Alfred Mouillon
peintre, illustrateur et graveur français (1832-1886)
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Alfred Mouillon, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un peintre, illustrateur et graveur français.
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Alfred François Alexis Mouillon |
| Surnom | |
| Autres noms |
Alfred Moullion, Alfred Mouillion |
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| Membre de | |
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| Maître |
Jean-Baptiste Delestre, Leroy de Bonneville, Théodore Caruelle d'Aligny |
| Personnes liées | |
| Genres artistiques | |
| Distinction |
L'Ange et Tobie (1868) — Les Blés (1872) — Une Famille de perdrix (1872) — La Mare-aux-Cerfs (1879) — Le Moissonneur (1880) |
Biographie
Alfred François Alexis Mouillon est le fils d'Étienne Alexis Mouillon (1795-1858), marchand de vin, et de Reine Alexandrine Moreau (1808-1871)[6]. En 1862, il se marie à Paris avec Mathilde Marie Clémentine Desmonceaux Dumesnil (1845-1914)[7]. Le couple donne naissance à une fille, Renée Marguerite, en 1863. En 1882, il est témoin, aux côtés d'Eugène Lavieille, du mariage d'Antoine Guillemet et d'Élisabeth Cabanier[8].
Paysagiste rattaché à l'école de Barbizon, Alfred Mouillon peint principalement dans la région parisienne et en Bretagne[9],[10]. Il signe ses œuvres « A. Moullion » et est fréquemment répertorié sous ce nom, ce qui explique la coexistence des graphies « Mouillon », « Moullion » et « Mouillion » notamment dans les catalogues et les collections publiques. Des voyages d'études le conduisent en Italie, en Roumanie et dans les Carpates. Élève de Jean-Baptiste Delestre, de Leroy de Bonneville et de Théodore Caruelle d'Aligny, il commence à exposer son travail en 1863 au Salon des refusés à Paris (Bords de la Loire : le meunier, son fils et l'âne ; Le pêcheur ; Effet de soir)[11],[10]. Il expose au Salon de peinture et de sculpture puis au Salon des artistes français de 1864 à 1886 où il est récompensé d'une médaille de troisième classe en 1880 pour Le Moissonneur[12],[13].
Il aborde également la peinture religieuse et mythologique de grand format, comme L'Ange et Tobie (1868, musée d'Orsay). Il réalise en outre pour l'État des copies de grande taille d'après les maîtres anciens — un Christ en croix (1867) d'après Philippe de Champaigne et une copie du Déluge (1870) de Nicolas Poussin —, aujourd'hui conservées par le Centre national des arts plastiques et mises en dépôt dans des institutions publiques.
Après avoir résidé à Orsay, il installe ses ateliers successifs à Paris au 52 rue Madame, au 9 rue de l'Est, au 119 boulevard Saint-Michel, au 84 rue d'Assas, au 20 rue de l'Odéon et enfin 6 rue du Val-de-Grâce[14].

En 1878, Alfred Mouillon fait construire la villa « L'Épave », une maison-atelier de villégiature, dans le nouveau lotissement balnéaire des « Villas de la Mer » à Saint‑Énogat (aujourd’hui intégré à Dinard)[15],[16]. Située en bord de plage, cette propriété est l’un des rares témoins matériels encore existant de la première vague de villégiature impulsée, à partir de 1875, par l'éditeur de Victor Hugo, Albert Lacroix, qui y fait venir de nombreux artistes et écrivains de son entourage[17]. Alfred Mouillon y séjourne régulièrement, y peignant des marines et des vues du littoral malouin, dont Le Petit chemin à Saint‑Énogat ou La Goule-aux-Fées ; Bretagne[18]. Il décore également de seize de ses toiles la grande salle de l'Hôtel de la Mer, situé à deux pas de sa villa (dont Un troupeau de moutons sous bois, Le Chêne vert, La Caravane à Cancale, Un Clair de lune au Guildo et La Récolte du varech)[19]. Dans ce microcosme de voisinage, il retrouve son ami Louis Jacolliot, propriétaire de la « villa India » (ou villa Indienne), ainsi que Judith Gautier, qui possède à proximité la villa « le Pré des oiseaux », et d’autres personnalités des cercles intellectuels et artistiques parisiens attirées par la station naissante[20],[21].
