Tollevast

commune française du département de la Manche From Wikipedia, the free encyclopedia

Tollevast [tɔlva] est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 1 654 habitants.

Faits en bref Administration, Pays ...
Tollevast
Tollevast
L'église Saint-Martin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Cotentin
Maire
Mandat
Stéphane Barbé
2020-2026
Code postal 50470
Code commune 50599
Démographie
Gentilé Tollevastais
Population
municipale
1 654 hab. (2023 en évolution de +8,6 % par rapport à 2017)
Densité 134 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 34′ 32″ nord, 1° 37′ 30″ ouest
Altitude Min. 68 m
Max. 176 m
Superficie 12,36 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Cherbourg-en-Cotentin
(banlieue)
Aire d'attraction Cherbourg-en-Cotentin
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Cherbourg-en-Cotentin-3
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Tollevast
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    Géographie

    Localisation

    Les communes limitrophes sont Brix, Cherbourg-en-Cotentin, Hardinvast, Martinvast et Saint-Martin-le-Gréard.

    Hydrographie

    La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Douve, le Trottebec, l'Eau Gallot[1], le cours d'eau 01 des Capitaines[2], le cours d'eau 01 des Maugers[3], le cours d'eau 01 du Piton[4], le ruisseau de la Beuvine[5], le ruisseau des Pitouses[6] et le Trottebec[7],[8],[Carte 1].

    La Douve, d'une longueur de 79 km, prend sa source dans la commune et se jette dans la baie de Seine à Carentan-les-Marais, après avoir traversé 28 communes[9].

    Le Trottebec, d'une longueur de 14 km, prend sa source dans la commune de Brix et se jette dans la Divette à Cherbourg-en-Cotentin, après avoir traversé quatre communes[10]. Les caractéristiques hydrologiques du Trottebec sont données par la station hydrologique située sur la commune de Cherbourg-en-Cotentin. Le débit moyen mensuel est de 0,299 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 5,43 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 9,32 m3/s, atteint le [11].

    Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
    Réseau hydrographique de Tollevast[Note 2].

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[12]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[13]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[14] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[15]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[16],[17].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 037 mm, avec 15,6 jours de précipitations en janvier et 8,1 jours en juillet[12]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Gonneville-Le Theil à 13 km à vol d'oiseau[18], est de 11,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 940,4 mm[19],[20]. La température maximale relevée sur cette station est de 33,7 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −12,3 °C, atteinte le [Note 3].

    Urbanisme

    Typologie

    Au , Tollevast est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[21].

    Elle appartient à l'unité urbaine de Cherbourg-en-Cotentin[Note 4], une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 5],[22],[23].

    Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cherbourg-en-Cotentin, dont elle est une commune de la couronne[Note 6],[23]. Cette aire, qui regroupe 77 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[24],[25].

    Occupation des sols

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (89,8 %).

    La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (52,6 %), zones agricoles hétérogènes (18,8 %), terres arables (12,6 %), forêts (6,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,1 %), zones urbanisées (4,5 %)[26].

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

    Voies de communication et transports

    La commune est associée au transport en commun départemental par bus (Manéo) via la ligne 001 : Cherbourg-en-Cotentin - Valognes - Carentan - Saint-Lô.

    Énergie

    Le poste de transformation de Tollevast est relié à celui de L'Étang-Bertrand. Il alimente en énergie électrique l'usine de la Hague[27].

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous les formes Toberwast vers l'an 1000 (lire *Tolerwast, copie XVIIe siècle, Fauroux 11) ; [R. de] Tolewast au XIIe siècle cartulaire Montebourg, f° 89) ; [de] Tholevasto en 1221 (A.M. H1377) ; Tolevast vers 1280 (pouillé), Tholevast en 1323 (Maillard, C.R. IV, 20) ; Thollevast en 1395 (A.N. P1922-2, 46222)[28].

    Tolle- résulte de l'évolution phonétique de Toler- qui représente le nom de personne scandinave Tolir[28] (comprendre vieux norrois TóliR, forme hypocoristique de ÞórlæifR[29]). Il est encore attesté comme nom de personne à l'époque ducale dans une charte du prieuré de Héauville sous la formulation latinisée Guillermus filius Rogerii Toler « Guillaume fils de Roger Toler » en 1152[28].

