Élections parlementaires chiliennes de 2025
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| Élections parlementaires chiliennes de 2025 | ||||||||||||||
| 155 sièges de la Chambre des députés (majorité absolue : 78 sièges) 23 des 50 sièges du Sénat (majorité absolue : 26 sièges) | ||||||||||||||
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| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 15 618 167 | |||||||||||||
| Votants | 13 403 182 | |||||||||||||
| 85,82 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés | 10 718 031 | |||||||||||||
| Votes blancs | 961 988 | |||||||||||||
| Votes nuls | 1 723 163 | |||||||||||||
| Unité pour le Chili | ||||||||||||||
| Voix | 3 280 644 | |||||||||||||
| 30,61 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 61 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 20 | |||||||||||||
| Changement pour le Chili | ||||||||||||||
| Voix | 2 467 220 | |||||||||||||
| 23,02 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 42 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 6 | |||||||||||||
| Chili grand et uni | ||||||||||||||
| Voix | 2 256 664 | |||||||||||||
| 21,05 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 34 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 18 | |||||||||||||
| Parti du peuple | ||||||||||||||
| Voix | 1 285 464 | |||||||||||||
| 11,99 % | ||||||||||||||
| Députés élus | 14 | |||||||||||||
| Sénateurs élus | 0 | |||||||||||||
| Résultats de la Chambre des députés par circonscription | ||||||||||||||
| Résultats du Sénat par circonscription | ||||||||||||||
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Les élections parlementaires chiliennes de 2025 se déroulent le afin de renouveler simultanément l'intégralité de la Chambre des députés et d'une partie du Sénat, les deux chambres du Congrès national, le parlement du Chili. Le premier tour de l'élection présidentielle est organisé le même jour[1].
La coalition de gauche unie, Unité pour le Chili, arrive légèrement en tête. Le bloc des coalitions de droite et d'extrême droite, arrivés respectivement troisièmes et deuxième, est cependant majoritaire au Sénat et presque aussi à la Chambre des députés. À titre individuel, le Parti républicain, d'extrême droite, est le parti ayant le plus de députés.
Présidence de Gabriel Boric

L'élection présidentielle chilienne de 2021 voit les candidats d'extrême droite José Antonio Kast et de gauche radicale Gabriel Boric se qualifier pour le second tour. Pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 1989, le second tour n'oppose pas des candidats issus des partis de centre droit et de centre gauche traditionnels. Boric remporte le second tour avec près de 56 % des voix, une première pour un candidat arrivé second à l'issue du premier tour. Il devient à 35 ans le plus jeune président de l'histoire du pays.
Le mandat de Gabriel Boric est notamment marqué par l'échec des référendums de 2022 et 2023 sur la mise en place d'une nouvelle constitution. Le Chili est en effet engagé pendant plusieurs années dans un processus de réécriture de sa Constitution, un mouvement de manifestations de grande ampleur à l'encontre des importantes inégalités sociales existantes ayant amené les principaux partis du pays à s’accorder sur la nécessité d'entreprendre ce changement. Bien que retardé par la pandémie de Covid-19, le référendum organisé le voit ainsi la population approuver à une très large majorité le remplacement de la constitution en vigueur. Adoptée en 1980 sous le régime de Pinochet, celle ci était fortement critiquée par les manifestants en raison de son origine ainsi que de son contenu néolibéral fortement inégalitaire, consacrant un modèle économique fondé sur la privatisation d'une large part des biens publics, y compris l'éducation, la santé, les retraites et l'accès à l'eau[2],[3],[4],[5]. Le succès du référendum conduit à la mise en place d'une Assemblée constituante élue lors d'élections constituantes organisées les 15 et , qui voient la percée des mouvements indépendants issus de la contestation envers le système politique et économique, au détriment des partis traditionnels, ainsi que la victoire des formations de gauche sur la liste unique de la droite, qui ne parvient pas à atteindre son objectif d'un tiers des sièges. La prépondérance des indépendants, de la gauche réunit dans la Liste d'approbation et de la gauche radicale dans celle d'Approbation dignité permet aux forces progressistes de disposer du quorum des deux tiers des voix au sein de la Constituante. N'étant ainsi pas soumis à la possibilité d'un véto de la part de la droite, celles ci entreprennent une refonte en profondeur de la Constitution[6],[7].