Dans les années 1870 et au début des années 1880, Alfred Mouillon participe à plusieurs reprises aux grandes manifestations artistiques internationales de son temps, où il présente le plus souvent ses scènes rurales et ses paysages de moisson. Ses œuvres figurent aux expositions universelles de la période : à l'Exposition universelle de Vienne en 1873 (Les Blés)[22], à l'Exposition universelle de Philadelphie en 1876 (Le Paradis des oiseaux)[23], à l'Exposition universelle de Paris en 1878 (Les Blés ; midi)[24], puis à l'Exposition universelle d'Amsterdam en 1883 (Paris vu de Meudon)[25]. Il prend également part à des expositions internationales, à Londres en 1872 (La Rivière d'Orsay)[26] et en 1874 (Avant l'orage)[27], à Vienne en 1882, où il montre sa toile primée Le Moissonneur[28], ainsi qu'aux salons belges de Bruxelles (1872 et 1875)[29],[30] et de Gand (1877 et 1880)[31],[32].
Parallèlement à la peinture, Alfred Mouillon exerce comme illustrateur. Il figure parmi les artistes réunis pour la première édition illustrée de L'Assommoir d'Émile Zola, parue en 1878, aux côtés notamment d'André Gill, de Maurice Leloir et d'Auguste Renoir[33]. Il réalise ensuite les illustrations de cinq récits de Louis Jacolliot dont Voyage au pays des fakirs charmeurs (1881) et Voyage au pays du hatschisch (1883).
Longuement malade à la fin de sa vie, il meurt à son domicile du 6 rue du Val-de-Grâce à Paris à l'âge de 53 ans[34],[35],[36],[37],[38]. Il est inhumé le au cimetière parisien d'Ivry[39].
Le , une vente aux enchères d'une soixantaine d'œuvres issues de son atelier est organisée à l'Hôtel Drouot de Paris[40].
Les œuvres d'Alfred Mouillon sont présentes dans une dizaine de musées français, à Paris comme en province. La pièce la plus prestigieuse est L'Ange et Tobie (1868), grande composition religieuse conservée par le musée d'Orsay[41]. Les collections provinciales rassemblent surtout de grandes toiles de paysage représentatives de son œuvre. Des marines et vues du littoral breton figurent au musée de l'hôtel Sandelin de Saint-Omer (La Baie, matinée d'octobre en Bretagne, 1881)[42], au musée de Cambrai (À l'aube, le pêcheur, 1885)[43] et au musée Hèbre de Saint-Clément de Rochefort (Grande marée, 1881)[44] ; des paysages ruraux et forestiers au musée du Berry de Bourges (Pommier en mai, 1880)[10], au Musée des Beaux-Arts de Reims (Coup de vent sur la Marne, 1873)[45] et au Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Vienne (La Mare aux cerfs, 1879)[10]. Les musées de Chalon-sur-Saône (musée Denon), de Mulhouse et de Pontoise (musée Tavet-Delacour) conservent également plusieurs de ses toiles.