    L'élément vast représente l'ancien normand wast, vast « terre inculte, friche, jachère », forme normano-picarde correspondant à l'ancien français guast > gast, de même sens, mais qui a également eu ceux de « ravage, pillage ; dilapidation » qui le rattachent au verbe guaster, gaster « ravager, dévaster ; détruire ». Les mots wast / gast sont issus du gallo-roman *WASTU, reposant sur le croisement du latin vastus « vide, désert ; dévasté, ravagé ; inculte » et du francique *wōsti, de même sens[Note 7],[30].

    Histoire

    Antiquité

    À la mare Jacot, fut mis au jour des traces d'un pavé romain qui allait de la Vente Saint-Martin à Brix à la ferme de la Pierre-Butée. Au milieu du XIXe siècle, 1 800 coins en Bronze furent découvert sur le territoire communal[31].

    Moyen Âge

    Au Xe siècle, Tollevast appartient aux ducs de Normandie[32].

    En 1163, le roi d'Angleterre, Henri II, donne l'ermitage de Saint-Acaire à l'abbaye du Vœu de Cherbourg[33].

    En 1219, l'évêque de Coutances, Hugues de Morville, publie une charte par laquelle Thomas de Tollevast, chevalier, donne le patronage de l'église Saint-Martin à l'abbaye du Vœu[34],[33]. En 1330, un autre Thomas de Tollevast donne les deux tiers des dîmes de l'église du lieu aux mêmes abbés, et le tiers restant au prieuré de la Luthumière de Brix[33].

    En 1419, la seigneurie de Tollevast reçoit divers concessions du roi d'Angleterre, Henri V[33].

    Parmi les extensions de la seigneurie, très importante, qui était tenu par Richard de Tollevast, on trouve notamment les fiefs de Baudienville à Sainte-Mère-Église, et du Petit-Tollevast à Sainte-Marie-du-Mont. Dans le courant du XVe siècle, à la mort de Jean de Tollevast, la terre échut à sa fille aînée Thomasse de Tollevast, épouse de Robert de Thieuville de Guéhébert[33],[Note 8].

    En 1488, échange est fait entre Robert Fabri et Richard de Thieuville de la cure de Tollevast contre la chapelle de Sainte-Croix qui relevait de l'abbaye Sainte-Trinité de Caen[33].

    Temps modernes

    En 1567, Pierre Le Gris ( 1569), écuyer, baron de Tollevast et sergent hérédital du lieu, époux de Barbe de La Mérinnière, fils probable de Pierre Le Gris († v. 1552), seigneur et baron d'Échauffour et de Jeanne de Thieuville, dame châtelaine de Tollevast, Sainte-Croix, Montfiquet et Monfréville, est taxé pour ces fiefs de 46 livres et 6 solz dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -[35]. Sa fille, Louise Le Grix [sic] épousa, en 1591, Louis III de Proisy, chevalier, seigneur de Proisy, baron de la Bove (Bouconville-Vauclair) qui hérite du fief, terre et seigneurie de Tollevast. Vers 1594, ils vendent l'ensemble à Michel de Montreuil, seigneur de la Chaux[36]. Le fief de Tollevast, qui était un plein fief de haubert et relevait du roi à cause de la vicomté de Saint-Sauveur-le-Vicomte, avait des extensions à Hardinvast, Teurthéville-Hague, Nouainville, Acqueville et Besneville.

    La sergenterie hérédital, qui valait un demi-fief de haubert et était tenu du roi sous la vicomté de Valognes, avait des extensions à Brix, Hardinvast, Martinvast, Sideville, Saint-Martin-le-Gréard, Couville, Rauville, Breuville, Quettetot, Grosville, Pierreville, Saint-Germain-le-Gaillard, Surtainville, Le Rozel, Les Pieux, Benoistville, Flamanville, Tréauville, Siouville, Helleville, Sotteville, Saint-Christophe-du-Foc, Virandeville, Teurthéville-Hague, Acqueville, Flottemanville, Sainte-Croix-Hague, Vauville, Herqueville, Jobourg, Beaumont, Auderville, Saint-Germain-des-Vaux, Omonville-la-Rogue, Omonville-la-Petite, Digulleville, Éculleville, Gréville, Nacqueville, Hainneville, Nouainville, Octeville, Cherbourg, Équeurdreville, Sottevast et Saint-Martin-le-Hébert[37].

