Émilie Busquant
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(à 52 ans) Alger |
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Émilie Busquant, née à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle)[1] et morte le [2][3] à Alger, est une militante anarcho-syndicaliste, féministe et anticolonialiste française, compagne du leader nationaliste algérien Messali Hadj[4]
D'une famille de neuf enfants, Émilie grandit dans la ville ouvrière de Neuves-Maisons, dans l'est de la France, où son père travaillait dans l'aciérie locale[5].
Son père était impliqué dans l'anarcho-syndicalisme, et elle est engagée politiquement dès son plus jeune âge[6].
Émilie Busquant déménage à Paris et travaille dans un grand magasin avant de rencontrer un jeune migrant algérien et militant politique, Messali Hadj[5]. Comme c'était souvent le cas pour les couples de la classe ouvrière, ils emménagent ensemble sans se marier officiellement[7]. Cette union, dont naîtront deux enfants, a été marquée par un engagement commun envers des causes progressistes et anti coloniales[2]. Pendant les longs séjours en prison de Messali Hadj, Émilie parle souvent en son nom et utilise sa position de citoyenne française pour mépriser particulièrement l'engagement déclaré de la France à « civiliser » l'Algérie[8].
Selon Lou Marin, auteur de Albert Camus. Écrits libertaires (1948-1960) [9] : « L’épouse de Messali, Émilie Busquant, fut anarcho-syndicaliste, fille d’un mineur anarcho-syndicaliste de Lorraine. C’est elle qui a introduit Messali Hadj au milieu anarcho-syndicaliste français. Il se sentait parmi ce milieu comme « chez soi » et a adopté une stratégie d’atteindre l’indépendance d’Algérie en s’alliant avec les courants les plus radicaux du mouvement ouvrier français. »[10]
Drapeau algérien
Émilie Busquant est réputée avoir cousu le premier drapeau algérien avec l’accord du Parti du peuple algérien (PPA), selon certains témoignages dont celui de ses enfants Djanina[11] et Ali. Cette paternité de l'emblème national algérien est disputée par Chawki Mostefaï, militant du Parti du peuple algérien.
Selon Benjamin Stora, les couleurs du drapeau algérien sont choisies lors d'une réunion des dirigeants de l'Étoile nord-africaine au domicile de Hocine Benachenhou, dans le 13e arrondissement de Paris, en 1934 ; le drapeau est ensuite confectionné par Émilie Busquant, compagne de Messali Hadj, dans leur logis du 20e arrondissement[12]. Un autre historien, M. Yahia, précise qu'elle en a conçu la forme actuelle et définitive pour les manifestations du , à Belcourt, où il apparaît pour la première fois tel qu'il est resté ; mais le même auteur n'écarte pas d'autres thèses, dont celle qui soutient que le drapeau algérien a été vu pour la première fois au siège parisien de l'Étoile nord-africaine en 1933, sans préciser qui lui a donné sa forme[13]. Quoi qu'il en soit, le , Émilie Busquant, avec Mohamed Khider et Mohamed Douar, défile en tête du cortège organisé par le PPA derrière le drapeau algérien[14]. L'emblème est adopté le par le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et officialisé par la loi du .