Aéroport de Palerme
aéroport desservant Palerme en Italie
From Wikipedia, the free encyclopedia
L'aéroport international de Palerme Falcone-Borsellino (code IATA : PMO • code OACI : LICJ), aussi connu sous le nom de Punta Raisi, est situé sur la commune de Cinisi, à 32 km à l'ouest de Palerme. Il est le plus important de Sicile et l'un des plus importants d'Italie, avec 7,01 millions de passagers transportés en 2019.
| Palerme - Falcone-Borsellino | |||||||||||||
| Localisation | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||||||||||
| Ville | Palerme | ||||||||||||
| Coordonnées | 38° 10′ 38″ nord, 13° 05′ 27″ est | ||||||||||||
| Superficie | ha | ||||||||||||
| Altitude | 19 m (62 ft) | ||||||||||||
| Informations aéronautiques | |||||||||||||
| Code IATA | PMO | ||||||||||||
| Code OACI | LICJ | ||||||||||||
| Type d'aéroport | Civil | ||||||||||||
| Gestionnaire | Gestione Aeroporto Palermo S.p.A. | ||||||||||||
| Site web aéroport | Site officiel | ||||||||||||
|
|||||||||||||
| modifier |
|||||||||||||
Il est relié à la ville de Palerme par l'autoroute et par le train de banlieue.
L'aéroport a été rebaptisé Falcone-Borsellino en mémoire des deux juges anti-mafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino assassinés en 1992.
Situation
Carte des aéroports en Italie
|
Évolution du trafic
Voir la requête brute et les sources sur Wikidata.
Zoom sur l'impact du covid de 2019-2020
Voir la requête brute et les sources sur Wikidata.
Compagnies et destinations desservies

Historique
Construction
La nécessité d'un aéroport international en Sicile apparaît dès 1946[2], l’aérodrome militaire de Boccadifalco ne pouvant supporter l’essor du trafic aérien civil de Palerme devenue la troisième ville italienne en volume de passagers et de fret[3].
En 1955, l'État italien débloque les 3 premiers milliards de lires pour lancer la construction[2] et le maire de Palerme, Gioacchino Scaduto, prend la tête du « Consorzio Autonomo per l’Aeroporto di Palermo » (Consortium autonome pour l’aéroport de Palerme) destiné à organiser un concours qu'il ne lance pas[2].
Trois scenarii d'implantation sont identifiés[3] :
- sur la côte est, où l’ingénieur Sebastiano D’Agostino propose une installation entre Aspra et Acqua dei Corsari, près de la plaine de Ficarazzi.
- sur la côte ouest, dans la zone de Punta Raisi (commune de Cinisi), à 800 mètres des pentes du Monte Pecoraro
- dans la plaine de Buonfornello, près de Cefalù et Termini Imerese
Malgré les avis d’experts critiquant la trop grande proximité avec des sommets montagneux élevés[3], et l'hostilité de Catane qui aspire à renforcer l'aéroport de Fontanarossa, le site de Punta Raisi est privilégié par le consortium[2].
Le projet est présenté en mars 1956 au président de la Région, le démocrate-chrétien Giuseppe Alessi, sous la supervision de l'ingénieur Emanuele Jaforte, représentant la Région, du colonel Giorgio Gristina, pour le ministère de la Défense, et Vincenzo Nicoletti, chef du service technique municipal et allié du secteur de la construction à Palerme[2].
Giuseppe Alessi, souhaitant prendre en compte les arguments des autres options, demande au ministre de la Défense, Paolo Emilio Taviani, une commission afin d'évaluer la pertinence des travaux envisagés. La zone de Punta Raisi présente en effet les désavantages de fortes turbulences et de vents descendants violents, dus au Monte Pecoraro et à la Montagna Longa très proches, et d'une liaison routière complexe traversant à quatre reprises la ligne ferroviaire Palerme-Trapani[3].
