Étienville
commune française du département de la Manche
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Étienville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 368 habitants.
| Étienville | |
L’église Saint-Georges. | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Intercommunalité | Communauté de communes de la Baie du Cotentin |
| Maire Mandat |
Matthieu Giovannone 2020-2026 |
| Code postal | 50360 |
| Code commune | 50177 |
| Démographie | |
| Gentilé | Étienvillais |
| Population municipale |
368 hab. (2023 |
| Densité | 50 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 22′ 41″ nord, 1° 26′ 09″ ouest |
| Altitude | Min. 2 m Max. 30 m |
| Superficie | 7,36 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Bricquebec-en-Cotentin |
| Législatives | Troisième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | 50177.campagnol.fr |
| modifier |
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Géographie
Localisation
Les communes limitrophes sont La Bonneville, Orglandes et Picauville.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Douve, le bras 01 de Créveuil[1], des bras de la Douve[2], le cours d'eau 01 de Pont l'Abbé[3] et divers autres petits cours d'eau[4],[Carte 1].
La Douve, d'une longueur de 79 km, prend sa source dans la commune de Tollevast et se jette dans la baie de Seine à Carentan-les-Marais, après avoir traversé 28 communes[5].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[8] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[9]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 883 mm, avec 13,3 jours de précipitations en janvier et 7,2 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sainte-Marie-du-Mont à 15 km à vol d'oiseau[12], est de 11,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 890,0 mm[13],[14]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8,3 °C, atteinte le [Note 3].
Urbanisme
Typologie
Au , Étienville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[15].
Elle est située hors unité urbaine[16] et hors attraction des villes[17],[18].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (98,2 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (62,8 %), prairies (18 %), terres arables (17,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,8 %)[19].

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Aitinvilla vers 1165[20], Aitinville aux XIIe et XIIIe siècles[21], parrochia Sancti Georgii de Aitinvilla en 1226[22], parrochia de Ethinvilla en 1268[23], Aytinvilla en 1278[24], Etyvilla en 1332[25], Esteevilla en 1351 et en 1352[26], Estienville en 1556[27], Etienville en 1716[28], Estienville en 1719[29], Etienville entre 1753 et 1785[30].
Histoire
Antiquité
La voie romaine Alauna-Cosedia franchissait l'Ouve et son vaste marais par un pont long, architecture unique et inédite qui n'a pas actuellement d'équivalent technique recensé au sein de l'Empire romain. Le pont, situé au sud du château de la Cour, était long de 750 mètres et haut de plus d'un mètre. Une voie « lourde » large de sept mètres, réservée aux convois attelés, était doublée en rive est d'une piste cavalière d'environ quatre mètres, au revêtement plus sommaire et plus souple. Un gué (une chaussée immergée) permettait le franchissement de l'Ouve[31].
Moyen Âge et temps modernes
Le fief d'Étienville, dit Conjonc ou Conjoncs, relevait de la baronnie d'Amfreville. Les armoiries de Conjoncs sont de sable au sautoir d'or cantonné de quatre merlettes d'argent[32]. Le fief, terre et seigneurie était depuis le XIIIe siècle, la possession de la famille de Conjon[Note 4], originaire du Bessin et qu'elle transmit aux Pierrepont[33], en 1395, à la suite d'un mariage.
Parmi ceux-ci on trouve : Jean ou Jehan de Pierrepont, écuyer, sieur d'Estienville, en la vicomté de Valognes et du fief noble du Ronceray aux Moitiers-en-Bauptois, en la vicomté de Carentan, qui est taxé pour ces fiefs de 26 livres dans le rôle du ban et d'arrière-ban de la vicomté de Coutances, effectué par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin les et . Le fief d'Étienville, plein fief de haubert, relevait de la baronnie d'Amfreville[34] ; Guillaume de Pierrepont († 1622) qui fut l'un des grands chefs huguenots de la région et Hervé de Pierrepont († 1662), chevalier, seigneur et patron d'Étienville, Flottemanville, Urville, Rouville (Orglandes) et du Ronceray (Les Moitiers-en-Bauptois), commandant pour le roi aux ville et forteresse de Granville[35]. Lui succède, son neveu et héritier, Antoine Garaby de La Luzerne (1617-1679) moraliste et poète, seigneur d'Étienville, de la Luzerne, du Ronceray, chevalier de Saint-Michel, inhumé dans le chœur de l'église Saint-Georges d'Étienville[36].
Époque contemporaine
Lors de la Révolution, le curé d'Étienville, Louis Galliot (1751-1804) refusa de prêter serment et s'exila à Londres, avant de revenir y finir ses jours et où il a sa pierre tombale[36].
Le Bon Sauveur

