Équilibre des menaces
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L'équilibre des menaces (en anglais : Balance of threat, BoT) est une théorie des relations internationales forgée par le Professeur à Harvard néoréaliste Stephen Walt. Dans un premier temps proposée dans l'article « Alliance Formation and the Balance of World Power »[1] publié dans la revue International Security en 1985, elle fut approfondie dans son livre The Origines of Alliances, paru en 1987. La théorie de l'équilibre des menaces a modifié la conception traditionnelle de l'équilibre des puissances au sein de l'école de pensée néoréaliste.
Équilibrage

Selon la théorie de l'équilibre des menaces, la perception de menace de la part d'entités étrangères expliquent la formation d'alliances entre États. Stephen Walt soutient que les États s'équilibrent (to balance) généralement en s'alliant contre une menace bien identifiée, même si des États plus faibles sont susceptibles de s'y affilier (to bandwagon) afin de garantir leur propre sécurité. L'auteur illustre sa thèse à travers l'exemple des modèles d'alliance d'États européens créés pour faire face à l'expansionnisme allemand lors des deux guerres mondiales. En 1914, l'Empire allemand n'était pas plus puissant que le Royaume-Uni, mais la France et la Russie ont préféré toutefois se rallier à l'Empire britannique parce qu'elles percevaient l'Allemagne comme étant plus menaçante.
Quatre critères d'évaluation de la menace
Stephen Walt identifie quatre critères que les États utilisent pour jauger la menace posée par un autre État :
- sa force globale (superficie, population et capacités économiques) ;
- sa proximité géographique ;
- ses capacités offensives ;
- et ses intentions offensives.
Stephen Walt fait valoir que plus les autres États considèrent qu'un État naissant possède ces qualités, plus ils sont susceptibles de le considérer comme une menace et de s'équilibrer contre lui.