    Au XVIe siècle, on trouve parmi les familles notables du lieu celles : de La Luzerne, d'Aboville et d'Héricy[31],[Note 9].

    En 1616, le fief de Tollevast est entre les mains d'Antoine de La Luzerne[33].

    En 1696, Louis Le Scellière est en charge de la vicomté de Tollevast. Celle-ci sera par la suite réunie à la vicomté de Valognes[33]. En 1711, c'est M. de Sainte-Marie qui tenait le fief de Tollevast qui passa ensuite dans la famille de la Houssaye avec Éléonore de Sainte-Marie[33].

    Politique et administration

    La mairie.
    Davantage d’informations Période, Identité ...
    Liste des maires
    Période Identité Étiquette Qualité
    1968 1995 Albert Fournel    
    1995 mars 2014 Yves Hairon   Retraité DCN
    mars 2014[38] en cours Stéphane Barbé[39] SE Agent de maîtrise
    Les données manquantes sont à compléter.
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    Le conseil municipal est composé de dix-neuf membres dont le maire et quatre adjoints[39].

    Population et société

    Les habitants de la commune sont appelés les Tollevastais.

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[40]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[41].

    En 2023, la commune comptait 1 654 habitants[Note 10], en évolution de +8,6 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    652611746855855854781804726
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    672660689604608603601579512
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    465483476491509497513433523
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
    4664595438139301 1601 1471 2071 510
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    2021 2023 - - - - - - -
    1 6231 654-------
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    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[42] puis Insee à partir de 2006[43].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Vie associative

    De nombreuses manifestations se déroulent dans la commune, animées par différentes associations :

    • Tollevast se bouge pour l'école ;
    • La Tollevastaise (manifestation du même nom) ;
    • Association sportive et culturelle (dessin, judo, danse…) ;
    • Entente sportive HTC ;
    • Les Sirènes de Tollevast (majorettes) ;
    • Souvenir français.

    Cultes

    L'église est aujourd'hui rattachée à la nouvelle paroisse Sainte-Bernadette du doyenné de Cherbourg-Hague[44].

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    L'édifice abrite un calice et sa patène du XVIIIe et deux groupes sculptés du XVe sainte Anne et la Vierge et saint Christophe portant l'Enfant Jésus, classés au titre objet aux monuments historiques[47], ainsi qu'un maître-autel du XVIIIe, une poutre de gloire du XVIe, et sur la tour une croix de faîtage du XVe[48].
    L'intérieur comme l'extérieur présente un décor roman qui se caractérise par la finesse et la variété des cent dix modillons dont la plus grande majorité présente des têtes de monstres. Le premier curé fut nommé en 1421 et la paroisse prit le nom de Saint-Martin-de-Tollevast. La famille de Tollevast présenta à la cure pendant plus de 300 ans.
    • Chapelle Saint-Pierre-aux-liens du XVIIIe siècle. Elle abrite une verrière du XXe de Paul Bony, et le lieu est l'objet d'un pèlerinage le premier dimanche d'août[48].
    • Chateau de la Cour du milieu du XIXe siècle et ferme-manoir de Saint-Acaire, ancien ermitage et prieuré de l'abbaye Notre-Dame du Vœu qui existaient déjà au XIe siècle, et étaient la possession de la famille de Tollevast[48].
    • La Fosse Demons du XVIIe siècle.
    • Le Boulay des XVIe – XIXe siècles.
    • Ferme-manoir des Tourelles du XVIIe siècle.

    Monuments disparus

    • Le menhir de la Pierre Butée, en limite de La Glacerie, qui a disparu au XIXe siècle, sans laisser de traces[48].
    • La chapelle Saint-Jean du château et celle de Saint-Acaire[31].

    Personnalités liées à la commune

    • Julien Épaillard (né en 1977), cavalier de saut d'obstacles, a grandi à Tollevast.

    Pour approfondir

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    Bibliographie

    • Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 249.
    • René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 648.

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Related Articles

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