Œuvres exposées
Salon de peinture et de sculpture
- 1864 : Paysage, soir
- 1864 : Tobie et l’ange, dessin
- 1865 : Rendez-vous de chasse ; effet du matin
- 1865 : Lisière de bois, à Orsay
- 1865 : Le fils de Tobie saisissant le poisson, projet de panneau décoratif
- 1867 : Souvenir d’Italie ; soir
- 1867 : La rivière d’Yvette
- 1867 : L’étang, le soir, dessin
- 1867 : L’étang de Bagnas, environs de Bukarest, dessin à la plume
- 1868 : L’ange et Tobie
- 1868 : Uno scherzo ; paysage
- 1868 : Vue des environs d'Ocna (Moldavie), dessin
- 1868 : Un chemin creux aux environs de Rome, dessin
- 1869 : Une héronnière ; brouillard d’automne, le soir[46]
- 1869 : Traque à l'ours dans les Karpathes ; effet d’orage
- 1870 : La première au rendez-vous
- 1870 : Curée de l’aigle
- 1872 : Les blés ; midi[47],[48]
- 1873 : Coup de vent sur l’eau[49]
- 1874 : Lever de lune, à Ermenonville (Oise)[50],[51]
- 1874 : Blés
- 1875 : Famille de perdrix[52]
- 1877 : Seigles en fleurs ; temps gris[53],[54]
- 1877 : L'automne
- 1878 : Le village, le matin[55]
- 1878 : Entrée des Longs-Rochers ; forêt de Fontainebleau[55]
- 1879 : La Mare-aux-Cerfs[56],[57]
- 1879 : La Goule-aux-Fées ; Bretagne[56]
- Croquis d'œuvres exposées aux Salons
- Lisière de bois, à Orsay,
1865. - Souvenir d’Italie ; soir,
1867. - Les Blés, 1873.
- Lever de lune, à Ermenonville,
1874.
Salon des artistes français
- 1880 : Le Moissonneur[n 1],[58]
- 1880 : Pommier en mai ; Bretagne[58],[59]
- 1881 : La baie ; matinée d’octobre en Bretagne[60],[61]
- 1881 : Grande marée[60]
- 1882 : Saint-Malo[62]
- 1882 : Le cap ; Bretagne[62]
- 1883 : L’affût[63],[64]
- 1883 : Le pont de Sèvres, vue prise des Moulineaux[63],[64]
- 1884 : La plaine de Saint-Suliac (Ille-et-Vilaine) ; marée haute
- 1884 : Soirée d’automne[65]
- 1885 : À l’aube ; le pêcheur
- 1885 : Forêt, en automne
- 1886 : La baignade
- 1886 : Forêt d'automne
Salon de la Société des Amis des Arts de Bordeaux
Autres expositions

- Salon des refusés de 1863 à Paris[11],[10] :
- Bords de la Loire : le meunier, son fils et l'âne ;
- Le pêcheur ;
- Effet de soir.
- Exposition internationale de Londres :
- Salon de Bruxelles de 1872 et de 1875 : Une famille de perdrix[29],[30].
- Exposition universelle de 1873 à Vienne : Les Blés et Le Chemin de sable[22],[72].
- Exposition universelle de 1876 à Philadelphie : Le Paradis des oiseaux[23].
- Salon de Gand :
- Exposition universelle de 1878 à Paris : Les blés ; midi[24].
- Salon des Arts Décoratifs de 1882[4] :
- Les quatre Saisons : 1) Le Printemps : l'Arrivée des hirondelles ; 2) L'Été : les Perdrix ; 3) L'Automne : les Bécasses ; 4) L'Hiver : les Canards[73].
- Maquettes de décorations peintes pour une salle à manger : 1) Nuit d'hiver : les Corbeaux ; 2) Nuit d'été : le Faisan ; 3) Le Héron, dessus de porte ; 4) Le Hibou, idem.
- Exposition de la Société des Amis des Arts de Lyon de 1882 : Le Village[74].
- Exposition internationale d'art à Vienne en 1882 : Le Moissonneur[28].
- Exposition nationale des Beaux-Arts de 1883 à Paris : La Mare-aux-Cerfs et L’affût[75].
- Exposition universelle coloniale et d'exportation générale de 1883 à Amsterdam : Paris vu de Meudon[25].