La super-commission, composée de représentants des forces armées et des principales compagnies aériennes, valide le 26 septembre 1956, en s'appuyant sur l'avis technique des porteurs du projet de Punta Raisi, ce choix[3].
La Région abonde de 2 milliards le budget de construction , rapidement insuffisant : le coût total sera de onze milliards de lires[3].
Alors que le Consortium s'apprête à lancer l'appel d'offres pour les travaux de construction, le ministre régional des Travaux publics de l'époque, Rosario Lanza, l'écarte au profit de la création d’un bureau aéroportuaire regionale qui permet à la Région de prendre le contrôle de la conception détaillée et de la construction[3].
La société romaine SAB (Società Appalti e Bonifiche) emporte l'appel d'offre grâce à un rabais consenti de 29%. Parmi ses actionnaires, on compte l’avocat Antonio Augello, ancien secrétaire du conseiller régional aux travaux publics, Rosario Lanza.
La SAB lance les travaux en janvier 1959 sur un site de 2,5 millions de mètres carrés avec deux pistes parallèles à la mer, l'une d’ une longueur d'environ 3 600 mètres et une largeur de 65 mètres ; la seconde, plus près de la mer, de 2 680 mètres de long[3].
Mais le projet initial comporte des lacunes techniques et des omissions volontaires, comme la découverte ultérieure de grottes souterraines[2] qui entraîne un surcout de 2,1 milliards de lires correspondant exactement à la remise consentie[3].
L'aéroport entre en service le 1er janvier 1960 et présente dès son ouverture des problèmes de sécurité : pistes trop proches des reliefs, éclairage insuffisant et vents violents rendant les atterrissages impossibles par grand vent alors que ́les analyses anémométriques menées entre 1957 et 1959 n’avaient pas décelées de dangers liés au sirocco.
La construction d’une troisième piste, orientée vers le sud-ouest, et d'un nouvel aérogare, est actée en 1968 par la Direction régionale des travaux publics. Le projet, présenté en septembre 1972, est validé par le Conseil supérieur des travaux publics en septembre 1974 et financé par l’État à hauteur de 4,9 milliards de lires la même année, puis une rallonge de 3,43 milliards de lires l'année suivante. Mais cette nouvelle piste suppose l'expropriation des terres et des fermes d'environ deux cents familles et le bouleversement du monde agricole local. Peppino Impastato militant antimafia d'extrême gauche prend la tête de la vaine contestation des agriculteurs contre les travaux.
Entretemps, un avion s'écrase sur la Montagna Longa, le 5 mai 1972, tuant 115 passagers, pire catastrophe aerienne italienne jusqu'à la collision de l'aéroport de Milan-Linate en 2001.
Emprise mafieuse
Le choix de Punta Raisi qui s'inscrit dans la stratégie politico mafieuse d'urbanisation de l'axe nord-ouest de la ville, favorise les intérêts d’investisseurs privés bénéficiant de la spéculation immobilière autour de la zone où la valeur des terrains situés entre Viale Lazio, Viale Leonardo et Via Sciuti, a quadruplé. Selon l’Osservatore politico, plusieurs figures politiques et économiques locales en tirent profit, dont le professeur Alfredo Terrasi (président démocrate-chrétien de la Chambre de commerce et vice-président du consortium), l’entrepreneur Francesco Vassallo, le baron Guido Calefati di Canalotti (président de l’Ente Provinciale per il Turismo de Palerme) et le futur député social-démocrate Casimiro Vizzini[2]. Grâce à la connivence des responsables politiques démocrates-chrétiens, dont Vito Ciancimino, conseiller municipal chargé des travaux publics de 1959 à 1964, les familles mafieuses (Badalamenti, Bontate, Citarda et Teresi) ont pris le contrôle des attributions de permis de construire, du marché des terrains constructibles, et des entreprises de BTP.
Événements
- : crash du Vol Alitalia 112 dit « drame de Montagna Longa » qui cause la mort de 115 personnes
- : crash du vol Alitalia 4128 qui fait 108 morts et 21 passagers repêchés en mer.