En fonction depuis un mois après sa victoire à l'élection présidentielle de 2021, le président Gabriel Boric reçoit en juillet 2022 le projet de Constitution issu des travaux de la Constituante, qu'il soumet à un référendum constitutionnel en [8]. Jugé trop radical, le projet de Constitution souffre cependant de nombreuses critiques aussi bien à droite qu'au centre droit et au centre gauche, les membres de l'Assemblée constituante étant accusés d'avoir délaissé les aspects techniques d'un texte constitutionnel au profit d'une vision « révolutionnaire »[9]. Les critiques se focalisent notamment sur l’affirmation de la « plurinationalité » du Chili au détriment du caractère unitaire de l’État, l’octroi de droits collectifs aux indigènes, le renforcement de l’intervention de l’État dans l'application de nouveaux droits jugés mal définis, ou encore la baisse des pouvoirs du Sénat[9],[10]. Le référendum de 2022 voit par conséquent le projet rejeté par une large majorité de près de 62 % des suffrages exprimés, dépassant les prédictions des sondages qui annonçaient déjà un échec du projet[11],[12].
Les élections constituantes chiliennes de 2023 voient arriver en tête le Parti républicain, l'un des partis les plus opposés à la réécriture de la Constitution. Mené par José Antonio Kast, candidat malheureux face à Gabriel Boric au second tour de l'élection présidentielle de 2021, le parti remporte à lui seul 22 sièges sur 51, bénéficiant des préoccupations de la population concernant l’immigration et l’insécurité, deux thématiques qui concentrent alors le débat politique au Chili[13]. Face à la position de force du Parti républicain, le président Gabriel Boric appelle ses membres à ne « pas commettre la même erreur » que les forces de gauche en 2021, lorsque ces dernières, majoritaire à l'Assemblée constituante, avait conçu un texte entièrement acquis à leur seules idées, au point d'être finalement rejetée par l'électorat faute de consensus[14].
Comme attendu, le projet de nouvelle Constitution est rejeté par les électeurs, bien qu'à une majorité plus faible que celui de 2022. Ce second échec met fin au processus constituant entamé trois ans plus tôt, le président Gabriel Boric réitérant au soir du scrutin sa position exprimée lors de la campagne en annonçant le processus constitutionnel « clos ». Considérant qu'aucune des deux constitutions soumises au vote n'a « réussi à représenter ou à unir le Chili dans sa belle diversité », et que celui ci est désormais confronté à « d'autres urgences », le président acte ainsi le maintien de la Constitution de 1980, malgré son adoption controversée sous le régime de Pinochet[15].
La décision de Gabriel Boric reflète un sentiment largement partagé chez une population confrontée aux problèmes économiques et sécuritaires, où domine désormais une atmosphère de désenchantement et de lassitude vis à vis de la question constitutionnelle, qui promettait de les unir avant de finalement les diviser[15],[16],[17].
Retour du vote obligatoire
Le vote obligatoire, qui avait été abandonné en 2012, est réintroduit en 2022, l'abstention touchant alors un tiers du corps électoral. Selon le politologue Rodrigo Medel, « un consensus s’est formé pour y revenir. La droite le souhaitait car elle était diminuée par son incapacité à canaliser le mouvement social de 2019. La gauche aussi, parce que le vote volontaire n’avait pas résorbé les différences de classes – les communes riches votant bien plus que les pauvres ». Selon les sondages, cette mesure aurait plutôt tendance à favoriser l’extrême droite populiste, les anciens abstentionnistes étant généralement mécontents de la classe politique traditionnelle, dans un contexte d'immigration de masse[18].
Système électoral

Le Congrès national est composé d'une chambre basse, la Chambre des députés, et d'une chambre haute, le Sénat. Toutes deux sont renouvelées tous les quatre ans, la Chambre des députés est renouvelée intégralement, tandis que le Sénat n'est renouvelé qu'à moitié.
La Chambre des députés est composée de 155 sièges pourvus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal dans 28 circonscriptions de trois à huit sièges, répartis après décompte des suffrages selon la méthode D'Hondt, sans seuil électoral[19].
Le Sénat est composé de 50 sénateurs élus pour huit ans et renouvelable par moitié au scrutin proportionnel plurinominal dans 15 circonscriptions de deux à cinq sénateurs correspondant en partie aux régions du Chili, selon la même méthode[20].