Œuvres dans les collections publiques
- États-Unis
- France
- Bourges, musée du Berry : Pommier en mai, 1880, huile sur toile, 98 × 185 cm[10],[12],[59] ;
- Cambrai, musée : À l'aube, le pêcheur, 1885, huile sur toile, 180 × 255 cm[43],[78] ;
- Chalon-sur-Saône, musée Denon : Lever de lune à Ermenonville, 1874, huile sur toile, 299 × 199 cm[79],[51] ;
- Mulhouse, musée des Beaux-Arts : Paysage, s.d., huile sur toile, 100 × 68 cm[80] ;
- Paris
- Centre national des arts plastiques :
- Le Déluge, 1870, huile sur toile, copie d'après le tableau de Poussin conservé au musée du Louvre (INV 7306), 118 × 160 cm, en dépôt à la mairie d'Ambert[81] ;
- Le Christ en croix, 1867, huile sur toile, copie d'après Philippe de Champaigne, 219 × 157 cm, en dépôt à la cour de cassation de Paris[82] ;
- musée d'Orsay : L'Ange et Tobie, 1868, huile sur toile, 212 × 145 cm[41] ;
- musée Rodin : Couple dans un champ, s.d., gravure à l'eau-forte sur papier vergé, 9,2 × 17,5 cm[83] ;
- Centre national des arts plastiques :
- Pontoise, musée Tavet-Delacour[10],[12] :
- Paysage ;
- Le Petit chemin à Saint-Enogat ;
- Reims, musée des Beaux-Arts : Coup de vent sur la Marne, 1873, huile sur toile, 80,5 × 150,6 cm[45],[84],[85] ;
- Rochefort, musée Hèbre de Saint-Clément[44] :
- Grande marée, 1881, huile sur toile, 80 × 150 cm ;
- Un chemin breton, s.d., huile sur toile, 46 × 56 cm ;
- Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin : La Baie, matinée d'octobre en Bretagne, 1881, huile sur toile, 160 × 240 cm[42],[86],[61] ;
- Vienne, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie : La Mare aux cerfs, 1879, huile sur toile, 270 × 210 cm[10],[57].
Ouvrages illustrés

- Ernest Lehr, Scènes de mœurs et récits de voyage dans les cinq parties du monde : 1re série, Paris / Strasbourg, Veuve Berger-Levrault et Fils, , 310 p. (lire en ligne).
- Émile Zola, L'Assommoir (édition illustrée), Paris, C. Marpon / E. Flammarion, , 466 p. (OCLC 250054805, BNF 31690625, lire en ligne)[33].
- Louis Jacolliot, Voyage sur les rives du Niger, Paris, C. Marpon / E. Flammarion, s.d.
- Louis Jacolliot, Voyage aux Pays mystérieux, Paris, C. Marpon / E. Flammarion, s.d.
- Louis Jacolliot, Voyage au Pays des Singes, Paris, C. Marpon / E. Flammarion, s.d.
- Louis Jacolliot, Voyage au pays des fakirs charmeurs, Paris, E. Dentu, , 349 p. (BNF 30639815, lire en ligne).
- Louis Jacolliot, Voyage au pays du hatschisch, Paris, E. Dentu, , 346 p. (BNF 30639820, lire en ligne).
- Édouard Bonnet, Royal-Goudron, Conte de bord, Paris, A. Ract et Cie, , 162 p.
Iconographie
- New York, Metropolitan Museum of Art : photographie de l'artiste par Étienne Carjat, années 1860[87].
Expositions collectives posthumes
- du au : Mythes et réalités de la cathédrale de Reims : de 1825 à 1975, musée des Beaux-Arts, Reims (Coup de vent sur la Marne)[45],[84].
- du au : Des plaines à l’usine : Images du travail dans la peinture française de 1870 à 1914, musée des Beaux-Arts de Dunkerque ; musée des Beaux-Arts de Pau ; musée d'Évreux (Le Moissonneur)[88].
- du au : Éloge de Bordeaux, Trésors d’une collection de Victor Louis à Jean Dupas, musée des Beaux-Arts, Bordeaux (Vue des vignobles libournais)[89].
- du au : D’une rive, l’autre. Peintres anglais et français au XIXe siècle, abbaye, Saint-Riquier (Grande marée)[90],[91].
Galerie
- Les Labours, 1867.
- Les Blés, 1873.
- La cueillette des pommes, 1876.
- Sous les pommiers en fleurs, 1878.
- Paysage d'été, 1880.
- Saint-Énogat, 1880.
- La matinale, 1881.
- Champ de blé en été, 1882.
- Vue des vignobles libournais, 1882.
- Champ de blé, 1884.
- Forêt en Automne, 1885.
- Fenaison sur les hauteurs de la Seine, s.d.