Abbaye de l'Estrée
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| Nom local | Strata |
|---|---|
| Diocèse | Diocèse d'Évreux |
| Patronage | Notre-Dame |
| Numéro d'ordre (selon Janauschek) | CCI (201)[1] |
| Fondation | 8 février 1145 |
| Cistercien depuis | 1145 |
| Dissolution | 1790 |
| Abbaye-mère | Abbaye de Pontigny |
| Congrégation | Ordre cistercien |
| Pays |
|
|---|---|
| Province | Duché de Normandie |
| Région | Normandie |
| Département | Eure |
| Commune | Muzy |
L'abbaye royale de l'Estrée, ou abbaye Notre-Dame de l'Estrée est une abbaye cistercienne disparue, fondée au XIIe siècle par des moines de l'abbaye de Pontigny, située sur le territoire de l'actuelle commune de Muzy, dans le département de l'Eure.
Fondation
L'abbaye est dotée en 1144 par Rahier, seigneur de Muzy, et Amaury, seigneur de Mesnil-sur-l'Estrée, qui demandent aux moines de l'abbaye de Pontigny de coloniser leur monastère à l'Estrée[2]. L'agrément est donné par l'évêque de Chartres Geoffroy de Lèves, l'évêque d'Auxerre Hugues de Mâcon et l'abbé Guichard de Pontigny. La fondation a lieu en 1145 en bordure de l'Avre.
Non loin se trouve l'abbaye, cistercienne aussi, du Breuil-Benoît.
XVIIe siècle
En 1674, son revenu est attribué au nouvel évêché de Québec, ainsi que ceux de l'abbaye de Méobecq et de l'abbaye de Bénévent[3],[4].
En 1692, alors qu'elle s'est vidée de ses occupants[5], l'abbaye est relevée par des moniales bernardines dépossédées de leur prieuré de la Colombe par le roi[6],[5]. La transition entre les deux parties (sortantes et entrantes) donne lieu à une interminable bataille de procédures[7].
C'est désormais un des monastères les plus pauvres du diocèse[8].
En 1712, la communauté compte 15 religieuses, dont 4 novices et 3 postulantes[7].
En 1730, la prieure obtient de son homologue du Breuil le dépôt de reliques de saint Thibault[7].
En 1788, l'exploitant du moulin de l'Estrée est un dénommé Pierre Lelièvre[9].
Les religieuses occupent l'abbaye jusqu'à la Révolution.
L'abbaye après la Révolution
Les bâtiments et les terres de l'abbaye atteignent une superficie de 539 ha, comprennent 5 fermes et un moulin[10]. Ils sont vendus comme bien national. Parmi ceux-ci, 247 hectares sont acquis par Adrien-Sophie Sémillard, ancien secrétaire du roi au Grand collège et notaire vétéran au Châtelet de Paris ; ce personnage, qui se fait châtelain au Haut-Mesnil (Muzy) et maire de Mesnil entre 1808 et 1813, fait abattre l'église, le cloître et plusieurs autres bâtiments en 1803. En 1891, le domaine de l'abbaye, constitué de bâtiments d'époque Louis XIII ou Louis XIV, appartient à Paul Firmin Didot (1826-1905)[11].
C'est par ailleurs que se fait construire l'imprimerie Firmin-Didot à Mesnil-sur-l'Estrée[8].
Architecture et description
Au XXIe siècle, le hameau de l'Estrée à Muzy, route de Nonancourt comporte les témoignages de quelques superstructures au sein de la résidence de l'Abbaye, au milieu de bâtiments industriels du XIXe siècle.
Dans l'église abbatiale se trouvaient dans un enfeu les tombeaux de Philippe de Florigny et de sa femme (1408) et dont ne subsiste qu'un dessin à la façon de Louis Boudan.

Filiation
L'abbaye de l'Estrée est fille de celle de Pontigny : cette filiation ne change pas lors du passage du monastère d'hommes en monastère de femmes en 1684.