Le Bon Sauveur à Pont-l'Abbé, hameau à cheval sur les communes de Picauville et d'Étienville, fut un hospice pour pauvres créé en 1837 et dirigé par les sœurs du Bon Sauveur ; au fil des ans s'y ajoutèrent un pensionnat, un institut de sourds et muets, un ouvroir pour jeunes filles et un orphelinat, tous de taille modeste. En 1853, l'établissement est autorisé à accueillir les aliénés. En 1903, l’asile du Bon Sauveur de Pont-l’Abbé-Picauville accueille les aliénés des deux sexes des arrondissements de Cherbourg et de Valognes et les aliénés masculins des arrondissements de Saint-Lô et de Valognes. Il reçoit aussi « une grande partie de ses pensionnaires du département de la Seine, qui chaque année déverse le trop-plein de ses asiles dans les établissements de province ayant des places libres » ; l'asile accueille alors 360 hommes et 550 femmes ; parmi elles Liouba Bortniker, d'origine russe et première femme reçue à l'agrégation de mathématiques en 1885. Les archives de l'asile ont disparu lors des bombardements du [37].
Politique et administration
Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[40].
Population et société
Les habitants de la commune sont appelés les Étienvillais.
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[41]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[42].
En 2023, la commune comptait 368 habitants[Note 5], en évolution de −0,81 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Économie
La commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny[45].
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments


- Château de la Cour des XVIe, XVIIIe – XIXe siècles. De style post-renaissance avec parc à la française, il est partiellement inscrit aux monuments historiques[46] depuis 1975.
- Ancien presbytère-manoir flanqué de deux grosses tours et ses jardins (2 ha). Monument rare du XVe – XVIe siècle, inscrit également[47], il constitue avec l'église et le château de la Cour un ensemble historique sur le marais de la Douve, au centre du Cotentin, sur le passage d'une voie romaine.
- Église Saint-Georges des XIIIe, XVIIe – XVIIIe siècles, inscrite au titre des monuments historiques[48]. Elle abrite plusieurs œuvres classées au titre objet : Vierge à l'Enfant du XVIIIe, épitaphes en marbre noir de Louise-Isabelle de Garaby et Hervé de Pierrepont[Note 6] du XVIIIe, calice et sa patène du XVIIe, confessionnal daté de 1788, stalles su XVIIIe, statue de saint Georges terrassant le dragon du XVIe, maître-autel du XVIIe, christ en croix du XVIIe[49], ainsi qu'une statue de saint Jean-Baptiste (XIIIe).
- Chapelle du Bon-Sauveur du XXe siècle. Située en partie sur Picauville, elle est inscrite avec son mobilier aux monuments historiques[50]. Détruite en 1944, elle a été reconstruite par les architectes René Levavasseur et H. Lebreton.
- Le monument aux morts, situé route de l'église, à côté de l'église. Il est surmonté de la statue du Poilu au repos, réalisée par Étienne Camus.
Personnalités liées à la commune
- Antoine Garaby de La Luzerne, seigneur du lieu inhumé dans l'église paroissiale.
Héraldique
Pour approfondir
Bibliographie
- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 80.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 196.
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- Résumé statistique d'Étienville sur le site de l'Insee
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.

