suffisants pour atteindre la majorité absolue, et ce malgré la légère progression de l'Initiative libérale (IL), arrivé quatrième[23],[21]. Reconnaissant qu'il en « aurait voulu plus », le dirigeant de cette dernière, Rui Rocha, rejette rapidement l'idée d'une telle alliance[29]. Luis Montenegro demeure néanmoins à l'abri de la formation d'une coalition à gauche par le PS, dont les alliés potentiels lui font tout autant défauts pour obtenir la majorité. Si le parti Libre obtient ses meilleurs résultats depuis sa création onze ans plus tôt, avec un total de six sièges[30], et se dénote comme la seule formation de gauche à connaître une progression, la Coalition démocratique unitaire (CDU) et le Bloc de gauche connaissent quant à eux leurs pires résultats, respectivement depuis 1987 et 1999[23],[21],[31]. Le président de la CDU, Paulo Raimundo, déclare avoir « résisté dans un contexte particulièrement exigeant »[32]. La dirigeante du Bloc de gauche, Mariana Mortágua, reconnait quant à elle une « grande défaite », tout en affirmant vouloir se maintenir lors du prochain congrès du parti[33].

Bien que ni le PS ni Chega ne constituent des partenaires de coalition viables, tous deux assurent ne pas avoir l'intention de faire tomber un nouveau gouvernement minoritaire. Ce dernier, dépendant de leur bon vouloir pour faire passer des lois, leur permet en effet de négocier au cas par cas le contenu des projets de loi, ainsi que du budget[21].

Formation du gouvernement

Notes et références

Voir aussi

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