Émile Hugonnard

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Émile Hugonnard, aussi connu sous son surnom de Michel Hugonnard, né le à Lyon et mort le 9 novembre 1903 dans la même ville est un menuisier, ébéniste et pompier anarchiste français. Il est surtout connu pour avoir été accusé et condamné d'appartenance à l'Internationale lors du procès des 66, en janvier 1883.

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Émile Hugonnard
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Né à Lyon et exerçant plusieurs emplois, Hugonnard rejoint le mouvement anarchiste à un âge relativement jeune, avant ou au début de sa vingtaine d'années. Il côtoie plusieurs figures du mouvement à cette époque, comme Toussaint Bordat ou Émile Gautier, et est accusé, suite aux troubles de Montceau-les-Mines et à l'attentat de l'Assommoir, d'appartenir à l'Internationale. Il nie tout lien avec la Fédération révolutionnaire lyonnaise ou une telle organisation, mais le fait qu'il est actionnaire du Droit social et se rend à Villefranche-sur-Saône en tant que délégué de la fédération en question mènent à sa condamnation lors du procès. Il reçoit une des peines les moins élevées parmi les condamnés, six mois de prison ferme, cinquante francs d'amende et cinq ans de privation des droits civiques. Son appel échoue et sa peine est confirmée.

Hugonnard passe ensuite en Suisse, à Genève, où il reste avec sa famille jusqu'en 1887, lorsqu'il revient à Lyon. Au début des années 1890, il est encore actif au sein du mouvement anarchiste, participant au congrès de Genève (1890) et continuant à être arrêté par les autorités. Il meurt en 1903.

Biographie

Émile Hugonnard naît à Lyon le  : il est fils de Claudine Berlioz et Jean-Baptiste Hugonnard[1].

Il exerce comme menuisier, ébéniste et sapeur-pompier ; il devient aussi anarchiste[1]. Hugonnard habite alors au 110 rue Sully à Lyon[1],[2]. Au début des années 1880, il fait partie de la Fédération révolutionnaire de l'Est, réunissant la plupart des anarchistes de la région, avec ses deux soeurs, Louise et Marie Hugonnard[1].

Le 15 octobre 1881, il est signalé comme participant à une réunion privée de la Fédération tenue à la salle de l’Élisée du quartier de la Guillotière, et « décorée de douze drapeaux rouges et d’un drapeau noir avec franges blanches »[1]. Cette réunion, à laquelle il participe aux côtés de Bordat, Henri Boriasse, ou encore Joseph Bernard, est consacrée à la question tunisienne et rassemble environ 350 personnes[1].

Rapport sur le voyage de Hugonnard à Villefranche-sur-Saône (4 M 307 aux AD du Rhône - collections d'Archives Anarchistes)

En 1882, pendant les troubles de Montceau-les-Mines et après l'attentat de l'Assommoir, Hugonnard est arrêté avec Gleizal, Pinoy, Giraudon et vingt-cinq autres compagnons et incarcéré[1],[2]. Il est accusé lors du procès des 66 d'appartenir à l'Internationale anti-autoritaire ou à la Première Internationale, qui n'aurait pas disparu et est alors interdite par la loi Dufaure de 1872[3].

En janvier 1883, lors de la décision de justice à son propos, il est placé dans la catégorie la moins responsable de tous les condamnés, le juge se fondant en particulier sur le fait qu'il représente la Fédération révolutionnaire lyonnaise à une conférence anarchiste tenue à Villefranche-sur-Saône, aux côtés de Jean Baguet dit Bayet[1],[3]. Selon les autorités, il se serait trouvé en compagnie d'Émile Gautier, arrêté devant ses yeux à la gare de Vaise et aurait alors décidé de le remplacer[1]. Sa condamnation en première instance est de six mois de prison, cinquante francs d'amende et cinq ans de privation de droits civiques[1],[2],[3].

Hugonnard fait ensuite partie de l'appel jugé en mars 1883 pour le procès des 66[1],[2],[4]. Il nie avoir fait partie de la Fédération en question mais le juge soutient qu'une telle adhésion serait avérée par le fait qu'il participe à certains des titres de la première période de presse anarchiste lyonnaise, comme Le Droit social, dont il est actionnaire[4]. Sa peine est donc confirmée[1],[2],[4].

L'anarchiste passe ensuite en Suisse avec ses proches et rejoint Genève, où il exerce comme menuisier au 12 rue des Gares[1]. Vers la fin 1883, il est signalé comme membre d'un groupe nommé Les Justiciers où se trouvent aussi d'autres co-accusés du procès des 66, comme Philippe Sanlaville[1].

Rentré à Lyon en 1887 et installé au 7 rue Fournet, Hugonnard est membre du Groupe de la Guillottière et des Brotteaux, que l'historien Rolf Dupuy décrit comme « le plus important des groupes anarchistes lyonnais créés au début de 1890 »[1],[2]. En 1890, il participe par ailleurs au congrès de Genève mené par plusieurs groupes de la région qui établissent une Fédération internationale des revendications prolétariennes[1],[2]. Le compagnon Octave Jahn est un autre délégué notable de ce congrès[1],[2].

Au début de l'Ère des attentats (1892-1894), Hugonnard est « arrêté préventivement » avant le 1er mai 1892[1]. Sa soeur Louise, accusée comme lui d'association de malfaiteurs contre les personnes et les propriétés, est quant à elle laissée en liberté[1],[2]. Il est libéré environ une semaine plus tard[1],[2].

Il meurt le à Lyon[1].

Sources primaires

Sources publiées

Documents d'archive et de police

Collection du site-archive Archives Anarchistes versée à Commons et comprenant, surtout dans sa collection provenant des Archives départementales du Rhône :

  • Les dossiers concernant le procès des 66 : 4 M 308, 2 U 433, 2 U 434, 2 U 435 (rassemblant des milliers de pages)
  • Les dossiers concernant les activités anarchistes dans le Rhône au cours des années 1880-1890 : 4 M 307 (1), 4 M 307 (2), 4 M 308, 4 M 310, 4 M 312 (1), 4 M 312 (2) (rassemblant des miliers de pages)
  • Le dossier concernant le congrès de Genève de 1890 où il aurait participé : 4 M 310 (35 pages)

Références

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